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CHAPITRE PREMIER

DE I.A MASSE ENCÉPHALO-RACniDTENNE ( 1 ) .

Sous celte dénomination on comprend toute la partie centrale du système nerveux, contenue dans le crâne et dans le canal vertébral , et se composant du cerveau, du cervelet, de la moelle allongée et de la moelle épinière.

Outre les téguments, les museles et les cavités osseuses qui protègent ces organes eontre les lésions extérieures, ils sont encore plus spéeialement entourés de trois membranes , comprises sous la dénomination générale de méninges , dont il importe de connaître la disposition.

Art. Dure-mère.

Elle est la plus extérieure et la plus forte des membranes qui entourent le eerveau ; elle a une couleur blanche , nacrée , et une structure fibreuse assez semblable aux aponévroses, mais elle est plus dense, et ses fibres sont entre-croisées dans tous les sens. La dure-mère reçoit un grand nombre de vaisseaux sanguins et très-peu de lymphatiques; ses nerfs sont petits et peu nombreux.

La dure-mère tapisse tout l’intérieur de la cavité crânienne et du canal vertébral ; elle adhère fortement aux os du crâne, surtout vers la base; mais dans le canal vertébral elle n’est unie aux os que par du tissu cellulaire lâche. La face extérieure de la dure-mère est rendue inégale par une multitude de filaments celluleux et vasculaires, qui lui servent

(1) Consultez entre autres: Vicq d’Aztb. Traité d'anat. et de physiol., avec des pl. coloriées. Paris, 1786, in-fol.

Les dilTérents ouvrages, de G\ti, et SrvBzn&tM , et spécîoîement leur anatomie et ph-ysîologie du système nerveux en général et du cerveau en particulier. Paris, 1810 1819, 4 vol. in-4o avec pl. in fol.

J. et C. \Vbwzki , De penitiori structura cerebri hominis et brutorum. Tubingue, 1812, în«fol. avec fig.

Une série de Mémoires de J. C. Reil, insérés dans Archiv fur Physiologiet vol. 8, 9 et 11, avec fig.

Ch. F Bvnsivcn, Vom, Baue und Leben des Gehirns. Leipzig , 2 vol. in-4o, 1819 et 1822, avec fig.

Plusieurs Mémoires du professeur Rüiasdo, insérés dans le Dizionario periodico di medicina. Turin , 1822 et suiv«, et dans les Memorie délia l\. Acad, délie sc. di Torino, tom. XXIX.

Laurencft , Anatomie du cerveau dans les quatre classes d’animaux vertébrés , in-8a. Paris , 1825 , avec fig.

de moyen d’union aux parties Voisines; sa surface intérieure, au contraire, est lisse, polie et recouverte par un prolongement de l’arachnoïde, comme nous le verrons plus bas. En divers endroits de la face interne de la dure-mère , mais surtout aux environs de la faux du cerveau, on trouve de petits corps granuleux jaunâtres , que l’on avait à tort pris pour des glandes , et que l’on appelle encore aujourd’hui glandes de Pacchioni.

La dure-mère doit être considérée comme formée de deux lames intimement unies en beaucoup d’endroits , mais qui sont séparées dans d’autres. La lame extérieure est celle qui adhère aux os; elle envoie par tous les trous du crâne des prolongements qui forment une enveloppe aux vaisseaux et nerfs qui les traversent , et qui , après avoir franchi l’épaisseur des os du crâne, .se rélléchissent sur leur face extérieure pour se confondre avec le périoste. La lame interne de la dure-mère, qui, comme nous l’avons déjà fait observer, est recouverte par un feuillet émané de l’arachnoïde, forme des replis, qui proéminent librement dans l’intérieur de la cavité crânienne.

Replis de la dure-mère. 1 ) La faux du cerveau ; elle forme une cloison falciforme, proéminant verticalement dans l’intérieur du crâne et attachée sur la ligne médiane aux os de la voûte crânienne , depuis l’apophyse crista-galli jusqu’à la protubérance occipitale interne. Cette fau.x est moins large en avant qu’en arrière , où elle se confond par toute sa base avec la tente du cervelet. La faux du cerveau est tendue entre les hémisphères cérébraux, qu’elle maintient en position, et qu’elle empêche de peser l’un sur l’autre dans les diverses positions de la tête.

2) La tente du cervelet est un autre prolongement de la lame interne de la dure-mère, tendu transversalement comme une voûte entre les lobes postérieurs du cerveau et le cervelet. Elle a à peu près une forme semi-lunaire , en sorte qu’on y remarque deux circonférences, dont la plus grande, convexe, s’insère en arrière et latéralement à la protubérance occipitale interne , à la crête qui s’en détache en dehors . ail bord supérieur du rocher et à l’apophyse clinoïde

postérieure. La petite circonférence de la tente du cervelet, concave et libre , s’insère en avant à l’apophyse clinoïde antérieure , et croisant la direction des fibres du bord postérieur ; elle circonscrit avec l’apophyse basilaire de l’occipital une ouverture ovalaire , dans laquelle est placée la protubérance annulaire.

3) La faux du cervelet; petit repli triangulaire , qui s’attache par sa base au milieu de la partie postérieure de la tente , et par un de ses côtés à la crête qui de la protubérance occipitale s’étend au bord postérieur du grand trou de ce nom ; à cet endroit la faux du cervelet envoie en avant deux petits prolongements qui contournent les bords du grand trou occipital. Cette faux est placée entre les deux hémisphères du cervelet, qu’elle maintient dans leursituation.

Sinus de la DuuE-NÈnE. Nous avons dit que les deux lames de la dure-mère sont séparées en plusieurs endroits ; or , par ces écartements il se forme des canaux de forme triangulaire, livrant passage à du sang veineux, et appelés sinus de la dnre-mère; ces sinus sont destinés à recevoir le sang qui revient du cerveau , et l’on remarque à cet effet de nombreuses veines qui s’y abouchent, comme nous le verrons dans l’angiologie. L’intérieur des sinus est parcouru par un assez grand nombre de brides filiformes et ligamenteuses. Nous n’indiquons ici que les principaux sinus ; leur énumération complète sera faite dans le troisième chapitre de la cinquième section.

1) Le sinus longitudinal supérieur, situé sur la ligne médiane , entre la lame externe de la duremère et le bord convexe ou adhèrent de la faux du cerveau. Il commence à l’apophyse crista-galli , et se continue vers la protubérance occipitale interne, dans un autre sinus plus considérable , appelé /ire.ssoir d’Hérophile ; ce pressoir reçoit en outre le sinus droit , et donne naissance aux sinus latéraux.

2) Le sinus longitudinal inférieur , situé le long du bord inférieur ou concave de la faux du cerveau ; il se termine dans le sinus droit.

3) \jC sinus droit; dirigé d’avant en arrière, situé sur le milieu de la tente du cervelet , entre elle et la lîase de la faux du cerveau. En avant il se continue avec le sinus longitudinal inférieur , en arrière il se termine dans le pressoir d’Hérophile.

4) Les sinus latéraux ou transverses ; un de chaque côté ; ils se continuent du pressoir d’Hérophile , se portent de là en dehors dans la circonférence postérieure de la tente du cervelet jusque vers le rocher, puis descendent vers le trou déchiré potérieur.

5) Le sinus pétreux supérieur; un de chaque côté : il longe le bord supérieur du rocher , et s’ouvre en arrière dans le sinus latéral , en avant dans le sinus caverneux.

C) Le sinus pétreux inférieur; un de chaque côté; placé le long du bord inférieur et postérieur du rocher ; en ari'ière il se continue avec l’extrémité du sinus latéral , en avant avec le sinus caverneux.

7) Les sinus caverneux ; situés sur les parties latérales de la selle turcique ; en haut ils se continuent avec le sinus pétreux , en bas ils se terminent à l’orifice intérieur du canal carotidien , en avant ils envoient vers la fente sphénoïdale un prolongement appelé sinus ojjhthahnique. Us renferment dans leur

intérieur l’artère carotide et le nerf de la sixième paire.

8) Le sinus circulaire de la selle turcique : ovalaire, entourant la grande pituitaire; il s’ouvre dans les sinus caverneux.

9) Le sinus transverse de la selle turcique; gros et court, placé derrière les apophyses clinoïdes postérieures ; il se termine dans les deux sinus petreux inférieurs.

On a au.ssi, mais à tort, donné le nom de sinus aux nombreuses veines qui sont placées en dehors de la dure-mère rachidienne.

Art. 2. Arachnoïde.

Membrane séreuse , placée entre la dure-mère et la pie-mère; elle est très-mince, transparente; ses vaisseaux ne charient pas de sang rouge dans l’état naturel. Elle tapisse en dehors la pie-mère, et enveloppe ainsi le cerveau, sans cependant s’enfoncer entre ses circonvolutions. L’arachnoïde est presque partout adhérente à la pie-mère , excepté à la base du cerveau , entre la protubérance annulaire et l’entrecroisement des nerfs optiques , de même qu’entre la moelle allongée et le cervelet.

L’arachnoide se réfléchit en outre sur la duremère , comme, par exemple, la plèvre pulmonaire se réfléchit sur les côtes ; cela a lieu au moyen de prolongements que l’arachnoïde envoie au dehors sur les vaisseaux et nerfs qui se détachent du cerveau; de cette manière elle leur forme des gaines, et, arrivée aux points où ceux-ci traversent la duremère, elle les quitte pour se réfléchir .sur cette dernière membrane.

Outre ces prolongements extérieurs , l’arachnoïde en forme d’autres qui se portent vers l’intérieur du cerveau , pour en tapisser successivement tous les ventricules. C’est ce que l’on observe entre l’extrémité postérieure du corps calleux et la partie antérieure de la face supérieure du cervelet, où l’arachnoïde du premier de ces points , au lieu de passer directement sur le second , s’étend au contraire vers les parties profondes de l’encéphale, en se dirigeant en avant et en formant une espèce de canal, appelé arachnoïdien , canal qui est placé au-dessus des grandes veines de Galien , et pénètre sous la voûte dans le troisième ventricule , en sorte que l’on découvre aisément l’orifice extérieur de ce canal au-dessous du genou postérieur du corps calleux. L’arachnoïde, après avoir tapissé le troisième ventricule, pénètre dans les ventricules latéraux derrière les piliers antérieurs de la voûte et en recouvre également les parois.

Art. 3. Pie-nière.

Cette troisième enveloppe du cerveau , qui le touche immédiatement, est mince et très-vasculeuse. Elle se distingue de l’arachnoïde en ce qu’elle tapisse toutes les sinuosités de la surface encéphalique , en s’enfonçant entre les circonvolutions. Cette membrane est spécialement destinée à conduire dans la substance cérébrale les vaisseaux sanguins déjà parvenus à un état de division considérable , et c’est même pour cela qu’elle s’engage dens tous les sillons.

La pie-mère envoie en dehors des prolongements qui enveloppent les nerfs partant du cerveau, et qui

les accompagnenl dans tout leur trajet, en se continuant avec leur enveloppe, appelée névrilème.

En dedans, la pie-mère forme des prolongements qui se portent dans les ventricules du cerveau pour y conduire les vaisseaux sanguins ; ces prolongements sont appelés yjfeiMS choroïdes. Deux d’entre eux entrent dans les ventricules latéraux derrière les cuisses du cerveau; un autre pénètre dans le troisième ventricule sous le corps calleux et la voûte , et est appelé toile choroïdienne; enfin, il y en a un qui pénètre dans le quatrième ventricule, près du calamus scriptoriiis. Ces plexus choroïdes sont rougeâtres , composés d’une grande quantité de vaisseaux fins, entortillés, et contenant souvent dans leur intérieur des glandes de Pacchioni.

Le pie-mère, qui enveloppe la moelle épinière, s’enfonce entre les deux portions latérales dont cette dernière est composée, en sorte qu’on peut les séparer en partie. Vers l’extrémité inferieure de la moelle , la pie-mère se termine par un long filament, qui descend avec la queue du cheval jusqu’à l’extrémité inférieure du canal vertébral.

Art. 4. De la substance cérébrale en général.

Les organes qui nous occupent se composent de quatre substances, différentes par leur couleur.

1”. Substance blanche ou médullaire. Elle constitue la partie interne du cerveau et du cervelet ; dans d’autres parties de l’encéphale, par exemple le pont de Varole , les cuisses du cerveau et du cervelet , les moelles allongée et épinière, etc. , elle est placée au dehors. Toutes ces portions de substance blanche sont liées entre elles de manière à former un seul tout. La substance blanche, quoique assez molle, est tenace et un peu élastique; presque partout on y recounait à l’œil nu une structure évidemment fibreuse. Examinée au microscope, la substance médullaire des hémisphères apparait formée d’une multitude de tuyaux, les uns cylindriques , les autres présentant d’espace en espace de petits renflements réunis par des portions intermédiaires excessivement fines; ces tuyaux sont les uns parallèles, les autres entre-croisés ; entre eux on trouve de petits corpuscules isolés, de forme arrondie ou ovoïde. Dans les fihres médullaires du pont de Varole , les tuyaux cylindriques ont été plus nombreux et plus gros que dans l’hémisphère ; les tuyaux renflés sont plus rares ; les corpuscules s’y trouvent en même nombre qu’au cerveau. La substance blanche reçoit beaucoup de vaisseaux ; mais ils sont tous très-petits , parce qu’ils se sont préalablement divisés dans la pie-mère avant que d’y pénétrer ; ces vaisseaux rampent presque tous parallèlement aux fibres. L’analy.se chimique y démontre : eau, 80,00; matière grasse blanche, 4,S3; matière grasse rougeâtre, 0,70; osmazome, 1,12; albumine, 7,00; phosphore (uni aux matières grasses), 1,50 ; soufre et sels 5,15.

2'>. Substance grise ou corticale. Elle forme la couche externe du cerveau et du cervelet; dans d’autres parties, par exemple dans le pont de A'arole, les cuisses du cerveau et du cervelet , dans les moelles allongée et épinière , etc. , la substance grise est cachée dans l’intérieur , en sui te que sa disposition est tellequ’ellc ne forme pasun tout continu ; sa couleur est d’un gris tirant sur le rouge, ce qui est dû aux vaisseaux .sanguins qui la parcourent, et <|ui y sont beaucoup plus nombreux que dans la substance blan-

che. La substance grise est formée des mêmes éléments que la substance blanche ; mais les deux espèces de tuyaux y sont en moindre nombre, tandis que les corpuscules y sont extrêmement abondants. La substance grise a moins de consistance que la substance blanche, en sorte qu’elle a été comparée à une bouillie épaisse. L’analyse chimique démontre que cette substance diffère de la blanche en ce qu’elle ne contient pas de phosphore , et qu’elle renferme moins de graisse.

3o. Substance jaune. Elle n’est évidemment qu’une modification de la substance grise, dont elle ne parait se distinguer que par la couleur ; on la trouve dans la partie inférieure des lobes postérieurs du cerveau et dans le cervelet , placée entre la substance grise et la substance blanche.

4«. Substance noire. On la trouve dans l’intérieur des cuisses du cerveau sous la forme d’une tache semi-lunaire. Gette substance , examinée au miscroscope , est composée de tubes beaucoup plus gros que ne le sont les autres tubes cérébraux; les uns sont cylindriques, les autres renflés; entre eux l’on aperçoit une très-grande quantité de corpuscules.

Art. 5. Description de la masse encéphalo-rackidienne.

l». Division générale.

Toute cette masse se compose :

1) Du ce/Tcau proprement dit, qui en forme la portion supérieure et la plus volumineuse. Il a à peu près la forme d’un ovoïde ; sa couleur est grisâtre en dehors , et il est divisé sur la ligne médiane , jusqu’à une certaine profondeur, en deux parties latérales , appelées hémisphères , qui sont eux-mêmes sousdivisés en trois lobes , et ceux-ci en circonvolutions. Le lobe antérieur du cerveau est logé dans la fosse antérieure , et le lobe moyen dans la fosse moyenne du crâne; le lobe postérieur est situé sur la tente , qui le sépare ainsi du cervelet placé sous elle. Les lobes postérieur et moyen sont très-peu distincts l’un de l’autre, en sorte que cette division est assez arbitraire; le lobe antérieur et le moyen, au contraire, sont séparés par une fente profonde, dirigée eu haut et en arrière, appelée scissure de Sylrius ; les lobes moyens ont en outre beaucoup de relief vers la base du cerveau.

2) Le cervelet est logé sous la tente , dans les fosses postérieures du crâne, au-dessous des lobes postérieurs du cerveau , qui le dépassent un peu en arrière; il a une forme irrégulièrement arrondie, et il est aplati de haut en bas. Un sillon placé sur la ligne médiane le divise en deux lobes ; on observe dans la disposition de ces derniers plusieurs particularités , dont nous parlerons plus bas , et ils se composent de nombreuses circonvolutions larges et minces , plus ou moins parallèles , qui les font paraître striés transversalement. Le cervelet est grisâtre en dehors, blanc en dedans.

3) Entre le cerveau et le cervelet on remarque plusieurs parties qui paraissent tenir tant à l’un qu’a l’autre ; elles s’en distinguent facilement , parce qu’elles sont blanches en dehors. Nous en parlerons plus bas d’une manière plus spéciale.

4) La moelle allongée et la moelle épinière, qui en est la continuation; ces parties sont placées sous le

cervelet, et s’étendent dans l’intérieur du canal vertébral. Leur couleur est blanche extérieurement.

2“. Configuration extérieure de l’encéphale.

A la partie supérieure du cerveau on remarque les deux hémisphères, séparés par une scissure profonde, au fond de laquelle on trouve le corps calleux, bande de substance blanche , qui unit la partie moyenne et centrale des hémisphères , et dont nous parlerons plus bas.

A la base du cerveau , en procédant d’avant en arrière f on observe ;

1) Que les lobes antériexirs du cerveau peuvent être séparés l’un de l’autre sur la ligne médiane ; dans le fond de l’écartement on remarque un corps blanc, qui est l’extrémité antérieure du corps calleux.

2) Sur les côtés delà lignemediane on trouve deux cordons blanchâtres , dirigés d’arrière en avant et un peu en dedans; ils sont logésdansun sillon, etils ont la forme d’un prisme triangulaire; ce sont les nerfs de la première paire ou nerfs olfactifs (1) : leur extrémité antérieure est renflée et grisâtre ; elle porte le nom de bulbe olfactif; c’est cette partie qui était située sur la lame criblée de l’ethmoïde , et dont partaient les nombreux filaments nerveux qui traversent les trous de cette lame osseuse. En arrière ces cordons tiennent à la substance cérébrale , et l’on voit distinctement qu’ils en naissent par trois racines blanchâtres, dont deux externes et une interne plus courte. Parmi ces racines externes il y en a une qui entre profondément dans la scissure de Sylvius jusqu’au corps strié.

3) En dehors des racines des nerfs olfactifs on remarque les lobes moyens du cerveau, formant une saillie notable au-dessus des lobes antérieurs , dont ils sont séparés par la scissure de Sylvius, qui s’enfonce profondément entre eux.

4) Derrière les nerfs olfactifs on voit ceux de la deuxième giaire ou nerfs optiques, gros, arrondis, écartés en avant, unis sur la ligne médiane , et s’écartant de nouveau en arrière , de manière à représenter un X. C’est ce qu’on appelle Ventre-croisement des nerfs optiques (chiasma). En effet, ces nerfs , .s’étant rapprochés l’un de l’autre, s’envoient réciproquement des filets, en sorte qu’une portion du nerf gauche va à droite, et vice versa. On peut poursuivre les nerfs optiques en arrière, où ils forment des bandelettes aplaties, adhérentes au cerveau , mais distinctes par leur relief, et contournant les cuisses du cerveau. On arrive de cette manière jusqu’à la partie postérieure des couches optiques ( corps genouillés externes ) , et aux tubercules quadrijumeaux, desquels les nerfs optiques paraissent prendre leur origine.

5) Immédiatement derrière l’entre-croisement des

(l) Dans t'embryon et flans ta plupart des animaux , les parlies analogues à ce que nous venons d^appeler nerfs olfactifs ne sont autre chose que les continuations dos lobes antérieur.s du cerveau, creusées dans leur intérieur d’une cavité qui communique souvent avec les ventricules latéraux. Ce ne serait donc pas à tort , peut-être , si l’on considérait ces parties , y compris le huïbc olfactif , comme étant des portions du cerveau, et si l’on appelait seulement nerfs olfactifs les Qlainents qui s’en détachent pour traverser les trous de l’ethmoîde. 11 est vrai que dans l’homme adulte cette disposition est in- \erse, en ce que les lobes cérébraux y sont très-grands et leurs prolongements olfactifs très-minces ; ce n’est donc que p.ir voie d'analogie que l’on pourrait adopter cette opinion.

nerfs optiques on trouve un appendice grisâtre , appelé entonnoir , infuiidibuium ou tige pituitaire , qui vient se terminer dans la glande pituitaire {hijpophysis). Cette glande pituitaire est un corps gri- .sâtre en dehors, blanchâtre en dedans, ayant la forme d’une fève, et placé dans la selle turciqiie du sphénoïde , où il est retenu par des replis de la dure-mère. La tige pituitaire est creuse dans son intérieur, et sa cavité se continue avec celle du troisième ventricule.

6) La base de la tige pituitaire est implantée sur une éminence grisâtre , appelée tubercule cendré (tuber cinereum) , qui forme une partie du plancher du troisième ventricule; c’est une lame trèsmince, dans l’épaisseur de laquelle on remarque un peu de substance médullaire.

7) Derrière cette élévation on voit les deux éminences mamillaires ou pisiformes , petits tubercules arrondis, blancs en dehors, grisâtres intérieurement. Ils correspondent à l’extrémité inférieure des piliers antérieurs de la voûte.

8) Derrière les éminences mamillaires se trouvent deux gros faisceaux de substance médullaire, appelés cuisses du cerveau , pédoncules cérébraux on bras de la moelle allongée. Ils sont dirigés en avant et en dehors , et sont évidemment fibreux dans ce sens. Intérieurement ils sont striés de blanc et de gris . et vers leur bord interne on y trouve la substance noire, qui est disposée sous la forme d’un croissant.

9) Entre l’écartement des cuisses du cerveau et les éminences mamillaires , il y a un espace triangulaire, grisâtre, criblé de trous qui livrent passage à des vaisseaux. C’est une continuation du tuber eincreum, également composée d’une lame trèsmince, qui concourt à former le plancher du troisième ventricule.

10) Du bord interne des cuisses du cerveau et de cette lame grisâtre criblée, se détachent les nerfs do la troisième paire ou oculo-moteurs communs. On peut en poursuivre des filets dans l’intérieur de la cuisse du cerveau jusque dans la substance noire.

11) Derrière les cuisses du cerveau se trouve une grande éminence blanche , irrégulièrement quadrilatère, appelée protubérance annulaire, pont de ï'^arole , pont inférieur, mésocéphalc ; postérieurement cette éminence se continue avec le cervelet au moyen des cuisses du cervelet; en avant elle communique avec le cerveau par les cuisses du cerveau. La partie supérieure de cette protubérance est formée par les tubercules quadrijumaux , comme nous le verrons plus tard, et entre ces deux parties passe un canal , Uaqueduc de Sylvius, qui leur a fait donner le nom de ponts. Sur la ligne médiane de la protubérance annulaire on remarque une dépression dans laquelle était logée l’artère basilaire. La substance du pont de Varole est blanche en dehors, mêlée de blanc et de gris intérieurement; sa superficie se compose exclusivement de fibres transversales; plus profondément les fibres transversales sont traversées par des fibres obliques en avant et en dehors.

12) Le long des bords externes du pont de Varole on trouve les nerfs de la quatrième paire ou pathétiques , très-gréles , qui contournent en arrière et en haut les prolongements du pont vers le cervelet, pour se porter vers les tubercules quadrijiimeau.x postérieurs et la valvule de Yieussens , d’où ils tirent leur origine.

13) Du milieu du bord externe du pont de Varole se détache le nerf de la cinquième paire ou nerf trijumeau, très-volumineux, composé de deux faisceaux : un postérieur plus gros et un antérieur plus petit. Ce nerf peut être poursuivi très-avant dans l’intérieur de la protubérance annulaire , et l’on voit alors qu’il en vient par trois racines, dont la moyenne, qui est la plus volumineuse, nait entre l’éminence olivaire et le corps restiforme.

14) Les nerfs de la sixième paire, oculo-moteurs externes, abducteurs, se voient au bord postérieur de la protubérance annulaire, à deux ou trois lignes en dehors de la ligne médiane, sous la forme de petits cordons aplatis. On ne peut pas les poursuivre bien avant dans la substance cérébrale; ils paraissent prendre leur origine dans la protubérance annulaire, et surtout dans les éminences pyramidales.

15) Par ses deux angles postérieurs, la protubérance annulaire se continue obliquement en dehors vers le cervelet, en formant deux cordons blancs, fibreux, appelés cuisses ou pédoncules du cervelet, cuisses de la moelle allongée; la partie supérieure de ces cuisses du cervelet se continue avec les processus cerehelli ad testes, et sa partie postérieure et interne avec les corps restiformes.

16) Derrière la protubérance annulaire commence la moelle allongée proprement dite , aussi appelée tige ou queue de la moelle allongée, qui en est séparée par une rainure très-marquée, dans laquelle s’implantent les nerfs de la sixième paire. Cette moelle allongée est plus épaisse en avant, et elle se rétrécit en arrière et en bas, en se continuant insensiblement avec la moelle épinière. Blanche en dehors, elle est mêlée de substance grise dans son intérieur. Sur la ligne médiane , la moelle allongée est séparée en deux moitiés égales , par une rainure étroite et profonde ; chacune de ces moitiés se compose de trois bosselures ou cordons que nous allons décrire.

17) De chaque côté de- la rainure médiane de la moelle allongée on remarque un renflement, appelé éminence pyramidale ou pyramide antérieure. Ces pyramides sont plus larges en avant, et deviennent peu à peu pointues en arrière, où Ton peut les suivre dans l’espace de quinze lignes environ ; là elles se rapprochent Tune de l’autre, et s’envoient réciproquement des faisceaux qui s’entre-croisent de manière à ce que ceux d’un côté se portent du côté opposé. En avant, les pyramides se continuent profondément à travers le pont de Varole, comme nous le verrons plus tard.

18) En dehors de ces pyramides, et un peu sur les côtés de la moelle allongée, on voit les éminences olivaires, de forme elliptique, blanches en dehors. Les fibres de ces olives se dirigent vers la protubérance annulaire. Dans leur intérieur on remarque un noyau grisâtre frangé , appelé corps dentelé, frangé ou rhombdidal des olives.

19) A la face postérieure et supérieure de la moelle allongée, à côté des olives, on voit deux autres éminences ( une de chaque côté ) , appelées pyramides postérieures ou latérales, corps restiformes , processus cerebelli ad medullam oblongatam; elles se dirigent obliquement en dehors vers le cervelet , dans lequel elles s’épanouissent.

20) A la partie postérieure et supérieure de la moelle allongée, entre les deux corps restiformes, on observe un enfoncement triangulaire , appelé

sinus rhomboxdal , sinus du quatrième ventricule , calamus scriptorius , etc. , qui forme une partie de la paroi antérieure du quatrième ventricule. Ce calamus scriptorius est recouvert de quelques prolongements de la pie-mère, qui constituent le quatrième plexus choroïde, et Ton y remarque en outre un faisceau de fibres transversales blanches , qui paraissent être les racines jiu nerf acoustique.

21) Les cuisses dü cervelet sont recouvertes par deux cordons nerveux , qui forment les nerfs de la septième paire des anciens. Les modernes en font deux nerfs distincts ; l’un, nerf de la septième paire , facial, petit sympathique, portion dure de î« septième paire, plus petit, antérieur et interne, provient du bord postérieur du pont de Varole, du sillon qui sépare les olives des corps restiformes. L’autre, nerf de la huitième paire, acoustique , auditif, qiortion molle de la septième paire , plus gros , plus mou, placé en dehors et en arrière du précédent , provient de la bandelette transversale blanche du calamus scriptorius ; il contourne alors le corps restiforme, duquel il continue à prendre des fibres, et se porte sur la cuisse du cervelet , où il forme ordinairement un petit ganglion grisâtre; dans une partie de ce trajet il est accompagné par le facial , qui lui adhère ordinairement , et qui communique quelquefois avec lui par des filaments nerveux.

22) Entre le corps olivaire et le corps restiforme on remarque une série de filets nerveux , qui constituent la huitième paire de nerfs des anciens. Ces nerfs ont été sous-divisés en deux paires, en sorte que le faisceau supérieur, qui nait tout près du bord postérieur du pont de Varole , prend aujourd’hui le nom de neuvième paire ou de nerf glossopharyngien. On peut poursuivre ce nerf dans l’intérieur de la moelle, dont il nait par cinq à six racines. Le faisceau inférieur , composé de dix à quinze filets, constitue la dixième paire de nerfs des modernes, le nerf vague , pneumo-gastrique , moyen sympathique.

23) Le nerf accessoire de Willis, accessoire à la huitième paire, nerf de la onzième paire des modernes, provient de la face latérale des corps restiformes et de la continuation de ces cordons dans la moelle épinière, entre le ligament dentelé et les racines postérieures des nerfs cervicau.x, par une série assez considérable de racines, qui s’unissent successivement en un petit cordon nerveux, placé sur les côtés de la moelle allongée, et dirigé en haut et en avant.

24) Le nerf grand hypoglosse , neuvième paire des anciens, douzième des modernes, enfin, nait de la moelle allongée , entre les pyramides antérieures et les olives, par trois faisceaux de racines.

25) Derrière la protubérance annulaire on voit le cervelet; il se compose de deux lobes . séparés sur la ligne médiane par une portion intermédiaire, appelée ver, que Ton distingue en ver supérieur, en ver postérieur elenver inférieur. Le supérieur forme une saillie au-dessus des lobes du cervelet; le ver postérieur et l’inférieur , au contraire, forment une dépression notable; c’est dans la dépression de ce dernier qu’est logée la moelle allongée : cette fossette reçoit aussi quelquefois le nom de vallon. On distingue encore dans les lobes du cervelet une face supérieure et une inférieure, séparées par une scissure, et surtout distinctes à l’endroit où la cuisse du cervelet se porte dans cet organe ; enfin , chacune

lie ces faces a élé sous-divisée en éminences qui sont souvent très-difficiles à distinguer; nous nous bornerons à indiquer deux éminences qui se trouvent à la face inférieure ; l’une , appelée lobule du nerf pneumo-gastrique ( flocculus ) , petite et arrondie , se trouve immédiatement derrière les cuisses du cervelet; Vautre , nommée amygdale , monticule , lobule de la moelle allongée, est plaeée des deu.x côtés du ver inférieur.

Le cervelet se compose de substance grise en dehors , et de substance médullaire dans l’intérieur ; la disposition arborisée de ces deux substances a reçu le nom d’arôre de vie. Le substance blanche se continue avec .la cuisse du cervelet, qui, comme nous l’avons déjà fait observer , se compose de trois cordons, dont l’un communique avee la moelle allongée, l’autre avec la protubérance annulaire, le troisième avee les tubercules quadrijumeaux. Dans l’intérieur de cette substance blanche on trouve un noyau grisâtre ou jaunâtre , qui de sa forme a reçu les noms de corps dentelé, frangé ou rhomboïdal du cervelet, ou corps ciliaire.

3o. Intérieur de l’encéphale.

Si l’on enlève la partie supérieure des lobes cérébraux, en y pratiquant au niveau du corps calleux une incision de dedans en dehors , et inclinée en bas vers le bord externe des hémisphères , on voit ;

1) Le centre ovale de f^ieussens, qui n’est autre chose que la portion centrale des hémisphères cérébraux, où la substance médullaire existe en plus grande abondance, et où elle présente une disposition irrégulièrement ovalaire.

2) Au milieu de ce centre ovale on aperçoit le corps calleux ou grande commissure du cerveau , allongé , plus étroit en avant qu’en arrière , fibreux transversalement , coùiposé de beaueoup de substanee blanche , entremêlée de quelques parcelles de substance grise; ce corps présente sur la ligne médiane une ligne un peu saillante, composée de fibres longiiudinales , appelée raphé ; sur les côtés on remarque deux autres lignes longitudinales , appelées nerfs longitudinaux de Lancisi. En avant et en arrière, l’extrémité du eorps calleux se replie sur elle-même en se dirigeant en bas; ces extrémités portent, l’une le nom de genou antérieur, l’autre celui de genou postérieur. Le genou antérieur embrasse dans sa concavité la cloison transparente, le postérieur se confond avec la voûte. Le corps calleux se eontinue par ses bords avec les hémisphères cérébraux , qui semblent y diriger leurs fibres.

3) Eu incisant avec le manche du scalpel la substance cérébrale des deux côtés du corps calleux , on ouvre les ventricules latéraux. Ces ventricules forment trois prolongements : un antérieur, recourbé en dehors, appelé corne antérieure ; un postérieur, plus court, creusé dans le lobe postérieur du cerveau , un peu recourbé en dedans et appelé corne postérieure , cavité digitale ou ancyroïde , et un prolongement inférieur , appelé corne inférieure, qui descend , recourbé en spirale , en se dirigeant en dehors , puis en avant , et enfin en dedans , pour s’ouvrir à la base de l’encéphale , derrière les cuisses du cerveau, où il n’est formé que par la pie-mère.

4) On voit maintenant que le corps calleux et la partie médullaire du cerveau qui le touche, forment la paroi supérieure des ventricules latéraux.

5) La moitié antérieure du corps calleux se continue en bas avec la cloison transparente ou septum lucidum , de forme triangulaire , mince , enchâssée entre le corps calleux et la voûte. Cette cloison transparente est elle-même formée de deux lames adossées l’une contre l’autre , entre lesquelles se trouve un petit intervalle, surtout bien prononcé dans le fœtus et appelé cinquième ventricule. Chacune des lames qni concourent à la formation de la cloison transparente , se compose d’une couche de substance grise en dehors , et d’une autre de substance blanche en dedans.

G) Sur le plancher des ventricules on trouve un cordon granuleux, rougeâtre, appelé plexus choroïde. Ce plexus est formé par un prolongement de la pie-mère , dans lequel rampent un grand nombre de vaisseaux , destinés à porter le sang dans l’intérieur du cerveau. On y rencontre souvent des glandes de Pacchioni ou des hydatides. Il entre dans le ventricule par sa corne inférieure, se porte obliquement en avant et en dedans, et passe dans le troisième ventricule , derrière les piliers antérieurs de la voûte , où il s’unit à celui du côté opposé.

7) Quand on tire un peu ce plexus choroïde de côté, on voit que la moitié postérieure du corps calleux se continue en bas avec la voûte (fornix), très-improprement appelée voûte à trois piliers , trigone cérébral; car nous verrons plus bas qu’elle se compose effectivement de quatre piliers. Cette voûte forme une lame médullaire triangulaire, recourbée, à concavité inférieure; un des angles est antérieur, les deux autres sont postérieurs. Par sa face inférieure la voûte appuie simplement sur les parties sous-jacentes, sans y adhérer.

8) A la partie antérieure du plancher des ventricules latéraux on voit un grand tubercule grisâtre , pyriforme , dont la grosse extrémité regarde en avant, et dont la pointe est dirigée en arrière et en dehors; c’est le corps strié ou cannelé. Ce nom lui vient de ce que son intérieur se compose d’une substance grise, traversée de nombreuses stries de fibres blanches. Par sa partie inférieure , le corps strié se continue avec la cuisse du cerveau ; par sa partie externe, il se confond avec les hémisphères cérébraux.

9) A la partie interne du prolongement postérieur du corps strié ou remarque un tubercule blanchâtre, ovoïde, en partie caché par le plexus choroïde, appelé couche optique, couche du nerf optique , thalamus nervi optici. Son intérieur se compose de substance grise , traversée de stries de substance blanche. En bas la couche optique se continue avec la cuisse du cerveau , en dehors avec l’hémisphère.

10) Entre le corps strié et la couche optique se voit un ruban médullaire, fibreux, appelé bandelette demi-circulaire ( tœnia scmicircularis ) , qni commence en avant près du troisième ventricule, et qui se termine en arrière dans la corne inférieure du ventricule latéral. Sa partie antérieure est recouverte par une petite lame de substance grise et translucide , appelée lame cornée de la bandelette demi-circulaire.

11) Dans le fond de la corne postérieure du ventricule latéral on remarque une éminence blanche à sa surface, grisâtre dans son intérieur, appelée ergot , et qui n’est autre chose que la saillie intérieure d’une circonvolution cérébrale.

Si maintenant on divise en travers et de bas en haut, la voûte, la cloison transparente et le corps calleux, à l’endroit où les deux plexus choroïdes viennent s’unir en avant , et qu’on replie une moitié des portions divisées en avant et l’autre en arrière , on voit :

12) Sur la Face réfléchie de la partie postérieure de la voûte , une membrane vasculeuse triangulaire , qui s’unit en avant et latéralement aux deux plexus choroïdes ; elle a reçu le nom de toile choroïdientie ou troisième plexus choroïde. Elle se continue avec la pie-mère , qui passe sous le genou postérieur du corps calleux.

13) Quand on enlève la toile choroïdienne qui tapisse la Face inFérieure de la voûte, on trouve que cette Face a une figure triangulaire, et qu’elle est marquée de plusieurs empreintes dues aux vaisseaux qui y rampaient. Cette partie a reçu le nom de lyre {corpus psalloides). On voit aussi maintenant que les piliers postérieurs de la voûte s’enFoncent dans les cornes inFérieures des ventricules latéraux, où ils se conFondent avec la corne d’Ammon, en finissant par dégénérer en une bandelette libre par un de ses bords , et que sa configuration a Fait appeler corps franqé ( corpus fimbriatum ).

14) Si l’on incise la substance cérébrale de manière à ouvrir peu à peu en dehors la corne inFérieure du ventricule latéral, en suivant son contour, on voit que la paroi postérieure de cette corne est Formée par une saillie médullaire , contournée comme elle en spirale, appelée corne d’ Amman. Elle se continue jusqu’à la base du cerveau , où elle se termine par une tubérosité présentant des inégalités , qui lui ont Fait donner le nom de pied d’hippocampe, à raison de la ressemblance qu’on lui a supposé avoir avec le pied d’un cheval marin. La substance de cette corne d’.Ammon est blanche en dehors, grise intérieurement; elle se continue avec le lobe postérieur du cerveau , et en haut avec le corps calleux et la voûte , qui Forme sur son bord libre \e corps franyê , comme nous l’avons dit.

15) En examinant la portion antérieure de la voûte réclinée en avant, on voit qu’elle se compose de deux cordons médullaires adossés l’un à l’autre, et qui s’enFoncent dans la substance cérébrale jusque vers la base du cerveau , oû ils se perdent dans les tubercules mamillaires. La voûte se compose donc de quatre piliers : deux antérieurs et deux postérieurs.

16) En écartant légèrement les piliers antérieurs de la voûte . on voit au devant d’eux un cordon transversal blanc, appelé commissure antérieure du cerveau, Faisceau fibreux , qui se continue à travers les corps striés dans les hémisphères cérébraux , en Formant une courbe à convexité antérieure. Ce Faisceau devient peu à peu plus épais vers ses extrémités. A l’exception de ces deux derniers points, où il se continue avec la substance des hémisphères, il est libre dans la substance cérébrale, qui lui Forme une espèce d’étui. Cette disposition se voit Facilement, si l’on poursuit ce cordon dans un des hémisphères au moyen du manche du scalpel.

17) Quand on écarte légèrement les deux couches optiques, on voit qu’elles sont unies par une lame grisâtre, appelée commissure molle des couches optiques. Cette lame se déchire Facilement dans les cerveaux qui ne sont plus Frais.

18) En divisant sur la ligne médiane ce qui reste

de la moitié postérieure du corps calleux et de la voûte, de manière à pouvoir écarter ces parties, on voit que les couches optiques présentent en bas, à leur extrémité postérieure, deux élévations, appelées corps genouillés ( corpora geniculata ) ; on en distingue un externe et un interne.

19) Le long du bord interne des couches optiques on remarque de petits cordons blanchâtres, qui se portent en arrière, pour s’unir à la glande pinéale ; cette dernière est un petit corps grisâtre, pointu en arrière, placé entre les corps genouillés internes , et renFermant ordinairement des grains durs, que Carus a reconnu être Formés par des cristaux réguliers. Les cordons que nous venons de décrire , sont appelés rênes ou freins de la glande pinéale.

20) Au-dessous de l’extrémité postérieure des rênes de la glande pinéale on voit un cordon blanc , fibreux, transversal, appelé commissure postérieure, qui se conFond par ses extrémités avec les couches optiques.

21) Derrière cette commissure, et en partie sous la glande pinéale, on' remarque un plan incliné en bas et en arrière, présentant quatre élévations arrondies, dont l’ensemble a reçu le nom de tubercules quadrijumeaux , à'éminences nates et testes , de po?it supérieur. Ces tubercules sont blancs en dehors et grisâtres dans leur intérieur. Ils Forment la partie supérieure du pont de Varole , et se continuent comme lui avec les cuisses du cervelet , et plus spécialement avec les cordons appelés processus cercbelli ad testes, qui se voient derrière les tubercules.

22) On trouve sur le milieu du cervelet une élévation longitudinale, le ver supérieur , c\\\\ se termine en avant par un tubercule tout près des éminences quadrijumelles postérieures. Cette extrémité antérieure du ver est appelée luette.

23) Si l’on enlève cette partie moyenne du cervelet, en coupant d’avant en arrière, de manière à mettre peu à peu à nu la partie qui des tubercules quadrijumeaux se prolonge en arrière , on verra que la luette ne Fait que s’avancer vers les tubercules sans y adhérer, et qu’une petite portion de pie-mère leur est interposée; quand celle-ci est enlevée à son tour, on a devant soi la valvule de Vieussens ou grande valvule du cerveau, qui n’est pas, à proprement parler, une valvule ou lame flottante, mais simplement une lame mince de substance grise, entremêlée de fibres médullaires et fixée de toutes parts; elle a à peu près une Forme cjuadrilatère , et elle s’insère en arrière à la portion centrale et médullaire du cervelet, des deux côtés aux processus cerebelli ad testes, et en avant au bord postérieur des tubercules quadrijumeaux postérieurs. Cette lame est dirigée obliquement en bas et en arrière ; elle Fait partie du plancher supérieur ou postérieur du quatrième ventricule.

24) Le troisième ventricule , ou ventricule moyen , est une cavité que l’on voit depuis que la voûte qui en Forme la paroi supérieure a été enlevée; ses parois latérales sont Formées par les couches optiques ; la paroi inFérieure l’est par les éminences grisâtres que l’on voit à la base du cerveau depuis le point de l’entre-croisement des iierFs optiques jusqu’au bord antérieur de la protubérance annulaire. L’extrémité antérieure du troisième ventricule, appelée vulve, se termine un peu au delà de la commissure antérieure, où cctle cavité s’enFonce un peu vers la base

du cerveau, pour se terminer dans la lige pituitaire ; en arrière, le troisième ventricule se termine près de la commissure postérieure , au-dessous de laquelle on remarque une ouverture appelée ««iis. La commissure molle des eouches optiques se trouve placée au milieu du troisième ventricule. Il communique avec les ventricules latéraux, derrière les piliers antérieurs de la voûte , où nous avons vu que le plexus choroïde d’un ventricule s’unissait à celui de l’autre, en passant dans le troisième.

25) Au-dessous de la commissure postérieure, au point que l’on a appelé anus, est l’orifice de l’aguedtic de Sylvius , canal qui se dirige en arrière, audessous des tubercules quadrijumeaux , entre eux et le pont de Yarole ( ce qui a valu à ces parties les dénominations de pont supérieur et de pont inférieur) , en Faisant communiquer le troisième ventricule avec le quatrième.

26) Le quatrième ventricule , ventricule du cervelet, commence au niveau du bord postérieur des tubercules quadrijumeaux , là où se termine l’aqueduc de Sylvius, dont il n’est que la continuation ; sa paroi supérieure ou postérieure est formée par la valvule de Vieussens, et par la partie moyenne de la face inférieure du cervelet ; ses parois latérales le sont par les processus cerebelli ad testes et par les corps restiformes ; sa paroi inférieure ou antérieure est formée en arrière par le calamus scriptorius , et en avant par la protubérance annulaire , qui forriie à eet effet un sillon. Dans l’intérieur de ce ventricule on remarque deux valvules semi-lunaires ou ralqules de Tarin ( Planche III , fig. 3 ) , lames médullaires, minces, qui se détachent de la face inférieure de la luette, et se dirigent de. là vers les lobules des nerfs vagues. Le quatrième ventricule communique librement avec le troisième au moyen de raqueduc de Sylvius; en bas et en arrière il semble ouvert , si l’on ne considère que la substance cérébrale; mais il y est fermé par une lame de l’arachnoïde et de la pie-mère, qui envoient dans son intérieur de petits prolongements , connus sous le nom de quatrième plexus choro’ide.

4°. Moelle épinière.

On appelle ainsi la continuation de la moelle allongée dans le canal vertébral; elle y forme un long cordon médullaire , à peu près arrondi ou légèrement aplati d’avant en arrière, en général beaucoup plus grêle que la moelle allongée, mais présentant deux renflements aux endroits où des nerfs très-volumineux s’en détachent; le premier renflement se remarque aux deux tiers inférieurs de la région cervicale, où naissent les nerfs qui vont former le plexus brachial ; l’autre renflement se trouve à la partie inférieure de la région dorsale, où naissent les nerfs des plexus crural et sciatique. La moelle se termine, au niveau de la deuxième vertèbre lombaire , par une extrémité pointue, d’où part un filet qui descend dans le canal vertébral pour s’attacher à son extrémité inférieure. La partie du canal vertébral qui n’est plus occupée par la moelle épinière, l’est par un gros faisceau de nerfs , toujours encore contenu dans l’intérieur de la dure-mère , et dont l’ensemble a été appelé qxleue de cheval.

La moelle épinière est divisée en deux moitiés latérales par une scissure antérieure et une postérieure; mais ces scissures ne pénètrent pas jusqu’au

centre de l’organe. Chacune de ces deux moitiés est subdivisée en deux cordons par une légère rainure latérale ; on considère ces cordons comme la continuation des éminences pyramidales et des corps restiformes. La moelle se compose à l’extérieur d’une substance blanche extrêmement pulpeuse, presque diffluente, et dans laquelle il est très-dilfcile de remarquer à l’o-il nu une structure fibreuse. La substance blanche de la moelle épinière, examinée au microscope, se trouve formée de tubes pour la plupart beaucoup plus gros que ne'le sont ceux des diverses parties du cerveau. Quelquefois un de ces tubes, gros dans un point, se rétrécit subitement dans un espace assez considérable. Il est plus rare de trouver des tubes renflés en chapelet comme on les voit au cerveau. Entre ces tubes sont disséminés un assez grand nombre de corpuscules , les uns semblables à ceux du cerveau , les autres beaucoup plus grands et évidemment formés par une vésicule diaphane. Dans l’intérieur de la moelle on trouve un peu de substance grise , qui y est disposée dans chaque moitié sous la forme d’un croissant qui serait tourné par sa convexité vers le croissant du côté opposé ; ces deux croissants , un peu distants l’un de l’autre, sont réunis par une petite ligne transversale grise. Suivant Reîl la moelle épinière renferme outre la substance médullaire et grise , un tissu fibreux réticulaire, dans les mailles duquel la substance nerveuse est déposée.

La moelle épinière ne remplit pas à beaucoup près le canal vertébral et la cavité de la dure-mère rachidienne; elle n’est cependant pas flottante, mais elle est retenue en position par le ligament dentelé. Ce ligament dentelé se compose d’une série de prolongements membraneux, triangulaires , placés sur les côtés de la moelle épinière, entre les racines des nerfs vertébraux ; la base de ces triangles correspond à la moelle, et leur sommet est attaché à la dure-mère.

L’arachnoïde et la pie-mère, au contraire, adhèrent fortement à la moelle , et s’insèrent dans les scissures antérieure et postérieure. Ces membranes exercent même une certaine constriction sur ce coi-don, au point que la moelle est chassée au dehors, si les membranes viennent à être divisées en un point.

La moelle épinière donne naissance à trente paires de nerfs, dont huit cervicales , douze dorsales , cinq lombaires et cinq sacrées : tous ces nerfs en proviennent par deux faisceaux de racines, les unes antérieures et les autres postérieures, qui percent séparément la dure-mère et ne se réunissent qu’ensuite. Le ligament dentelé est placé entre les racines antérieures et postérieures des nerfs. Outre ces trente paires de nerfs, nous avons dit plus haut que le nerf accessoire de JVillis provenait en partie de la moelle épinière par une série de filets, placés entre le ligament dentelé et les racines postérieures des nerfs cervicaux , depuis la première paire jusqu’à la sixième.

5». Connexion des qyarties qui composent la masse exicéplialo-rachidien ne.

.lusqu’à présent nous nous sommes borné à décrire isolément les diverses parties qui entrent dans la composition de l’encéphale ; voyons maintenant comment elles sont liées entre elles. 11 existe à cet égard plu-

sieurs théories ; nous allons brièvement exposer les idées fondamentales de quelques-unes d’entre elles.

1) Gall divise les fibres médullaires de l’eneéphale en un système divergent et en un système convergent. 11 pense que ees fibres prennent leur origine aux moelles cpinière et allongée, et qu’elles traversent divers amas de substance grise , qu’il appelle ganglions J et qu’il eroit destinés à renforcer la substance blanche. C’est ainsi que les cordons antérieurs de la moelle, ou pyramides antérieures , s’entre-croisent au point d’union de la moelle épinière avec la moelle allongée; ces pyramides traversent la substance grise de la protubérance annulaire, où elles se renforcent pour en ressortir sous la forme de cuisses du cerveau ; elles traversent ensuite deux ganglions', les couches optiques et les corps striés, qui renforcent de nouveau les fibres, et au sortir des corps striés, celles-ci s’épanouissent pour former les lobes antérieurs et moyens des hémisphères du cerveau , qui ne sont autre chose que ces fibres étendues en membranes, et plissées sur elles-mêmes. Arrivées à la surface extérieure des hémisphères, les fibres entrent dans la substance corticale , étendue également en membrane au dehors de la substance blanche ; cette substance corticale , qui , suivant Gall , doit être considérée coname un ganglion , imprime aux fibres une autre direction, en vertu de laquelle elles se reportent vers l’intérieur, d’abord en croisant les premières fibres qui constituaient les hémisphères, et avec lesquelles elles forment une espèce de natte, puis en se réunissant sur la ligne médiane avec celles du côté opposé , en formant les commissures du cerveau ; et plus spécialement la commissure antérieure et la majeure partie du corps calleux.

Les fibres des corps olivaires traversent également la protubérance annulaire , les cuisses du cerveau et les couches optiques ; mais de là elles se portent en arrière sans traverser les corps striés, et vont former les lobes postérieurs du cerveau ; arrivées dans la substance grise , ces fibres changent de direction et convergent vers l’intérieur, où elles .s’unissent avec celles du côté opposé, en formant la voûte et la partie postérieure du corps calleux.

Enfin, le cervelet n’est également autre chose qu’une membrane plissée; il est formé par les corps restiformes , qui se renforcent en rencontrant dans leur chemin le corps rhomboidal du cervelet; arrivées dans la substance corticale du cervelet , les fibres des corps restiformes se replient sur elles-mêmes , convergent en formant les processus cerehelli ad testes et les cuisses du cervelet, qui supérieurement forment les tubercules quadrijumeaux , et s’épanouissent en bas sur la superficie du pont, en y formant la couche des fibres transversales qui viennent s’unir à celles du côté opposé.

2) Laurencet pense que le cerveau et le cervelet sont formés par les cordons antérieurs de la moelle épinière et allongée , qui s’épanouissent en membranes, et reviennent en arrière se continuer dans les cordons postérieurs de la moelle, de manière à décrire une anse plus ou moins compliquée. Ainsi donc, si nous avons bien compris cet auteur , les pyramides s’entre-croisent dans la moelle allongée , se portent dans la protubérance annulaire, accompagnées par les faisceaux olivaires ( qui ne s’étaient pas entre-croisés ) , constituent avec eux les cuisses

du cerveau, traversent les corps striés, s’étendent en membranes pour former les hémisphères du cerveau , et se dirigent vers le corps calleux; là elles se divisent en deux portions ; l’une se porte vers la corne d’Ammon, l’autre passe dans le corps calleux, où elle se croise avec celle du côté opposé , et descend avec la précédente portion par la cloison transparente dans la voûte. Cette voûte ne fait qu’une seule lame médullaire avec le corps frangé , la couche fibreuse de la corne d’Ammon et la cloison des ventricules. Arrivée aux piliers antérieurs , une division de ces fibres descend immédiatement à travers la couche optique dans le faisceau de Vinfundibitlum ou moyen (1), qui lui-même entre dans le eorps réstiforme; une division moindre constitue les corps genouillés , les tubercules quadrijumeaux, les processus ad cerebellum , et enfin le cervelet luimême , au bas duquel elle se continue dans la pyramide postérieure du côté opposé, en se croisant avec sa pareille dans la protubérance annulaire, au devant des faisceaux antérieurs. Les prolongements de cette commissure contiennent un renflement ( corps ciliaire ) si analogue au corps rhomboidal de l’olive, que Laurencet est porté à croire que les fibres qui descendent au cervelet, sont exactement les mêmes que celles de l’olive , qui étaient montées au cerveau , où elles s’étaient épanouies conjointement avec les pyramides.

Préparation. Nous conseillons aux élèves de suivre exactement la marche que nous allons leur tracer, parce que de cette manière ils auront l’avantage de pouvoir étudier sur un seul sujet la disposition entière du cerveau.

lo. Méninges. Le cadavre étant couché sur le ventre , on dénude la calotte du crâne au moyen d’une incision cruciale pratiquée sur les téguments, dont on dissèque les lambeaux; en bas , de manière à pouvoir scier le crâne circulairement, suivant une ligne qui commence à un demi-pouce au-dessus de la protubérance occipitale, et qui se dirige en avant à huit lignes au-dessus du rebord orbitaire supérieur. Afin de ne pas blesser la dure-mère , on aura égard au peu d’épaisseur du crâne dans la région temporale ; d’ailleurs il ne sera pas nécessaire de scier partout les os dans toute leur épaisseur , car on achèvera la division au moyen du ciseau et du marteau ; on se servira des mêmes instruments comme d’un levier pour arracher la calotte osseuse de dessus la dure-mère, à laquelle elle est adhérente.

Quoique cette manière d’ouvrir le crâne ne soit pas aussi expéditive que celle imaginée dans les derniers temps , c’est-à-dire au moyen de la hachette mousse , elle est plus propre ; elle rend l’élève attentif aux variations d’épaisseur aux divers endroits du crâne (connaissance indispensable au chirurgien) , et, enfin, on ne s’expose pas à mettre les têtes hors d’état d’être conservées, lorsqu’on y remarque, après l’ouverture, quelque disposition intéressante.

On incise ensuite la peau le long des épines des vertèbres, depuis la protubérance occipitale jusqu’à

(l) L\hb8:<cp.t appelle ainsi la partie latérale de la moelle aÜQngée, en connexion avec la tige pituitaire et le tuhef ciito- ♦ t't/m, qu'il distinguo de la pyramide postérieure qui est liée au cervelet.

la partie inférieure du sacrimi , et on la dissèque de côté avec les muscles qui remplissent les gouttières vertébrales, de manière à dénuder toute la partie postérieure de la colonne vertébrale; puis on casse avec précaution les branches des épines, ce qui se fait soit avec un gros ciseau ordinaire , soit mieux encore avec un ciseau convexe, garni d’une arête qui l’empêche de pénétrer plus qu’à cinq ou six lignes de profondeur, en sorte qu’il est à peu près impossible de blesser la dure-mère rachidienne , que l’on met à nu en enlevant peu à peu les fragments des épines avec des tenailles. Tout le canal vertébral étant ainsi ouvert, on enlève une portion triangulaire de l’occipital , au moyen de deux traits de scie obliques , qui se terminent des deux côtés du grand trou occipital; on achève avec le ciseau et le marteau ce qui n’a pas pu être entamé avec la scie.

La tête étant relevée au moyen de billots placés sous le menton , on va à la recherche des différents prolongements de la dure-mère; à cet effet, pour voir la faux du cerveau, on incise la méninge d’avant en arrière , des deux côtés et à un demi-pouce en dehors de la ligne médiane, jusqu’à un demipouce au-dessus du point qui correspondait à la protubérance occipitale , de manière à en conserver en place une bande moyenne , large d’un pouce environ; les portions latérales de la dure-mère seront divisées de haut en bas dans leur milieu, de manière à en pouvoir rabattre les quatre lambeaux. Détruisant ensuite, soit au moyen du doigt , soit avec l’instrument tranchant, les adhérences vasculaires qui existent entre la pie-mère et la bande longitudinale de la dure-mère qui a été conservée , on voit le repli falciforme qui s’enfonce verticalement entre les hémisphères, ainsi que les glandes de Pacchioni, qui sont placées entre la faux et l’arachnoïde. Pour voir la tente du cervelet, il suffit de relever les lobes postérieurs du cerveau. On examine la disposition de la dure-mère rachidienne, en la fendant en long.

"Varachnoide peut être démontrée en faisant aux enveloppes cérébrales , qui avaient été recouvertes par la dure-mère, une légère incision dans laquelle on souffle de l’air; ce fluide séparera momentanément cette membrane transparente de la pie-mère vaseuleuse qu’elle recouvre. On remarquera en même temps que l’arachnoïde passe simplement d’une circonvolution à une autre, sans s’enfoncer dans leurs interstices. On trouve le canal arachnoidien en écartant avec beaucoup de précaution les lobes postérieurs du cerveau; on voit alors l’orifice de ce canal délicat immédiatement derrière et audessous de l’extrémité postérieure du corps calleux et au-dessus des veines qui descendent dans le sinus droit , vers le milieu du bord antérieur de la tente. Pour étudier le canal arachnoïdien dans toute son étendue, il faudrait pouvoir y consacrer un cerveau, qu’il importe d’examiner avant qu’il n’ait été extrait du crâne , afin d’éviter le soupçon que cette apparence de canal est due à une déchirure : on commence par introduire une soie de porc dans l’orifice du canal, puis on ouvre les ventricules latéraux; après avoir divisé le corps calleux et la voûte en travers derrière les piliers antérieurs , on récline le corps calleux et la voûte en arrière . en ayant grand soin de détacher de cette dernière l’arachnoïde et la pie-mère qui en tapissent la face inférieure. On

trouve de cette manière le canal arachnoïdien bien complet et il ne reste plus qu’à l’inciser sur le trajet de la soie, que l’on voit paraître à travers ses parois diaphanes.

C’est surtout à la base du cerveau que l’on peut bien voir l’arachnoïde ; il faut donc sortir ce viscère de la cavité crânienne, et à cet effet on sépare la faux du cerveau de son attache antérieure , après avoir fait écarter les deux lobes cérébraux , et on la récline en arrière : on fait relever les lobes postérieurs du cerveau et l’on divise de chaque côté la tente du cervelet, par une incision dirigée en dehors et en arrière le long du bord supérieur du rocher , en coupant en même temps les veines de Galien, qui unissent la portion moyenne de la tente au cerveau et au cervelet. L’encéphale n’est plus alors retenu en place que par des liens nerveu.x et vasculaires qu’il s’agit de diviser ; dans cette opération on. fera attention aux gaines que l’arachnoïde envoie sur ces parties et qui se réfléchissent ensuite sur la dure-mère pour en recouvrir la lame interne. Faisant donc de nouveau relever les lobes antérieurs du cerveau, on sépare les bulbes olfactifs de la lame criblée de l’ethmoide, on coupe les nerfs optiques à leur sortie du crâne, puis la tige pituitaire, les artères carotides et les nerfs de la troisième paire ; ceux de la quatrième , étant très-minces, s’arrachent facilement si l’on ne fait pas attention : ils sont retenus en dehors des précédents par un repli de la dure-mère. On divise alors les nerfs de la sixième paire, qui traversent la dure-mère près de l’apophyse basilaire ; dirigeant ensuite l’instrument en dehors , on coupe le gros faisceau des nerfs de la cinquième paire ; plus en dehors et en arrière , ceux de la septième et huitième; directement en bas, les nerfs de la neuvième , dixième et onzième paire ; en bas et en dedans, ceux de la douzième, et enfin, les artères vertébrales. Si maintenant on veut sortir la moelle épinière avec le cerveau , on coupe toutes les paires vertébrales là où elles traversent la duremère , et l’on tire à soi le cerveau , afin d’entraîner la moelle à travers le grand trou occipital. Mais ordinairement on préfère de laisser la moelle en place, et à cet effet on la divise au niveau de la deuxième ou de la troisième vertèbre cervicale; dans les cas où le canal vertébral n’aurait pas été ouvert, il faudrait enfoncer un scalpel dans le trou occipital et diviser la moelle allongée aussi bas que possible, de manière à la conserver bien entière et à enlever plutôt une portion de moelle épinière ; on en accroche ensuite avec le doigt , le bout qui tient au cerveau, et l’on enlève tout l’encéphale, en le renversant en arrière dans la main gauche , qui est tenue prête pour le recevoir.

Examinant ensuite la partie du cerveau située entre le pont de Varole et l’entre-croisement des nerfs optiques, on trouve une membrane transparente, tendue par-dessus un espace enfoncé; c’est l’arachnoïde , qui y est tout-à-fait séparée de la piemère. On peut, par une dissection délicate ou par la macération , démontrer la lame de l’arachnoïde qui tapisse la face interne de la dure-mère.

La pie-mère peut être étudiée dans son ensemble , sans que pour cela il soit nécessaire de faire une préparation spéciale ; pour voir ses replis qui s’enfoncent entre les circonvolutions cérébrales, on n’a qu’à en enlever des lambeaux de dessus le cerveau ; on verra ces replis sortir de l’intervalle des circon-

volutions, dans le moment où l’on lire la pie-mère à soi. Les prolongements intérieurs de la pie-mère, qui se distribuent dans les cavités cérébrales sous le le nom de plexus choroïdes, seront étudiés plus tard.

Avant que de passer à l’étude du cerveau , on pourra encore voir la disposition de quelques replis de la dure-mère , qui étaient restés cachés jusqu’à présent , tels que la faux du cervelet et les attaches croisées de la tente du cervelet aux apophyses clinoides. On examinera, enfin, les sinus de la duremère, que l’on poursuit en les fendant successivement. Pour voir la forme triangulaire de leur canal, il faut en couper un en travers , par exemple le longitudinal supérieur , et examiner le profil de la coupe.

Il y a encore une autre manière d’étudier la duremère , qui serait même préférable à celle que nous venons d’indiquer ; si elle n’exigeait que l’on sacrifie le cerveau ; mais celte coupe est très-instructive pour en faire une pièce de cabinet. Pour cela on dénude le ci’âne de ses téguments et on le divise à droite et à gauche, à un demi-pouce en dehors de ta ligne médiane, par un trait de scie vertical, dirigé d’avant en arrière, commençant à un demipouce au-dessus du bord orbitaire supérieur et se lerminant à un demi-pouce au-dessus de la protubérance occipitale externe. Deux traits de scie horizontaux, qui réunissent chacun les deux extrémités des précécleuls , servent à détacher les deux portions latérales du crâne, en sorte qu’il n’en subsiste plus en haut qu’un crrceau médian, auquel on laisse adhérer la dure-mère avec la faux. En faisant ces sections, il est inutile de chercher à ménager la substance du cerveau; on peut hardiment la scier en travers , en même temps que les os , car , ces segments enlevés , il faudra dans tous les cas arracher en entier la masse cérébrale et cérébelleuse. Cela étant fait, ou voit tous les prolongements de la dure-mère parfaitement en rapport.

2o. Encéphale. Après avoir étudié les divisions générales de l’encéphale , on va à la recherche des objets qui sont à remarquer à sa base , dans l’ordre d’après lequel nous les avons décrits. Pour cela on place le cerveau dans une assiette creuse, dans une calotte de crâne ; ou mieux encore dans un vase fait exprès, dont la cavité a été modelée sur une calotte. Ces vases, tout en s’adaptant parfaitement à la forme du cerveau, ne sont pas sujets à vaciller comme les calottes. On enlève avec précaution l’arachnoïde et la pie-mère qui recouvrent le cerveau ; mais on fera attention de ne pas arracher en même temps les nerfs , surtout ceux de la troisième et de la quatrième paire, qui se déchirent bien facilement. En général, on fera bien encore de s’abstenir d’inciser la substance du cerveau, parce qu’on ne devra étudier pour le moment que les objets placés à sa superficie; cependant, pour voir les racines externes de la première paire de nerfs, on pourra faire une petite incision horizontale, qui pénétrera dans la scissure de Sylvius; on suit les nerfs de la deuxième paire vers leur origine, en soulevant un peu la protubérance annulaire avec le cervelet , et en écartant avec précaution la pie-mère sur leur trajet. Quelquefois on trouve un trou au lieu de la lame ijrise , placée entre les cuisses du cerveau : c’est le troisième ventricule, dont la paroi inférieure s’est déchirée accidenicllemcnt ; cela a sur-

tout lieu dans les cerveaux mous . qui n’ont pas é te placés de suite dans un vase creux convenable. Pour le nerf de la troisième paire , on fait une petite incision dans la cuisse du cerveau et le pont de A'arole , immédiatement en dehors de l’origine apparente de ce nerf, et dans la direction des fibres de la cuisse. Celte coupe fera aussi voir la substance noire. Il faut suivre le nerf de la quatrième paire avec beaucoup d’attention et en enlever peu à peu la pie-mère qui l’entoure , après avoir relevé la protubérance annulaire avec le cervelet. On peut découvrir les racines du nerf de la cinquième paire , en incisant le bord externe du pont , de dehors en dedans et suivant la direction des fibres du nerf. Le croisement des pyramides se trouve à quinze lignes en arrière du bord postérieur du pont ; il suffit d’enlever exactement les membranes qui recouvrent la moelle allongée, et d’écarter ensuite légèrement les deux moitiés de la moelle, (pii sont séparées sur la ligne médiane; l'enlre-croisement s’aperçoit dans le fond de la rainure. Pour bien voir les corps restiformes et le calamus scriptorius, il faut soulever la moelle allongée et inciser l’arachnoïde qpi l’unit à la face inférieure du cervelet. On trouve dans ce calamus scriptorius quelques petits prolongements de la pie-mère ( 4<= plexus choroïde), qu’il faut enlever pour voir les stries blanches qui sont les racines du nerf acoustique. En suivant ce nerf autour du corps restiforme, on voit le ganglion acoustique et le nerf facial. On remarque encore en cet endroit les valvules de Tarin, dans l’intérieur du quatrième ventricule; pour cela, il faut renverser la moelle allongée en avant, et pousser les lobes du cervelet en haut, vers le ver supérieur, de manière à étendre le vallon en largeur.

Pour examiner l’intérieur du cerveau , on le place sur sa base , et , après avoir écarté les hémisphères pour voir le corps calleux, on fait au niveau de ce corps une incision horizontale et un peu bombée en haut, de manière à enlever un hémisphère cérébral après l’autre. Ces coupes doivent se faire de dedans en dehors, parce que le cerveau se divise plus facilement dans ce sens. Par là on aperçoit le centre ovale de Tieussens. On ouvre les ventricules latéraux en incisant dans le centre ovale , des deux côtés du corps calleux; puis on suit avec l’instrument la direction des cornes des ventricules. On voit p.ir cette préparation la face inférieure du corps calleux et la cloison tran.sparente , si l’on soulève un peu le corps calleux et que l’on place l’objet entre l’œil et le jour. On aperçoit encore par cette coupe les jdexus choroïdes , la voûte, les corps striés, les couches optiques.

On ouvre ensuite la corne postérieure du ventricule latéral, si cela n’a pas déjà été fait, et l’on y voit vers son bord interne une saillie quelquefois très-peu exprimée, qui est Vergot. Si l’on enlève la pic-mère qui tapisse en dehors le cerveau , dans l,i région qui correspond à cet ergot , et que l’on exerce autour de ce tubercule quelques légères frictions avec la pulpe du doigt , il est très-facile d’en détruire peu à peu la saillie, en même temps (fu’on efface en dehors les circonvolutions, en sorte qu’on finit par avoir une membrane médullaire en (ledans et corticale en dehors. Nous nous sommes un peu étendu sur cette disposition , parce qu’il nous a paru que nulle part ailleurs la formation des hémisphères par une membrane plissée, était aussi

NOUVEAU MANUEL UE LVVN ATOWISTE.

faeile à concevoir pour les commençants. Quelquefois celte corne postérieure est très-petite, et alors il faut tâcher d’en reconnaitre d’abord la direction , en glissant doucement le petit doigt d’avant en arrière.

En divisant ensuite le corps calleux , la cloison et la voûte , à l’endroit où les plexus choroïdes viennent s’unir, on peut récliner une moitié de ces parties en avant et l’autre en arrière. Cette coupe permet de voir la toile choroïdienne, et la lyre, quand celle-ci est enlevée; on remarque encore piliers postérieurs de la voûte, les corps frangés et la corne d’ Amman. Pour bien apercevoir cette dernière, on incise la paroi externe de la corne inférieure du ventricule, en suivant son contour jusqu’à la base du cerveau ; là on verra aussi comment le plexus choroïde entre dans le ventricule, par la base du cerveau.

Entin, on voit encore piliers antérieurs de la voûte, et dans leur écartement , la commissure antérieure, ainsi que la commissure molle, entre les couches optiques. Cette dernière commissure est souvent déchirée dans les cerveaux qui ne sont plus frais, ou dans ceux qui ont été maniés avec peu de soin.

On coupe ensuite la partie postérieure du corps calleu.x et de la voûte sur la ligne médiane, de manière à pouvoir en rejeter chaque moitié de son côté , ce qui permet de voir les corps genouillés , la glande pinéale , la commissure postérieure, les tubercules quadrijumeaux , et le ver supérieur du cervelet.

Si maintenant on récline ce ver en arrière , en voit les processus cerebelli ad testes, et entre eux la valvule de Vieussevis , que l’on aperçoit mieux encore quand on enlève peu à peu , par une coupe horizontale, la partie antérieure du ver supérieur. Après avoir étudié le troisième ventricule , on insulHc le quatrième, en plaçant le tube dans l’orifice antérieur de Vaqueduc de Sylvius ; par là on verra aussi l’air agiter la valvule de Vieussens. O.q glisse ensuite une sonde cannelée par le même orifice , pour la faire arriver dans le quatrième ventricule, dont on incisera la paroi supérieure afin d’en voir l’intérieur. En prolongeant enfin cette incision un peu en arrière , dans la substance du cervelet , on voit les valvules de Tarin.

La même préparation qui a servi à l’examen de toutes les portions isolées du cerveau , dans l’ordre suivant lequel nous les avons énumérées , peut encore être utilisée pour l’examen de la connexion de ces parties suivant la doctrine de Gall. Le cerveau étant placé de manière à ce que sa base regarde en haut, on écarte avec la pulpe du doigt , la substance des circonvolutions cérébelleuses qui déborde les corps restiformes; de cette manière on verra comment ce cordon entre dans le cervelet. Puis on fait dans cet organe une incision qui , partant du milieu du corps restiforme, sépare les deux tiers externes du cervelet de son tiers interne, ce qui permet de voir comment les pyramides postérieures se ramifient dans l’intérieur; c’est cette disposition arborisée qui a reçu le nom à'arbre de vie ; enfin , on aperçoit par le même moyen le corps ciliaire, dans l’épaisseur du corps restiforme. Pour voir le système convergent du cervelet, il suffit de faire sur la substance cérébelleuse qui déborde la cuisse du cervelet (lu côté opposé . des frictions dirigées de de-

dans en dehors ; par là on déplisse peu à peu les circonvolutions, et l’on voit que les mêmes replis qui , par la coupe verticale , paraissaient provenir du corps restiforme, semblent se continuer du côté opposé avec les cuisses du cervelet. Si l’on fait ensuite sur le lobe du cervelet resté intact, une incision horizontale qui le divise en une moitié supérieure et une inférieure, en partant du centre d’un de ses pédoncules , on peut obtenir une coupe parfaitement blanche; cette coupe démontre qu’on a incisé juste le milieu d’un des feuillets dont se compose cet organe, et elle fait voir que ce que l’on pourrait prendre dans l’arbre de vie pour un simple rameau , est en effet une lame qui comprend toute la largeur du cervelet.

Pour voir le passage des pyramides à travers le pont, on fait dans la substance de ce dernier une incision un peu oblique et légèrement convexe en, dedans, commençant à la base de la pyramide et so terminant au milieu de la cuisse du cerveau. Cetteincision sera d’abord très-peu profonde; on réclineavec le tranchant du scalpel la couche superficielle des fibres transverses du pont que l’on a coupées, et on les pousse à droite et à gauche , de manière à former peu à peu une gouttière large d’une ligne et demie environ en arrière , et de trois lignes en avant. Quand on aura pénétré à une ligne à peu près de profondeur, on commence à trouver les feisceaux de fibres longitudinales , qui, en grossissant, vont peu à peu former les cuisses du cerveau. On enlève le nerf optique de dessus la cuisse du cerveau , puis on fait dans l’hémisphère cérébral de ce côté une coupe , qui , commençant à l’extrémité de la cuisse du cerveau , se dirige ( d’après la position actuelle du cerveau) en dehors et en bas, jusqu’à ce que l’on parvienne, vers l’extrémité de la cuisse, sur deux corps grisâtres traversés par des fi'ores blanches , et qui ne sont autre chose que la couche optique et le corps strié, par où passent les fibres de la pyramide. Si l’on continue à entamer la substance de ce corps strié dans la même direction, on voit vers son extrémité antérieure, la commissure antérieure coupée en biseau , et qui se présente là sous la forme d’une petite ellipse blanche. Pour apereevoir le trajet des faisceaux du corps olivaire , il faut inciser plus profondément et plus en dehors.

Le côté opposé du cerveau peut encore servir à faire voir le trajet des fibres de la pyramide , par une coupe en profil ; on fait à cet effet une incision verticale, qui, partant du milieu de la pyramide, traverse le pont , se dirige obliquement en dehors vers le milieu de la cuisse du cerveau, et de là traverse le corps strié pour s’étendre dans l’hémisphère; on voit alors sur le profil de la coupe du pont, les faisceaux éparpillés de la pyramide, qui y traversent la substance grise. Il n’existe certainement aucune coupe qui soit comparable à celle-ci pour démontrer le trajet des faisceaux pyramidaux.

On a déjà vu les fibres converge7iies du cerveau , en étudiant le corps calleux, la voûte, la cloison transparente et les commissures antérieure et postérieure; cependant on n’a pas encore suivi la commissure antérieure dans le lobe moyen du cerveau , autrement que par la coupe oblique, par laquelle on l’a divisée, en suivant les fibres de la pyramide à travers le corps strié. Si l’on a un autre cerveau à sa disposition . on en incise la substance sur le tra-

jet de ce cordon de réunion , en employant le manche du scalpel , de préférence à sa lame.

Gall indique plusieurs procédés pour voir mieux encore les fibres convergentes du cerveau ; mais il serait inutile de nous y arrêter, car l’inspection des planches est à peu près indispensable pour les imiter; nous nous bornerons donc à dire, que c’est surtout après avoir ouvert la corne postérieure du ventricule latéral par sa face externe , qu’on parvient à bien saisir les rapports du système divergent et convergent du cerveau , et qu’à cet effet il faut peu à peu déplisser les circonvolutions et rompre le tissu qui résulte du croisement de ces deux ordres de fibres , après avoir soigneusement enlevé toute la pie-mère qui recouvre l’extérieur du cerveau.

Quant AM. déplissement lui-même, qu’il est indispensable d’exécuter pour étudier le cerveau d’après Gall, il faut toujours commencer par enlever avec soin la pie-mère qui recouvre l’extérieur du cerveau ; puis on fait glisser doucement la pulpe des doigts sur les endroits où l’on veut obtenir le déplissement, en ayant soin d’agir toujours sur les points où l’on éprouve le moins de résistance. S’il se sépare du cerveau une matière visqueuse qui entrave les mouvements des doigts , on favorise le déplissement en trempant ceux-ci de temps en temps dans l’eau. On peut s’exercer au déplissemenl en prenant une portion quelconque de l’hémisphère , et de préférence un morceau du lobe postérieur, que l’on étend facilement en membrane , d’après la méthode que nous venons d’indiquer ; mais il faut avoir soin de commencer toujours par appuyer les doigts sur le milieu de la 'coupe d’une circonvolution, parce que c’est là que les deux lames sont juxta-posées. Ce déplissement s’obtient encore très-facilement, soit en soufflant fortement sur le milieu de la coupe d’une circonvolution , soit en y poussant un jet d’eau.

Laurencet fait une coupe très-simple pour démontrer le cerveau ; il le renverse sur sa face convexe, puis il incise d’avant en arrière la scissure de Sylvius jusqu’à la cavité digitale , et il renverse les lobes moyens du cerveau sous le cervelet; plus tard , il fait une autre incision horizontale d’arrière en avant, dans le lobe antérieur, en suivant une espèce de sillon qui semble se continuer de la scissure de Sylvius vers la partie interne du lobe antérieur, et en ayant soin de faire passer l’instrument au-dessous et en dehors du corps strié ( d’après la position actuelle du cerveau ). Enfin , pour pouvoir renverser en avant le cervelet , le pont de Varole , les cuisses du cerveau, les couches optiques et les corps striés, qui viennent d’être détachés en partie, il faut diviser les piliers antérieurs de la voûte, ainsi que le repli antérieur du septum médian , qui seraient sans cela déchirés par la forte extension qu’on leur fera subir. Dans la démonstration on tient compte de cette division.

Moelle épinière. Nous avons déjà indiqué la manière d’ouvrir le canal vertébral. On voit la

moelle épinière dès que la dure-mère rachidienne est fendue dans toute sa longueur. Après avoir étudié les membranes qui enveloppent la moelle, et le ligament dentelé, on étudie les nerfs vertébraux, ainsi que le nerf accessoire de Willis. Puis, pour examiner le sillon postérieur de la moelle , on enlève avec soin les méninges qui la recouvrent , le sillon antérieur ne peut, comme de raison , être vu qu’après avoir sorti la moelle de son canal. La substance grise qui se trouve dans son intérieur , sera étudiée sur la surface des coupes transversales qu’on y fera dans les diverses régions. Comme en général les nerfs ne tiennent pas très-fortement à la moelle épinière, on peut sortir celle-ci de son canal sans l’avoir préalablement ouvert; il suffit de tirer doucement à soi la moelle par son extrémité supérieure ; il est vrai qu’alors tous les nerfs en sont arrachés.

4°. On étudie la structure du cerveau , en exami- ’nant à la loupe ou au microscope composé les quatre substances que l’on y rencontre. On s’assure de la structure fibreuse de la substance blanche par la simple inspection à l’œil nu de portions d’un cerveau bien frais , coupé par tranches dans diverses directions; on verra alors que ce ne sont pas les dentelures plus ou moins acérées de l’instrument tranchant qui déterminent l’apparence fibreuse , parce que ces fibres paraîtront ou disparaîtront, suivant le sens dans lequel on l’a incisé ou raclé. Cette structure devient aussi évidente , si l’on considère qu’il est facile de déchirer le cerveau dans certaines directions et qu’il est beaucoup plus difficile de le faire dans d’autres; enfin, en plongeant un cerveau dans l’alcool , auquel on a ajouté un peu d’acide hydrochlorique ou nitrique , ou bien simplement dans un acide étendu d’eau, dans une solution d’alun ou de sublimé corrosif, ou en le faisant bouillir dans de l’huile, il se durcit et se fendille toujours dans des directions bien déterminées , ce qui prouve encore que les fibres existent réellement , parce que, si le cerveau était une simple pulpe , comme on s’est plu à le dire, il se fendillerait tantôt dans telle direction tantôt dans telle autre. Par contre, en exécutant ces diverses préparations sur la substance grise , on ne parviendra jamais à lui donner une apparence fibreuse.

Nous conseillons cependant de ne faire durcir le cerveau que pour en étudier comparativement la texture , car il vaut mieux en général employer des cerveaux frais pour son étude graphique.

L’injection est encore un excellent moyen pour éclairer la texture du cerveau ; car les différentes substances cérébrales présentent des particularités bien notables relativement à la distribution vasculaire.

Pour faire voir le tissu réticulaire de la moelle épinière , Reil en mettait macérer des portions dans une solution d’un gros de potasse caustique par once d’eau ; après quelques jours il les coupait en tranches les plus minces possible, dont il enlevait alors la pulpe au moyen d’un pinceau très-doux , en ayant soin d’opérer sous l’eau.

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