DIAPHRAGME
Muscle large et mince , situé entre la poitrine et l’abdomen. On y distingue wnt portion costale et une portion lombaire; la première forme une espèce de voûte, qui s’attache au cartilage xyphoïde et aux six côtes inférieures de chaque côté par des chefs qui alternent avec les digitations du muscle transverse. Ces chefs se réunissent en un plan musculeux concave en bas , et qui se porte en arrière vers la colonne vertébrale, où il se transforme en une grande aponévrose , qui a à peu près la forme d’une feuille de trèfle, et à laquelle on a donné le nom de centre phrénique. Cette aponévrose est percée vers son mi-
lieu et un peu à droite d’une ouverture arrondie ou légèrement carrée appelée trou carré, et par où passe la veine cave inférieure. Vers la partie postérieure externe de la voûte du diaphragme on remarque un éraillement des fibres musculaires, où la plèvre est à nu et où elle touche au péritoine.
La partie postérieure du centre phrénique se continue avec la portion lombaire du diaphragme, plus épaisse et plus allongée que l’autre , et qui présente près de son origine, et un peu à gauche, une ouverture appelée trou ovale, par ou passe l’œsophage avec les nerfs de la huitième paire. Bientôt après, la
portion lombaire se divise en deux piliers, entre lesquels passe l’artère aorte , la veine azygos et le canal thoracique. Chacun de ees piliers se divise en quatre chefs, qui s’attachent aux trois ou quatre premières vertèbres lombaires et à la dernière dorsale. Le pilier droit descend un peu plus bas que le gauche. Entre le premier chef (le chef interne) et le second , passent les nerfs splanchniques.
Usages. Par sa contraction le diaphragme tend à effacer sa courbure et par là à agrandir la poitrine dans le sens vertical , et à diminuer dans le même sens la capacité abdominale. Ce muscle est donc inspirateur, et il contribue en outre à l’expulsion du fœtus, à l’excrétion des urines et des fèces, au vomissement, etc. Dans les grands efforts musculaires , le diaphragme sert à fixer les côtes , sur lesquelles d’autres muscles viennent prendre un point d’appui solide.
Préparation. On ouvre le bas- ventre par une incision cruciale, pour en enlever tous les viscères ; à cet effet on détache le gros intestin , depuis le cæcum Jusqu’à PS romain , en divisant le mésocolon et l’épiploon ; puis on place deux ligatures autour du rectum et l’on coupe cet intestin entre elles. Ensuite, rejetant tout le paquet d’intestins grêles vers la gauche , on saisit d’une main le mésentère , que l’on divise d’un seul coup de scalpel jusque vers le duodénum. On tire à soi le cul-de-sac de l’estomac avec la rate; on place une ligature à la partie inférieure de l’œsophage , que l’on coupe au-dessus ; on séparé ensuite avec précaution la portion cardiaque de l’estomac et la rate , de la portion voisine du diaphragme. On divise les deux ligaments latéraux et le ligament suspensoire du foie , et l’on sépare avec beaucoup de soin ce viscère du diaphragme , là où il lui adhère par son ligament coronaire. La veine cave inférieure
sera divisée à son entrée dans le diaphragme , ce qni permettra de renverser le foie en bas. 11 n’y a plus après cela qu’à enlever en même temps que le foie, le duodénum avec le pancréas et la portion pylorique de l’estomac qui recouvrent les piliers du diaphragme, pour sortir de l’abdomen tous les viscères digestifs. On enlève après cela les reins avec les capsules surrénales , mais on conserve Tarière aorte en place.
Comme le moindre trou fait au diaphragme , en permettant à Tair atmosphérique de se précipiter dans le thorax, affaisserait ce muscle et en rendrait la dissection , sinon impossible, du moins très-difficile , nous recommandons de procéder à l’extraction des viscères abdominaux avec beaucoup de soin , et d’être surtout attentif, 1« en détachant la rate, 2° en séparant le ligament coronaire du foie , 3» en divisant la veine cave inférieure à son passage par le trou carré.
Après ces opérations préliminaires , on en vient à la dissection du diaphragme, que Ton met à nu en enlevant le péritoine qui le tapisse ; celle préparation est facile dans sa portion charnue , si Ton commence près de l’appendice xyphoïde; on travaille alternativement avec la lame du scalpel , avec son manche et même simplement avec les doigts. La portion aponévrotique du diaphragme demande aussi d’être disséquée avec soin, parce qu’elle est mince et que le péritoine y est très-adhérent. Les lambeaux du muscle transverse seront conservés pour voir comment ses digitations alternent avec celles du diaphragme. Il faut user de précaution en disséquant la partie postérieure de la voûte du diaphragme , là où un éraillement de ses fibres laisse la plèvre à nu.
Les piliers du diaphragme et leurs faisceaux se voient facilement après avoir enlevé le tissu cellulaire qui les recouvre.