CONSERVATION PAE DESSICCATION
deux pouces. Si le muscle est très-long, il convient de le maintenir au moyen de plusieurs anses de fil, tendues de manière i lui donner une direction naturelle. Au lieu de placer ces anses de fil, qui finissent par devenir extrêmement multipliées, on préférera quelquefois d'écarter les muscles des os qu'ils recouvrent f en interposant une boulette de crin, ou mieux encore de baleine râpée, que l'on se procure chez les faiseurs de parapluies; on bien on soulève les muscles au moyen de petits morceaux de bois, en ayant soin alors de leur interposer des plaques en bois sur lesquelles les muscles puissent reposer sans se dessécher dans une direction vicieuse. Quant aux muscles larges qui ont été séparés dune de leurs attaches, on en fixe le bord qui a été coupé, sur une baguette, au moyen de plusieurs points de suture, et Ton exerce ensuite la traction sur cette baguette, afin de dessécher le muscle dans la pose qu'on voudra lui donner.
Si la pièce à dessécher est petite, par exemple l'œil, la face, avec leurs muscles et leurs nerfs, on écartera toutes les parties an moyen de petits fragmens en bois disposés suivant l'exigence des cas. Mais il faut surtout éviter de laisser des nerfs ou des vaisseaux appliqués, soit entre eux, soit sur des muscles, parce que ces parties se colleraient en se. desséchant; il faut que tout le trajet des vaisseaux, et surtout des nerfs, soit exposé à jour, et parfaitement visible. Pour avoir une idée de la difficulté de monter ces sortes de pièces, il suffit de faire observer qu'il nous a fallu deux journées entières pour disposer une moitié de tète sur laquelle les douze paires cérébrales étaient disséquées. Il n'est pas nécessaire de suspendre ces petites préparations dans un cadre; on trouvera ordinairement phis commode de les fixer sur une planchette dans laquelle on enfonce des tiges métalliques aux points où l'on voudra tendre des fils destina à exercer les tractions.
Duméjul conseille de dessécher les préparations de muscles, en appliquant sur la longueur de chacun de ces organes des lames de verre i vitres, que l'on maintient rapprochées au moyen de petits rubans, de manière à mouler le muscle à mesure qu'il se dessèche. Nous ne pensons pas que ce procédé soit généralement applicable, parce que par là les muscles perdent leur aspect fibreux, et qu'ils acquièrent des formes raides, qu'il faut toujours éviter de leur donner.
Pour obtenir la dessiccation" des organes creux, le meilleur moyen, sans contredit, c'est l'insufflation; mais elle n'e$t pas toujours applicable. Si l'organe a plusieurs petites ouvertures, on peut les fermer après en avoir traversé les bords d'une ou de
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deux épingles autour desquelles on jette une ligature, comme nous l'avons indiqué en parlant de la préparation du péricarde ; mais si les ouvertures sont grandes et nombreuses, il faut rembourrer la cavité de l'organe de crin crépu, de baleine râpée, ou de coton, imprégnés de solution alcoolique de savon, afin de les empêcher de se coller aux parois de l'organe. Cependant h dessiccation des organes creux n'est jamais aussi égale si l'on emploie ces derniers moyens, que si l'on en remplit la cavité d'air, qui les distend d'une manière bien uniforme : mais il faut avoir soin alors de ne pas exposer les pièces insufflées â une trop forte Chaleur, qui,Taréfiant l'air, pourrait déterminer une rupture.
Si les pièces que Ton veut dessécher sont très-minces et qu'elles offrent quelques solutions de continuité, leur réplétion par Fair est impossible, et celle par le crin ou le coton leur donnerait un aspect irrégulier, parce que ces substances ne les remplissent pas assez exactement. Dans ces cas, Pôle conseille de se servir du plâtre, qui se moule exactement dans tous les contours des pièces, et qui ne ressort pas si facilement que l'air par les moindres ouvertures. Cette substance doit aussi être employée pour remplir des canaux tortueux dans lesquels il serait difficile d'introduire du crin. Enfin, on distend encore quelquefois avec du plâtre des viscères creux, bien injecta, afin de mieux faire ressortir les distributions vasculaires sur ce fond blanc. Le plâtre que Ton emploie doit être récemment calciné, et bien tamisé, afin de l'avoir aussi pur que possible. Il faut le mêler très-exactement à beaucoup d'eau, de manière à former un liquide assez ténu, qui pénètre d'autant mieux dans toutes les anfractuosités des cavités. Après avoir vidé avec soin la cavité â remplir, de l'air ou des liquides qu'elle pourrait contenir, on coule la masse au moyen d'un entonnoir en papier, parce que les entonnoirs de métal seraient trop aisément obstrués par le plâtre et attaqués par l'acide sulfureux qu'il contient. Si là cavité est grande, il faut plusieurs fois retourner l'organe dans divers sens, afin de faire parvenir le plâtre dans tout son contour; en même temps il faut apporta dans cette opération beaucoup de célérité, parce que la masse se durcit très-promptement Si l'on voulait remplir de plâtre des canaux fins et nombreux, on les injecterait après l'avoir introduit dans une vessie qui s'adapte à un tube fixé d'après les règles que nous avons indiquées en parlant des injections. On pourrait ' aussi se servir d'une seringue; mais il faudrait être très-prompt à la nettoyer, en y introduisant de l'eau â plusieurs reprises, sans quoi le plâtre se figerait, et abîmerait l'instrument Au reste,
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on parvient à détacher plus facilement le plâtre des seringues, si Ton a pris la précaution d'en huiler l'intérieur avant que d'y introduire la substance à injecter.
. Enfin, on remplit quelquefois des organes creux, de mercure, pour les maintenir distendus pendant qu'on les fait sécher; c'est ainsi qu'on se sert de ce moyen pour sécher les organes génitaux de la femme. On conseille d'employer aussi ce métal pour dis* tendre d'autres parties, par exemple les corps caverneux, sauf à le faire ressortir par des incisions quand la pièce est desséchée; mais on trouvera le. plus souvent que cela est assez difficile, et qu'il reste toujours quelques globules métalliques dans les cellules les plus reculées» en sorte que ces préparations ne font pas un bon effet
Les parties minces et membraneuses que Ton veut dessécher, seront étalées sur une planchette recouverte d'une feuille de papier huilé qui les empêche d'adhérer après la dessiccation. On fixe la membrane au moyen de plusieurs épingles enfoncée^ dans la planchette. D'autres fois on préfère de placer ces parties sur des plaques de verre, sur lesquelles elles devront rester fixées après la dessiccation. L'adhérence s'établit facilement si la pièce n'a pas séjourné dans l'alcool : dans ce dernier cas on l'obtient en imbibant la préparation d'une solution de colle de poisson.
La meilleure manière d'obtenir la dessiccation des parties, c'est de les exposer à un courant d'air bien sec, et à une température de 16 à 26° R. Si la chaleur était plus élevée, la graisse qui est déposée entre les mailles des tissus, ou bien la matière à injection dont les vaisseaux ont été remplis, suinteraient sur toute la surface de la préparation et la Tendraient gluante. C'est par cette raison qu'il faut éviter d'exposer les pièces que Ton veut faire sécher, à l'action des rayons solaires. Pendant la saison froide, il faut placer les préparations à dessécher dans une chambre chauffée; mais en évitant de trop les rapprocher du poêle. Comme il serait difficile d'obtenir un courant d'air assez considérable dans une chambre chauffée, l'évaporation f est plus lente ; mais il faut tâcher au moins de foire dessécher les pièces d'une manière bien égale, en changeant tous les jours leur position.
La dessiccation dans une étuve dont on élèverait la température de 36 à 44° R. ne peut être que rarement employée; cette chaleur est beaucoup trop élevée pour la plupart des préparations, elle n'est applicable qu'à celles qui ne contiennent pas de graisse , et qui n'ont pas été injectées. Sans doute que l'étuve à
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lampe de D'Arcet serait préférable à toute autre, surtout en j 'adaptant les perfectionnemens indiqués par Breschet; mais cet appareil est compliqué, et d'ailleurs nous obtenons tous les jours la dessiccation de nos pièces par les procédés que nous avons indiqués plus baut
La dessiccation dans le vide de la machine pneumatique, celle dans. un bain de sable, de cendres chaudes, de poudres absorbantes, sont autant de moyens par lesquels on peut â la vérité obtenir la dessiccation, mais qui ne présentent aucun avantage sur l'exposition à l'air, et qui en outre sont tous d'une application plus difficile.
Pendant que la dessiccation s'opère, il convient d'humecter tous les jours les préparations avec de l'essence de térébenthine, en ayant soin de la faire pénétrer dans toutes les anfractuosités. On écarte par là les insectes qui pourraient y déposer leurs larves, et l'on donne plus de transparence aux tissus. Quand b pièce est complètement desséchée, on peut ajouter à l'essence un peu de térébenthine de Strasbourg, de manière à obtenir un vernis très -pénétrant qui s'infiltre dans l'intérieur des parties. Ces aspersions d'essence sont surtout indispensables pour les pièces injectées que l'on n'a pas pu laisser séjourner pendant quelque temps dans le mélange d'essence et d'alcool.
Si les parties que l'on veut faire dessécher sont épaisses» il arrive souvent qu'elles commencent à se putréfier, surtout si Ton a négligé de les placer préalablement dans quelque liquide conservateur, ou d'y faire des injections avec ces liquides. On s'aperçoit de ce commencement de décomposition, en ce que les parties se recouvrent d'un enduit grisâtre et gluant; il faut alors les laver avec une solution alcoolique et concentrée de sublimé corrosif, et y faire au besoin de petites incisions pour permettre i cette liqueur de pénétrer dans leur intérieur; quelquefois on est même obligé d'y appliquer du sublimé en poudre.
Si l'on a commencé par exposer les parties à une chaleur trop élevée, elles se dessèchent souvent à la surface, tandis que dans la profondeur elles se putréfient, parce que la couche superficielle, desséchée empêche l'évaporation. On reconnaît cet état à la facilité qu'on a de comprimer la pièce, qui offre alors une élasticité toute particulière, due au putrilage renfermé dans l'espèce de capsule formée par les parties desséchées. Le meilleur moyen de remédier à cet inconvénient, c'est de faire au point le moins apparent de la pièce une petite ouverture, par laquelle on extrait avec des pinces ou une curette toutes les parties décom*