‹ Nouveau manuel de l'anatomisteChapitre 45 sur 137 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DE l’oeil, organe DE LA VISION (1).

Avant que de passer à la description du globe de l’œil , nous avons à considérer plusieurs parties accessoires , qui sont : les organes appelés protecteurs de l’œil, les voies lacrymales et les muscles du globe oculaire.

Art. !«'■. Organes protecteurs de l’œil.

i«. Sourcils. Les sourcils sont deux arcades convexes en haut , situées le long du rebord orbitaire supérieur ; ils forment une saillie plus forte en dedans qu’en dehors; cette saillie est surtout due aux muscles sourcillier, frontal et orbiculaire des paupières, qui meuvent le sourcil de côté et d’autre. La portion interne et plus épaisse du sourcil est appelée sa tête; sa portion externe effilée porte le nom de queue. Les sourcils sont hérissés de poils courts et raides, dirigés en dehors. Leur principal usage consiste à intercepter une partie des rayons lumineux qui viennent d’en haut , ce qui a surtout lieu quand le sourcil est froncé et abaissé.

2n. Paupières. Au devant de chaque œil se trouvent deux valvules mobiles , situées transversalement et pouvant se toucher par leurs bords libres ; on en distingue une supérieure et une inférieure. La première est plus grande , et quand elle est abaissée , elle descend un peu au-dessous du diamètre transversal de l’œil. Les paupières sont réunies par leurs extrémités; de ces deux points d’union l’un est situé en dedans vers le nez, et reçoit le nom d'angle interne ou de grand angle de l’œil; l’autre est appelé angle, angle externe.

Les paupières se composent d’une double expansion cutanée, d’une couche musculaire et d’un cartilage central.

La face externe des paupières est recouverte par une peau très-fine, continuée de celle de la face; quand elle est arrivée sur le bord libre des paupières, elle se réfléchit vers l’intérieur, en devenant plus mollasse, mince , humide , muqueuse en un mot ; cette partie interne réfléchie porte le nom de conjonctive. Quand cette membrane muqueuse a entièrement tapissé la face interne ou postérieure des paupières, elle les quitte pour se réfléchir devant le globe de l’œil, dont elle revêt la face antérieure , en sorte que la conjonctive d’une paupière se continue sans interruption avec celle de l’autre , au devant de l’œil. La partie de la conjonctive qui

(I) Consultez J. G. Zinis. Doser, anat. oeuîi humani. Gœtting., 1755, in 4o, avec fig.

S Th. SnEuHERinc , Ahhildungon dos monschl. Auges. Francf., 1801, In-fol. On trouve une copie de ces planches dans le Traité des maladies des yeux , de Debocbs. Paris, 1818.

m. J. Weber, Uebar die -wichtigsten J'heile im menscklichen Auge ; Journal fur Chirurgie und Attgenheilkunde ^ vun Græfb U. Walther, ister Bandy 3tes Heft. Beri., 1828.

Fr. g. .1. Herbe, De membrana pupillari aliisque oculi mem~ branis pellucentihus . Bonn, 1832, in-4®, avec fig.

Fr. Arrobd , Anatomische und physiologische Untersuchungen ûber dus Auge des Menschen. Heidelb., 1832 , in-4o, avec fig.

recouvre la cornée transparente , devient excessivement mince et lui adhère si fortement, qu’on serait tenté de croire qu’elle n’y existe pas; nous verrons plus bas comment on parvient à l’y reconnaître. Les autres portions de la conjonctive sont très-lâches et extensibles, pour se prêter tant au jeu des paupières qu’à celui du globe de l’œil.

La conjonctive palpébrale recouvre plusieurs séries de glandes sébacées , appelées glandes de Meihomius ; les séries sont perpendiculaires au bord libre des paupières , sur lequel elles s’ouvrent par. des orifices étroits précédés d’une petite dilatation ou sinus. Ces glandes sécrètent une humeur onctueuse, la chassie, qui sert à lubrifier les parties.

On remarque plusieurs rangées de poils, implantés dans la peau vers le bord libre des paupières; on les appelle cils. Ils sont un peu recourbés ; ceux de la paupière supérieure sont concaves en haut , ceux de l’inférieure le sont en bas.

Derrière la peau qui recouvre les paupières en dehors, on trouve le muscle orbiculaire des paupières qui est destiné à les rapprocher , en les tirant un peu vers l’angle interne de l’œil. La paupière supérieure a en outre un rcleveur propre , que nous examinerons plus tard.

Enfin , derrière l’orbiculaire on trouve les fhrocartilages tarses, minces, très-élastiques, s’adaptant au globe de l’œil , et donnant la forme aux paupières. Celui de la paupière supérieure a quatre lignes de haut, celui de la paupière inférieure n’en a que deux. Les glandes de Meibomius sont placées entre ces lames et la conjonctive. Ces cartilages tarses se terminent à une ligne de distance de l’angle interne de l’œil , où leur extrémité fait un peu saillir le bord libre des paupières.

Préparation. On examine la disposition des sourcils en disséquant, couche par couche, la peau et les muscles, comme nous l’avons indiqué dans la myotomie.

Après avoir soigneusement étudié la disposition extérieure des paupières , on en enlève la peau pour préparer le muscle orbiculaire, en disséquant du bord adhérent de la paupière vers son bord libre. Par une dissection semblable on pourra mettre à découvert ses vaisseaux et nerfs , qui cependant sont plutôt du ressort de l’angiotomie et de la névrotomie. Après avoir enlevé la couche musculeuse, on trouve le cartilage tarse; puis, en renversant en dehors une paupière sans la détacher, on voit la conjonctive qui la recouvre et qui se réfléchit ensuite sur l’œil ; sous la conjonctive on aperçoit des rangées de grains jaunâtres , qui sont les glandes de Meibomius, dont ou examine la disposition à la loupe. On rend la conformation de ces glandes beaucoup plus distincte en les injectant de mercure; on fend à cet effet l’orifice très-étroit des conduits excréteurs au moyen d’un scalpel effilé : le sinus d’un conduit étant par là mis à découvert , il est facile d’y introduire un tube à mercure. Toute la se-

rie de grains glanduleu.x étant remplie, on y retient le métal au moyen d’une ligature.

Si l’on détache les paupières du rebord orbitaire, on peut, en les tirant eu avant, disséquer la conjonctive par sa face postérieure et la détacher peu à peu du globe de l’œil jusqu’à la cornée, où l’on ne pourra cependant pas la poursuivre longtemps; il est nécessaire de l’humecter de temps en temps pendant la préparation; cette dissection est plus facile sur un œil de bœuf. Pour enlever en entier la conjonctive de dessus la cornée, il faut s’aider de la macération ou plonger un instant la pièce dans l’eau presque bouillante.

Art. 2. yoies lacrymales.

1°. Glande lacrymale. Située derrière la paupière supérieure, au-dessus de l’angle externe de l’œil, dans une petite fossette creusée dans la voûte orbitaire. Cette glande est rougeâtre et granuleuse, de forme aplatie, et elle donne naissance à six ou sept conduits excréteurs très-déliés , qui s’ouvrent sur la face interne de la paupière supérieure les uns à côté des autres. La glande lacrymale est l’organe sécréteur des larmes.

2°. Caroncüle lacrymale. Le bord libre des paupières ne se dirige pas en droite ligne de l’angle externe de l’œil vers l’angle interne; mais à deux lignes environ de ce dernier , chaque bord libre présente une saillie, après quoi ces bords se réunissent en formant entre eux une courbe parabolique. L’espace circonscrit par cette parabole porte le nom de lac lacrymal. C’est dans ce lac lacrymal qu’est logée la caroncule lacrymale, petit corps rougeâtre , composé d’un amas de glandes sébacées, et recouvert de poils extrêmement petits. Cette caroncule et ces poils semblent destinés à remplacer les glandes de Meibomius et les cils qui manquent vers l’angle interne de l’œil. Elle a en outre une utilité toute mécanique, en dirigeant vers les points lacrymaux les larmes qui avaient été portées dans le lac lacrymal, parles contractions du muscle orbieulaire des paupières.

Au bord externe de la caroncule on remarque un petit repli semi-lunaire de la conjonctive, appelé membrane clignotante . C’est le rudiment d’une troisième paupière verticale, beaucoup plus développée dans les animaux, et surtout dans les oiseaux, où elle peut recouvrir la totalité de la face antérieure de l’œil, au moyen d’un appareil musculaire trèscurieux , qui tire cette membrane de dedans en dehors.

3". Points lacrymaux. La saillie que l’on remarque sur le bord libre des paupières vers l’angle interne , présente sur sa face interne qui touche le globe de l’œil, une petite papille, au centre de laquelle on remarque une ouverture rétrécie, qui est le point lacrymal. Cette ouverture étant dirigée en arrière , on conçoit qu’elle doit toujours être prête à recevoir les larmes qui y affluent.

4». Conduits LACRYMAUX. Au nombre de deux ; ils commencent chacun nu point lacrymal correspondant, et sont situés dans l’épaisseur du bord libre des paupières vers l’angle interne de l’œil. Ils se porleiil tous les deux de dehors en dedans, en dé-

crivant une courbe; le supérieur se dirige d’abord un peu en haut, puis obliquement en dedans et en bas ; l’inférieur descend d’abord un peu , puis il se porte en dedans et en haut; tous les deux se réunissent enfin pour s’ouvrir dans le sac lacrymal. La conjonctive .s’insinue dans ces conduits et en tapisse l’intérieur; dans le sac lacrymal elle se continue avec la membrane muqueuse qui; la revêt.

Un muscle particulier, appelé muscle de Horner ou muscle lacrymal, parait destiné à tirer en dedans ces conduits lacrymaux et peut-être à comprimer le sac lacrymal , qu’il embrasse sur son côté interne. C’est un muscle grêle, long d’un demipouce environ , il nait du bord postérieur de l’os unguis, et se dirige en avant et en dehors , en se divisant en deux chefs , dont l’un s’unit au point lacrymal supérieur et l’autre à l’inférieur.

5o. Sac lacrymal. Réservoir allongé, situé derrière le ligament palpébral, dans une gouttière formée par l’os unguis et l’apophyse nasale de l’os maxillaire supérieur. Son extrémité supérieure remonte un peu au-dessus du ligament palpébral ( ou tendon de l’orbiculaire ) ; son extrémité inférieure se rétrécit et se continue avec le canal nasal. Il se compose, comme le canal nasal, d’une tunique fibreuse externe et d’une tunique interne muqueuse, qui se continue en bas avec la membrane pituitaire, et en haut avec la conjonctive.

6". Canal nasal. Il n’est que la continuation rétrécie du sac lacrymal, qui s’ouvre dans le méat inférieur du nez, par une ouverture taillée en biseau et garnie d’une petite valvule semi-lunaire , formée par un repli de la membrane pituitaire. Ce canal est dirigé en bas et un peu en dedans. Il décrit une légère convexité en avant, et tout à fait eu bas il est un peu concave en avant.

Les larmes sécrétées par la glande lacrymale , absorbées par les points lacrymaux, vers lesquels elles sont dirigées par la caroncule , parcourent donc les conduits lacrymaux , le sac lacrymal et le canal nasal , pour couler librement dans le nez.

Préparation. On peut voir la glande lacrymale, soit en détachant le muscle orbiculaire et la paupière supérieure , de la partie supérieure externe de l’orbite , soit en emportant la voûte de l’orbite sur une tête dont la calotte du crâne a été enlevée, comme nous allons l’indiquer pour la préparation des muscles de l’œil. C’est ce dernier mode de préparation qu’il faut employer , si l’on veut aussi disséquer les vaisseaux et nerfs de la glande.

Pour découvrir les orifices des conduits do la glande, il faut détacher cette dernière avec la moitié externe de la paupière supérieure, sur la face postérieure de laquelle ces conduits se trouvent ; on les rend visibles , soit par l’insufflation , soit en faisant tremper la pièce pendant quelque temps dans de l’eau colorée , par exemple par du sang ou de l’encre, puis on les injecte de mercure ou bien on y introduit les pointes effilées de la barbe d’un chat. Cette préparation est très-difficile sur l’œil humain; sur l’œil du bœuf, au contraire, on voit facilement les orifices en grand nombre, et il est très-aisé d’y introduire des soies de porc.

Les poils qui recouvrent la caroncule lacrymale ne peuvent ordinairement être aperçus qu’au moyen

de la loupe. La membrane clignotante , très-petite dans rhomine, sera d’abord étudiée sur l’œil du bœuf, où l’on voit distinctement qu’elle n’est autre chose qu’un repli de la con jonctive. Mais il est surtout intéressant de Tétudier sur un œil d’oiseau, d’une poule , par exemple.

Les points lacrymaux s’aperçoivent vers l’angle interne de l’œil , dès qu’on renverse un peu en avant le bord libre des paupières. Pour mettre à découvert les canaux lacrymaux, le sac lacrymal et le canal nasal, il faut commencer par introduire des soies de sanglier dans les points lacrymaux et les faire peu à peu parvenir dans le nez ; à cet effet on saisit une portion de la paupière avoisinant le point lacrymal et on la tire de manière cà faire correspondre autant que possible la direction du canal lacrymal à celle du sac; il est donc nécessaire de se rappeler qne le canal supérieur monte d’abord directement, puis se porte en dedans en descendant un peu ; que l’inférieur descend d’abord et se porte ensuite en dedans, mais en montant légèrement, et que le sac lacrymal sè dirige en bas et très-peu en arrière. Puis, après avoir préparé le muscle orbiculaire, on l’enlève vers l’angle interne de l’œil , mais on en conserve le tendon , dont on étudiera les rapports avec le sac, auquel il est assez adhérent. Il sera facile de ménager les conduits lacrymaux, dont le trajet est représenté par les soies qu’on y a introduites.

Pour découvrir le canal nasal, on incise les parties molles depuis l’extrémité interne du rebord orbitaire inférieur jusqu’à la lèvre supérieure , en faisant pénétrer l’instrument jusqu’à l’os. Puis on enlève peu à peu, avec le ciseau et le marteau, la portion antérieure de l’os maxillaire supérieur, dans la longueur d’un pouce environ , de manière à former une gouttière de près de trois lignes de large, toujours en suivant la direction que présente le canal que l’on met à découvert ; on verra alors qu’en général le canal est convexe en avant, mais que cette direction change un peu tout en bas , où il forme en avant une petite concavité; on observera aussi que la lame de l’os maxillaire qui sépare le canal en dehors de l’antre d’IIighmor est trèsmince et sujelle à être percée dans le cathétérisme du canal nasal, suivant le procédé de Laforest, si on l’exécute sans ménagement. On divise ensuite la tête en deux moitiés par une section verticale , de manière à laisser la cloison du nez du côté où la préparation n’a pas été faite. De cette manière on découvre le méat inférieur du nez , où se termine le canal nasal . que l’on reconnaitra par une légère saillie semi-lunaire , (le la concavité de laquelle sortent les soies introduites dans les points lacrymau.x. Pour voir cette disposition , il est quelquefois nécessaire de briser un peu le cornet inférieur, en le renversant en haut. C’est à dessein que nous conseillons de ne diviser la tête qu’après avoir mis à découvert le canal nasal . ce qui serait plus difficile à faire sur une moitié de tête.

Un procédé moins avantageux, à ce qu’il me semble , pour découvrir Je canal nasal , consiste à scier une tête verticalement, puis à introduire de bas en haut une sonde dans le canal nasal et le sac lacrymal, et à enlever ensuite peu à peu, avec un fort scalpel, les portions de l’os unguis et du cornet inférieur qui correspond à leur partie interne.

Pour voir le muscle lacrymal, on sépare en dehors

les paupières du globe de l’œil, et on les récline vers le nez en les laissant adhérer à l’angle interne de l’œil ; il suffit alors d’enlever la membrane clignotante, les portions voisines de la conjonctive et la graisse environnante, pour apercevoir facilement ce muscle.

Art. 3. Muscles de l’œil.

Les muscles qui meuvent le globe de l’œil, sont au nombre de six; de plus on trouve dans l’orbite un septième muscle , qui est le releveur de la paupière supérieure, et dont la description doit également trouver sa place ici.

Les muscles qui s’attachent au globe de l’œil, et spécialement les quatre muscles droits, forment sur son segment antérieur une expansion aponévrotique , que l’on avait décrite autrefois , mais à tort , comme une tunique propre de l’œil , sous le nom de tunique albuijinée.

1°. Muscle receveur de la paupière supérieure. Allongé, aplati, dirigé d’arrière en avant, le long du milieu de la partie supérieure de l’orbite. Il commence en arrière dans un bourrelet fibreu.x qui entoure le nerf optique à son entrée dans l’orbite, et se termine en s’épanouissant dans le bord supérieur du cartilage tarse supérieur. Ce muscle relève la paupière supérieure.

2°. Muscle droit supérieur de l’œil. Allongé , placé sous le précédent. Il commence , comme lui , dans la substance fibreuse qui entoure en arrière le nerf optique, et se termine par une large aponévrose à la partie supérieure du segment antérieur du globe de Tœil.

3°. Muscle oblique supérieur de l’œil ; grand OBLIQUE. Allongé, fusiforme, situé le long du bord interne de la paroi supérieure de l’orbite. Il provient en arrière de la substance fibreuse et du périoste de l’orbite à côté du précédent, et se jmrte en avant en se transformant en un tendon. Arrivé à la partie antérieure de l’orbite, il y passe dans une poulie cartilagineuse qui le retient contre l’os , et s’y réfléchit alors en dehors et très-peu en arrière, pour s’attacher, en s’épanouissant à la partie supérieure du globe de l’œil, derrière le tendon du droit supérieur.

4=. Muscle droit interne. Allongé, grêle , placé sous le précédent , le long de la paroi interne de l’orbite. 11 commence en arrière dans la substance fibreuse qui entoure le nerf optique, se porte en avant et se transforme en un tendon qui s’insère, en s’épanouissant , à la partie interne du globe de l’œil, au devant de son milieu.

5". Muscle droit fxterne. Situé le long de la paroi externe de l’orbite. 11 nait près du trou optique de la substance fibreuse qu’on y remarque, et s’insère en avant à la partie externe du segment antérieur du globe de l’œil.

0". Muscle droit inférieur. Dirigé d’avant en arrière au-des.soiis du globe de l’œil. Il commence près du cercle fibreux qui entoure le nerf optique à son entrée dans l’orbite . et s’insère en avant à la

partie inférieure du segment antérieur de l’œil , en s’y épanouissant en une aponévrose.

7«. Muscle oblique inférieur ; petit oblique. Recourbé, situé à peu près transversalement au-dessous du globe de l’œil. Il commence au bord antérieur et inférieur de l’orbite , en dehors de la gouttière lacrymale; de là il se recourbe en dehors et en haut sous le globe de l’œil et .sous l’extrémité antérieure du muscle précédent , puis il passe entre l’œil et le droit externe , et s’insère enfin à la partie postérieure et externe du globe de l’œil.

Usages. Chacun des quatre muscles droits , s’il agit séparément , tire le globe de l’œil de son côté. Deux muscles droits voisins le meuvent dans une direction moyenne à leurs actions séparées. Le droit externe est l’antagoniste de l’interne; le supérieur est celui de l’inférieur. Si les quatre muscles droits se contractent en même temps , ils tirent peut-être l’œil un peu vers le fond de l’orbite.

Les muscles obliques , considérés chacun isolément , semblent être rotateurs du globe de l’œil sur son axe; le supérieur dirige la partie supérieure de l’œil en dedans et en avant vers le nez ; l’inférieur en tourne la partie externe en bas et en avant; mais nous convenons volontiers que nous n’avons jamais observé cette rotation du globe. 11 nous parait donc plus convenable d’adopter l’opinion de ScHR(*DER VAN DER Kolk , qui veut que ces deux muscles agissent toujours simultanément : par là leur action rotatoire est mutuellement détruite; mais comme ces muscles entourent la majeure partie du globe de l’œil, celui-ci est comprimé par eux , allongé suivant son axe, et la pupille en même temps dirigée vers le nez.

Préparation. Enlevez la calotte du crâne et enfoncez peu à peu la paroi supérieure de l’orbite , en y faisant avec le ciseau et le marteau une ouverture triangulaire, dont un des angles correspond en 'arrière à l’entrée du nerf optique dans l’orbite. La coupe conseillée par quelques auteurs , et qui consiste à enlever l’arcade orbitaire supérieure, doit être considérée comme inutile et comme détruisant tous les rapports. Dès que le périoste est incisé , on trouve le releveur de la paupière supérieure , que l’on poursuit jusqu’au cartilage tarse; le muscle restera attaché en arrière à la gaine fibreuse qui entoure le nerf optique; ou s’en facilite la dissection en abaissant fortement la paupière supérieure. Dans la dissection du releveur de la paupière on se rappellera qu’il est collé sur le droit supérieur de l’œil, qui semble faire corps avec lui et dont on le séparera avec précaution. Les autres muscles de l’œil resteront également insérés autour du nerf optique, que l’on conserve intaet. En enlevant peu à peu la graisse , les vaisseaux et les nerfs qui entourent les muscles de l’œil, on parvient facilement à les trouver tous, si l’on a égard à la situation respective de chacun d’eux, telle que nous l’avons indiquée.

L'oblique supérieur se contournant en dehors après être sorti de sa poulie, il faut, avant de disséquer son tendon , tirailler en sens contraire le muscle et le globe de l’œil, pour remarquer à travers la gaine muqueuse qui l’entoure, la véritable situation de la poulie et la direction du tendon réfléchi , qu’il est facile alors de mettre au net.

En préparant le droit inférieur, il faut ménager

Vohlique inférieur qui se trouve au-dessous de son extrémité antérieure ; enfin , pour préparer facilement ce dernier, on enlève la paupière inférieure et on le dissèque par la face antérieure de l’œil.

Art. 4. Globe de l’œil.

{ Voyez la coupe en profil , pl. IV , fig. 1 . )

L’œil a la forme d’un sphéroïde dont le grand axe est antéro-postérieur ; cette disposition provient de ce que les quatre cinquièmes postérieurs du globe de l’œil forment un segment d’une sphère plus grande, tandis que le cinquième antérieur est complété par le segment d’une sphère plus petite qui est superposé à l’autre, en sorte que celte dernière partie proémine. Le nerf optique, qui s’unit à la partie postérieure de l’œil, n’est pas exactement dans son axe , mais un peu à son côté interne.

On divise ordinairement les parties qui entrent dans la composition de l’œil , en membranes ou parties cotitenantes , et en humeurs on parties contenues ; sans nous arrêter davantage à celte division , nous allons successivement énumérer toutes ces parties.

l». Sclérotique ou cornée opaque. Elle est la membrane la plus extérieure de l’œil, dont elle embrasse les quatre cinquièmes postérieurs ; la cornée transparente la complète en avant. Cette selérotique est blanche, fibreuse, très-serrée, composée d’une seule lame, plus épaisse en arrière à l’entrée du nerf optique qu’en avant , et surtout que dans son milieu. En avant elle présente une ouverture qui reçoit la cornée transparente; l’union de ces deux parties a lieu en ce que le bord de la sclérotique est taillé en biseau aux dépens de sa face interne, tandis que le bord de la cornée l’est dans le sens opposé ; mais en outre ces deux membranes sont unies en dehors au moyen de fibres, qui de la sclérotique viennent s’implanter dans la cornée. En arrière et un peu en dedans, la sclérotique présente une petite ouverture qui livre passage aux filets dont se compose le nerf optique.

La face externe de la sclérotique est recouverte de tissu cellulaire ; l’interne est lisse. Ce poli est dû , suivant les recherches d’ Arnold , à l’existence d’une membrane séreuse très-mince , qu’il appelle arachnoïde de l’œil, et qui, après avoir tapissé la face interne de la sclérotique, se jette par-dessus le bord inférieur du ligament ciliaire pour tapisser la face externe de la choroïde, et former ainsi, comme toutes les séreuses , un sac sans ouverture. L’espace vide qui se rencontre enti’e la sclérotique et la choroïde contient, suivant Arnold, une très-petite quantité de séro.sité.

2". Cornée transparente. Enchâssée dans l’ouverture antérieure de la sclérotique; sa convexité est plus grande que celle de cette membrane; elle n’est pas exactement circulaire , car on remarque que son diamètre transversal est un peu plus long que le vertical. Comme son nom l’indique, elle est parfaitement transparente. Elle se compose de lames, entre le.squelles est déposée une humeur albumineuse ; le nombre de ces lames est encore indéterminé ; il n’est pas difficile d’en préparer six à huit , mais il m’a toujours semblé qu’il en existe

plus que le scalpel ne parvient à isoler. Ces lames elle-mêmes , examinées au microscope , sont composées de fibres de 1/300 à 1/400™® d’épaisseur, rujçueuses à leur surface , à direction ondulée et irrégulièrement entre-croisées les unes avec les autres.

Vers le point de jonction de la cornée avec la sclérotique, là où leur adhère le cercle ciliaire, on trouve un canal circulaire très-étroit et appelé canal de Fontana (1) ou canal ciliaire. Chez l’homme ce nanal adhère aux membranes extérieures de l’œil; chez le bœuf et les autres animaux, au contraire, il adhère plus fortement au cercle ciliaire. Quoique je n’aie pas vu ce conduit donner des rameaux , il n’est peut-être qu’un vaisseau sanguin ; du moins Tai-je une fois vu rempli de matière rouge après l’injection des artères.

30. Choroïde. La choroïde est une membrane brune , mince , molle, vasculeuse, placée en dedans de la sclérotique. Elle commence en arrière autour du nerf optique , et se porte de là en avant pour se terminer dans le cercle ciliaire. Elle peut être séparée en deux lames , dont l’interne est appelée membrane ruyscldenne ; un examen attentif fait voir que la lame externe seule se termine dans le cercle ciliaire, tandis que l’interne va plus loin pour s’unir directement aux procès ciliaires et à l’iris. Nous avons déjà fait remarquer que les recherches d’ARNOLD tendent à faire admettre que la face externe de la choroïde est tapissée par la lame interne de l’arachnoïde oculaire, dont nous avons parlé à l’occasion de la sclérotique.

4°. Cercle ou ligament ciliaire. On appelle ainsi un anneau blanchâtre, situé au niveau de Tunion de la sclérotique avec la cornée , et dans lequel se termine la lame externe de la choroïde. Vu le nombre considérable de nerfs qui entrent dans sa composition, on s’accorde assez généralement aujourd’hui à le considérer comme un ganglion. C’est à tort qu’on avait cru que l’iris et les procès ciliaires en provenaient ; ces parties se continuent plutôt avec la lame interne de la choroïde.

50. Corps ciliaire ou procès ciliaires. On donne ce nom à une série d’une soixantaine de petits replis allongés, qui se détachent de la lame interne de la choroïde, à l’endroit où elle contourne le cercle ciliaire; ces replis rayonnent vers l’intérieur, où ils

(1) Je conçois difficilement comment on a pu me contester d'avoir le premier donné une description exacto du canal de Fontana chez l'homme, dans la première édition de cet ouvrage qui a paru en 1829 ; car ScuLrnu ne l'a décrit qu'une année plus tard , et si cet anatomiste affirme avoir fait sa découverte en 1827, je n'ai jamais prétendu de mon côté n'avoir reconnu cetto structure que le jour même de la publication de ce Manuel. Ce serait en effet une manière bien commode de prendre date, que de publier un fait une année apres qu'un autre anatomiste l'a déjà fait , tout en annonçant que la t/écou. verte date de trois ans. On a prétendu en outre que ma description du canal de Fontana se rapporte nu bœuf et non pas à l’homme : il suffit de voir ce que j'en dis dans la première édition à l'article Prépabatior , pour rester convaincu que c'est bien de l'homme que j'ai parlé , et que Schlbm» n'a fait que répéter ce que j'avais dît. Au reste, l'injection du canal de Fontana chez l'homme et au mercure se fait depuis trop longtemps à l'amphithéâtre d'anatomie de Strasbourg , pour que je puisse dire à qui appartient la première idée do ce mode d'administration.

se lei'ininent par des extrémités libres. Ils sont placés derrière l’iris , et devant le corps vitré à côté du cristallin. On est encore dans l’inceriitude sur leur nature; quelques anatomistes pensent qu’ils sont museuleux.

6°. Iris. L’iris est un diaphragme membraneux , plaeé verticalement, et visible derrière la cornée transparente. Différemment eoloriée dans les divers individus , cette membrane présente dans son milieu une ouverture arrondie, appellée pupille ou yininclle. Par sa eirconférence , l’iris semble se continuer avec la lame interne de la choroïde, et non pas avec le cercle ciliaire , comme on le dit encore quelquefois. La texture de l’iris est essentiellement musculaire ; on y distingue un plan de fibres circulaires et un autre de fibres rayonnées. En arrière l’iris est recouvert d’une couche de substance de couleur noire , retenue en position par une continuation de la membrane de l’humeur aqueuse, qui de la face postérieure de la cornée se réfléchit sur la face antérieure de l’iris , et de là sur sa face postérieure. Cette partie postérieure , noire , de l’iris porte le nom à'uvée. On distingue dans l’iris deux cercles artériels; l’un, appelé grand cercle de l’iris, entoure sa grande circonférence; l’autre borde l’ouverture pupillaire et est nommé petit cercle. Nous en parlerons encore à l’occasion des artères.

7». Membrane de Jacob. Cette membrane, extrêmement fine et en apparence dépourvue de vaisseaux sanguins, est placée en dedans de la choroïde, entre elle et la rétine. Son existence n’est bien connue que depuis quelques années; bien qu’elle ne soit révoquée en doute par aucun anatomiste moderne, quelques-uns d’entre eux pensent toutefois qu’il ne faut pas la considérer comme une véritable membrane, mais comme une couche de mucus concrété à la suite de la décomposition cadavérique du pigment noir qui revêt la choroïde. Les recherches de M. .1. Weber tendent à prouver que cette membrane ne se termine pas à la hauteur du cercle ciliaire, mais qu’arrivée en cet endroit, elle s’épaissit et passe entre les procès ciliaires et la zone de Zinn, jusque vers le cristallin, et que là elle se réfléchit sur la face postérieure de l’iris, où elle se continue avec la membrane de l’humeur aqueuse qui la tapisse. ,

8». Rétine. La rétine est une membrane minee , blanchâtre , située en dedans de la précédente membrane , et enveloppant immédiatement le corps vitré. En avant elle se termine au bord postérieur de la zone de Zinn , en sorte qu’elle n’arrive pas immédiatement jusqu’au bord de la capsule cristalline. La rétine se compose elle-même de deux lames : le nerf optique est plus particulièrement en rapport avec l’externe , dans laquelle le microscope ne nous a toutefois pas fait reconnaître de tubes nerveux semblables à ceux qui composent le nerf optique, mais rien qu’un amas de corpuscules arrondis de 1^110 de millimètre d’épaisseur environ; l’interne est vasculaire. A une ligne en dehors de l’endroit où le nerf optique entre dans la rétine , on remarque la tache jaune de Sœmmering , entourée de quelques replis membraneux , et au centre de laquelle il y a une petite ouverture , qui, suivant E. IIome, donne pas-

sage à un vaisseau lymphatique qui se rend dans le corps vitré.

9o. Hdmeur aqueuse. On donne ce nom à une humeur ténue, transparente, légèrement albumineuse, qui remplit les chambres antérieure et postérieure de l’œil. Ces chambres sont deux espaces, compris l’un entre la cornée et la face antérieure de l’iris, l’autre entre la face postérieure de l’iris et le cristallin , et communiquant entre eux au moyen de l’ouverture pupillaire. L’humeur aqueuse est sécrétée par la membrane de l’humeur aqueuse ou de Demours. Cette membrane tapisse la face postérieure de la cornée ; extrêmement mince , c’est cependant là où elle a le plus d’épaisseur; elle est très-fragile, comme cornée, et les lambeaux qu’on en obtient se roulent immédiatement sur eux-mêmes; sa couleur m’a toujours semblé tirer un peu .sur le jaune. Après avoir tapissé la cornée, elle devient beaucoup plus mince, se réfléchit sur la face antérieure de l’iris, traverse la pupille et tapisse la face postérieure de l’iris, où elle retient en place le pigment noir qui y est déposé. En cet endroit elle parait se continuer avec la membrane de Jacob , suivant quelques anatomistes.

10». Cristallin. Le cristallin est un corps lenticulaire , transparent, quelquefois légèrement jaunâtre, plus convexe en arrière qu’en avant, situé derrière l’iris et devant l’humeur vitrée. Il se compose d’un grand nombre de couches concentriques, dont les extérieures sont les plus molles. Par différents procédés on parvient à y produire des fentes rayonnées, ordinairement au nombre de trois, et qui semblent indiquer que ce corps est formé d’autant de secteurs; mais en outre on remarque dans l’intervalle de ces fentes principales une foule de fentes beaucoup plus fines, qui démontrent que chacune des pellicules dont l’emboitement constitue le cristallin, est composée d’une foule de fibrilles soyeuses extrêmement ténues qui r.iyonnent de la circonférence de chaque couche vers son centre. Le cristallin est en grande partie composé d’albumine. Ce corps est renfermé librement dans une enveloppe transparente et mince, mais d’un tissu très-dense, comme corné, appelée capsule cristalline on cristalloïde. Cette capsule a absolument la forme du cristallin , mais elle est un peu plus grande que lui, en sorte qu’il y a entre elle et le cristallin un petit espace rempli par un fluide transparent , nommé humeur de Morgagni. Par sa face postérieure la capsule cristalline adhère à la membrane hyaloide du corps vitré , qui , en outre, envoie au devant d’elle une lame qui est la continuation de la zone de Zinn.

11». Corps vitré. Le corps vitré est enveloppé en amère par la rétine; il occupe la majeure partie de l’œil , depuis la partie postérieure duquel il s’étend jusqu’au cristallin. Le corps vitré est convexe en arrière , pour s’adapter à la concavité de la rétine ; il présente en avant une concavité, dans laquelle est logé le cristallin avec sa capsule, qui lui adhère intimement. Ce corps vitré , parfaitement transparent, ne se compose pas d’une humeur épaisse comme on pourrait le croire; mais sa consistance provient de ce que sa partie fluide est renfermée dans une infinité de cellules, formée par une membrane particulière, appelée hyaloide ; celte membrane , extrêmement mince , lui forme d’abord une enveloppe générale ,

puis il s’en détache vers l’intérieur une multitude de cloisons , qui circonscrivent les cellules dans lesquelles l’humeur est renfermée. On trouve entre le corps vitré et le bord du cristallin un espace triangulaire , recourbé en cercle, appelé cariai goudronné ou de Petit. Il y a deux manières d’expliquer son mode de formation : les uns pensent que la membrane hyaloide se compose de deux lames qui , arrivées à une ligne de distance de la capsule cristalline, se séparent, en sorte que l’une passe derrière la capsule, et l’autre devant, de manière à la retenir en place; de cet écartement il résulte un canal triangulaire , dont un des côtés serait formé par la lame postérieure de l’hyaloïde, l’autre par sa lame antérieure, plus épaisse, striée et plissée (zone de Zinn), et le troisième par le bord de la faee postérieure de la capsule cristalline. D’autres anatomistes croient que l’hyaloide ne se sépare pas en deux lames en avant, et qu’elle passe tout entière derrière la capsule cristalline; mais ils décrivent alors séparément une membrane striée et plissée, la zone de Zinn, qui s’insère à la partie antérieure de l’hyaloide, et s'e porte de là en avant , pour s’attacher à la face antérieure de la capsule cristalline tout près de son bord, ou bien pour se continuer sur toute la face antérieure de la capsule cristalline ; cette zone de Zinn formerait alors un des côtés du canal de Petit , et l’hyaloïdeet la capsule les deux autres. On voit donc que tout le débat roule sur la question de savoir si la zone de Zinn est une dépendance, un dédoublement de l’hyaloïde , ou si elle est une membrane particulière qui lui est simplement accolée.

12o. Vaisseaux de l’œil. Les artères qui vont au globe de l’œil , sont les artères ciliaires et la centrale de la rétine, qui toutes proviennent de l’artère ophihalraique. Les artères ciliaires sont de trois espèces : les ciliaires courtes ou postérieures, dont on voit quelquefois trente à quarante, traversent la sclérotique près du nerf optique, et se sous-di visent dans la lame externe de la choroïde en plusieurs ramifications, dont part un nombre considérable de rameaux qui forment un lacis extrêmement riche dans la membrane ruyschienne. Quand les artères ciliaires courtes sont arrivées près du cercle ciliaire , quelques-uns de leurs rameaux le traversent et s’unissent au grand cercle de l’iris; mais la majeure partie se distribue dans les procès ciliaires.

Les artères ciliaires longues, au nombre de deux . traversent la sclérotique vers son tiers postérieur; il y en a une en dehors et une autre en dedans sur le diamètre transversal de l’œil. Elles s’avancent entre la sclérotique et la choroïde jusqu’au cercle ciliaire ; là elles se divisent chacune à angle droit en deux branches , qui s’unissent à celles de l’autre artère et aux rameaux des artères ciliaires courtes , de manière à former le grand cercle de l’iris, qui envoie quelques rameaux fins dans l’iris , mais qui en fournit un très-grand nombre aux procès ciliaires.

Les artères ciliaires antérieures, au nombre de quatre ou de cinq , percent la sclérotique tout près de la cornée , et se dirigent en partie vers le grand cercle de l’iris, et en partie s’avancent jusqu’au bord pupillaire , où elles forment le petit cercle de l’iris. \j' artèrecentrale de la rétî«e parcourt le centre du nerf optique , et arrive avec lui à la rétine, dans laquelle elle se distribue par un grand nombre de ramifications. L’artère centrale de la rétine fournit en outre

une branche qui traverse le corps vitré d’arrière en avant , lui donne en passant quelques rameaux , arrive à la face postérieure de la capsule cristalline, et s’y divise en plusieurs rameaux disposés en rayons.

Les veines qui correspondent à ces artères sont disposées d’une manière analogue , à l’exception des veines ciliaires postérieures courtes^ qui sont formées par la réunion d’un paquet considérable de rameaux, occupant surtout la lame externe de la choroïde, disposés régulièrement et appelés vaisseaux tourhillonncs, (vasa vorticosa). Les veines de l’œil se dégorgent dans le sinus ophthalmique et en partie dans la veine faciale antérieure.

Arnold, sc fondant sur ses observations microscopiques , considère le tissu cellulaire en général, et la sclérotique , la cornée tran.sparente , la membrane de Demours , la capsule cristalline en particulier, etc. , comme étant entièrement composés de lacis de vaisseaux lymphatiques. Nos propres recherches nous ont bien fait reconnaître que la cornée, le tissu cellulaire, le tissu aponévrotique , sont composés de fibres soit entrelacées, soit parallèles, mais nous considérons ces filaments comme des fibres primitives et nous ne saurions les rattacher au système lymphatique.

13». Nerfs de l’oeil. Nous avons déjà vu que le nerf ojJtique se distribue sur la rétine; les autres nerfs qui se distribuent au globe de l’œil sont les nerfs ciliaires ; ils proviennent les uns du ganglion ophthalmique et les autres du nerf nasal. Ces nerfs ciliaires percent la sclérotique près du nerf optique , marchent d’arrière en avant entre la sclérotique et la choroïde , en donnant très-peu de rameaux à cette dei’nière, et s’enfoncent dans le cercle ciliaire, qui ne semble être qu’un ganglion formé par leurs lacis, sans qu’il soit possible , dans l’homme, de suivre leurs filets dans l’iris ou dans les procès ciliaires.

Préparation. L’examen des parties qui composent le globe de l’œil ne peut guère se faire que sur des yeux très-frais, dont la cornée est encore assez transparente et bombée. Beaucoup de ces dissections pourront être faites sur des yeux de bœufs.

Pour voir le globe de l’œil , il faut couper les muscles , les nerfs , et spécialement le nerf optique , dans le fond de l’orbite, et tirer l’œil hors de cette cavité. On peut commencer par rabattre en avant les quatre muscles droits, afin de voir le mode d’implantation de leurs aponévroses dans la sclérotique, et dont on a mal à propos décrit l’ensemble sous le nom de tunique albuginée. Puis on enlèvera peu à peu de dessus le globe de l’œil tous les muscles , la conjonctive et les nerfs, à l’exception du nerf optique.

Pa là , la face externe de la sclérotique et de la cornée sera visible. On examine les divers degrés d’épaisseur de la sclérotique , au moyen de sections antéro-postérieures, que l’on fait sur cette membrane. On reconnaît que la sclérotique est percée en arrière d’une seule petite ouverture pour le passage du nerf optique , en divisant d’avant en arrière le globe de l’œil et le nerf optique en deux moitiés égales : on voit ^ors que la gaine du nerf optique se continue avec la sclérotique, et en séparant de la gaîne le nerf à son entrée dans l’œil , on voit qu’il traverse une ouverture unique de la sclérotique et non pas une

lame criblée : cette dernière apparence est obtenue sur un segment postérieur de la sclérotique, dont on a enlevé la choroïde , si l’on comprime le nerf d’arrière en avant, de manière à faire sortir sa pulpe à travers ces petits trous, ou bien si l’on coupe un nerf optique tout près de son insertion au globe de l’œil, et que l’on fasse un peu macérer le segment postérieur de la sclérotique, de manière à pouvoir exprimer la pulpe de la petite portion restante du nerf; mais ces petites ouvettures ne sont que les interstices des cloisons que forme intérieurement le névrilème et qui n’ont pas été détruites par l’opération. Les lames de la cornée doivent être isolées sur un œil entier, en commençant par les lames les plus extérieures. Quand on en viendra aux lames internes, il faut user de beaucoup de précaution, parce que la moindre piqûre que l’on ferait dans la chambre antérieure de l’œil , déterminerait la sortie de l’humeur aqueuse, et partant affaisserait la cornée. Mais quel que soit le nombre des lames que l’on parvienne à démontrer ainsi , il est facile de s’assurer qu’on n’est pas arrivé au dernier point de division; car si l’on froisse doucement une de ces lames entre deux doigts, on sent distinctement la mobilité qui existe entre celles qui la composent encore. Cette dissection est naturellement plus facile sur un œil de bœuf que sur un œil humain.

On aperçoit le mode d’union de la sclérotique avec la cornée , si l’on fait sur ces deux membranes une section, de manière à pouvoir en examiner le profil à la loupe. On parvient à les séparer par une macération prolongée, par l’ébullition ou par ces deux procédés réunis.

La préparation de la choroïde exige beaucoup de soins, parce que cette membrane est assez délicate ; on peut s’en faciliter la dissection en l’exécutant sous l’eau. Dans tous les cas il faut inciser circulairement la sclérotique, de manière à la partager en un segment antérieur et un postérieur; mais cette section doit être faite avec les précautions suivantes : on commence par tracer la coupe à faire dans l’épaisseur de la sclérotique, en la grattant circulairement avec la pointe d’un scalpel , mais en se gardant de l’intéresser dans toute son épaisseur. Quand celle voie est tracée, on perce peu à peu la membrane dans toute son épaisseur dans un petit point seulement; dès que cela est fait , ce que l’on reconnaît à la couleur foncée de la choroïde que l’on aperçoit, on souffle de l’air par cette ouverture au moyen d’un syphon, afin d’augmenter un peu par la distension de la sclérotique l’espace qui sépare les deux membranes ; puis , soulevant la sclérotique avec des pinces , ou introduit dans son ouverture la branche mousse de ciseau.x fins, et l’on agrandit ainsi la section; on continue de cette manière jusqu’à ce que la division soit achevée , en se servant de temps en temps du syphon pour écarter les deux membranes. On renverse ensuite les segments de la sclérotique , l’un en avant, l’autre en arrière, en détruisant de suite les adhérences vasculaires ou nerveuses qui existent surtout en arrière entre les deux membranes. Le segment postérieur de la sclérotique pourra rester dans celte position , ou bien on le coupera près du nerf optique ; le segment antérieur , au contraire, sera enlevé après l’avoir séparé du cercle ciliaire, afin de pouvoir examiner Viris. On peut d’ailleurs s’assurer de la position réelle de Tiris, en plongeant, l’œil entier dans l’eau et en l’observant eu

profil ; la réfraction de la cornée est annulée par ce moyen.

Le canal de Fontana sur l’œil humain reste adhérent au segment antérieur de la sclérotique que l’on vient d’enlever ; c’est donc sur sa face interne , vers son union avec la cornée , que l’on recherchera ce canal, qui n’est guère plus gros que la tige d’une épingle. On le démontre très-bien en l’injectant de mercure , ce que l’on exécute de la manière suivante : on retourne le segment antérieur de la sclérotique de manière à ce que sa face interne devienne convexe; on le place ainsi sur l’extrémité de l’index gauche , et on le maintient avec le pouce et le doigt du milieu de la même main ; faisant ensuite une petite incision superficielle avec une lancette à l’endroit de l’union de la sclérotique avec la cornée , même sans distinguer le canal , on introduit le tube à injecter dans cette incision , et l’on ouvre le robinet. Si le canal ne s’injecte pas du premier coup , il est rare de le manquer en essayant deux ou trois fois. Mais la grande difficulté est d’empêcher le mercure de s’échapper , en revenant par l’autre bout du canal; on réussit assez bien à le retenir , en saisissant toute l’épaisseur delà sclérotique avec des pinces dès que l’injection est faite, et en ne plus lâchant prise que quand les parties sont desséchées.

Pour bien voir le canal de Fontana sur un œil de bœuf, il faut séparer le segment antérieur de la sclérotique et la cornée , en y laissant adhérer le cercle ciliaire, et inciser alors la partie moyenne de ce dernier sur le trajet du canal , qui, chez le bœuf, est logé dans son intérieur et qui est assez grand pour être facilement distingué de cette manière. On peut en rendre la disposition plus distincte, en y introduisant des soies de sanglier.

Procès ciliaires. Coupez un œil en travers , de manière que le segment antérieur soit un peu plus petit que le postérieur; placez le premier sur la cornée , vous remarquerez, à travers la portion restante du corps vitré , les procès ciliaires disposés comme les fleurons d’une fleur composée , et apparents par leur couleur foncée. On voit un peu les procès ciliaires par leur face antérieure, en faisant une préparation inverse, c’est-à-dire en enlevant la cornée , l’iris et le cristallin. Enfin , on prend encore une très-bonne idée de la disposition des procès ciliaires , si l’on enlève, vers la partie supérieure de l’œil, une portion circulaire de la sclérotique , de la choroïde et de la rétine, en conduisant la coupe depuis l’entrée du nerf optique jusqu’à dpux lignes en arrière de la cornée transparente. L’humeur vitrée et le cristallin resteront en place.

En parlant de la choroïde , nous avons déjà dit que la même préparation permet de voir la face antérieure de l’ms. La face postérieure se voit, soit sur un iris détaché , soit au moyen de la coupe qui a servi à démontrer la face postérieure des procès ciliaires; on pourra en outre enlever en entier le corps vitré et le cristallin. Si l’on agite dans l’eau un iris bien intact, le pigment noir de Yuvée ne se détache pas; mais dès qu’on aura blesse par un très-léger frottement la membrane délicate qui recouvre ce pigment , il colorera l’eau en noir. C’est surtout vers la grande circonférence de l’iris que l’on parvient à bien détacher l’uvée de l’iris.

On obtient la séparation de la choroïde en deux lames , en la soumettant à la macération. Cette division peut aussi être effectuée par des moyens méca-

DE L’ANATOMISÏE.

niques, comme l’indique déjà Likutaiid. A cet effet on isole de toutes ses parties voisines , un lambeau de choroïde, avec le cercle ciliaire correspondant, l’iris et les procès ciliaires ; on place la pièce sur l’index gauche, de manière à laisser le cercle ciliaire en dehors ; puis on incise un peu ce cercle , en commençant près de l’iris ; il est alors facile d’en saisir les lambeaux avec une pince et de les tirer peu à peu vers la partie postérieure de la choroïde : le cercle ciliaire entraîne avec lui la lame externe de la choroïde, tandis que la lame interne reste en rapport avec l’iris et les procès ciliaires. Il est plus facile de faire cette préparation sur unechoroïde qui a été plongée pendant quelque temps dans l’alcool.

La membrane de Jacob ne peut être bien vue que sur des sujets morts depuis au moins quarante-huit heures. On commence par préparer la choroïde ; puis , plaçant la pièce sous l’eau , on saisit cette membrane avec deux pinces , et on la déchire avec précaution. On trouve alors sous elle une membrane particulière ( différente de la rétine ) , qui souvent n’est bien visible qu’à la loupe, et que l’on doit toujours examiner sous l’eau , où elle se présente sous la forme de lambeaux flottants; cependant, si l’on a choisi l’œil d’un très-vieux sujet et qu’on procède avec soin , on parvient à la préparer sans déchirure. On peut en obtenir des portions plus considérables, si l’on prépare d’abord la choroïde, qu’on la plonge pendant quelques semaines dans l’eau-de-vie , et qu’on la soumette ensuite à une macération dans l’eau , jusqu’à ce que la décomposition commence à se manifester. Le reste du procédé ressemble à celui que nous avons indiqué auparavant.

Pour voir la continuation antérieure de cette membrane, on exécute la préparation que nous indiquerons en parlant du canal de Petit. Le plus souvent la membrane de Jacob reste alors adhérente à la zone de Zinn , dont on a quelquefois de la peine à la séparer.

La préparation de la rétine se fait, comme celle de la précédente membrane, sous l’eau, en déchirant la choroïde et en enlevant ensuite les lambeaux de la membrane de Jacob au moyen d’un pinceau fin. On distingue facilement sa tache jaune ; mais il convient de faire observer qu’elle perd bientôt sa couleur par la macération. Pour voir les replis qui entourent la tache, il faut regarder à travers le corps vitré sur un segment postérieur de l’œil. Le petit vaisseau lymphatique, qui, au dire d’E.HoME, traverse le trou central , se voit , suivant cet anatomiste , au moment où l’on détache le corps vitré de la rétine; cette opération doit être faite sous l’eau. Quand le corps vitré est enlevé, on voit mieux encore la disposition de ces parties. On parvient à séparer par la macération la lame nerveuse de la rétine de sa lame vasculaire et interne ; cette disposition devient surtout évidente sur des yeux injectés. La rétine doit être préparée sur l’œil humain : sur l’œil du bœuf elle se rompt trop facilement à cause du grand poids du corps vitré; d’ailleurs la tache jaune ne s’y trouve pas.

On apprécie la quantité de V humeur aqueuse, en la faisant écouler au moyen d’une ponction à la cornée. On reconnaît sa disposition , celle des chambres de l’œil, et en général la situation relative des humeurs et des membranes , en divisant en deux moitiés latérales, au moyen d’une section verticale, un œil que l'on a fait congeler.

On commencera par éluclier la membrane de Demoiirs sur l’œil du bœuf; à cet effet on sépare du cercle ciliaire un segment antérieur de la sclérotique avec la cornée; si l’on fait alors sur la face postérieure de cette dernière une légère incision et qu’on en récline les bords de côté , on remarque la membrane de Demours , qui s’en détache en se roulant sur elle-même. Cette disposition se voit aussi sur l’œil humain ; mais la membrane y est encore plus fine. Il est très-difficile de préparer en entier la membrane de Demours ; cependant nous sommes parvenu à le faire , en enlevant successivement toutes les lames de la cornée transparente sur un œil de bœuf. Bichat conseille de faire bouillir les yeux sur lesquels on veut démontrer la membrane de Demours; par cette préparation elle se détache quelquefois en entier de la cornée et elle s’en sépare toujours à sa circonférenee. On parvient encore à l’isoler, en soumettant un segment antérieur de l’œil à l’action de l’acide nitrique , qui attaque la cornée sans agir sur la membrane de Demours.

La face antérieure du cristallin et de sa capsule se voit déjà à travers la pupille; on la voit en entier, si l’on enlève la cornée et l’iris. Alors , en faisant une petite piqûre à la capsule , on en voit écouler une gouttelette de liquide , qui est l’humeur de Morgagni ; puis on peut la distendre par de l’air ou y introduire une soie. Si l’on agrandit l’incision , on peut faire sortir le cristallin par une très-légère pression, et l’on peut alors examiner facilement la disposition de la capsule, en en faisant flotter les lambeau.x sous l’eau. La face postérieure du cristallin se voit à travers le corps vitré sur un segment antérieur du globe de l’œil.

Pour s’assurer de la texture lamelleuse et fibreuse du cristallin , il faut le plonger pendant quelque temps dans l’alcool , dans un acide minéral affaibli, ou mieux encore dans de l’alcool auquel on a ajouté un peu d’acide minéral; après deux ou trois jours d’immersion, il est facile de voir la trace de la division du cristallin en secteurs , et de séparer les lames emboîtées, ainsi que les fibres qui les composent. En laissant dessécher un cristallin ainsi préparé , on le voit également se fendre en plusieurs portions. La trace de ces fentes se voit même sans préparation sur le cristallin du bœuf quand il n’est plus frais.

Le corps vitré parait dès que les tuniques de l’œil sont enlevées. On s’assure de l’existence delà membrane hyaloïde , en plongeant pendant quelque temps un corps vitré dans de l’alcool ou dans un acide affaibli qui la rendent opaque ; par le même moyen on reconnaît ses prolongements intérieurs qui forment les cellules. Si l’on fait à un corps vitré une petite incision, on voit s’en échapper peu à péu l’humeur vitrée, ce qui prouve que les cellules

communiquent ensemble, parce qu’elles se vident toutes, quoiqu’une seule ait été blessée. Si on laisse écouler en entier l’humeur vitrée, en ayant la précaution d’humecter de temps en temps la superficie de l’hyaloïde pour l’empêcher de se dessécher , on finit par ne plus avoir que cette membrane seule , que l’on aperçoit en la faisant flotter dans un liquide; mais il faut avoir soin de la plonger préalablement dans l’alcool pour la rendre opaque. Enfin , en soumettant un corps vitré à la congélation, on voit qu’il ne forme pas un glaçon uniforme, mais que chacune de ses cellules contient un petit glaçon séparé.

Canal de Petit. On le trouve, après avoir séparé les procès ciliaires du corps vitré , sur un œil qui n’est plus entièrement frais. Ainsi, après avoir partagé les membranes de l’œil en deux segments , on enlève de suite le postérieur, de manière à dénuder le corps vitré ; puis on renverse avec précaution le segment antérieur en avant , et quand on est arrivé au cercle ciliaire , on le sépare doucement avec les procès ciliaires du corps vitré et du cristallin. On trouve alors entre le rebord de ce dernier et la face antérieure du corps vitré une série d’empreintes rayonnées, quelquefois encore recouvertes d’un peu de pigment provenant des procès ciliaires; ce cerele plissé est la zone de Zinn. Si maintenant on fait dans eette zone une petite ouverture , et qu’on y souffle de l’air , on verra qu’elle forme la paroi externe et antérieure d’un canal qui entoure le cristallin. Si l’on n’a pas enlevé les restes de la portion antérieure de la rétine et de la membrane de Jacob, on voit que cette dernière passe en dehors de la zone de Zinn en s’épaississant un peu , et il est souvent possible de l’en séparer avec une pointe un peu mousse. On voit encore que la rétine se termine au bord externe de la zone.

La préparation des vaisseaux et nerfs ciliaires se fait à peu près comme celle de la choroïde et de ses dépendances, seulement aura-t-on soin alors de les ménager à l’endroit où ils percent la sclérotique et où on les déchire facilement au moment où l’on replie cette membrane. L’artère centrale de la rétine se verra également , si l’on met la rétine à nu ; mais pour voir le rameau qui traverse le corps vitré et se porte jusqu’au cristallin , il faut fendre en long la rétine sur une de ses faces ; l’injection de cette artériole ne réussit guère que sur les yeux de fœtus.

L’injection des artères se fera par l’artère ophthalmiqiie, si l’on ne veut pas faire une injection générale , ce qui est toujours préférable. Les veities ciliaires devront le plus souvent être injectées séparément; on se sert à cet effet ordinairement des injections mercurielles : rien n’est plus beau , par exemple , que l’injection des vaisseaux tourbillonnés sur un œil de bœuf.

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