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CHAPITRE IV

JtUSCLES ANTÉRIEURS DE LA POITRINE ET MUSCLES SUPERFICIELS DU COU.

1». Muscle peaucier. Plan musculeux quadrilatère , extrêmement mince , dont les fibres sont dirigées en bas et un peu en dehors. Il est attaché en haut au bord inférieur de la mâchoire inférieure, et envoievers l’angle de la bouche un faisceau de fibres, appelé muscle risorius do Santorini ; sous le menton les deux peauciers sont très-rapprochés et s’envoient un trousseau de fibres transversales , appelé muscle transverse du menton. En descendant sur le cou, les deux peauciers s’écartent l’un de l’autre , et se perdent enfin dans la peau qui recouvre la partie supérieure du grand pectoral et du deltoïde.

Usages. Il tencl et fronce la peau du cou ; le risorius tire l’angle de la bouche en arrière et en bas, ce quia lieu quand on rit. Quand la mâchoire inférieure n’est pas fixée , le peaucier peut Tabaisser.

2». Muscle grand pectoral. Muscle triangulaire , situé sur la face antérieure et sur les côtés de la poitrine; on le divise en deux portions, la claviculaire et la thoracique, qui sont ordinairement séparées par une ligne celluleuse. La première portion provient de la moitié interne de la clavicule; la portion thoraci-

que naît du sternum et des cartilages des six ou sept premières côtes , et communique quelquefois avec le muscle oblique externe par un chef musculeux. Les deux portions dont les fibres convergent vers le bras, s’unissent en un tendon assez large , qui s’insère à la lèvre antérieure de la gouttière bicipitale de Thumérus. Entre ce tendon et la gouttière se trouve une petite capsule muqueuse.

On arrive facilement à l’artère axillaire , soit en séparant la portion claviculaire de la portion thoracique , soit en écartant le bord externe du grand pectoral du bord interne du deltoïde. C’est à ce dernier intervalle que correspond aussi la veine céphalique. Le bord inférieur du grand pectoral forme le bord antérieur de Taisselle.

J’ai plusieurs fois trouvé un muscle allongé, situé le long du sternum, se continuant en haut avec le chef interne du sterno-cléido-mastoïdien et avec quelques faisceaux du grand pectoral et se terminant en bas sur les cartilages costaux et dans la gaine du muscle droit. Ce muscle anormal a reçu le nom de muscle sternal.

Usages. Le grand pectoral rapproche le bras de

la poitrine et le porte un peu en avant. Si la portion claviculaire agit seule , elle élève un peu le bras. Si le bras est fixé (par e,xcmple en l’appuyant sur le coude), le grand pectoral relève les côtes, dilate la poitrine et devient par là inspirateur.

S”. Muscle petit pectoral. Muscle triangulaire, provenant par plusieurs chefs de la troisième , quatrième et cinquième côte , quelquefois aussi de la deuxième. Les fibres convergent en dehors et en haut, et se convertissent en un tendon qui s’attache au bord antérieur de l’apophyse coracoïde de l’omoplate.

Usages. Il porte l’épaule en avant et en bas; mais, si l’omoplate est fixée , il élève les côtes.

4o. Muscle sous-clavier. Petit muscle demi-penniforme , placé entre la clavicule et la première côte , recouvert en avant par une aponévrose appelée coraco-claviculaire. Il commence par un tendon arrondi au tubercule de la première côte , se porte en dehors et se termine à la face inférieure de la clavicule.

Usages, Il abaisse la clavicule et par là l’omoplate qui lui est unie. Si l’épaule est fixée, il contribue peut-être à élever la première côte.

5". Muscle sterno-cléido-mastoïdien. Muscle allongé , divisé en bas en deux chefs ; situé en haut sur les côtés et en bas sur la face antérieure du cou. En haut il s’attache à la face e.xterne de l’apophyse mastoïde et à l’arcade occipitale supérieure ; son chef interne s’attache à l’extrémité supérieure du sternum ; son chef externe s’insère au tiers interne du bord supérieur de la clavicule. Ce muscle correspond en arrière par son bord antérieur à l’artère carotide et à la veine jugulaire interne ; il est perforé par le nerf accessoire de Willis.

Usages. Si la poitrine est fixée , les deux muscles portent la tête en avant, mais sans abaisser le menton; un seul muscle tourne la face du côté opposé.

51 la tête est fixée, ces muscles relèvent le sternum et deviennent inspirateurs.

G». Muscle digastrique. Petit muscle , situé à la partie supérieure du cou; il commence par un ventre grêle dans la rainure mastoïdienne, se dirige en avant et en bas , et se transforme en un tendon qui traverse le muscle stylo-hyoïdien ; arrivé un peu au-dessus de l’os hyoïde , auquel il est lié par une bande aponévrotique, ce tendon change de direction , se porte en avant et en haut , et se convertit de nouveau en un corps musculeux, qui s’attache au bord inférieur de la mâchoire , près de sa symphyse et à côté du digastrique du côté opposé. La glande sous-maxillaire se trouve dans la concavité de l’angle que décrit ce muscle.

Usages. Si l’os hyoïde est fixé, le digastrique ahaisse la mâchoire inférieure; si la mâchoire inférieure est fixée, ainsi que l’os hyoïde, ce muscle peut un peu abaisser l’occiput , et par là relever la mâchoire supérieure : si l’os hyoïde est seul mobile, alors il est élevé avec la langue , ce qui a lieu pendant la déglutition.

7". Muscle stylo-hyoïdien. Muscle grêle, situé au bord supérieur du ventre postérieur du digastrique;

il s’attache en haut à la base de l’apophyse slyloïde, se dirige en bas et en avant, se laisse traverser par le tendon du digastrique , et s’insère en bas au corps de l’os hyoïde près de sa grande corne.

Usages. Les deux muscles élèvent l’os hyoïde et le portent en arrière; un seul le tire de côté.

8o. Muscle mylo-iiyoïdien. Muscle triangulaire, impair, penniforme , étendu entre la face interne de la mâchoire inférieure et le bord supérieur du corps de l’os hyoïde. Les fibres de ce muscle sont dirigées en bas et en dedans ; les antérieures s’unissent sur la ligne médiane à celles du côté opposé ; les postérieures parviennent jusqu’à l’os hyoïde.

Usages. Si la mâchoire est fixée, l’os hyoïde est élevé et la langue portée contre le palais; si l’os hyoïde est fixé, la mâchoire inferieure est abaissée.

9°. Muscle cénio-hyoïdien. Petit muscle arrondi , commençant de l’épine interne de la mâchoire inférieure, et se portant de là au bord supérieur du corps de l’os hyoïde.

Les lisages sont les mêmes que ceux du précédent.

10». Muscle o.mo-iiyoïdien. Muscle grêle, digastrique, situé sur la face latérale inférieure du cou. Il commence à la base de l’apophyse coracoïde de l’omoplate près de l’échancrure , et se dirige en haut et en avant, pour s’attacher au bord inférieur de l’os hyoïde près de sa grande corne. Le corps du muscle présente vers son milieu un tendon intermédiaire.

Usages. Si un seul muscle agit, il abaisse l’os hyoïde obliquement de son côté; si les deux se contractent ensemble, l’os hyoïde est abaissé et porté en arrière.

11». Muscle steuno-iiyoïdien. Bande musculeuse, située à la partie antérieure du cou, s’insérant en haut au bord inférieur du corps de l’os hyoïde , et en bas à la face postérieure de l’extrémité supérieure du sternum et à la partie supérieure et postérieure du cartilage de la première côte.

Usages. Ce muscle abaisse l’os hyoïde.

12». Muscle iiYo-THYROÏDiEN. Petit muscle quadrilatère, qui s’attache au bord inférieur du corps de l’os hyoïde et à sa grande corne ; il se dirige en bas pour s’insérer à la ligne oblique du cartilage thyroïde du larynx.

Usages. Il abaisse l’os hyoïde ou relève le cartilage thyroïde, selon que l’un est plus mobile que l’autre.

13». Muscle sterno-thyroïdien. Bande musculeuse, mince, qui commence à la ligne oblique du cartilage thyroïde, et s’insère à la face postérieurs de l’extrémité supérieure du sternum et à la face postérieure du cartilage de la première côte.

Usages. Il abaisse le larynx.

Préparation. Peaucier. Le cou et la poitrine étant tendus au moyen de billots de bois placés sous le dos, incisez la peau sur la ligne médiane depuis le menton jusqu’au milieu du sternum; faites une incision transversale très-superficielle le long du bord

inférieur de la mâehoire ; pratiquez-en une troisième, très-peu profonde et convexe en bas, qui commence au tiers supérieur du sternum , et qui se termine à la partie externe et supérieure de l’épaule ; disséquez la peau de dedans en dehors , en commençant près du menton, afin de découvrir le peaucier, qui est un plan musculeux, pâle et mince, situé dans le tissu cellulaire sous-cutané, et qu’on enlève facilement avec la peau. Quand les premières fibres sont trouvées, on dissèque le reste du muscle plus facilement, si l’on a soin de faire agir constamment le scalpel dans la direction de ces fibres. Au-dessous du menton il faut ménager les fibres transverses qui vont d’un peaucier à l’autre. On prépare le peaucier jirsque sur l’épaule et la partie supérieure de la poitrine. Les prolongements qu’il envoie à la face seront disséqués avec les muscles de cette région.

Grand pectoral. Vne iparûe de ce muscle s’aperçoit déjà par la préparation précédente; pour le voir en entier , continuez jusqu’au creux de l’estomac l’incision cutanée de la ligne médiane; faites depuis le tiers e.xterne de la clavicule une incision qui descende vers le tiers supérieur du bras , et disséquez le lambeau de peau en bas et en dedans, en commençant près du tiers externe de la clavicule, et en suivant autant que possible la direction des fibres musculaires. Séparez de la partie supérieure du grand pectoral le peaucier qui la recouvre, et repliez-Ie en haut.

Petit pectoral. Détachez le grand pectoral de ses attaches à la poitrine et à la clavicule , en commençant par son bord inférieur , et repliez-le en dehors en le laissant attaché au bras : c’est à la face postérieure du tendon du grand pectoral, tout près de son insertion, que se voit la petite capsule 'muqueuse. La dissection du petit pectoral se fait plus facilement en faisant agir l’instrument du dehors en dedans , sans quoi l’on risque d’en hacher le tissu.

On trouve aisément le sous-clavier , si l’on élève l’épaule et qu’on tire la clavicule en avant, en l’écartant de la première côte ; par là on gagne la place nécessaire pour enlever l’aponévrose coraco-claviculaire et le tissu cellulaire qui recouvre le muscle.

Sterno-cléido-mastoïdien. Continuez à détacher le peaucier de bas en haut , en le repliant sur la face ,

et laissez-le attaché à la mâchoire inférieure. Isolez le sterno-cléido-mastoïdien de la gaine aponévrotique , que lui fournit le fascia superficialis du cou , et séparez-le du tissu cellulaire sous-jacent, que vous n’enlèverez qu’avec beaucoup de ménagement , pour ne pas couper le muscle omo-hyoidien , qui y est renfermé. Etudiez les rapports du muscle avec les gros troncs vasculaires et nerveux du cou.

Digastrique et stylo-hyoïdien. Le ventre postérieur du digastrique devient entièrement visible , si l’on coupe le sterno-cléido-mastoïdien en travers et qu’on le replie en haut. Prenez garde , en nettoyant le tendon du digastrique, de ne pas enlever le stylohyoïdien , muscle grêle qui en est traversé ( quelquefois cependant le stylo-hyoïdien passe en entier sur le côté interne du tendon du digastrique). Laissez attaché le tendon du digastrique à l’os hyoïde au moyen de l’aponévrose que vous remarquerez à cet endroit.

On aperçoit déjà une partie du mylo-liyoîdien en dehors du ventre antérieur du digastrique , qu’il faut détacher des deux côtés du menton pour voir le mylo-hyoidien en entier.

Génio-hyoïdien. Séparez le mylo-hyoïdien de son attache à la mâchoire inférieure , et repliez-le vers l’os hyoïde. Les génio-hyoïdiens des deux côtés sont unis l’un à l’autre par une ligne celluleuse ; ils sont couchés immédiatement sous les muscles génioglosses , dont nous parlerons en traitant de la langue; si l’on ne fait pas attention, on pourrait prendre ces quatres muscles pour un seul .

Omo-hyoïdien. Prenez bien garde de ne pas couper ce muscle long et grêle, en enlevant le tissu cellulaire situé sous le sterno-cléido-mastoïdien ; maniez-le avec précaution, pour ne pas le déchirer dans son milieu. J’ai vu ce muscle s’insérer à la clavicule au lieu de se porter à l’omoplate.

Le steruo-hyoïdien est visible par les préparations précédentes; dans les sujets affectés de goitre ce muscle est très-mince et quelquefois divisé en plusieurs portions distinctes.

Hyo -thyroïdien et sterno -thyroïdien. Ils sont placés derrière le précédent, qu’il faut par conséquent diviser dans son milieu pour bien les voir. Le sterno-thyroïdien est souvent divisé en plusieurs faisceaux dans les sujets goitreux.

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