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CHAPITRE VI

DE l’appareil digestif.

Art. l«r. Bouche OU cavité buccale. lèvre, la muqueuse forme sur la ligue médiane un

repli appelé frein de la lèvre. La muqueuse qui rc- Elle s’ouvre à l’extérieur par une fente transver- couvre les lèvres est rouge, molle, évidemment sale, formée par les deux lèvres , par-dessus lesquel- composée de deux couches , dont l’une se eontinue les la peau se réfléchit vers l’intérieur pour tapisser avec l’épiderme et l’autre avec le derme. Cette derla bouche et , peu à peu , tout l’appareil digestif, en nière présente à sa surface une infinité de papilles , prenant les caractères d’une membrane muqueuse, qui rendent raison de l’espèce de tact que l’on peut A la face postérieure au bord adhérent de chaque exercer avec ces' parties. Les lèvres sont mues par

lU)

un grand nombre de museles , que nous avons déjà vus dans la myotomie ; tels sont les niuscles de la bouche , vio^istachierj releveurde la lèvre supérieure et de l’aile du nez, releveur propre de la lèvre supérieure, releveur de l’angle de la bouche, grand et petit zygomatique, buccinaleur, triangulaire, carré elrisorius de Santorini.

Quand la membrane muqueuse a quitté les lèvres , elle se jette sur les rebords alvéolaires, où elle entoure e.xactement les dents et les maintient en position. Cette partie de la muqueuse est ferme , épaisse , et reçoit le nom de gencive.

Les sont des eorps durs, blanchâtres, de nature osseuse suivant les uns, et de nature eornée suivant les autres; elles sont implantées dans les arcades alvéolaires des os maxillaires supérieur et inférieur. A ehaque arcade on compte seize dents ; savoir : quatre incisives , deux canines , quatre tes molaires et six grosses molaires ; les premières sont tranchantes à leur sommet , les secondes , pointues; les troisièmes ont une couronne à deux tubercules , et les dernières , des couronnes à quatre tubercules. Nous avons parlé de leur structure dans l’ostéotomie.

Les parois latérales de la bouche sont formées par les joues , également recouvertes par la muqueuse , qui les quitte pour se continuer sur la partie postérieure des rebords alvéolaires. Dans l’épaisseur des joues est logé le muscle buccinateur, qui leur donne la mobilité.

La langue forme la paroi inférieure de la bouche ; la muqueuse qui quitte les gencives , vient la tapisser, en formant sous sa partie antérieure un repli, appelé le frein de la langue ou le fdet.

La paroi supérieure de la bouche est formée par le palais , qui est placé entre elle et le plancher des fosses nasales. 11 est recouvert par une membrane muqueuse, dense, qui se continue avec celle des gencives. Le palais est partagé en deux moitiés latérales par une ligne peu saillante , qui se dirige d’arrière en avant , où elle se termine , derrière les dents incisives moyennes, par un petit tubercule.

En arrière, le palais se continue avec le voile du palais , qui forme la paroi postérieure de la bouche. Entre le bord inférieur du voile du palais et la base de la langue se voit une ouverture , appelée isthme du gosier , par où la bouche communique avec l’arrière-bouche ou le pharynx.

Au-dessous de la membrane muqueuse qui tapisse la bouche, on trouve un grand nombre de glandes muqueuses. On les rencontre surtout dans les lèvres, dans les joues , dans la langue et dans le palais ; selon la place qu’elles occupent, elles portent les noms de glandes labiales , buccales, linguales ou palatines; elles sont formées à peu près comme le sont les glandes sébacées ; la muqueuse forme vers l’intérieur un petit cul-de-sac à col rétréci, et comme cette partie réfléchie a des fonctions spéciales à remplir, elle est plus épaisse et plus pourvue de vaisseaux et de nerfs que le reste de la membrane , de manière à paraître composée du premier abord par un grain solide ; c’est dans l’intérieur de cette poche qu’est sécrété le mucus qui lubrifie la bouche , et on l’en voit ressortir par des orifices très-fins. Quelques-unes de ces glandes sont un peu plus composées, en ce que la poche qui les forme se sous-divise elle-même en plusieurs petites poches secondaires , au lieu

d’être simple et arrondie, comme le sont les glandes sébacées.

Les artères de la bouche proviennent de la faciale , de la temporale, de la maxillaire interne, de l’ophthalmique , etc. Les nerfs tirent leur origine des maxillaires supérieur et inférieur , du facial et des nerfs cervicaux. Toutes ces parties seront examinées avec plus de détails dans l’angiotomie et la névrotomie.

Préparation. La majeure partie des objets dont nous avons parlé , peuvent être aperçus sans préparation dès que la bouche est ouverte; les freins des lèvres seront visibles, .si l’on abaisse fortement la lèvre inférieure, en renversant sa face postérieure en avant, et si l’on élève la supérieure en la renversant de même. Le frein de la langue se voit dès qu’on tire en haut l’extrémité libre de celle-ci.

On fera bien de disséquer les muscles qui environnent la bouche, comme nous l’avons indiqué dans la myotomie , et en même temps on détachera la peau, en la repliant vers l’intérieur de la bouche , de manière à voir comment elle se continue avec la muqueuse. Les deux couches de la muqueuse seront séparées soit par l’immersion dans l’eau chaude , soit par la macération; on peut encore s’assurer de leur existence sur soi-même, parce qu’il est facile d’enlever avec les dents , et sans douleur , des lambeaux de l’épiderme qui recouvre la muqueuse de la face postérieure des lèvres. Ijcspapilles des lèvres se voient dès que l’épiderme est enlevé; mais elles sont surtout bien distinctes sur des lèvres parfaitement injectées, dont on a enlevé l’épiderme par la macération.

On trouve les glandes muqueuses , même sans en faire la dissection , en renversant au dehors une partie de la bouche, par exemple la lèvre inférieure ; dès qu’on la tend au moyen d’un doigt qui fait saillir la muqueuse qui la tapisse . on voit les glandes former sous cette membrane de petites élévations ; on sent encore très-bien ces glandes , si l’on froisse la lèvre inférieure contre les incisives de la mâchoire correspondante. Enfin, on voit déjà à nu une partie des glandes buccales entre les fibres du muscle buccinateur , si ce muscle a été préparé ; pour voir les autres glandes , on enlève une partie de la muqueuse qui tapisse les lèvres, la joue, la langue et le palais , et l’on trouve alors ces corps , qui restent insérés les uns sur la membrane et les autres sur les parties plus profondes.

Art. 2. Glandes salivaires (1).

Elles se composent d’un amas de glandes simples , assez .semblables aux glandes muqueuses que nous avons vues exister dans la bouche, mais qui, au lieu de s’y ouvrir par des orifices séparés , s’unissent peu à peu à des canaux excréteurs communs; ces canaux se terminent dans la bouche par des orifices dans lesquels la muqueuse s’insinue pour en tapisser l’intérieur dans toutes leurs ramifications jusqu’aux derniers grains glanduleux. C’est à cause de cette structure composée que les glandes salivaires sont rangées parmi les glandes conglomérées; mais par ce que nous venons de dire , on voit qu’en dernière analyse la structure de ces glandes salivaires est la

(1) J. B. SiBBOLD, Hisl. si/stematis salivalis ^ pJiiisiol . et pathol. considerati , in-i". avec fig. Jen. , 1797.

même que celle des glandes muqueuses ; seulement le prolongement sacciforme de la muqueuse est-il simple dans celles-ci , tandis qu’il se ramifie considérablement dans celles-là.

Les glandes salivaires sont au nombre de trois de chaque côté.

1°. Glande parotide. Elle est la plus volumineuse des trois, et située entre le conduit auditif, l’apophyse mastoïde et la branche de la mâchoire. En haut elle s’étend Jusque vers la base de l’apophyse styloide, et elle descend souvent jusqu’au niveau de l’angle de la mâchoire. Cette glande, s’insinuant entre les diverses parties de cette région, a une forme irrégulière. En avant elle se replie un peu par-dessus la branche de la mâchoire, de manière à recouvrir une partie du muscle masséter; là elle donne naissance à son conduit excréteur, appelé canal de Sténon, qui se porte transversalement en avant, à quatre lignes à- peu près au-dessous de l’arcade zygomatique , en décrivant une courbe à convexité externe et antérieure. Arrivé près du muscle buccinateur , le conduit le perce obliquement pour s’ouvrir dans la bouche , visà-vis de la seconde dent petite molaire supérieure ou de la première grosse molaire.

La glande parotide est traversée par les ramifications du nerf facial et par l’artère carotide externe , qui lui donnent des rameaux ; quelquefois cependant cette dernière est simplement placée contre sa face interne.

2». Glande maxillaire ou sous-maxillaire. De forme ovalaire, beaucoup plus petite que la parotide. Celte glande est placée au côté interne de l’angle de la mâchoire , entre le bord de cet os et le muscle digastrique ; elle est en partie cachée par le muscle mylo-hyoïdien. Le conduit excréteur , appelé conduit de JVharton , se détache de la face interne de la glande, un peu vers son extrémité antérieure. Ce canal se porte vers la face interne du mylo-hyoidien , en passant sous son bord postérieur; il se dirige en avant et en haut, croise la direction du nerf lingual , passe sous la glande sublinguale et s’ouvre dans la bouche au bord postérieur du muscle génioglosse. On aperçoit très-bien les orifices des conduits de Wharton, à côté du frein de la langue , où ils forment de petites papilles très-marquées.

3». Glande süblingüale. Plus petite que la précédente, allongée, aplatie. Elle est située sous la partie antérieure de la langue , au devant de la glande maxillaire, et elle n’est séparée de la bouche que par la membrane muqueuse. Cette glande s’ouvre dans la bouche par six à huit conduits isolés, dont on voit les petits orifices à côté du frein de la langue. Quelquefois on trouve un conduit excréteur plus volumineux, formé par la réunion de quelques-uns des petits canaux partiels ; il reçoit le nom de canal de lîivius ou de Èartholin.

Les glandes salivaires versent dans l’intérieur de la bouche une liqueur appelée salive, et qui est destinée à faire subir une première préparation aux aliments , auxquels elle se mêle pendant la mastication.

Préparation. Parotide. Pour la mettre à découvert, on fait une incision cutanée le long de l’arcade zygomatique; une autre, parallèle à celle-ci, au ni-

veau de l’angle de la mâchoire , et une troisième qui les réunit eu passant verticalement au devant de l’oreille. On dissèque en avant le lambeau ainsi circonscrit. La glande devient aussitôt visible; le conduit qui s’en détache en avant , est superficiellement situé sur le masséter, en sorte qu’il faut enlever la peau avec précaution pour ne pas le couper. Au devant du masséter le conduit s’enfonce dans un paquet graisseux que l’on enlève peu à peu, et il traverse ensuite le buccinateur ; on ne le poursuivra pas plus loin. On sépare alors la glande des parties environnantes, et on ne la laisse attachée qu’à sa partie supérieure. On fera bien de ménager la veine faciale postérieure qui passe par-dessus la glande et l’artère carotide qui la traverse; le nerf facial qui y entre au devant de l’apophyse mastoïde , sera également conservé en rapport avec la glande. Il est ordinairement assez difficile de voir dans la bouche l’orifice du conduit; pour le trouver plus aisément, on fait dans le conduit de Sténon une petite incision, par laquelle on introduit une soie de porc que l’on fait glisser en avant , où elle ressort facilement par l’orifice buccal ; on peut alors faire rétrograder le bout opposé de la soie jusque dans la glande même , pour s’assurer de la manière dont le conduit en naît.

La glande maxillaire est en grande partie visible entre les deux ventres du digastrique et ta mâchoire, dès que la peau et le peaucier sont détachés ; pour préparer son conduit , qui est souvent difficile à trouver , parce qu’il ressemble assez à une artère , on sépare de la mâchoire le ventre antérieur du digastrique , et l’on récline un peu la glande en bas et en arrière, tout en la conservant en rapport avec l’artère faciale , qui est souvent logée dans une gouttière de la glande, et qui lui donne des rameaux. Le conduit de Wharton se détache de la face interne de la glande, un peu vers l’extrémité antérieure , tout près de l’endroit où elle reçoit un filet du nerf lingual , que l’on conserve. On sépare le mylo-hyoïdien de la mâchoire pour voir la continuation du conduit, dans lequel on introduit ensuite une soie, comme nous l’avons indiqué pour la parotide.

Dès que le muscle mylo-hyoidien est détache de la mâchoire , la glande sublinguale se voit au devant de la glande maxillaire, à laquelle elle est quelquefois unie. Les conduits excréteurs étant extrêmement fins, on tâchera de les rendre apparents, en recherchant leurs orifices à côté du frein de la langue, et en y introduisant des soies déliées, ou bien en les injectant de mercure, que l’on retient dans leur intérieur au moyeu de ligatures qui les embrassent près des orifices. Il est plus facile de faire cette préparation après avoir détaché la langue avec les glandes sublinguales.

Art. 3. Langue, organe du goût (1).

La langue est située sur la paroi inférieure de la bouche , entre les arcades alvéolaires et le palais. Elle a la forme d’une pyramide aplatie, dont la base, dirigée en bas, appuie sur l’os hyoïde, et dont le sommet est dirigé en avant.

La langue se compose de deux parties ; d’une en-

(1) Malpichi, De lingua. Bologne, 1665 , iii-12.

S. Tii. SoEMMERRiNC , Abhiîdungcn der nienschlichen Gesch’ macks~ und Sprach-Organe. Francf. 1806,in-fol.

Gebdv , Discussions et propositions d’anatomie, de physiolo* gie et de patholo{;ic. Paris, 1823, avec 6g.

veloppe muqueuse , qui est le siège spécial du goût , et d’un assemblage de muscles qui la meuvent.

La itievihranfi inuqueiise enveloppe tout le dos de la langue , les bords et la partie antérieure de la face inférieure ; elle se continue avec celle des gencives de la mâchoire inférieure et avec celle du voile du palais, du pharynx et du larynx. Au moment où la muqueuse quitte ces parties pour se jeter sur la langue , elle forme divers replis : c’est ainsi que sous sa partie antérieure on voit le frein de la langue ou le fiel; deux autres replis partent de la base de la langue vers le voile du palais : on les appel le antérieurs du voile du 'palais j tout en arrière et en bas on trouve encore un repli , qui de la base de la langue se porte vers l’épiglotte : c’est le ligament glosso-épigloltique .

La muqueuse de la langue se compose de deux couches ; l’une externe , continuée de l’épiderme , et appelée périgloite j se moule exactement sur la seconde membrane, qui est la continuation du derme , et que sa structure a fait appeler membrane papillaire. Cette dernière , outre un grand nombre de glandes muqueuses simples ou ramifiées qui sont placées sous elle , présente les objets suivants à remarquer ; 1° Les papilles lenticulaires, qui sont des éminences , ordinairement au nombre de neuf, placées , sur la base de la langue ; où elles forment deux séries disposées en V. Ces deux séries se réunissent en arrière vers le trou borgne , petit cul-de-sac dans lequel s’ouvrent des glandes muqueuses. Les papilles lenticulaires ont ordinairement un diamètre de plus d’une ligne; elles semblent composées d’un amas de glandes muqueuses. 2” Les papilles fungiformes, disséminées sur les bords et la partie antérieure de la langue ; on en voit très-peu sur sa partie postérieure; elles sont arrondies et adhèrent à la langue par un pédicule étroit. 3<> Les papilles coniques sont les plus nombreuses et recouvrent presque toute la face supérieure de la langue; par leur base elles adhèrent cà la langue et elles sont libres par leur sommet. Près des bords de la langue ces papilles coniques deviennent extrêmement grêles , en sorte qu’on les y a nommées papilles filiformes.

Muscles de la langue.

lo. Styloglosse. Muscle grêle, caché par le stylohyoïdien. Il commence à la base de l’apophyse styloide et au ligament stylo-maxillaire , se dirige en avant et en dedans sur le côtés de la langue, en croisant la direction de l’hyoglosse, et se perd dans la pointe de cet organe , où il se confond avec le muscle du côté opposé. — i/soÿcs. Il élève la langue en la tirant de côté , et en courbe la pointe en bas et de son côté ; les deux styloglosses la tirent en arrière, l’élargissent et en courbent la pointe directement en bas.

2". Hyogiosse. Muscle mince et aplati, qui se porte de l’os hyoïde à la partie latérale de la langue. 11 nait par trois portions , qui ont aussi été décrites comme trois muscles particuliers; .savoir : le basioglosse , provenant du corps de l’os hyoïde ; le cératoglosse , de la grande corne , et le chondroglosse , de la petite corne de l’os hyoïde ; ce dernier faisceau forme un plan mince de fibres longitudinales , placées sous les téguments de la face dorsale de la langue , et qui a été décrit récemment sous le nom de muscle lingual su-

perficiel, ou cutané lingual. — Usages. Il abaisse la langue et la porte de côté. Si les deux muscles agissent ensemble,ils l’abaissent en totalité etia raccourcissent. Les fibres du chondroglosse les plus rapprochées de la ligne médiane doivent recourber la pointe de la langue en haut et en arrière.

§0. Génioglosse. 11 est le plus volumineux des muscles de la langue ; il provient derrière le géniohyoïdien du tubercule interne de la symphyse du menton; de là ses fibres se portent en divergeant vers la langue, dont elles constituent la partie moyenne. Les plus internes de ces fibres viennent s’insérer sur une lame fibro-cartilayineuse , placée verticalement au centre de la langue. Quelques-unes de ses fibres arrivent jusqu’à la petite corne de l’os hyoïde et à l’épiglotte. — Usages. Il tire la langue en avant et la fait sortir de la bouche si c’est la partie postérieure qui se contracte; il la tire un peu en arrière si la partie antérieure seule agit; si les deux portions agissent ensemble , le milieu de la langue est déprimé sans que l’organe change de place en totalité ; de plus il dilate le pharynx.

A". Lingual. Faisceau musculeux, placé dans l’intervalle de l’hyoglosse et du génioglosse, et qui , de la base de la langue, s’étend vers la pointe. — Usages.W raccourcit la langue et enreplielapointc en bas et en arrière.

5°. On remarque encore dans la langue, surtout vers la pointe, des fibres transversales, et dans toute l’étendue de cet organe des fibres verticales qui traversent celles des muscles précédemment énumérés ; les premières rétrécissent la langue et contribuent avec le génioglosse à creuser la langue en gouttière longitudinale ; les secondes amincissent et élargissent la langue. Enfin, la langue reçoit encore les fibres du muscle glosso-staphilin et du ylosso-épiglottique , dont nous parlerons plus bas.

L'artère linguale est fournie par la carotide externe; la veine linguale s’unit à la jugulaire interne.

Le nerfs proviennent de trois sources : la branche linguale du maxillaire inférieur se distribue surtout dans les papilles coniques et fungiformes ; le nerf glosso-pharyngien se distribue aux papilles lenticulaires , cjue nous avons dit n’être que des glandes muqueuses ; le nerf grand hypoglosse se distribue aux muscles de la langue.

La langue est le principal organe du goût ; elle sert en outre pendant la mastication, la déglutition, la succion , et elle est indispensable au libre exercice de la parole.

Préparation. On commence par étudier la conformation extérieure de la langue et ses rapports avec les autres parties , ce qui est facile quand on ouvre fortement la bouche , ou qu’on incise les joues au besoin. Je ne vois pas qu’il soit nécessaire pour cela de diviser la mâchoire inférieure derrière les dents canines, comme on le conseille.

Muscles. Après avoir détaché la peau, on sépare de la mâchoire inférieure le ventre antérieur du digastrique , le mylo-hyoïdien et le génio-hyoïdicn ; c’est sous ce dernier que l’on trouve le génioglosse. En enlevant la graisse qui est accumulée sur les côtés de la langue, on trouvera facilement le stylo-glosse et

Vliyoglosse. Lè lingual sera recherché profondément de l’extrémité supérieure du ptérygoidien externe. 11 dans la langue, entre les muscles hyoglosse et génio- commence à la base de l’apophyse ptérygoide du glosse : il ressemble assez au premier par la diree- sphénoïde, en dedans du trou ovale, et au cartilage tion de ses fibres; mais il s’en distingue en ce qu’il de la trompe d’Eustache ; de là le muscle se porte en ne prend pas attache à l’os hyoïde. Cette prépara- bas et en dedans, et se convertit en un tendon , qui lion sera plus facile à faire sur une langue détachée contourne le crochet de l’apophyse ptérygoide qui du corps avec l’os hyoïde; mais il faudrait avant lui sert de poulie; il se dirige ensuite dii cctcment en cela avoir préparé le pharynx et le voile du palais, dedans vers le voile du palais, dans lequel i( se Les fibres musculaires transversales se voient sur le perd, en s’élargissant en une aponévrose qui se profil d’une coupe transversale faite à la partie an- confond sur la ligne médiane avec celle du muscle térieure de la langue. C’est également sur le profil du côté opposé. Usages. Il tend le voile du palais en de coupes trans.versales ou longitudinales, faites dans le tirant en dehors, divers points de la langue, que l’on étudie ses fibres

verticales.

Les papilles de la langue sont visibles dès que cet organe a été lavé, après l’avoir laissé macérer pendant quelques instants dans l’eau tiède. Elles sont beaucoup plus visibles dans les langues injectées. Pour bien les distinguer les unes des autres , on recourbe la langue sur elle-même , de manière à rendre sa face supérieure convexe. Il n’est pas difficile de poursuivre les filets du nerf glosso-pharyngien dans les papilles lenticulaires; mais il l’est davantage de suivre ceux du lingual dans les autres papilles; on y parvient néanmoins avec un peu d’attention.

On sépare la périglotte de la membrane papillaire, par l’immersion dans l’eau chaude ou par la macération. Si l’on opère sur une langue injectée, on emploiera ce dernier procédé exclusivement. Sur la langue du bœuf on trouve une troisième couche intermédiaire aux deux que nous avons énumérées; elle parait analogue au corps muqueux de Malpighi ( c’est même sur la langue du bœuf que cet anatomiste a d’abord découvert son corps muqueux) : cette couche n’existe pas dans l’homme.

.Art. 4. Voile du palais (1).

Il se compose d’une lame musculo-membraneuse qui, de l’extrémité postérieure du palais, descend en arrière vers la base de la langue , où elle se termine par un bord libre et flottant, au milieu duquel on remarque un prolongement arrondi, appelé luette. De chaque côté du bord libre du voile du palais descendent deux prolongements saillants, appelés piYïers .• on en distingue un antérieur, qui du voile du palais se porte vers la langue . et un postérieur, qui se dirige vers le pharynx. Dans l’écartement des piliers du voile du palais on trouve les amygdales, glandes de forme ovalaire, formées par l’agglomération de plusieurs glandes muqueuses , dont on aperçoit distinctement les orifices.

Le voile du palais est recouvert par une membrane muqueuse , qui se continue en avant avec celle du palais, en bas avec celle delà langue, des joues et du pharynx , en arrière et en haut avec celle des narines postérieures. Cette membrane est molle et pulpeuse; elle renferme un grand nombre de glandes muqueuses.

Le voile du palais est mu par les muscles suivants :

1". Mi'SGLF, PÉRISTAPllYLIN EXTERNE OU INFÉRIEUR , CONTOURNÉ DU VOILE DU PALAIS. OU SPIIÉNO-STAPHYLIN.

Detitcorps musculeux, allongé, situé au bord interne

(1) Saktobim, .S'eptemdccim tabula', lal>. Vit.

2o. Muscle peristaphylin interne ou supérieur , releveur DU PALAIS MOU, pÉtro-stapiiylin. Petit, allongé, situé à côté du précédent, mais un peu vers son côté interne et supérieur. Il provient du sommet du rocher et du cartilage de la trompe d’Eustache , et se dirige ensuite en bas et en dedans vers le milieu du voile du palais , dans lequel il se termine. Usages. 11 relève le voile du palais quand cet organe a été abaissé, et le porte un peu en arrière.

3o. Muscle palato-staphylin ou azygos de la LUETTE. Petit muscle cylindrique, ordinairement séparable en deux faisceaux, situé sur la ligne médiane du voile du palais. Il commence sur l’extrémité postérieure du corps des os palatins et sur l’aponévrose qui résulte de l’union des péristaphylins externes , et se dirige en arrière et en bas dans l’épaisseur du voile jusqu’à l’extrémité de la luette, où il se termine. — Usages. 11 raccourcit et élève le voile du palais et la luette.

4». Muscle glosso-stapiiylin ou constricteur de l’isthme du gosier. Placé dans l’épaisseur du pilier antérieur du voile du palais. Il nait de la partie latérale de la base de la langue , monte obliquement en dedans et en arrière , et se termine dans le bord inférieur du voile jusque vers la luette. — Usages. Il abaisse le voile du palais et élève un peu la langue, de manière à rétrécir l’isthme du gosier.

5“. PnARYNGO-STAPIIYLlN OU PALATO-PHARYNGIEN.

Il est situé dans l’épaisseur du pilier postérieur du voile du palais , comme le précédent muscle l’était dans l’antérieur. Du bord inférieur du voile du palais il se porte vers la partie latérale du pharynx, où il se confond avec les muscles de cette partie , et surtout avec le stylo-pharyngien. Usages. Il abaisse le voile du palais et relève le pharynx.

Le voile du palais sert à empêcher le passage des aliments dans les fosses nasales pendant la déglutition. Dans ce but il est fortement tiré en bas et en arrière , en même temps que le pharynx vient s’appliquer à sa face postérieure, au moment où le bol alimentaire franchit l’isthme du gosier. Le voile dupalais sert aussi à la production de la parole.

Préparation. On voit la forme générale du voile du palais dès qu’on ouvre fortement la bouche et qu’on abaisse la base de la langue ; on aperçoit mieux encore ces parties par les préparations suivantes , au moyen desquelles on va à la recherche des muscles ; isolez la partie antérieure de la mâchoire inférieure , en détachant le peaucier , le ventre antérieur du digastrique , le mylo-hyoïdieii.

le génio-hyoidien, le génioglosse el la membrane muqueuse de la bouche , jusqu’en arrière de la deuxième dent petite molaire ; emportez le corps de la mâchoire inférieure par un trait de scie qui passe de chaque côté entre la deuxième petite molaire et la première des grosses. Si Ton veut sacrifier le reste de la tête, on peut se faciliter la préparation en faisant sur la mâchoire supérieure une coupe analogue, dirigée vers le sommet de la tête, et qui emporte toute la face ; mais cette coupe n’est pas absolument nécessaire, et la première même peut être remplacée par la simple division de la mâchoire dans sa symphyse ; mais alors il faut fendre les joues jusqu’au bord antérieur du masséter. Coupez le ventre postérieur du digastrique et détachez de l’apophyse styloide les muscles stylo-hyoïdien et styloglosse , mais ménagez le stylo-pharyngien, que vous examinerez plus tard ; c’est entre le bord supérieur de ce dernier muscle et le ptérygoïdien interne, dans le paquet de graisse qui se trouve dans cet intervalle, que sont profondément situés les deux péristaphylins , que vous rechercherez avec beaucoup de précaution, et qui sont faciles à distinguer tant par leur position que par leur direction. Le péristaphylin externe se reconnaît de-suite aux fibres aponévrotiques qui le recouvrent en partie. On les suit jusque dans le voile du palais, en travaillant à jour sous la mâchoire inférieure, et Ton se guide dans cette dissection en tiraillant de temps eu temps ces muscles pour ne pas perdre de vue leur direction. Il ne faut séparer les parties molles de la mâchoire inférieure qu’immédiatement autour des péristaphylins ; sans cela on détruirait le pilier antérieur du voile du palais et la portion du constricteur supérieur du pharynx qui s’insère à la mâchoire inférieure. Après avoir mis les péristaphylins au net, vous pouvez enlever le ptérygoïdien interne, en le coupant très-près de ses attaches supérieures.

Pour voir Vazygos de la luette on enlève sur la face antérieure du voile la membrane muqueuse et Une couche assez épaisse des glandes palatines; on incise ensuite sur la ligne médiane le plan musculeux et aponévrotique résultant de l’union des muscles péristaphylins des deux côtés.

Glosso-staphylin. On l’aperçoit dès qu’on a emporté la muqueuse du pilier antérieur du voile. Ce muscle est sujet à être coupé dans sa partie supérieure, si Ton n’enlève pas avec beaucoup de précaution la membrane muqueuse du bord inférieur du voile pendant la dissection des péristaphylins.

Le ])haryngo-staphylin est visible dès qu’on enlève la membrane muqueuse du pilier postérieur duvoile.

L'amygdale aura été laissée en place pendant la dissection des deux derniers muscles ; on pourra plus spécialement l’étudier quand le pharynx aura été ouvert par sa paroi postérieure, comme nous l’indiquerons plus bas.

On peut aussi, et plus facilement, préparer les muscles du voile du palais, en arrière, après avoir fendu la partie postérieure du pharynx, la colonne vertébrale étant préalablement séparée de la tête , comme pour la préparation du pharynx . après laquelle on procédera seulement à celle du voile du palais dans ce cas-là. L’azygos sera alors préparé sur la partie postérieure du voile. Ce mode de préparation a encore l’avantage de rendre inutile la coupe des os que nous avons indiquée d’abord.

Art. 5. Pharynx, gosier ou arrière-bouche (1).

Il forme un sac musculo-merabraneux, long de cinq pouces environ et beaucoup plus étroit en bas qu’en haut , où il a près d’un pouce et demi de diamètre. En haut^e pharynx est attaché à la base du crâne, et sa cavité s’y continue en avant avec celle des narines postérieures ; en haut et en dehors on rencontre les orifices évasés des trompes d’Eustache, au-dessus et derrière lesquels on remarque (de chaque côté) une fossette qu’il importe de ne pas confondre avec eux. Au-dessous des narines postérieures, la paroi antérieure du pharynx est formée par le voile du palais. Cette paroi antérieure est interrompue plus bas par Yisthme du gosier, qui fait communiquer le pharynx avec la bouche. Plus bas on voit à la face antérieure du pharynx la base de la langue, puis Yépiglotte, puis, enfin, l’orifice supérieur du larynx et le larynx lui-même. En bas le pharynx se continue avec l'œsophage. En arrière il correspond à la colonne vertébrale. La portion supérieure du pharynx livre passage à Tair pendant la respiration ; par cette raison ses parois sont constamment écartées; plus bas les parois du pharynx se louchent habituellement, et elles ne s’écartent qu’au moment de la déglutition.

L’intérieur du pharynx est tapissé par une membrane muqueuse , qui se continue en haut avec celle des fosses nasales et de la bouche , et en bas avec celle qui revêt les voies alimentaires et aériennes. La membrane muqueuse du pharynx est rougeâtre, molle , recouverte d’un epithelium mince et garnie de nombreuses glandes muqueuses.

En dehors le pharynx est composé d’une couche muscideuse assez compliquée, mais qui peut-être réduite aux muscles suivants :

1°^. Muscle constricteur inférieur ou laryngopiiARYNGiEN. Plan musculeux, large et mince, qui enveloppe la partie inférieure du pharynx. Il nait du bord inférieur du cartilage cricoïde et de la petite corne du cartilage thyroïde ; de là ses fibres se portent vers la ligne médiane et s’y unissent avec celles du côté opposé ; les inférieures sont transversales , et les supérieures montent de plus en plus obliquement , cle manière à s’unir en haut à angle aigu , Vers le milieu de la longueur du pharynx.

2°. Muscle constricteur moyen ou hyo-piiaryn- GiEN. Beaucoup plus petit que le précédent, dont il est en partie recouvert. Il naît de la petite corne de Tos hyoïde et de la base de la grande corne. Ses fibres se portent en arrièrq pour s’y unir sur la ligne médiane avec celles du muscle du côté opposé. Les fibres inférieures de.scendent, les moyennes sont transversales; les supérieures montent et viennent se terminer à l’apophyse basilaire par une aponévrose. Ces dernières fibres du constricteur moyen avaient été décrites à part sous le nom de muscle céphcdo-pliaryngien.

3n. Muscle constricteur supérieur. Large, mince, assez irrégulier , recouvert en partie par le précédent muscle. Il provient le plus souvent par autant de faisceaux distincts , de la base de la langue , de

(1) Sastomai , Dû pharyrtfje . Ohserr. anal. , chap. Y It — Ej. Sfpietndacim labulæ , lab. VI.

I.T ligne oblique interne de la mâchoire inférieure , (le la partie postérieure du buccinateur et de l’aile ptérygoidienne interne. Ces différentes portions, qu’on décrivait autrefois séparément sous les noms de génio-, mylo- et ptérygo-pharyngien , s’unissent en partie au muscle du côté opposé , et se terminent en partie par une aponévrose à l’apophyse basilaire de l’occipital.

Usagen. Ces trois muscles resserrent la cavité du pharynx; le constricteur moyen et le supérieur peuvent en outre l’élever en totalité.

4®. Muscle stylo-pharyngien. Muscle grêle, qui nait de la base de l’apophyse styloide et descend de là dans le pharynx , où il s’unit au muscle pharyngo-staphylin. 11 passe ensuite sous le constricteur moyen , se perd en partie entre ses fibres et vient en partie s’attacher au cartilage thyroïde.

Usages. Il élève le pharynx et le larynx , et dilate le premier.

Le pharyngo-staphylm ou palato-pharyngien , que nous avons indiqué avec les muscles du voile du palais, peut également être rangé parmi les muscles du pharynx.

Préparation. Après avoir examiné les rapports de position entre la trachée-artère et l’œsophage dans la région cervicale, divisez ces canaux à peu de distance au-dessus du sternum et séparez-les de la colonne vertébrale, en les repliant peu à peu en haut ; mais usez de précaution vers la partie supérieure du pharynx, et dirip;ez l’instrument plutôt vers la colonne vertébrale que vers lui , afin de ne pas intéresser ses muscles. Désarticulez ensuite la colonne vertébrale d’avec la tête, et séparez en entier cette dernière, à laquelle le pharynx est resté attaché. Si vous ne voulez pas étudier l’organe de l’ouïe sur ce sujet , vous pourrez , au lieu de désarticuler, ce qui est assez difficile, diviser la tête par une section verticale et transversale, qui commence immédiatement au devant de la colonne vertébrale, et qui passe derrière les apophyses styloïdes.

Couchez ensuite la tête sur la face, et enlevez le tissu cellulaire lamelleux qui recouvre en arrière le pharynx. Cette préparation sera plus facile, .si vous avez préalablement distendu cette cavité avec de l’ét(jupo. On ne peut guère donner de règles précises pour la dissection des constricteurs ; ces muscles présentent beaucoup de variété dans leur distribution , surtout le supérieur. Quelquefois les fibres des constricteurs sont tellement unies, qu’on a de la peine à les distinguer; on se rappellera alors que l’inférieur provient du larynx, que le moyen vient de l’os hyoïde et est recouvert en bas par l’inférieur , et que le supérieur provient de la tête et est recouvert en partie par le moyen ; il faut par conséquent abaisser d’un côté le bord supérieur du constricteur inférieur et du moyen. Le stylopharyngien se trouve facilement. Après avoir étudié les muscles, on fend le pharynx en arrière sur la ligne médiane , pour étudier sa disposition intérieure. Par là on verra aussi plus facilement les amygdales, qui n’ont pu être exactement étudiées par la bouche ; on observera leurs orifices excréteurs, dans lesquels il est facile d’introduire des soies de sanglier.

Art. 6. OEsophage.

Il forme un canal assez étroit, situé sur le corps des vertèbres , commentjant à la hauteur de la quatrième ou cinquième cervicale, où il se continue avec le pharynx, et se terminant dans l’estomac à la hauteur de la dixième vertèbre dorsale. L’œsophage est placé derrière la trachée-artère ; dans la poitrine, il est renfermé dans le médiastin postérieur , entre l’aorte et la veine azygos. Dans l’état naturel , l’œsophage est resserré sur lui-même ; dans son plus grand état de distension il acquiert près d’un pouce de diamètre. L’œsophage n’est pas exactement placé sur la ligne médiane; mais sa moitié supérieure est un peu déviée à gauche , tandis que sa moitié inférieure l’est un peu à droite.

L’œsophage est formé par plusieurs tuniques : la tmiique externe ou musculeuse présente deux plans, dont l’externe , épais , se compose de fibres longitudinales, qui se continuent en partie avec le constricteur inférieur du pharynx , et qui en partie naissent du cartilage cricoïde. Le plan interne est plus mince; il est formé par des fibres circulaires, qui se continuent en haut avec le constricteur inférieur du pharynx.

La tunique, moyenne celluleuse ou vasculaire , a été improprement appelée nerveuse; elle se compose d’un tissu cellulaire, parcouru d’un grand nombre de vaisseaux; elle adhère fortement à la tunique interne , mais très-peu à l’externe.

La tunique interne, muqueuse ou villeuse , se continue du derme , et elle est recouverte par un prolongement de l’épiderme. Cette tunique est plissée en long dans l’état de resserrement habituel de l’œsophage. Elle est garnie de nombreuses glandes muqueuses. A l’endroit où l’œsophage s’unit à l’estomac, la couche d’épithélium acquiert brusquement une excessive ténuité.

Préparation. Nous avons décrit ici l’œsophage tel qu’il fait suite aux organes digestifs; mais nous conseillons au élèves dans leurs dissections particulières, de ne l’examiner qu’après avoir étudié les plèvres et spécialement les médiastins. Au cou l’on aura dû examiner la position de l’œsophage et de la trachée-artère, avant de les couper pour la préparation des muscles du pharynx. L’œsophage est visible dès que la poitrine est ouverte et le médiastin postérieur incisé. Après avoir étudié sa position, on l’enlève pour l’examiner de plus près; on en coupe une portion de quelques pouces de long , que l’on insuffle, afin de voir jusqu’à quel point il peut être distendu ; puis on prépare sur cette portion les tuniques , dont on isole successivement des lambeaux : ainsi l’on séparera les fibres longitudinales' pour voir les circulaires; celle-ci, pour voir la tunique celluleuse, et celles-ci, enfin, pourvoir la tunique muqueuse recouverte de ses glandes. La séparation de cette dernière tunique en deux couches, l’une continuée de l’épiderme et l’autre du derme, doit se faire par la macération ou par l’immersion dans l’eau chaïuJe. On examinera sur une autre portion les rides longitudinales de la tunique interne , qui s’aperçoivent dès que l’œsophage a été fendu en long.

Art. 7. De l’abdomen en général; péritoine (1).

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