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CHAPITRE Xm

ARTICTJLA.TION

Le sacrum s’unit à la cinquième vertèbre lombaire, absolument comme les vertèbres s’unissent entre elles; nous ne nous occuperons donc pas ici de ce mode d’articulation. Le sommet de cet os s’articule à la base du coccyx par ampbiarthrose ; une couebe mince de fibro-cartilage est placée entre eux. Les faces latérales du sacrum s’unissent par synarthrose à la partie interne et postérieure des os innominés. Les facettes articulaires de ces os sont trèsirrégulièrement ovales ou plutôt réniformes. Les os pubis s’uni.ssent entre eux par synarthrose ; les facettes articulaires sont oblongues verticalement. Enfin , la tête du fémur s’articule avec la cavité cotyloïde de Tos innominé par énarthrose. Cette cavité cotyloïde n’est pas assez profonde pour contenir en entier la tête du fémur ; en dedans et en bas elle est profondément échancrée ; mais nous verrons que sa forme est changée par le bourrelet cotyloïdien. La cavité cotyloïde et la tête du fémur sont recouvertes de cartilages lisses.

Tous ces PS sont unis par les ligaments suivants :

1) Le ligament iléo-lomhaire : on le divise en deux parties, dont l’une, connue sous le nom de ligament antérieur et supérieur de l’os des lies , se porte du tiers postérieur de la crête de l’os des îles à l’apophyse transverse de la quatrième et cinquième vertèbre lombaire. L’autre est le ligament antérieur et inférieur de l’os de iles,. qui se porte de l’épine postérieure et supérieure de cet os , à l’apophyse transverse de la cinquième vertèbre lombaire.

2) Le ligament sacro-iliaque se compose de trois portions : l’une, le long ligament postérieur, s’étend de l’épine postérieure et supérieure de l’ilion à la quatrième apophyse transverse du sacrum; l’autre, le court ligament postérieur , va de l’épine postérieure et supérieure de l’ilion à la troisième apophyse transverse du sacrum; la troisième portion, ou ligament latéral , se porte de l’os des iles à la première et à la deuxième apophyse transverse du sacrum.

3) Les ligaynents accessoires du sacrum : ce sont des bandelettes irrégulières qui recouvrent la face postérieure du sacrum , et qui bouchent en partie les ouvertures qui conduisent dans le canal vertébral.

4) Les ligaments du coccyx : les ligameyits sacrococcygiens jiostérieurs s’étendent de la face postérieure du sacrum jusqu’à l’extrémité du coccyx ; ils recouvrent les petits ligaments sacro-coccygiens qui ont une direction semblable.

5) Le grand ligameyif sacro-sciatique est très-fort; il s’étend de la troisième, quatrième et cinquième apophyse transverse du sacrum et du commencement du coccyx, à la tubérosité de l’ischion. Il a devK gyrolongemcnts : le supérieur, qui va jusqu’à

S DU BASSIPt.

l’épine postérieure et supérieure de l’ilion ; {'inférieur ou falciforme se porte sur la face interne de la tubérosité de l’ischion, et s’attache le long de la branche ascendante de cet os.

C) Le jyetit ligament sacro-sciatique est placé au devant de l’extrémité postérieure du précédent , et croise sa direction ; il est étendu de la partie latérale de la face antérieure du sacrum et du coccyx , à l’épine de l’ischion.

7) La syyyiphyse sacro-iliaque : les facettes articulaires de l’ilion et du sacrum sont chacune encroûtées dans le jeune âge d’un cartilage assez lisse ; plus tard ces deux cartilages s’unissent et paraissent n’en plus former qu’un seul. Cette disposition ne s’observe cependant qu’à la partie antérieure ; car en arrière les faces articulaires de ces os sont plus écartées qu’en avant, et elles sont unies par des trousseaux ligamenteux, les ligayyieyits transvei'ses , forts et courts, qui sont placés entre elles. La symphyse est encore raffermie par une large bande aponévrotique, qui se jette de la face interne de l’ilion sur la face antérieure du sacrum.

8) La ynembrane obturatrice ferme le trou ovalaire. En haut elle est percée d’une ouverture qui livre passage aux vaisseaux et nerfs obturateurs.

9) La symphyse des os pubis. La surface articulaire de chacun de ees os est recouverte d’un cartilage qui s’unit à celui du côté opposé dans l’âge adulte. Les surfaces articulaires sont plus écartées en avant qu’en arrière. Cette symphyse est entourée par un aymeau ligayyieyiteux , qui, commençant à l’extrémité .supérieure, se jette sur la face antérieure de la symphyse et contourne l’angle souspubien pour revenir par la face postérieure au point de départ. On remarque encore un ligameyit arqué qui passe d’une branche pubienne à l’autre au-dessous de la symphyse.

10) La niembrane capsulaire du fémur , extrêmement épaisse, surtout en avant ; on y distingue trèsbien deux lames d’interne, qui esila syyioviale et qui tapisse tout l’intérieur de l’articulation ; et l’externe, fibreuse, qui s’attache au rebord de la cavité cotyloïde et au col du fémur. Cette capsule est renforcée par des fibres que lui envoient les tendons des muscles et les portions du fascia lata qui se trouvent dans le voisinage; l’intérieur de l’articulation contient plusieurs paquets de franges synoviales.

11) Le ligameyit royid est un faisceau fibreux et vasculeux, entouré d’un prolongement de la capsule synoviale ; il provient par une base triangulaire de la partie supérieure de la fossette que l’on remarque dans la cavité cotyloïde , de la partie supérieure de l’échancrure cotyloïdienne et du bord inférieur du pont que le bourrelet cotyloïdien forme par dessus cette échancrure. De ces divers points d’atlac'ne, le ligament se porte en dehors et en haut

par dessus la moitié interne de la tête du fémur et s’implante par une attache arrondie dans la fossette qui se trouve près du sommet de la tête du fémur.

12) Le bourrelet cotyloïdien est un rebord fibrocartilagineux , superposé au bord de la cavité cotj^loïde, dont il augmente la profondeur; à l’endroit où celte cavité présente une échancrure , le bourrelet cotyloïdien passe par dessus, en y formant une espèce de pont, appelé ligament transversal interne, en sorte que dans l’état frais le rebord de la cavité cotyloïde est très-régulier. On appelle ligament transversal externe, un trousseau de fibres qui descendent du trou ovalaire vers l’échancrure de la cavité cotyloïde , et s’entrecroisent avec le ligament interne.

Motivements. Les os du bassin n’exécutent ordinairement aucun mouvement sensible dans les symphyses sacro-iliaque et pubienne ; mais dans des cas où les ligaments qui affermissent ces symphyses sont ramollis, comme par exemple vers l’époque de la parturition, les os s’écartent légèrement et peuvent se mouvoir un peu les uns sur les autres, mais d’une manière fort obscure. Le coccyx se meut en avant et en arrière, tant sur le sacrum que dans les articulations des pièces qui le composent. Le fémur peut se mouvoir sur le bassin dans tous les sens , comme le démontre la disposition des surfaces articulaires; ainsi il se porte en avant, en arrière, des deux côtés , dans des points intermédiaires à ces diverses directions , et il exécute en outre les mouvements en fronde, qui ne sont que la combinaison de ces divers mouvements.

Préparation. Après avoir achevé la dissection des muscles de la région pelvienne et fémorale , on divise la colonne vertébrale entre la troisième et la quatrième vertèbre lombaire , et Ton scie les os de la cuisse vers leur tiers supérieur , afin de pouvoir plus facilement manier la préparation. Pour mettre les ligaments à découvert , on dissèque les muscles jusqu’à leurs attaches, et on les coupe le plus près possible des os.

En enlevant les muscles et la graisse qui environnent les apophyses transverses de la quatrième et de la cinquième vertèbre lombaire, il faut se garder de diviser le ligament antérieur et supérieur de l’os des îles qui s’y attache. On trouve au bord inférieur de ce ligament le ligament antérieur et inférieur de l’os des îles, qui lui est quelquefois uni. On ne peut voir à la fois tout le ligament sacro-iliaque; la longue portion ou le long ligament postérieur recouvre le court ligament postérieur et le ligament latéral; pour bien voir ces derniers, il faut donc enlever celui-ci ; la longue portion elle-même est en partie recouverte en dessous par le prolongement supérieur du grand ligament sacro-sciatique, qu’il suffit cependant de récliner un peu pour voir le ligament sous-jacent. Les petits ligaments sacro-coccygiens, situés à la partie postérieure du bassin, sont recouverts en arrière par les ligaments sacro-coccygiens postérieurs , qu’il faut couper pour mettre les autres à découvert.

Le grand ligament sacro-sciatique est facilement

disséqué , mais il faut avoir soin de ne pas couper ses prolongements , en disséquant les autres ligaments; le prolongement inférieur est en grande partie situé dans le petit bassin, he petit ligament sacrosciatique est un peu recouvert en arrière par le grand ligament de ce nom ; on le mettra au net autant que possible à la partie postérieure , puis on en achèvera la préparation dans l’intérieur du petit bassin. Après ces ligaments on dissèque la membrane obturatrice, que l’on voit dès qu’on a enlevé de leur attache pelvienne les muscles obturateurs externe et interne : cette préparation exige quelque précaution , pour ne pas enlever en même temps la membrane à laquelle ils s’attachent en partie.

h'anneau ligamenteux de la symphyse des pubis se reconnait facilement à la direction de ses fibres : on ne peut pas l’isoler de la symphyse même. Le ligament arqué est uni d’une manière intime à la partie inférieure de l’anneau ligamenteux ; quelquefois cependant un péu de tissu cellulaire est placé entre eux. Pour étudier la symphyse pubienne ellemême, il faut séparer les pubis du reste du bassin , en divisant verticalement les os dans la direction du milieu des trous ovalaires ; alors quelques auteurs recommandent d’inciser l’anneau ligamenteux en arrière, et d’écarter les os d’arrière en avant, de manière à les laisser unis en devant ; mais il vaut mieux d’inciser cette symphyse avec la scie, par une coupe transversale et horizontale , ce qui permet de voir la différence d’épaisseur des fibro-cariilages en avant et en arrière. Si le sujet est jeune , on voit aussi très-distinctement sur la surface de la section , que les deux cartilages sont séparés par une substance celluleuse , ou même par de la synovie sur des sujets très-jeunes. Si l’on a une seconde symphyse des pubis à sa disposition , on fera bien aussi de la diviser par une coupe transversale et verticale, qui la sépare en deux moitiés, une antérieure et une postérieure.

On étudie la disposition de la symphyse sacroiliaque d’un côté , en divisant le ligament qui l’affermit et en séparant alors les os de vive force, et de l’autre côté on divise la symphyse au moyen de la scie suivant un plan qui , commençant au détroit supérieur, coupe la symphyse en travers en se dirigeant obliquement en bas et en arrière.

Le ligament capsulaire du fémur se voit dès que les muscles qui passent par-dessus l’articulation sont disséqués et enlevés. En emportant la graisse qui entoure la capsule vers la partie externe et postérieure du col du fémur, il faut prendre garde de ne pas couper cette capsule, qui y est moins épaisse que dans les autres points. La synoviale se voit dès qu’on enlève la couche fibreuse de la capsule , ou bien en examinant la surface de la section , quand tout le ligament capsulaire est incisé circulairement, à peu de distance du rebord cotyloïdien. Cette dernière préparation permet aussi de voir le ligament rond , si Ton fait sortir la tête du fémur de la cavité cotyloïde, en la tirant vers soi. En retroussant la portion supérieure de la capsule articulaire , on découvre le bourrelet cotyloïdien et ses dépendances , que Ton examine plus à son aise quand on a divisé le ligament rond.

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