ORGAIVES URINAIRES ET GÉNITAUX DE LA FEMME
Art. Oryanes urinaires.
Nous n’avons rien à ajouter ici au sujet de la description des capsules surrénales , des reins et des uretères; nous renvoyons pour cela à ce que nous avons dit de ces organes chez l’homme , pag. 144. et suiv. La vessie, dont la structure est la même dans les deux sexes , y a néanmoins des rapports différents. Ainsi, au lieu d’être appuyée sur le rectum, cette poche, chez la femme, est placée devant la matrice et au-dessus du vagin ; en sorte que le péritoine, au lieu de passer sur elle directement en venant du rectum , n’y arrive qu’après avoir tapissé la matrice. La vessie de la femme est moins longue et plus large que celle de l’homme, surtoutà sa partie inférieure, en sorte qu’on pourrait plutôt la comparer à un cône qu’à un ovoïde.
Art. 2. Organes génitaux externes ou vulre.
Situés à la partie antérieure et inférieure du bassin, ces organes sont disposés autour de l’orifice du vagin. Le motit de Vénus., ou Xepénil, est une saillie élastique , située au devant des pubis , formée par du tissu cellulaire graisseux et de la peau , dans laquelle .s’implantent des poils nombreux. Les grandes lèvres ou lèvres de la vulve, sont des replis cutanés, épais et arrondis , qui commencent par une commissure sxipérieure , descendent des deux côtés du pénil , contournent la fente vulvaire , et se réunissent à la partie inférieure ou postérieure de la vulve, pour y former la conimissure inférieure, aussi appelée /oiircliette. Les grandes lèvres sont garnies de poils en dehors, et elles y ont une couleur brunâtre ; la peau qui les tapisse en dedans prend les caractères des
membranes muqueuses, et elle a une couleur rougeâtre. Dans leur intérieur les grandes lèvres contiennent du tissu graisseux ; elles renferment beaucoup de glandes muqueuses et de follicules sébacés.
Le clitorisest placé à la partiesupérieureetmédiane delà vulve, souslacommissure supérieure des grandes lèvres. Sa partie antérieure , appelée gland du. cliioris, formeun petit tubercule arrondi; il est entouré par un repli de la muqueuse , appelé prépuce du clitoris , et qui est garni de glandes sébacées , qui sécrètent une humeur fortement odorante. Le clitoris se prolonge en arrière et en bas en un cornus caverneux, semblable à celui du pénis ,' mais beaucoup plus petit que lui; ce corps caverneux se bifurque et s’attache par ses deux racines à la branche montante des os ischion ; il est soutenu, comme celui de la verge, par un petit ligament susp>enscur, qui descend des pubis. Le gland du clitoris renferme un corps spongieux particulier, qui n’a rien de commun avec celui du corps de cet organe. Le clitoris, étant susceptible d’érection, paraît être l’organe excitateur chez la femme.
Des deux côtés du prépuce propre au clitoris descendent deux petites crêtes allongées et aplaties transversalement, appelées peff/es lèvres ou nymphes; elles sont formées par un repli de la peau , qui se continue en haut d’une part avec le prépuce et d’autre part avec le gland du clitoris , et qui se termine inférieurement sur les côtés de l’orifice du vagin. Dans l’intérieur des petites lèvres on rencontre un tissu spo7igieux très-subtil , communiquant avec un tissu analogue placé dans le prépuce, et avec celui du gland ; cette disposition rend ces parties susceptibles d’entrer en turgescence.
A un pouce de distance au-dessous du clitoris se trouve V orifice de l’urètre ou 7néat 7irinaire, situé sur le sommet d’un tubercule beaucoup plus saillant derrière cet orifice qu’au devant de lui. La longueur du canal de l’urètre varie de dix à quatorze lignes : il est beaucoup plus large et plus dilatable que celui de l’homme. Ce canal longe la paroi supérieure du vagin , qui présente une gouttière destinée à le recevoir. Il se continue dans la vessie par son extrémité postérieure évasée , laquelle n’est pas entourée par une prostate comme dans l’homme; on n’y rencontre pas non plus de vérumontanum. Les parois du canal de l’urètre sont formées en dehors par un corps spongieux, peu épais , et recouvert par un tissu cellulaire fibreux; en dedans il est doublé par la membrane muqueuse , qui y entre par l’orifice vulvaire, et qui se réfléchit dans la vessie.
L’espace semi-lunaire compris dans la courbure des nymphes et borné en arrière par l’orifice de l’urètre, est appelé le restfÔMle. La fosse Claviculaire est un petit enfoncement transversal, situé <4 la partie inférieure de la vulve, borné en avant par la fourchette et en arrière par l’orifice du vagin. La fosse naviculaire perd naturellement beaucoup de sa profondeur, si la fourchette vient à se déchirer, comme par exemple à la suite d’un accouchement.
L’orifice du vagin est en partie fermé chez les vierges par Vhymen , qui forme une cloison verticale, placée en travers sur sa partie inférieure, et qui a ordinairement la forme d’un croissant. Quelquefois l’hymen entoure circulairement l’orifice de ce canal . en présentant dans son milieu une ouvert7ire plus ou moins grande; d’autres lois il forme une cloison complète , qui oblitère entièrement le
vagin ; mais l’orifice de l’urètre est tou jours placé au devant de l’hymen, en sorte que les ui-ines s’écoulent librement. L’hymen n’est autre chose qu’un repli de la membrane muqueuse ; c’est bien à tort que l’on a prétendu que par sa déchirure il forme les caroncules rayrtiforraes; celles-ci sont indépendantes de lui , et l’on voit le plus souvent au devant d’elles les débris flottants de l’hymen déchiré.
La vulve est garnie des glandes muqueuses; elles sont surtout nombreuses près de l’orifice de l’urètre et à l’entrée du vagin; ces dernière portent le nom de prostate de Bartlwlin (1).
Art. 3. Vagin.
Le vagin est un canal long d’environ quatre pouces , large d’un pouce , aplati de haut en bas , dirigé en arrière et un peu en haut , et présentant une légère courbure à conca\'ité supérieure. Le vagin commenee derrière la vulve, et se termine près du col Je la matrice; il est logé dans l’angle sous-pubien, au-dessus du rectum et au-dessous de la vessie et de l’urètre. En arrière le vagin embrasse le col de la matrice, qui fait saillie dans son intérieur, en sorte qu’il forme au-dessus et au-dessous de ce col de petits culs-de-sacs , dont l’inférieur ou postérieur est un peu plus profond , parce que la paroi correspondante du vagin monte plus haut qu’en avant. A son extrémité antérieure le vagin est borné par l’hymen.
Le vagin est formé par plusieurs tuniipies ;\a plus extérieure est cellulo-fibreuse : à l’intérieure de cette couche on trouve, surtout vers l’extrémité antérieure duvagin, un tissu spongieux, appc\éple.rus rétiforme, résultant d’un lacisconsidérable de vaisseaux, qui présentent d’espace en espace des dilatations assez semblables à celles des corps caverneux. Ce tissu spongieux parait êtrel’analogue du bulbede l’urètre dans l’homme. La tunique interne est muqueuse; celte tunique se continue en avant avec celle de la valvule, et en arrière avec celle delà matrice. La muqueuse forme dansl’intérieurduvagin, le longde la paroi antérieure et de la paroi postérieure, une crête saillante longitudinale, dont partent de nombreuses rides transversales, très-prononcées dansles vierges, mais qui s’effacent peu à peu dans les femmes qui ont fait plusieurs enfants. Ces rides, formées par des duplicaiures de la muqueuse, paraissentdeslinées à augmenter l’excitation pendant le coït, et surtout ,4 se prêtera l’élargissement du vagin , en s’effaçant pendant l’accouchement. Quelques-uns de ces plis situés à la partie antérieure du vagin, sont beaucoup plus développés que les autres ; ils ont à peu près la forme d’une feuille de myrte, ce qui leur a valu le nom de caroncules myrtiformes ; on les trouve toujours derrière l’hymen dans les vierges , et derrière les débris flottants de cette membrane dans les femmes déflor rêes; mais chez celles qui ont eu beaucoup d’enfants, ces parties sont moins apparentes , comme le sont
(1) Les deux scxcfi devant verser une humeur muqueuse pendant le coït pour faciliter le glissement des pniiics , le canal de l’urètre de l’homme était trop étroit et présentait une trop petite surface pour loger assez, de glandes muqueuses ; elles ont donc été rassemblées en une seule masse, qui forme la prostate. Chez la femme, au contraire, la vulve et le vagin olTraicnt une surface assez étendue pour loger une foule de glandes disséminées; une véritable prostate n’a donc pas été nécessaire dans ce sexe.
en général lous les replis du vagin; et immédiaiement après raccouchement elles sont souvent effacées en entier, en sorte qu’on a pu alors prendre pour ces earoncules les lambeaux de l’hymen ; mais à mesure que les parois du vagin reviennent sur elles-mêmes, les caroneules se forment de nouveau.
Le va^in est constamment lubrifié par des mucosités , qui y sont versées par des follicules situés sous la membrane muqueuse.
La forme et la direction du vagin correspondent parfaitement à celle de la verge en érection , qu’il doit recevoir dans l’acte de la génération. Le vagin est en outre destiné à transmettre au dehors le produit de la conception ; nous avons vu que les rides de son intérieur lui permettent alors, en s’effaçant, de se prêter à la distension.
Art. 4. Muscles du périnée.
Ces muscles ressemblent beaucoup à ceux de l’homme, à l’exeeption de deux, qui présentent une disposition un peu différente .
1°. Xi'ischio-cavcrneux se porte au corps caverneux du clitoris; mais il est beaucoup plus petit que dans l’homme.
2". Le bulbo-carernetix est remplacé dans la femme par le constricteur du vagin, plan musculeux qui commence au clitoris , et qui se porte sur les côtés du vagin en recouvrant le plexus rétiforme; en bas ce muscle se confond, comme le bulbo-caverneux , avec le transverse du périnée et le sphincter externe. Ce muscle resserre le vagin et comprime la verge pendant le coït; son action est soumise à la volonté , comme cela a lieu pour le bulbo-caverneux chez l’homme ; il est ordinairement paralysé chez les femmes qui ont accouché.
Art. 5. Matrice, utérus (1).
La matrice est située dans la cavité pelvienne , derrière la vessie, au-dessus et au devant du rectum, à l’extrémité postérieure du vagin. Sa forme a été comparée à celle d’une poire aplatie d’avant en arrière; sa partie supérieure, et la plus large, porte le nom de corps; sa partie inférieure, plus mince, est le col. La matrice est placée dans l’axe du détroit supérieur ; ainsi le corps est dirigé en haut et un peu en avant, et l’extrémité du col l’est en bas et un peu en arrière , de manière à former à peu près un angle droit avec le vagin. La matrice est d’un tiers environ plus petite chez les vierges que chez les femmes qui ont accouché; dans les premières, la longueur totale de l’organe est de deux pouces; sur cette longueur le col prend un peu moins de la moitié. La plus grande largeur du corps est de seize lignes , son épaisseur de dix à douze lignes. Ce sont les parties latérales du corps de la matrice qui donnent naissance au.t trompes de Fallope. La portion du corps placée au-dessus de ce point, porte le nom de fond. Le col a une figure à peu près cylindrique;
(1) T. Rdysuii , Tractalus de musculo in fundo uteri observato t etc. Amstcrd. , 1726,în-4o. , avec fig.
J. F. Lobsteih , Fragment d’anatomie physiologique sur l’organisation de la matrice dans l’espèce humaine , in-8°. Paris , 1803.
J. B. Bsitoai , jl/eworra sopra Ja vera stiuttura dell' utero. Rovigo, 1821.
sa largeure est de neuf à dix lignes. L’cxirémité inférieure du col proémine dans le vagin ; on y remarque une fente transversale de deux à trois lignes de longueur, qui est Yorifico externe du col : celte fente permet de distinguer au col de la matrice deux lèvres, une antérieure et une postérieure ; la première est un peu plus épaisse et plus longue que l’autre. La forme de l’extrémité inférieure du col lui a fait donner le nom de museau de tanche. Dans les femmes qui ont accouché, le col de la matrice prend une forme différente; l’orifice est large et profondément échancré, en sorte que les lèvres deviennent alors beaucoup plus apparentes, ou plutôt, ce n’est qu’alors qu’elles existent réellement.
Le corps de la matrice est tapissé par le péritoine: cette membrane, en quittant les bords de cet organe , forme de chaque côté un repli , qui se continue sur les côtés de l’excavation pelvienne avec le péritoine qui les revêt; ces replis, appelés ligaments larges, sont formés de deux feuillets séreux. Le bord supérieur des ligaments larges se divise en denu ailerons , dont rajiténettr, aussi appelé ligament de la trompe , renferme la trompe de Fallope, et dont le ÿostérfetir contient l’ovaire. Chacun des ligaments larges renferme dans son épaisseur un ligament de la matrice , cordon fibreux , composé de tissu utérin , qui des angles supérieurs de ce viscère se dirige en haut et en dehors vers l’anneau inguinal interne, puis traverse le canal inguinal et l’anneau externe, pour se perdre dans le tissu cellulaire du pénil et de la grande lèvre. Le péritoine, en quittant le milieu de la face postérieure du corps de la matrice pour se jeter sur le rectum, forme deux replis, un de chaque côté, dirigés obliquement en arrière et en dehors et appelés ligaments postérieurs de la matrice ou replis semi-lunaires de Douglas; en avant , en se continuant sur la vessie, il forme des replis analogues, mais plus petits, quelquefois à peine visibles , appelés ligaments antérieurs de la matrice. Ces liens, que l’on ne voit bien qu’en tirant en haut la matrice et le rectum , servent à maintenir la matrice en position , tout en lui laissant un certain degré de mobilité. Les ligaments postérieurs renferment des paquets de tissu utérin.
L’utérus forme dans son intérieur une cavité que l’on divise comme l’organe lui-même : ainsi la cavité du corps est triangulaire, étroite; la base du triangle est dirigée en haut , et c’est aux deux angles supérieurs que correspondent les orifices très-rétrécis des trompes de Fallope; le sommet du triangle est dirigé en bas, et correspond à Vorifee interne du col. La cavité du col, étroite à l’orifiee interne, s’élargit un peu au milieu du col, et se rétrécit de nouveau vers l’orifice externe , mais moins cependant qu’à l’interne. Dans les femmes qui ont accouché, la cavité du col, rétrécie vers l’orifice interne, s’élargit graduellement jusqu’à l’orifice externe.
L’intérieur de la matrice est tapissé par une membrane muqueuse , qui se continue en bas avec celle du vagin et en haut avec celle des trompes. Cette membrane forme en avant et en arrière un raphé médian longitudinal, dont partent des stries transversales et saillantes, séparées par des sillons, au fond desquels se trouvent, surtout dans le col, les orifices des glandes muqueuses. Ces glandes se transforment souvent en hydatides , que Nabotii
avait pris pour des œufs, et qui de là ont reçu le nom dVe»/i de Naholk.
La substance propre de la matrice est épaisse, dure, dense, élastique, criant sous le scalpel , de couleur ffrisâire; elle semble formée de fibres serrées et irrégulièrement entrelacées. La substance du col est plus dure d’apparence, presque cartilagineuse; sa couleur est blanchâtre. Ce tissu fibreux, inextricable dans l’utérus à l’état de vacuité, se ramollit et devient plus apparent pendant la grossesse, où il est évidemment musculeux, ce que nous avons d’ailleurs trouvé confirmé par nos observations microscopiques. Ces mêmes observations nous ont fait voir que le tissu de Tutérus à l’état de vacuité est également musculeux; il est alors exclusivement composé de fibres musculaires primitives, tandis que pendant la grossesse beaucoup de ces fibres sont réunies en fibres secondaires. Dans l’utérus en gestation on trouve en dehors une couche de fibres, pour la plupart longitudinales , qui commencent au fond et descendent sur les deux faces de l’organe; ces fibres sont entremêlées de peu de fibres obliques ou transverscs ; la couche interne se compose de deux muscles sphincters, qui correspondent ehacun à l’orifice de la trompe de son côté, et qui se confondent entre eux et s’étendent jusque vers le col.
Nous venons d’indiquer que la matrice présente des changements notables pendant la grossesse relativement à sa texture : elle en offre d’autres, plus saillants encore , relativement à sa forme et à son volume ; car à la fin de la gestation on lui trouve une longTjeur de douze à treize pouces sur une largeur de sept à huit et sur une épaisseur de cinq à six pouces. Sa forme est alors plus ou moins ovalaire. Cet agrandissement de la matrice ne dépend pas d’une simple distension occasionnée par l’accroissement de l’œuf contenu dans sa cavité ; cet organe présente alors réellement un surcroit de nutrition ; car dans son plus grand développement ses parois sont encore presque aussi épaisses que dans l’état de vacuité. A mesure que l’utérus grandit, son fond s’élève dans la cavité abdominale : ainsi on le sent derrière les pubis pendant le quatrième mois ( lunaire ) ; entre les pubis et l’ombilic, dans le cinquième mois; dans la région ombilicale, pendant le sixième mois, et ainsi de suite jusqu’au neuvième, où il atteint la région épigastrique. Mais dans le courant du dixième mois le fond de l’organe redescend, et on le sent alors entre les régions épigastrique et ombilicale.
La matrice reçoit ses artères de l’hypogastrique et de la spermatique; elles deviennent extrêmement flexueuses quand elles sont parvenues dans la substance de l’organe , probablement pour pouvoir se prêter à la distension pendant la grossesse. Les reines accompagnent les artères et présentent une <lisposition analogue. Les li/mphatiqucs , peu apparents à l’état de vacuité de la matrice, deviennent extrêmement nombreux pendant la grossesse; ils se rendent dans tes glandes du petit bassin et dans les glandes lombaires, en accompagnant les vaisseaux sanguins. Les tierfs sont fournis par le plexus hypogastrique.
Les principales fonctions de l’utérus sont d’exhaler à des époques déterminées le sang menstruel , depuis l’âge de puberté jusqu’à celui du retour ; de recevoir dans sa cavité l’œuf fécondé, qui vient se greffer sur ses parois, de lui transmettre les sucs
nourriciers , et enfin , de l’expulser par ses eontrac tions lors de l’accouchement.
Art. 0. T'rompes de Fallope ou trompes utérines.
Les trompes de Fallope sont deux canaux flottants, situés dans l’épaisseur des ailerons antérieurs des ligaments larges. Ces trompes ont une longueur de quatre à cinq pouces; leur direêtion est fle.xueuse; par leur extrémité interne , très-rétrccie , elles s’ouvrent dans les angles supérieurs de la cavité du corps de la matrice ; de là elles se portent en dehor.s, en s’élargissant peu à peu. Leur extrémité externe, appelée pavillon de la tronque ou morceau frangé, est évasée, garnie de franges nombreuses et irrégulières , et elle est ordinairement tournée vers l’ovaire, auquel elle adhère par l’une de ses franges postérieures.
Les trompes sont enveloppées en dehors par le péritoine, qui se réfléchit par le pavillon dans leur cavité , pour s’y continuer avec une membrane muqueuse, offrant une foule de plis longitudinaux et qui elle-même se continue avec celle de la matrice ; c’est donc là que la cavité du péritoine communique médiatement avec l’extérieur du corps par des orifices très-étroits, à la vérité. Entre ces deux membranes on trouve une couche très-mince de tissu spongieux et quelquefois des fibres mtiscidaires. Ces organes reçoivent presque tous leurs vaisseaux et nerfs des .spermatiques.
Les trompes de Fallope servent à conduire l’œuf de l’ovaire dans la matrice; pour cela le pavillon s’applique contre l’ovaire et l’embrasse jusqu’à ce que l’œuf s’en soit détaché.
Art. 7. Ovaires.
Les ovaires sont deux corps ovoïdes, comprimés d’avant en arrière, situés dans l’épaisseur des ailerons postérieurs des ligaments larges. Leur extrémité interne tient au corps de l’utérus par un cordon grêle, fibreux, appelé ligament de l’ovaire.
L’ovaire est recouvert par le péritoine; il présente à l’extérieur des bosselures, et à l’intérieur il .se compose de grains blanchâtres et de quinze à vingt vésicules transparentes , remplies d’un liquide incolore et appelées résiculos ou œufs de Graaf; leur grosseur varie depuis un grain de millet jusqu’à un grain de chenevis. Ce sont ces vésicules qui grossissent après la conception, se rompent et laissent échapper l’ovule qu’elles contiennent; l’ovule est reçu dans la trompe, (jui le conduit dans la matrice. On trouve alors dans ces cas. à la place qu’avait occupée l’œuf, une tache qui de sa couleur a reçu le nom de corps-jaune , et qui disparaît peu à peu , pour ne laisser à sa place qu’une petite cicatrice. ,1e dois cependant faire observer que j’ai plusieurs fois trouvé des corps jaunes dans des ovaires de filles dont l’hymen était encore intact, et mon père en a même trouvé un sur une jeune fille, dont l’âge (Sans) et l’intégrité des parties externes ne laissaient aucun doute sur son état de virginité. Dans les vieilles femmes l’ovaire est raccorni, et l’on n’y trouve plus alors de vésicides.
Les vaisseaux et les nerfs des ovaires sont fournis par les spermatiques.
PRiipARATioN. La préparation des organes uri-
naires se fait d’après les préceptes que nous avons donnés en parlant de ceux de l’hontnie.
Après avoir étudié la conformation extérieure des parties génitales, on passe à la dissection des muscles du périnée ; le sujet étant disposé comme pour l’opération de la taille , on distend légèrement le vagin et le rectum avec de l’étoupe, et l’on circonscrit les parties génitales externes par une incision passant en dehors des grandes lèvres, et comprenant le mont de Vénus. On fait ensuite sur le raphé une autre incision peu profonde, qui permettra de préparer le sphincter de l’anus et les autres muscles , comme nous l’avons indiqué pour la préparation du périnée dans l’homme. On enlève une portion de l’un des os iliaques , en ménageant dans toute sa longueur le ligament rond de la matrice qui traverse l’anneau inguinal , et en le laissant en rapport avec la face externe du péritoine qui tapisse le petit bassin. Le pubis et l’ischion seront sciés à dix-huit lignes en dehors de la symphyse, afin de conserver l’attache du corps caverneux du clitoris à la branche montante de l’ischion ; la symphyse sacro-iliaque sera désarticulée. Par là on obtient une coupe en profil , qui permet d’examiner toutes les parties génitales dans leurs rapports et de les disséquer en enlevant la graisse qui les entoure. C’est alors aussi que l’on trouvera aisément le muscle constricteur du vagin à la partie antérieure de ce canal , et recouvrant le plexus rétiforme. On prépare ensuite les deux corps caverneux pour voir comment ils se réunissent en avant pour s’unir au gland du clitoris.
Quand toutes les parties génitales ont été étudiées en place , on les détache comme nous l’avons indiqué en parlant des parties génitales de l’homme, en ayant soin surtout de porter l’instrument le plus près possdtle des branches de l’ischion , afin de conserver les corps caverneux dans leur intégrité. On dispose ensuite la préparation sur une planche, et l’on achève de la disséquer au net. Le rectum pourra être enlevé de dessous le vagin.
On fendra la vessie et le canal de l’urètre par leur
face antérieure , pour en examiner l’intérieur ; puis , pour voir le vagin, on le fend, non par sa face antérieure, mais un peu à côté de la ligne médiane, afin de ne pas couper la crête longitudinale que l’on y remarque. Dans le fond du vagin on étudie la disposition du col de l’utérus et celle de son orifice; puis on ouvre la matrice elle-même par sa face antérieure, en se guidant au moyen d’une sonde cannelée, introduite dans sa cavité par l’orifice externe. L’incision devra sc bifurquer vers le fond de la matrice, afin de pénétrer dans les deux angles supérieurs où se trouvent les orifices des trompes. Si l’on ne parvenait pas à voir ces orifices, on introduira dans le pavillon de la trompe une soie de sanglier, et on la fera peu à peu arriver dans la cavité de la matrice, en la tournant sur son axe entre les doigts et en tâchant de redresser les courbures du canal , qui pourraient en empêcher le passage ; ou bien on plongera la matrice dans l’eau , et l’on poussera dans le pavillon de la trompe de l’air , qui sortira sous ,1a forme de petites bulles par l’orifice utérin de la trompe. Cependant nous croyons devoir faire observer qu’il arrive quelquefois que les trompes sont oblitérées , ce qui a surtout lieu chez les femmes qui ont abusé du coït; ces sortes de sujets sont en général peu propres à l’examen des parties génitales , parce que les différentes parties qui composent ces organes ont alors presque toujours contracté entre elles des adhérences contre nature.
La membrane muqueuse de la matrice ne peut en être facilement séparée qu’après avoir soumis la pièce à la macération. Pour bien voir la disposition du pavillon de la trompe, on le plonge dans de l’eau, afin d’en faire flotter les franges dans le liquide. L’intérieur de l’ovaire sera étudié en fendant l’organe par son bord libre.
On étudiera les tissus spongieux du clitoris et des trompes, duplexas rétiforme et du canal de l’urètre, par des procédés analogues à ceux que nous avons indiqués en parlant de la préparation du pénis , et surtout en les injectant de mercure.