‹ Nouveau manuel de l'anatomisteChapitre 26 sur 137 · MUSCLES PROFONDS DU COU · texte numérisé non relu

MUSCLES PROFONDS DU COU

1». Muscle droit antérieur long. Muscle allongé, situé à la partie supérieure et latérale de la colonne cervicale. Il commence à l’os occipital , et se divise, en descendant , en quatre chefs , qui s’insèrent aux apophyses transverses de la troisième , quatrième , cinquième et sixième vertèbre du cou.

Usages. Ce muscle fléchit la tête directement en avant.

S'i. Muscle droit antérieur court. Très-petit et un peu caché par le bord externe du précédent muscle; il vient de l’occipital près du condyle et de la substance cartilagineuse qui unit le rocher du temporal à l’apophyse basilaire , et descend de là vers l’apophyse transverse de l’atlas et de son arc.

Usages. Il incline la tête en avant et un peu de côté.

3o. Muscle droit latéral. Il provient de l’occipital derrière la fosse jugulaire , et s’insère à l’apophyse transverse de l’atlas et à son ligament propre. Il incline la tête de son côté et un peu en avant.

4”. Muscle long du cou. De forme allongée; il s’étend depuis la première vertèbre cervicale jusqu’à la troisième dorsale. 11 se compose de deux portions plus ou moins unies entre elles suivant les sujets ; la portion supérieure , un peu recouverte par le droit antérieur long, commence au tubercule de l’atlas et au corps de la deuxième, troisième et quatrième vertèbre cervicale , quelquefois aussi des vertèbres suivantes , et se termine par cinq chefs aux apophyses transverses de la deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième vertèbre. La portion inferieure commence par plusieurs chefs aux apophyses transverses de la quatrième , cinquième et sixième vertèbre cervicale, et s’attache au corps de la septième et des trois premières vertèbres dorsales.

Usages. Les muscles des deux côtés fléchissent le cou en avant ; un seul le tire un peu de son côté.

5o. Muscle scalène antérieur. Situé à la partie inférieure et latérale du cou. Il provient , par des chefs distincts, des apophyses transverses de la quatrième, cinquième et sixième vertèbre (quelquefois aussi de la troisième). Ces chefs s’unissent en un corps musculaire qui se dirige en bas et en dehors , et se termine à la face interne et au bord supérieur de la première côte, près de son cartilage.

6°. Muscle scalène moyen. Il naît par plusieurs chefs , des apophyses transverses des ejuatre ou cinq vertèbres cervicales supérieures (quelquefois même de toutes les vertèbres cervicales), et s’insère au bord supérieur et à la face externe de la première côte vers son milieu. L’artère axillaire et le plexus "brachial passent entre ce muscle et le précédent.

Usages. Les scàlènes antérieur et moyen fléchissent le cou en avant et de côté, ou bien relèvent la première côte selon que l’une ou l’autre partie est plus ou moins mobile.

7o. Muscle scalène postérieur. Il part des apophyses transverses de la cinquième , sixième et septième vertèbre cervicale, et s’insère à l’extrémité postérieure du bord supérieur de la deuxième côte.

Usages. Il incline le cou de côté ou relève la deuxième côte,

8". Muscles scalènes surnuméraires. Outre les trois scàlènes que nous venons d’indiquer, on en trouve quelquefois d’autres qui s’y joignent et qui en rendent la dissection plus difficile. C’est ainsi que le petit scalène se voit quelquefois entre l’antérieur et le moyen ; il vient de l’apophyse' transverse de la sixième et septième vertèbre cervicale (quelquefois de la troisième et quatrième vertèbre) et s’attache à

la première côte. Le scalène latéral est placé entre le moyen et le postérieur; il se rend de la troisième , quatrième, cinquième et sixième apophyse transverse cervicale , à la deuxième côte.

9». Muscles transversaires antérieurs du cou. Très-petits muscles , au nombre de six de chaque côté. Us sont placés entre les tubercules antérieures des apophyses transverses des vertèbres cervicales. En se contractant, ils rapprochent les apophyses transverses et produisent ainsi la flexion latérale du cou.

10“. Muscles transversaires postérieurs du cou. Ces muscles , semblables aux antérieurs , sont placés entre les tubercules postérieurs des apophyses transverses des vertèbres cervicales.

Après avoir étudié ces muscles profonds du cou, il convient de procéder de suite à l’examen du muscle suivant.

11». Muscle triangulaire du sternum. Ce muscle, dont le nom indique à peu près la forme, est situé à la face postérieure des cartilages des côtes et du sternum. 11 provient par quatre chefs des extrémités de la deuxième , troisième , quatrième et cinquième côte et de leurs cartilages ; ces chefs s’unissent peu à peu et descendent en se dirigeant en dedans pour s’insérer aux cartilages de la troisième , quatrième , cinquième et sixième côte , au bord de la moitié inférieure du sternum et au cartilage xyphoïde.

Ce muscle abaisse les cartilages des côtes, obliquement vers le sternum.

Préparation. Coupez tous les muscles qui appartiennent à la langue , à l’os hyoïde et au pharynx ; sciez les clavicules dans leur milieu , et divisez les côtes sternales à un demi-pouce de leur union avec les cartilages (pour ne pas léser le muscle triangulaire du sternum placé derrière ces os) ; enlevez le sternum et mettez-le de côté , afin de disséquer plus tard le muscle triangulaire; emportez ensuite à la fois la trachée-artère , l’œsophage et les autres parties molles du cou que vous avez déjà détachées , en même temps que les viscères de la poitrine , ce qui se fait très-facilement en saisissant l’os hyoïde et en le tirant de haut en bas avec toutes les parties qui y sont insérées. Désarticulez les condyles de la mâchoire inférieure, et, si rien ne s’y oppose, emportez la face par un trait de scie vertical , qui se termine à un pouce environ au devant de la colonne

vertébrale ; enlevez , enfin , avec soin la partie supérieure du pharynx attachée à la tête.

Par cette préparation , le droit antérieur long devient visible dès que le tissu cellulaire qui le recouvre est enlevé. Pour disséquer ses chefs , il faut relâcher le muscle , en fléchissant la tête en avant.

Le droit antérieur court est un peu caché par le bord externe de l’extrémité supérieure du précédent, qu’il suffit de replier en dedans sans le couper. 11 est recouvert par du tissu cellulaire serré et quelquefois aponévrotique , qu’il faut enlever pour voir le muscle.

Le droit latéral s’aperçoit facilement derrière l’apophyse styloide.

Le long du cou est en partie caché par le droit antérieur long , qu’il faut récliner en dehors sans le couper. Le long du cou ne peut pas être détaché de la colonne vertébrale ; il faut donc se borner à isoler les chefs qui le composent, en enlevant la graisse qui les entoure; on se facilite cette dissection en fléchissant un peu le cou en avant.

Dans la préparation des scalénes, il faut soigneusement eonserver les vaisseaux et nerfs qui passent entre eux. Le scalène antérieur se distingue facilement du moyen , en ce que le plexus brachial et l’artère sous-clavière les séparent; on n’a qu’à isoler les chefs dont il se compose. Le scalène postérieur diffère du scalène moyen , en ce qu’il s’attache à la deuxième côte. Si les scalénes surnuméraires existent, la dissection est beaucoup plus difficile; néanmoins on distingue le petit scalène du scalène antérieur , en ce que la partie supérieure du plexus brachial passe ordinairement entre eux , et le muscle est séparé du moyen par la portion inférieure du plexus et par l’artère axillaire , tandis que l’artère et les plexus passent en entier entre l’antérieur et le moyen , si le petit scalène n’existe pas. Le scalène latéral se distingue du moyen, en ce qu’il s’attache à la deuxième côte. Il est beaucoup plus difficile de ne pas le confondre avec le postérieur , de sorte qu’il faut une dissection attentive pour les isoler.

Pour voir les transversaires antérieurs et postérieurs du coUi il faut séparer tous les sealènes de leurs attaches supérieures; alors on trouve ces petits muscles placés entre les tubercules des apophyses transverses de chaque paire de vertèbres.

On recherche le muscle triangulaire du sternum sur la paroi antérieure de la poitrine que l’on a mise de eôté. Pour le voir , il suffira d’enlever le tissu cellulaire lâche et la plèvre, qui recouvrent la face postérieure du sternum , après l’avoir bien épongé.

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