‹ Nouveau manuel de l'anatomiste, comprenant la description succincte de toutes les parties du corps humain et la manière de les préparer; suivie de préceptes sur la confection des pièces de cabinet et sur leur conservationChapitre 276 sur 297 · CONSERVATION PAR DESSICCATION · texte numérisé non relu

CONSERVATION PAR DESSICCATION

pendant plusieurs mois de suite, jusqu'à ce qu'on ait le temps de les faire sécher. Chaussier, qui le premier a fait connaître le sublimé comme moyen conservateur , recommandé de l'employer eu dissolution concentrée, et il veut même que Ton dépose au fond du vase plusieurs nouets de linge fin, contenant une certaine quantité de ce sel, afin que la solution reste toujours an même degré de concentration. Mais cette dissolution concentrée racornit les tissus au point que l'on n'y peut plus rien reconnaître, et il devient difficile d'y faire de nouvelles dissections, parce que les instruirons sont attaqués dès qu'ils sont mis en contact avec les pièces. La quantité de sel à ajouter à l'eau- qui ma semblé la plus convenable, est celle où une goutte de dissolution prise dans la bouche, y cause une forte astriction, sans y déterminer cependant une sensation caustique.

L'essence de térébenthine avec partie égale d'alcool %, ou bien une solution alcoolique et saturée de térébenthine de Strasbourg, sont deux excellens moyens pour favoriser la dessiccation et pour éloigner les insectes. Mais il convient de ne plonger les pièces dans ces mélanges qu'après les avoir laissées séjourner pendant quelque temps dans l'alcool; sans quoi, l'eau contenue dans les tissus, venant à se combiner avec l'alcool mêlé à la térébenthine ou à l'essence, déterminerait la séparation de cas deux substances, en sorte que leur action serait de beaucoup affaiblie. Le tissu des organes plongés dans ces deux mélanges reste parfaitement distinct, même après la dessiccation, en ce que les fibres sont comme écartées les unes des autres. Cependant la solution de térébenthine de Strasbourg a sur l'autre l'avantage de donner plus de corps aux parties desséchées; celles-ci, en effet, ne perdent qu'environ un quart de leur volume par la dessiccation, tandis qu'après l'immersion dans le mélange d'essence et d'alcool, elles perdent plus du tiers, et quelquefois jusqu'à la moitié. Il paraît que la liqueur dont Bogros faisait un si fréquent usage, et qui lui offrait des résultats si avantageux dans la confection des préparations desséchées , n'était autre chose que le mélange d'essence et d'alcool ; au moins l'ai-je souvent employé avec des résultats analogues à ceux qu'en obtenait Bogros. L'espèce de vernis formé par la solution de la térébenthine de Strasbourg dans l'alcool, ma été conseillé par A. Cailliot, chef des travaux chimiques près notre faculté, et, comme j'en ai déjà fait la remarque , je m'en suis mieux encore trouvé que du mélange de Bogros. On conçoit que toutes les liqueurs dans lesquelles entrent l'alcool ou les huiles essentielles, doivent être déposées dans des

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vases exactement fermés, pour s'opposer à l'évaporatioi Pev les grandes pièces on emplolra avec avantage des caisses en bob de chêne, doublées en zinc Les préparations dont les vaisseau ont été injectés de matière grasse, ne doivent cependant pas être plongées dans ces mélanges, parce que l'injection en serait dissoute, et qu'elle. s'écoulerait des vaisseaux.

Dans ces derniers temps, Bracootot a proposé, pour préserver les pièces de la putréfaction, de les plonger pendant qaeJ- • qne temps dans nne solution aqueuse de persulfate de fer, marquant 3° Baume. Ce moyen, peu dispendieux, réussit parfaitement, d'après les expériences de ce chimiste, en sorte qi'il pourrait, suivant lui, remplacer le sublimé. On peut aussi l'employer avec avantage pour préparer les peaux des animaux qie l'on veut empailler, en l'appliquant avec une brosse. Il est possible que le persulfate de fer offre des avantages dans certames circonstances; mais je lui ai trouvé l'inconvénient de laisser déposer* sur les pièces une grande quantité d'oxide de fer, qui les salit, et dont on ne parvient pas le plus souvent à les débarrasser.

Si les préparations que l'on veut dessécher sont volumineuses et épaisses , toutes ces opérations préliminaires seraient insafr santes, si l'on ne faisait pénétrer dans leur intérieur des injectûm ^«natives, après les avoir fait dégorger dans l'ean pore. Ces injections seront faites par les principales artères qui se rendent dans l'organe (on bien par les veines, si les artères ne pouvaient pas être trouvées). On commence par y pousser lentement de l'eau tiède, jusqu'à ce qu'elle ressorte par les veines; quand cette eau n'est plus guère colorée parle sang qu'elle entraîne, on v pousse un peu d'alcool, et plus tard on y fait pénétrer une injection conservatrice, composée d'une dissolution alcoolique d'arséniate de potasse, de sublimé, ou de térébenthine; après cela, si l'on veut, on peut remplir les vaisseaux d'une injection réplétive, comme nous l'avons indiqué eu pariant de ce genre de préparation. On emploi ra encore les injections évacuttives pour vider la cavité de certains viscères creux, tels qoe le cœur, les organes de la digestion, les organes génito-urinata*» etc.

En parlant ici des injections conservatrices, nous devons ajouter qne ces injections sont en outre fort utiles tontes les fois qne Ion veut préserver pendant long- temps de la décomposition «n cadavre que l'on dissèque. Ce point est surtout important dans les pays où les cadavres sont fort difficiles à se procurer, comme par exemple en Angleterre. Sbaw employait pour cela une dis-

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solution concentrée dans l'eau chaude de sel marin gris, qui donnait en même temps une belle couleur rouge aux muscles. Ou emploie avec plus d'avantage encore en Ecosse, une solution concentrée dans l'eau chaude d'une livre de salpêtre et de deux gros de sublimé corrosif. On peut, après cela, faire dans le système artériel une injection réplétive qui pousse dans les veines la solution saline. Au reste, si Ton avait mis un intervalle de vingt- quatre heures entre les deux injections, la première aurait probablement pénétré par imbibition dans les tissus ambiaiis.

Les parties chargées de beaucoup de graisse ne peuvent pas toujours en être privées complètement par la dissection, et desséchées, elles laissent écouler cette huile qui en rend la surface gluante en restant exposée â l'air et en se mêlant à la poussière qui vient s'y déposer. Pour remédier à cet inconvénient, il faut plonger la pièce dans l'essence de térébenthine, soit pure, soit mêlée à de l'alcool, qui extrait très-bien la graisse, si l'on continue cette macération pendant assez long- temps. Je suis même parvenu à conserver par dessiccation une portion de peau avec une épaisse couche de tissu graisseux sous-jacent, en laissant plonger la pièce pendant quelques mois dans une solution alcoolique de térébenthine de Strasbourg; la pièce a conservé son aspect naturel, et la graisse s'est durcie sans suinter à l'extérieur. Si c'est une partie membraneuse que l'on veut dégraisser, par exemple l'épiploon, on y parvient très- bien, comme l'indique Bueschet, en la plaçant entre deux feuillets de gaze ou de roarli, et en mettant par- dessus du papier Joseph non collé,- on soumet le tout à une pression légère, et l'on répète plusieurs fois la même opération. Duméril conseille, pour enlever la graisse qui suinte des pièces pendant qu'elles se dessèchent, de les barbouiller d'une couche d'alumine marneuse étendue d'eau. Cette couche tombe d'elle-même par écailles quand elle est séehée, et l'on répète l'opération si cela paraît nécessaire. Ce moyen m'a parfaitement réussi; quand la pièce est dégraissée, on est quelquefois obligé de la laver pour en enlever toutes les traces de marne. On trouvera le plus souvent que l'immersion des préparations dans des lessives alcalines, pour les dégraisser, ne fournit pas de résultats satisiaisans : si la lessive est faible, la graisse ne se dissout pas, et si elle est forte» elle attaque aussi les tissus. Swan recommande de dégraisser les préparations desséchées en les frottant au moyen d'une brosse avec une ' solution d'acétate de plomb. Ce procédé n'a pas entièrement répondu à mon attente.

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a.0 De la manière de dessécher- les parités.

Pour obtenir aisément la dessiccation» et pour que les pièces soient bien instructives, il font légèrement distendre et séparer les parties, afin de pouvoir facilement les apercevoir toutes. Dans les pièces desséchées, les parties ne peuvent donc pas conserver leur position naturelle, sans quoi il n'y aurait qu'à les laisser appliquées les unes sur les autres, ce qui empêcherait de voir celles qui sont placées dans la profondeur; mais il ne faut pas trop les écarter non plus de leur situation naturelle, et il fant ficher surtout de les maintenir dans leurs positions relatives, afin que les rapports ne soient pas complètement dérangés. Cette disposition des pièces est bien longue et bien difficile, mais il importe S] mettre tout le soin possible, si l'on veut tirer quelque avantage d'une préparation; voilà, je crois, une des raisons qui ont tait fait négliger dans les derniers temps les préparations sèches.

Il est de toute impossibilité d'indiquer la manière de dispose toutes les pièces à la dessiccation; c'est là un des nombreux objets qu'il faut trouver par soi-même. S'agit-il de dessécher une préparation de muscles , de vaisseaux ou de nerfs , on la suspend dans un cadre en bois , formé d'une planche carrée qui sert de base, et de auatre lattes verticales, unies par plusieurs traverses. Il faut que 1 on ait dans un laboratoire d'anatomie bien monté, plusieurs de ces cadres de diverse forme et de diverse grandeur, selon la nature des pièces que l'on veut y dessécher : suivant l'exigence des cas, on modifie la forme de ces appareils, en y clouant de nouvelles traverses à des hauteurs voulues, en y plaçant des baguettes transversales, retenues au moyen de trous forés d'avance sur divers points de la hauteur des lattes verticales; on bien en remplaçant ces dernières par de simples ficelles, que Ton tend toutes les fois que cela parait nécessaire. On fixe la pièce en haut, en bas et de côté, au moyen de ficelles bien tendues, en ayant soin d'attacher ces dernières aux os. On écarte ensuite les muscles les uns des autres, en les fixant au moyen de ficelles auxquelles on fait décrire une anse autour de leur corps, et dont on attache ensuite les deux bouts, soit aux lattes verticales f soit aux traverses, soit à des ficelles que l'on tend dans toutes les directions qui paraîtront convenables. Afin d'éviter que les muscles, en se desséchant, ne forment, un angle aux endroits on ils sont embrassés par l'anse de fil, il faut placer entre celle-ci et le muscle une plaque mince en bois, dont la largeur égale celle dn muscle et dont la longueur varie depuis quatre lignes jusqu'à

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