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CHAPITRE XI

ORGANES URINAIRES ET GÉNITAUX UE u’lIOM.ME (1).

Les voies urinaires et les organes de la génération étant étroitement unis, nous croyons devoir les décrire ensemble.

Art. far. Capsules surrénales ou atrabilaires.

Ces corps , au nombre de deux , sont placés sur les côtés de la colonne vertébrale , au-dessus des reins; leur figure est celle d'un casque aplati ; leurs faces antérieure et postérieure , qui sont les plus grandes, n’offrent rien de particulier ; leur face inférieure ,

(1) J. WiLso.T » J.ecturcs on the sh ucture and pltijsiol, of tho male urinanj and ijenil. organs, of t’ e human bobg. Eond., 1821.

qui est la plus petite , est un peu concave et appuie sur l’extrémité supérieure des reins.

Les capsules surrénales sont jaunâtres au dehors, brunes à l’intérieur ; leur tissu est granuleux ; elles renferment une cavité aplatie, contenant une liqueur brunâtre , que l’on désignait autrefois sous le nom d'atrabile.

Les capsules surrénales n’ont pas de conduit excréteur; leurs artères viennent de l’aorte et des rénales ; leurs reines s’unissent à la veine cave et au.x veines rénales; leurs nerfs proviennent des plexus rénaux.

Les usages de ces corps sont entièrement ignorés; mais ils paraissent surtout en avoir dans le firtus,

parce que chez lui ils sont proportionnellcinent beaucoup plus développés.

Art. 2. Reins (1).

Les reins sont deux organes d’un rouge brun , placés sur les côtés de la colonne lombaire, derrière le péritoine, et enveloppés par une grande quantité d’un tissu cellulaire graisseux, connu sous le nom de membrane adipeuse du rein ; le rein gauche est ordinairement situé un peu plus haut que le droit ; d’ailleurs ces organes présentent beaucoup de variétés , relativement à leur situation; quelquefois ils sont réunis en fer à cheval par leurs extrémités inférieures. Le rein a la forme d’un fève, en sorte qu’on y distingue deux faces, un bord convexe et un bord concave; à ce dernier on remarque le hile ou la scissure du rein , par où pénètrent les vaisseaux.

Le rein est enveloppé par une tuniqtie propre , de nature fibreuse, qui , arrivée à la scissure du rein , se réfléchit sur les vaisseaux qui y pénètrent, et en accompagne la distribution dans l’intérieur de ce viscère.

Les artères rénales se séparent de l’aorte à angle droit : elles sont souvent doubles quelquefois quadruples; les veines s’unissent à la veine cave; il n’est pas rare non plus de les voir multiples. Les lymphatiques forment une couche superficielle, qui se compose de très-peu de vaisseaux , et une couche profonde plus considérable; ils s’unissent aux lymphatiques du plexus lombaire. Les nerfs proviennent du petit splanchnique et du plexus solaire. ,

On distingue dans le rein deux substances : l’une, externe , corticale, glanduleuse ou granulée; l’autre, interne , médullaire ou tubuleuse. La substance corticale occupe tout l’extérieur du viscère; elle a environ deux lignes d’épaisseur, et elle forme vers l’intérieur du rein des cloisons qui embrassent la substance tubuleuse. La substance corticale est d’un rouge brun ; elle se compose d’un lacis de vaisseaux artériels et veineux, entortillés les uns avec les autres , qui se ramifient sur des conduits excréteurs d’une excessive ténuité, également entortillés, appelés conduits de Ferrein. On remarque en outre dans la substance corticale, des grains extrêmement petits, réunis en grappes, et que l’on avait, peut-être à tort , considérés comme des glandes. La substance tubuleuse est jaunâtre; elle forme douze à dix-huit cônes , dont la base, dirigée vers la périphérie du rein , est embrassée par les cloisons que lui forme la substance corticale, et dont les sommets sont dirigés vers le hile du rein , où ils se terminent par des mamelons ; qui proéminent dans la cavité des calices. Ces mamelons avaient été décrits comme une substance distincte sous le nom àe stibstance mamelonnée; mais à tort , parce qu’ils ne sont que la continuation de la tubuleuse. Celte substance tubuleuse se compose d’une multitude de conduits excréteurs, appelés co7iduits de Bellini , dont la direction est droite, et qui se continuent sans interruption avec les conduits de Ferrein; ils ne sont donc que les conduits de Ferrein redressés. Ceux de Bellini se réunissent peu à peu , à mesure qu’ils approchent de

(I) Scin’iii-A.vflKï , l'p stnictura renum. Strasboiirfr . 17F2, în-4®. .avec fip.

C. W. Eyskkhardt . De strucluia rsnvm microscopicn. iter!., 1818, — Idem, MecheVs ytrehiv ^ tom. A lit , p.ap. 218.

la pointe des mamelons, en sorte qu’ils y sont beaucoup moins nombreux qu’à la base des cônes. Non- ■seulement ces tubes s’unissent dans chaque cône, mais il n’est pas rare de voir deux ou trois de ces derniers se confondre de manière à se terminer par un mamelon commun.

Les mamelons sont embrassés par des canaux membraneux, appelés calices, dont le nombre varie de six à douze, parce que souvent deux mamelons s’ouvrent dans un même calice. Tous ces calices s’unissent pour former un réservoir, appelé bassinet, situé dans le hile du rein, et duquel se continue Vuretère, canal membraneux, du calibre d’uneplume à écrire , qui descend de dehors en dedans pour s’enfoncer dans le petit bassin , où il pénètre dans le bas-fond de la vessie. Les uretères sont placés derrière le péritoine; ils passent par-dessus les muscles psoas, croisent la direction des cordons spermatiques, et ne s’ouvrent dans la vessie qu’après avoir cheminé pendant l’espace d’un pouce , entre les membranes musculeuse et muqueuse de ce réservoir. Les calices, le bassinet et l’uretère se composent de deux tuniques ; l’externe est forte et fibreuse; l’interne, muqueuse, est lisse, mince , et se continue en bas avec la muqueuse de la vessie; en haut elle envoie des prolongements extrêmement déliés dans chacun des orifices des conduits de Bellini , qui se remarquent sur l’extrémité des mamelons.

Les reins sont les organes sécréteurs de l’urine ; cette sécrétion parait se faire dans la substance corticale; des conduits de Ferrein elle passe dans ceux de Bellini , et elle suinte de l’extrémité de ces conduits dans les calices, comme on peut s’en assurer par la pression, qui en fait sortir des gouttelettes. Des calices, l’urine passe par les bassinets et les uretères dans la vessie.

Art. 3. Vessie.

La vessie est un réservoir membraneux , situé dans le petit bassin, derrière les pubis devant et au-dessus du rectum. La vessie a une forme ovoïde ; son extrémité la plus large, appelée le bas-fond, est dirigée en bas ; c’est là que les uretères viennent s’y ouvrir. L’extrémité supérieure, ou le fond de la vessie, se continue avec un cordon fibreu.x qui se dirige derrière la ligne blanche vers l’ombilic ; ce cordon est le reste de l'ouraque, canal qui n’existe que dans l’embryon. Deux autres cordons ligamenteux se voient sur les faces latérales de la vessie; ils sont les restes des artères ombilicales, par lesquelles se faisait la circulation fœtale; comme l’ouraque, elles se dirigent vers l’ombilic. La face postérieure et une petite portion des faces latérales sont tapissées par le péritoine, qui du rectum remonte vers la paroi antérieure de l’abdomen. La face antérieure de la vessie n’est pas recouverte par le péritoine; vers la partie inférieure de cette face les parois de ce réservoir s’épaississent, et se prolongent en entonnoir pour former le col de la vessie , qui n’est par conséquent point situé à la partie la plus déclive de celte poche.

La vessie est formée de plusieurs tuniques ; la plus externe ou tunique péritonéale n’en recouvre que la face postérieure et une petite portion des faces latérales; elle adhère, par du tissu cellulaire trèslâche , à la tunique inusculeuse , qui se compose ellemême de deux couches. Les fibres de l’externe sont

longitudinales; elles étaient connues autrefois sous le nom de miisculus dctrusor urines : la couche interne est formée par des fibres transversales et obliques , surtout nombreuses vers le col de la vessie , ou elles sont désignées sous le nom de muscles sphincter de la vessie. Sous la tunique musculeuse on trouve la celluleuse ou nerveuse , formée par un tissu cellulaire blanc et soyeux ; elle est parcourue par beaucoup de vaisseaux sanguins, et elle adhère fortement à la tunique musculeuse et à l’interne. La tunique interne, muqueuse ou veloutée, n’a reçu ce dernier nom que par analogie, car elle n’a pas de villosités; elle est molle, pulpeuse et lubrifiée par du mucus , qui est sécrété par de nombreuses glandes muqueuses. Ces glandes sont tellement petites, qu’on ne peut guère les apercevoir dans l’état sain; mais elles deviennent très-apparentes quand elles viennent à se gonfler. La membrane interne de la vessie se continue en avant avec celle de l’urètre et en arrière avec celle qui tapisse les uretères (1).

A l’intérieur J on remarque au bas-fond de la vessie un espace triangulaire et un peu saillant, appelé trigone vésical; les deux angles postérieurs du trigone correspondent aux orifices des uretères; son angle antérieur se prolonge dans le col de la vessie, et v forme une saillie arrondie, appelée luette vésicale, qui se continue plus en avant avec le ï.'ér/<w(o«/anum , comme nous le dirons plus bas.

Les artères vésicales sont fournies par les hypogastriques ; les veines forment le jilextts vésical , très-considérable, qui se jette dans les veines hypogastriques. Les nerfs proviennent du plexus hypogastrique.

L’urine, dont la sécrétion se fait d’une manière continue, est retenue pendant quelque temps dans la vessie ; pendant ce séjour elle y devient plus concentrée par l’absorption d’une partie de son eau. L’urine est expulsée de la vessie par la contraction de la tunique musculeuse , à laquelle vient s’ajouter celle des muscles du bas-ventre; mais en même temps les fibres musculeuses qui entourent le col de la vessie se relâchent, en sorte qu’il y a antagonisme d’action entre ces fibres et celles qui enveloppent le reste de l’organe.

k^T.A. Des testicules et de leurs annexes{‘2).

Suspendus à la partie antérieure du bassin, audessous de la verge et entre les cuisses, les testicules sont entourés de plusieurs enveloppes.

(1) Dans les cas tle rétention d'urine , il arrive souvent que les fibres de la t unique musculeuse s’e'raîUent et permettent à la t unique celluleuse et à l’interne de foire hernie au dehors. Ou remarque alors à la face citerne de ces vcssîes-là des appendices diaphanes, arrondis j de différentes prandeurs , et qui deviennent très-apparents quand la vesj>ie est insufflée.

(2) J. E. Nkueaveb , De funicis racjinaUhus tostis et funiculi fspermatici. Giesen , 1767,in-4o. , avec fig.

A. UloMto , Desviiption of the séminal Éilimbourg.

Essaye and ohserv. physiol. et lilterary , vol. 1 , pag. 3f^6 , avec fig. — Ej. De testihus et de semine in rariis aninialibus. Edîmb. , 17.55, — Ej . Of the séminal ducts ; Ohserv. anat, and physiol. n-heiein D. liunter's daim fur somo dise, ts examined. Ih, , 1758.

A. Cooi'ER , Ohserrations on tho structure and the diseases of the le.stis. Lond. , 18.30 , in-4^. , avec fig.

E. A. Lauth , Mémoire sur le testicule humain. Strasbourg, 1832 , 10-4". , avec fig. ; extrait du Hccucil des mcuiolres de la Société du muséum d’iiisloirc tialurcllo de Strasbourg, tom. l*'f.

l". Scrotum ou peau des bourses. Celte enveloppe extérieure est formée par la peau, qui se distingue par sa couleur foncée, par des rides transversales et par une ligne saillante étroite , située sur la ligne médiane, appelée raphé. Cette peau est très-élastique; elle est recouverte par un assez grande quantité de poils.

2». Dartos. On appelle ainsi deux poches, formées par un tissu cellulaire blanc, soyeux, élastique, très-contractile, toujours dépourvu de graisse; chacune de ces poches enveloppe son testicule, et sur la ligne médiane elles adhèrent l’une à l’autre, en y formant ainsi la cloison du dartos. Le dartos n’existe pas avant la descente du testicule, et il parait formé par l’épanouissement duÿMâernacuZMHi testés, comme nous le dirons en parlant de l’anatomie du fœtus.

3°. Tunique fhreuse. Elle est située à l’intérieur du dartos j ordinairement elle est très-mince, et ne devient bien apparente que dans les cas de hernie ou d’hydrocèle. Cette tunique se continue du pourtour de l’anneau inguinal , et parait formée par les fibres de l’aponévrose du muscle oblique externe et par \e fascia superfcialis , entraînés par le testicule pendant sa descente.

4o. Crémuster , tunique musculeuse on énjthro'ide. Cette couche sc compose de fibres rougeâtres évidemment continuées du bord inférieur des muscles oblique interne et iransverse; quoique le crémaster soit tou jours visible , il est beaucoup plus apparent dans les cas de hernie.

Tunique celluleuse ou tunique vaginale commune au cordon el au testicule; placée en dedans du crémaster ; extrêmement mince dans l’état naturel , plus apparente dans les cas de hernie ; elle se continue avec le fascia transversalis et avec des fibres qui tapissent en dehors le péritoine, et qui ont reçu le nom de fascia propria.

6». Tunique vaginale on séreuse , tunique vaginale propre du testicule; mince, transparente , continuée du péritoine. Comme toutes les séreuses , elle se compose d’une poche sans ouverture , qui , après avoir entouré le testicule sans y adhérer, forme en arrière un pli proéminent dans la cavité et entre les feuillets duquel le testicule est placé avec l’épidi- (lyme, eu sorte qu’ils ne sont pas réellement contenus dans la cavité. On retrouve donc ici la même disposition que dans le péricarde , par exemple. Nous verrons dans l’embryotomie comment le testicule sort du bas-ventre; il nous suffit de dire ici que la cavité de la tunique vaginale communiquait librement dans le principe avec celle du péritoine, en enveloppant le testicule et son cordon , mais que le canal qui résultait de cette disposition , s’est oblitéré peu à peu depuis l’anneau inguinal jusque vers le testicule , en sorte que dans l’adulte la tunique vaginale peut être considérée comme une séreuse séparée; on trouve cependant encore un filament celluleux, qui unitla tunique vaginale au péritoine en passant par l’anneau, et qui est la trace du canal oblitéré.

7«. Tunique albugi née. Ellecst l’enveloppe propre du testicule; en dehors elle est recouverte par la lame réflécliie de la tunique vap,inalc . qui lui adhère fortement. La tunique albnginée est blanche, dense, fibreuse, épaisse; elle envoie dans l’intérieur du testieiile des cloisons fibreuses et des filaments multipliés, destinés à soutenir les parties délicates qui entrent dans la composition de cet organe.

Les testicules sont deux corps ovoïdes, un peu comprimés latéralement, enveloppés dans les poches que nous avons décrites , et dont la tunique immédiate est l’albuginée. On y distingue le testicule proprement dit, ovoïde , et Vépididyme, corps oblong recourbé , qui commence à la partie supérieure interne du testicule , descend jusqu’à sa partie inférieure le long du bord supérieur et postérieur , et se recourbe ensuite sur lui-même pour former le canal déférent.

La substance du testicule est molle , pulpeuse, jaunâtre, formée par plus de 800 canaux très-ténus, entortillés les uns avec les autres, en sorte qu’on peut les dévider comme des pelotons de fil. Ces canaux portent le nom de vaisseaux séminiféres. Leur calibre moyen est de 1/147 de pouce lorsqu’ils sont injectés (1); la longueur de chacun d’eux est, terme moyen , de 25 pouces, la longueur de tous ces conduits supposés réunis serait donc dans un testicule du volume moyen , de 1750 pieds. Ces canaux ne sont toutefois pas isolés, mais ils forment entre eux une foule d’anastomoses, en sorte que leur réunion constitue un vaste réseau. Outre ces canaux séminifères on voit encore des vaisseaux sanguins et des nerfs pénétrer dans le testicule. L’artère spermatique provient de l’aorte ; la veine , de la veine rénale ; les nerfs , des plexus rénaux et en partie , suivant quelques anatomistes, du plexus hypogastrique. Ces vaisseaux et nerfs concourent à la formation du cordon spermatique , qui descend de dedans en dehors, derrière le péritoine, en croisant l’uretère, et s’unit près de l’anneau inguinal interne au canal déférent : ce cordon traverse ensuite le canal inguinal et l’anneau inguinal externe , puis il se dirige en bas et un peu en dedans, pour se rendre à la partie supérieure du testicule. Les vaisseaux et nerfs se divisent à l’infini dans l’intérieur du testicule , en se ramifiant .sur les parois des vaisseau.x séminiféres. Chacun des vaisseaux séminiféres est pelotonné sur lui-même, de manière à former un lobule; les lobules sont en partie séparés et soutenus par les prolongements internes de l’albuginée. Ces vaisseaux séminiféres se réunissent vers le bord supérieur du testicule en un nombre indéterminé , mais toujours considérable , de canaux très-courts , non infléchis, un peu plus gros que les vaisseaux séminiféres , et appelés vaisseaux droits. Ceux-ci à leur tour se terminent dans le rete testis, plexus formé par des conduits de 1/72 de pouce d’épaisseur environ. Ce rete occupe les 2/3 internes du bord supérieur du testicule, endroit où il est logé dans un prolongement blanc et fibreux que l’albuginée envoie vers l’intérieur de l’organe. L’ensemble du rete et du prolongement de l’albuginée qui le loge , a reçu le nom de corps d’Hiqhmor.

L’extrémité interne du rete testis donne naissance aux vaisseaux efférents, dont le nombre varie de 9 à 30. Ces conduits , d’abord droits et du calibre de 1/64 de pouce environ , s’infléchissent de plus en plus en se pelotonnant sur eux-mêmes, de manière à prendre chacun une forme conoïde dont le sommet correspond au rete et la base à l’épididyme ; aussi ont-ils reçu le nom de cônes vasculaires ; mais

(1) Le calibre moyen de ces conduits non injectes est de 1/185 de pouce. Toutes les autres mesures que nous donnons sont prises sur des canauT injectés de mercure, et par conséquent tm peu distendus.

le canal lui-même qui les constitue , loin de s’élargir en cône, se rétrécit au point de ne plus avoir à son insertion dans l’épididyme qu’un calibre moyen de 1/156 de pouce. Chacun de ces cônes vasculaires, qui dans sa position naturelle est à peine long de 6 lignes, aurait environ 7 pouces 4 lignes de longueur s’il était redressé. Ces cônes vasculaires s’unissent successivement au canal de l’épididyme , non pas dans le même point , mais de manière à ce que, si les nombreuses inflexions de ce canal étaient redressées, il y aurait 1/2 jusqu’àC pouces d’intervalle entre chaque point d’insertion.

Le canal de l’éqndidymc est régulièrement replié sur lui-même au moyen de quatre sériesd’inllexions. Il n’est nullement ramifié ; redressé , il a une longueur moyenne de 19 pieds 4 pouces. On distingue dans l’épididyme deux extrémités un peu plus épaisses que son corps : l’une , celle qui se continue avec le corps d’Highmor, porte le nom de tête; l’autre, celui de queue. Dans sou corps , le canal de l’épididyme a un calibre moyen de 1/78 de pouce; dans la queue le calibre n’est que de 1/96 de pouce, tandis que dans la tête il est souvent un peu plus fort que dans le corps.

Le canal de l’épididyrae reçoit assez souvent un appendice qui s’unit à lui vers sa fin : cet appendice commence par une extrémité borgne; il est le plus souvent entortillé sur lui-même et il renferme du mucus qu’il verse dans le canal de l’épididyme. J’ai rencontré jusqu’à deux et même trois de ces appendices.

Le conduit qui forme l’épididyme , arrivé à l’extrémité externe du testicule , y devient peu à peu plus volumineux, moins flexueux, change de direction en se portant directement en haut et prend le aovaàc canal déférent; ce canal quitte le testicule, devient entièrement droit , accompagne le cordon spermatique jusqu’à l’anneau inguinal interne , puis abandonne le cordon et descend dans le fond du petit bassin , le long de la face latérale de la vessie , en convergeant vers le canal du côté opposé. A la partie inférieure de la vessie il donne naissance à la vésicule séminale. Le conduit déférent a une ligne de diamètre dans la majeure partie de son étendue, et davantage à sa partie inférieure; ses parois sont dures , épaisses , et son canal est assez fin. Il est formé de deux tuniques : une externe, dure , fibreuse, jaunâtre, et une interne, muqueuse blanchâtre, qui se continue avec la muqueuse de l’urètre.

Les vésicules séminales , au nombre de deux, sont situées obliquement entre le bas-fond de la vessie et le rectum , au devant des uretères. Les vésicules séminales naissent du côté externe de la fin des canaux déférents ; elles sont très-rapprochées l’une de l’autre à cet endroit; en arrière elles s’écartent. Elles ont deux pouces à deux pouces et demi de longueur, sur six à huitlignes de largeur. Ces vésicules ne sont autre chose que des appendices des canaux déférents, longs de quatre à cinq pouces, terminés par un cul-de-sac un peu élargi , présentant de petites ramifications et formant des flexuosités, entre lesquelles se trouve du tissu cellulaire serré qui les retient, de manière à faire paraître ces appendices beaucoup plus courts qu’ils ne sont réellement. Ces flexuosités se reconnaissent au dehors par des bosselures. A l’intérieur les vésicules séminales présentent l’apparence d’une cavité irrégulière , formée de

cellules adossées les unesaux aulres, communiquant ensemble, et qui sont dues aux flexuosités des canaux qui constituent ces réservoirs.

Le conduit qui donne naissance à la vésicule séminale se détache du canal déférent dans une direction rétrograde ; mais du même point part un autre conduit , appelé canal cjaculateur , qui peut être considéré comme la continuation directe du canal déférent et de la vésicule séminale. Ce canal éjaculateur n’a que quelques lignes de long ; il se porte en avant en convergeant avec celui du côté opposé, traverse la glande prostate et s’ouvre dans le canal de l’urètre sur le sommet du vérumontanum, immédiatement vis-à-vis de celui du côte opposé. C’est par ces orifices que la membrane muqueuse de Turètre pénètre dans les conduits déférents et dans les vésicules séminales, pour en tapisser l’intérieur.

Les testicules sont les organes sécréteurs du sperme; cette liqueur , après avoir parcouru toutes les circonvolutions des vaisseau séminifères et de l’épididyrae, est transmise aux vésicules séminales par les canaux déférents. Là le sperme séjourne jusqu’au moment de son émission ; il y est mêlé aux mucosités sécrétées par ces réservoirs, et en même temps il y devient plus épais par l’absorption d’une partie de l’eau qui entre dans sa composition. Enfin, dans l’acte de la copulation , le sperme passe dans l’urètre en traversant les conduits éjaculateurs.

Art. 5. Prostate (1).

La prostate est un anneau dur et glanduleux, entourant le col de la vessie et le commencement de l’urètre , et qui a à peu près le volume et la forme d’une châtaigne. L’extrémité supérieure de la prostate est rétrécie et arrondie, l’inférieure est large et aplatie : là la prostate forme des deux côtés de légères saillies , qui constituent les lobes latéraux.

Le col de la vessie et le canal de l’urètre ne traversent pas le centre de la prostate : ils sont un peu plus rapprochés de son extrémité supérieure que de l’inférieure. Quelquefois même , mais plus rarement, le canal de l’urètre est simplement logé dans une gouttière profonde creusée dans la partie supérieure de la prostate.

Dans l’intérieur du col de la vessie on voit quelquefois proéminer une partie de la prostate, appelée son troisième lobe; ce lobe s’élève de la paroi inférieure du col de la vessie , et l’on conçoit qu’il peut en rétrécir et même oblitérer la cavité , s’il vient à SC développer outre mesure.

Sur la paroi inférieure de la portion du canal de l’urètre qui traverse la prostate , on remarque une crête saillante, longitudinale, comprimée latéralement, continuée de la luette vésicale, et appelée vérumontanum ou crête urétrale; c’est au sommet de cette crête que s’ouvrent les canaux éjaculateurs, et des deux côtés il y a de petites fossettes, dans lesquelles s’ouvrent les conduits excréteurs de la prostate.

La prostate est enveloppée par un tissu cellulaire dense , entremêlé de fibres aponévrotiques ; les grains glanduleux qui la composent sont entourés

(1) E. IlmiK , On ihc discovery of smalî a lobe of theptost. yttind. Phil. irons., 1806, pap. 195 . avec fig. — 'E.j. Pract, übserr. on tlip ircaimpti t of ihe dis. of the prost. tjl. Loud. , 181 1 , trad. par L. Parts, 1820.

par un tissu fibreux serré : ils donnent naissance à dix ou douze canaux excréteurs, qui s’ouvrent par de très-petits orifices dans les fossettes que l’on remarque des deux côtés du vérumontanura , et qui versent, pendant l’acte de la copulation, une humeur visqueuse, destinée à lubrifier les parties et à se mêler au sperme, auquel elle sert de véhicule.

Art. 6. Verge ou pénis (2).

La verge est l’organe de la copulation chez l’homme , elle est située au devant des pubis et du scrotum. Dans l’état de flaccidité , la verge est à peu près cylindrique , et elle pend alors au devant des bourses ; dans l’état d’érection, au contraire, elle prend la forme d’un prisme triangulaire, dont les bord sont arrondis,, et elle est alors dirigée en haut et en avant , en décrivant une courbe, dont la convexité est dirigée en bas et en avant.

La verge se compose en avant ou en haut de deux corps caverneux , et en bas ou en arrière du canal de Vurètre, qui, par leur réunion, lui donnent la forme prismatique. A son extrémité antérieure elle forme un renflement, qui est le gland. La verge est enveloppée par une peau mince, élastique; au-dessous de cette peau se trouve un tissu cellulaire soyeux et souple, dans lequel il ne se dépose jamais de graisse, et qui, par sa laxité, permet à cette enveloppe de se mouvoir facilement sur la verge. Cette peau, quand elle est arrivée près du gland, quitte la verge et se continue par-dessus le gland sans y adhérer, mais de manière à lui former un étui ouvert en avant, qu’on appelle prtyace. La peau de ce prépuce se replie sur elle-même vers l’intérieur , en changeant de caractère , et arrivée au gland, elle le recouvre dans toute son étendue et lui adhère d’une manière intime; elle se réfléchit enfin dans l’intérieur du canal de l’urètre, en se continuant avec la membrane muqueuse qui le tapisse. Au-dessous du gland cette membrane forme un repli longitudinal , appelé frein du gland. Les deux lames qui forment le prépuce étant unies par un tissu cellulaire trèslâche , elles peuvent être écartées momentanément l’une de l’autre, ce qui permet de tirer le prépuce en arrière pour découvrir le gland.

On appelle dos de la verge , sa partie supérieure ou antérieure; on y remarque le ligament siispenseur de la verge; lame fibreuse , triangulaire, qui d’une part s’attache aux pubis et se continue avec le pilier interne de l’anneau inguinal , et d’autre part s’insère sur la ligne médiane du dos de la verge.

Les corps caverneux forment la plus grande pai'tie de la verge, écartés en arrière, où ils s’attachent par leurs racines à la branche montante de l’ischion et à la branche descendante du pubis; ils se collent l’un contre l’autre en avant , de manière à former , par leur réunion , un cylindre aplati de haut en bas.

(2) Fr. TtEiiR«A.N5 » XJeher deu schwammigen Korper der Buthe desPferdes, MoclieVs virchiv, tom. H, pag. 95.

MouEscni , De uretrœ curporis glandiitque structura , etc. Milan , 1817. Meckel's yérchhu V, page. 40.3.

J. Shwv, Ceber den Baa de hautigen 'riieiïes der Ilarnrôhre, dans MeclicVs Archivy tom. V, pag. 393. — Le mémoire original SC trouve dans Médicu-chirurg. ttans,, vol. X , 1819 , pag, 339, avec fig.

-\woss.iT , sur l'urétre de l’homme et de la femme. Arch. gén. de médecine , tom. IV , pag. 31 et 547 , avec lig.

W. CoAvpKB , Glandularutn qua'ruud. nuper delect. descr. I.ond.. , I7ü2 , in 4**. , avec fig.

En avant, les corps caverneux cessent à l’endroit où commence le gland, auquel ils adhèrent. Les corps caverneux sont entourés par une memhmne fibreuse dense et épaisse : là où ils sont placés l’un à côté de l’autre, ils sont néanmoins séparés par la membrane d’enveloppe, qui forme de cette manière la cloison des corps caverneux. Cette cloison n’est cependant pas complète ; elle est criblée d’ouvertures qui font communiquer les deux corps caverneux. La membrane qui entoure les corps caverneux envoie dans leur intérieur une foule de lames, qui y forment des cloisons destinées à soutenir le tissu de ces corps. Ce tissu , appelé caverneux , spongieux ou érectile, est essentiellement vasculaire : ces dernières extrémités des artères y forment des dilatations qui donnent naissance aux veines; c’est dans ces dilatations , qui ont à tort été prises pour des cellules particulières, que le sang s’accumule pendant l’érection.

Vurèlre est un canal commençant au col de la vessie , s’ouvrant à l’extérieur au sommet du gland et sérvant à transmettre au dehors les urines et le sperme. On divise l’urètre en plusieurs portions : la première en partant de la vessie est la portion jorostatique; elle a dix à quinze lignes de longueur; comme son nom l’indique, elle est entourée par le tissu de la prostate. Au devant de la partie prostatique on trouve \o portion membraneuse, longue de huit à dix lignes, et placée à six lignes environ audessous de l’arcade des pubis , où elle traverse une cloison fibreuse étendue entre les branches de l’arcade. Après celle-ci vient la portion bulbeuse , qui forme un renflement considérable, dirigé en bas et en arrière , et dont l’extrémité est placée à dix ou douze lignes au devant de l’anus. Ce bulbe se continue en devant avec la portion spongieuse., en diminuant peu à peu de volume. Cette portion spongieuse est placée au-dessous des corps caverneux, dans un légère gouttière qui résulte de leur adossement. Tout à fait eu avant la portion spongieuse augmente considérablement de volume pour former le gland; l’endroit où il commence est appelé la base ou la couronne du gland. Celte couronne présente différentes, aspérités ; les unes sont dues à des papilles sensitives , et les autres, beaucoup plus apparentes, appartiennent à des glandes sébacées qui sécrètent une humeur jaunâtre et odorante. Sur le sommet du gland est l’orifice de l’urètre, et au-dessous on trouve un sillon dans lequel est implanté le frein. Depuis le bulbe jusqu’à l’extrémité du gland, l’urètre a une longueur de 3 pouces 3 lignes jusqu’à 4 pouces 6 lignes. Toutes ces mesures sont prises sur l’urètre à l’état de flaccidité , non détaché du corps et non tiraillé, en sorte qu’alors la longueur total du canal varie entreS pouces et G pouces et 1/2. Mais elleaugmente beaucoup si l’on isole le canal et qu’on le tire en longueur.

Le canal de l’urètre est recouvert en dehors par une membrane fibreuse beaucoup plus mince que celle des corps caverneux; en dedans il est tapissé par une membrane muqueuse, qui se continue d’une part avec celle qui entoure le gland, et qui d’autre part se confond avec la muqueuse de la vessie et des canaux éjaculateurs. Entre ces deux membranes il existe un tissu spongieux , semblable à celui des corps caverneu.x, mais dont les dilatations vasculaires sont moins considérables et qui est parcouru par un nombre prodigieux de vaisseaux lymphatiques.

Ce tissu spongieux ne se trouve pas dans la portion prostatique , et on l’aperçoit à peine dans la portion membraneuse , mais dans la portion spongieuse proprement dite il est très-développé, et il offre encore plus d’épaisseur à l’endroit où il forme le bulbe, de même qu’à son extrémité , où il grossit pour former le gland.

Entre le corps spongieux dont nous venons de parler et la membrane muqueuse , on trouve une couche très-mince d’un autre tissu également spongieux , mais qui ne communique pas avec le premier; il a reçu le nom de corps spongieux interne; on le trouve surtout dans la portion membraneuse de l’urètre.

L’intérieure du canal de l’urètre n’a pas partout les mêmes dimensions ; évasé là où il se continue avec le col de la vessie, il se rétrécit bientôt , puis se dilate de nouveau dans la prostate; sa portion membraneuse est étroite, sa portion bulbeuse et spongieuse est de nouveau uniformément dilatée; au niveau de la base du gland commence un rétrécissement très-peu apparent , suivi d’une dilatation appelée/bsse naviculaire , et qui communique à l’extérieur par une ouverture très-rétrécie.

La muqueuse qui revêt le canal de l’urètre est criblée de petites ouvertures appelées lacunes de Morgagni , et qui sont les orifices des glandes de Littré , petits grains glanduleux qui y versent une humeur muqueuse. On trouve en outre derrière le bulbe de l’urètre, deux glandes de la grosseur d’un pois appelées glandes de Cowper; ces glandes sont formées d’un assemblage de petits grains , et leurs conduits e.xcréteurs traversent le bulbe de l’urètre pour s’ou- • vrir dans le canal à quelque distance au devant du vérumontanum.

Les artères de la verge sont fournies par la honteuse interne; les veines s’unissent au plexus vésical et aux ple.xus honteux interne; les nerfs sont fournis par le honteux. Les lymphatiques superfleiels se rendent dans les glandes inguinales; les profondes accompagnent les artères et se rendent dans les glandes du petit bassin.

Ar.T. 7. Muscles du périnée.

Outre les muscles propres aux parties génitales, nous avons à parler de ceux de l’anus, qui doivent être étudiés en même temps.

1°. Muscle sphincter externe re l’anus. Plan musculeux, ovalaire, qui eommence par des fibres tendineuses à la pointe du eoceyx, se porte en avant en embrassant l’anus, et se termine en pointe suile bulbe de l’urètre; il s’y unit en partie au muscle bulbo-caverneux, et se perd en partie dans le tissu cellulaire sous-cutané. Ce muscle fronce l’anus et tire le bulbe de l’urètre vers le coccyx ; il agit donc après l’expulsion des excréments et pendant l’émission de la semence; il est habituellement relâché et son action est soumise à la volonté.

2°. Muscle sphincter interne de l’anus. Circulaire , placé dans l’intérieur de l’anus ; ce muscle n’est autre chose que la continuation des fibres circulaires de l’intestin , qui sont beaucoup plus développes à la marge de l’anus que partout ailleurs. Il rétrécit l’extrémité inférieure du rectum; il est habituellement contracté et n’obéit pas à la volonté.

3". Muscle tk4nsvekse; du périnée. Petit muscle , composé d’un ou de plusieurs faisceaux, placé à la partie supérieure du sphincter externe qui le recouvre en partie. Il commence à la tubérosité sciatique, se dirige en dedans et très-peu en avant, et se confond sur la ligne médiane , tant avec son congénère , qu’avec le sphincter externe de l’anus et avec le bulbo-caverneux. Ce muscle tire l’anus très-peu en arrière , le comprime d’avant en arrière, et facilite ainsi l’expulsion des matières fécales.

4». Muscle releveur de l’anus. Ce muscle, en grande partie placé dans le petit bassin , forme une espèce de diaphragme qui ferme inférieurement la cavité pelvienne. Il commence au corps du pubis, au contour supérieur du trou ovale et à la face interne du corps de l’ischion jusqu’à l’épine sciatique. De là , ce muscle se porte en bas , en dedans et en arrière, en formant un plan musculeux large et mince qui entoure la partie postérieure du rectum , et qui s’attache aux derniers osselets du coccyx, au rectum et à la prostate; la portion antérienre du muscle se confond avec celui du côté opposé. Le releveur de l’anus élève la partie inférieure du rectum et la tire en avant; en même temps il la comprime sur les côtés et un peu d’avant en arrière ; il comprime la vessie urinaire et le vésicules séminales , et porte en avant le coccyx qui avait été repoussé en arrière ; ce muscle agit donc dans l’excrétion des matières stercorales, dans l’expulsion des urines etde la semence; chez la femme il entre aussi en contraction pendant l’accouchement.

5». Muscle isciiio- coccycien. Allongé, aplati, triangnlaire , placé au bord postérieur du précédent muscle. Il commence en pointe à l’épine de l’ischion , et s’élargit en se portant vers le côté du coccyx et du sacrum , où il s’insère. Il tire le coccyx en avant et de côté ; les deux le tirent en avant ; par ces mouvements l’extrémité inférieure du rectum est comprimée d’arrière en avant et un peu soulevée.

6o. Muscle ischio-caverneux. Aplati, placé sur la racine du corps caverneux, entremêlé de beaucoup de fibres tendineuses. Il commence au côté interne de la tubérosité sciatique , se dirige en avant, en dedans et en haut , et s’implante dans l’enveloppe fibreuse du corps caverneux. Quand la verge est en érection , les muscles ischio-caverneux la soulèvent.

7». Muscle bulbo-caverneux. Ce muscle aplati a une figure rhomboïdale ; il commence sur le bulbe de l’urètre à côté de son congénère , et se dirige en avant et en haut pour s’attacher en partie au corps caverneux , et en partie au bulbe de l’urètre. En arrière , ce muscle se confond avec le sphincter externe et le transverse du périnée. Il comprime le bulbe de l’urètre et en fait sortir l’iirine et la semence par saccades.

8°. Muscle de Wilson ou constricteur de l’urètre (1). Muscle aplati, situé derrière la cloison fibreuse (ligament triangulaire) tendue entre les branches de l’arcade pubienne. 11 commence à côté du sommet de l’angle sous-pubien à la face posté-

(I) WJ180K , /tflscr. of twn muxcles surronndififj pari uf tbe tiielitia. Medic. chir . tninr. of Jiond. , vol. 1 , p. 17j, avec fig.

rieure du pubis et descend sur le côté de la portion membraneuse de l’urètre à la portion inférieure de laquelle il s’unit au muscle du côté opposé. Les deux muscles forment un anneau qui comprime l’origine de la portion membraneuse de l’urètre de bas en haut; par leur contraction ils forment souvent obstacle à l’introduction de la sonde.

Préparation. Si l’on n’a qn’un seul cadavre à sa disposition , on ne doit pas étudier les organes qui font le sujet de ce chapitre , dans l’ordre dans lequel nous venons de les décrire, car l’étude préalable des parties génitales et urinaires nécessiterait la destruction des muscles du périnée ; il est donc convevenable de commencer par la dissection de ceux-ci.

Préparation du périnée. Les muscles du périnée sont très-difficiles à préparer sur un cadavre infiltré, en sorte que l’on choisira de préférence un sujet mort d’une maladie aiguë. On place le cadavre comme pour l’opération de la taille , c’est-à-dire que les fesses dépasseront le bord de la table, les cuisses et les jambes seront fléchies, les pieds attaches aux mains et les genoux maintenus écartés par un bâton placé en travers. Le bassin pourra encore être élevé au moyen d’un billot qu’on place sous lui.

Le scrotum et le pénis étant relevés et fixés au moyen d’une érigne, et le rectum étant rempli de filasse , on fait sur le raphé une incision peu profonde , qui de la base du scrotum s’étende à l’anus. Une incision semblable sera faite depuis le bord postérieur de l’anus jusque sur le coccyx. En disséquant la peau de côté, on trouve le sphincter externe, qui entoure l’anus. Le sphincter interne se voit dans l’intérieur de l’anus, après avoir enlevé la membrane muqueuse qui le tapisse.

En continuant la dissection des lambeaux de peau vers la partie supérieure de l’incision , on rencontre les bulbo-caverneux, recouverts en bas dans leur partie moyenne par la portion supérieure du sphincter externe. Plus en dehors que les muscles bulbo-caverneux sont les corps caverneux du pénis , dont le bord interne est recouvert par les muscles ischiocaverneux. Au fond d’une légère excavation qui se trouve entre le bulbe de l’iirètrc et le muscle ischiocaverneux, se trouve \e transverse du périnée , petit plan musculeux , divisé en plusieurs paquets pai- les branches des vaisseaux et nerfs honteux qui le traversent.

Au-dessous du bord inférieur du muscle transverse du périnée se trouve assez profondément le releveur de l’anus, espèce de diaphragme , qui du bord de l’anus et du coccyx se porte dans le petit bassin : on le met à découvert en enlevant la quantité de graisse qui se trouve entre le transverse et le bord inférieur du grand fessier. A la partie postérieure du releveur se trouve Vischio-coccygien , très- profondément situé , et qui n’est séparé du releveur que par un peu de tissu cellulaire graisseux.

Pour bien voir les rapports de ces deux derniers muscles avec les viscères du bassin , et ceux de ces viscères entre eux , il faut maintenant les examiner par une coupe en profil , après avoir enlevé une portion de la moitié droite du bassin. On ouvre à cet effet le bas-ventre pour en extraire les viscères de la digestion, et comme il convient de conserver l’oiiraque et les artères ombilicales en rapport avec la vessie , l’incision cruciale ordinaire ne devra pas être laite ; mais on commencera par faire un lambeau

•loi

inférieur médian au moyen de deux incisions , qui de l’ombilic se dirigent vers le tiers externe des arcades crurales. Les viscères de la digestion , à l’exception du rectum, seront enlevés, en ayant soin de ne pas endommager les organes urinaires et ceux de la génération ; ce sont surtout les capsules surrénales qui sont facilement coupées quand on emporte le foie et la rate : on aura donc soin de ne pas porter le .scalpel trop près de la colonne vertébrale. La veine cave inférieure devant rester en rapport avec les reins, il faut la couper à l’endroit où elle entre dans le sillon du foie. — Cela étant fait, on sépare du côté droit les muscles transverse du périnée , releveur de Tanus et iscbio-coccygien de leur attache au bassin , le plus près possible de l’os; on sépare de l’os des iles, du pubis et de l’ischion du même côté , le péritoine qui les tapisse; et à la face externe duquel on laisse attaché le cordon spermatique, le canal déférent , l’uretère et les principaux troncs qui résultent de la division des vaisseaux hypogastriques; alors, après avoir récliné à gauche les parties molles renfermées dans l’excavation pelvienne , on scie la branche horizontale du pubis à quinze ligues environ de la symphyse, et la branche de Tischion immédiatement au-dessous de l’insertion de la branche du corps caverneux. On divise la symphyse sacro-iliaque droite , en coupant une partie des ligaments qui raffermissent en avant, et en achevant de de la luxer ; par là on peut enlever toute l’extrémité inférieure droite avec la partie correspondante du bassin.

On passe maintenant à la dissection de \a. iwrtion membraneuse de l’urètre, et pour s’en faciliter la préparation , on introduit une sonde dans la vessie. Même avant de commencer la disseclion , il sera facile de s’apercevoir que la portion membraneuse de l’urètre est retenue en place au-dessous de l’angle sous-pubien par V aponévrose triamjulaire , cloison membraneuse très-ferme, tendue entreles deux branches du pubis. Il est important de connaître cette disposition , parce que l’ouverture de la cloison par où passe le canal , étant plus étroite que lui et trèspeu extensible , c’est elle surtout qui porte obstacle à l’introduction de la sonde dans la vessie; on verra en même temps qu’en tirant en avant la verge, ou allonge le canal de l’urètre et qu’on établit le parrallélisme entre la portion membraneuse et l’ouverture de la cloison par où elle passe, et que par ce moyen la sonde pénètre avec facilité. Il faut donc conserver avec soin cette membrane, ainsi que le trousseau des fibres musculaires qui en recouvre la face postérieure , et qui est connu sous le nom de muscle de IVilson. Dans la position où se trouvent maintenant préparées les parties , on remarquera que la portion membraneuse de l’urètre ne se continue pas en ligne droite avec la partie postérieure du bulbe , mais qu’elle s’en détache à angle droit à dix lignes environ de son extrémité. C’est à la partie postérieure et supérieure de l’extrémité de ce même bulbe que se trouvent les glandes de Couper , placées devant la cloison membraneuse , et se distinguant facilement au toucher par leur dureté.

Pour compléter l’étude des parties vues de profil , on sépare un peu le péritoine qui recouvre la face antérieure de la partie inférieure du rectum, et on suit le canal déférent le long delà face externe delà séreuse , afin de trouver la vésicule séminale appuyée sur l’intestin ; au devant d’elle on voit la pi-o-

state, et au-dessus de celle-ci , la vessie collée contre la face postérieure des pubis. Après toutes ces préparations on rend la pièce propre à être étudiée, en insufflant un peu la vessie.

Dissection des organes génito-urinaires en général. La dissection sera maintenant continuée de manière à étudier quelques-unes des parties en place, et à les extraire ensuite du cadavre pour les disséquer et les étudier séparément, après les avoir étalées sur une planche. On commence par préparer les vaisseaux spermatiques , et à cet effet on s’assure de la po.sition du cordon , en tirant sur le testicule , et on l’isole de bas en haut, en commençant au-dessus de l’anneau inguinal interne ; on sépare peu à peu la veine de l’artère , et Ton dissèque chacun de ces vaisseaux vers le tronc qui lui donne naissance. L’artère étant très-grêle , sa préparation exige beaucoup de soin; avant de disséquer on s’assurera toujours de sa direction , en tiraillant le cordon. On dissèque ensuite Vureiére, qui du rein se porte à la vessie, en croisant la direction du cordon spermatique. On prépare au net les vaisseaux des reins et ceux des capsules surrénales, et Ton enlève de dessus ces organes la membrane adipeuse qui les enveloppe; on coupe l’aorte au-dessus de la naissance des artères rénales, et au-dessous de celle des artères spermatiques, et Ton divise la veine cave à la même hauteur.

Onincise ensuite superficiellement le scrotumsur le trajet du cordon spermatique , depuis Tanneau inguinal jusqu’à la partie inférieure de ce sac cutané. Dès que la peau est fendue, on aperçoit le durtos , que Ton met encore mieux à découvert, en disséquant en sens opposé les bords de l’incision. Quand le dartos est incisé lui-même, on voit la tunique fibreuse, que Ton peutsuivre en haut jusqu’au pourtour de Tanneau , et Ton s’assure de l’étendue de cette tunique, en l’insufflant par une petite ouverture que Ton y pratique. On observera en même temps que le testicule peut être facilement séparé du dartos et replié en haut avec le reste de ses tuniques ; si la même préparation a été faite du côté opposé, on voit ensuite que les deux testicules étaient enveloppés chacun par un dartos particulier, et Ton trouve entre eux la cloison du dartos. Pour voir le crémaster, on fend la tunique fibreuse et l’aponévrose du muscle oblique externe; on remarque alors comment les fibres musculaires de l’oblique interne et du transverse ont été entraînées par le testicule , en formant autour de lui des anses , qui deviennent surtout visibles au moment où -l’on tire sur lo cordon. Enfin, la tunique celluleuse se voit quand on a incisé le crémaster et les muscles oblique interne et transverse. On laissera encore intacte la tunique vaginale, qui sera examinée plus lard. En poursuivant le cordon spermatique à travers le canal inguinal , il faut user de précaution derrière Tanneau interne , où le canal déférent le quitte en changeant de direction. Ce canal sera poursuivi jusqu’à la vésicule séminale , que Ton reconnaît à sa couleur grisâtre et à sa demi-transparence.

On fait ensuite une incision transversale à la peau au devant des pubis , et Ton en dissèque un lambeau en haut et un autre en bas, pour arriver au ligament suspenseur de la verge, qui des pubis s’étend sur le dos de cet organe; après l’avoir étudié, on circonscrit le scrotum en continuant Tincision cutanée en bas, et en la faisant passer derrière Tamis, si

NOUVEAU MANUEL DE L’ANATüMlSTE.

les muscles du périnée n’avaieut pas été disséqués préalablement. Puis on détache les corps caverneux des branches de l’ischion, en portant le tranchant du scalpel le plus près possible de l’os. On sépare ensuite des parois abdominales une portion triangulaire du péritoine, dont le sommet correspond à l’ombilic et la base à la vessie , à laquelle ce lambeau restera attaché, en y laissant en même temps adhérer les restes ligamenteux de l’ouraque et des artères ombilicales. La vessie sera enfin séparée de la face postérieure des pubis jusqu’à l’angle sous-pubien.

Pour enlever maintenant la totalité des organes génitaux et urinaires, on divise la symphyse des pubis , si la coupe en profil n’a pas été préalablement exécutée, et on l’écarte en portant les cuisses dans l’abduction; puis on jelte en avant les reins, les capsules surrénales, l’aorte et la veine cave, et l’on suit avec le scalpel la concavité du sacrum et du coccyx, en tirant peu à peu en avant toutes les parties molles contenues dans le petit bassin , et en les renversant au dehors à travers l’écartement des branches pubiennes ; on achève enfin de couper des deu.x côtés les parties qui n’ont pas encore été divisées, et l’on emporte la préparation pour l’étaler sur une planche après l’avoir lavée. On continue ensuite la dissection après avoir insufflé la vessie, ce qui permet d’en mettreau netla tunique musculaire ; sa fece postérieure devra cependant rester recouverte du péritoine. Le rectum pourra être enlevé en entier, en divisant la peau du périnée au devant de l’anus ; par là on gagne l’espace nécessaire pour préparer les vésicules séminales et les canaux ejaculateurs, qui pénètrent la prostate par sa partie postérieure.

La glande prostate elle-même sera soigneusement préparée; mais à sa partie antérieure il faut travailler avec précaution , pour ne pas couper la portion membraneuse de l’urètre, et pour cela il vaut mieux introduire dans la vessie une sonde épaisse qui puisse guider dans la dissection : on aura soin aussi de rechercherpar le tact les glandes de Cowper, si elles n’ont pas déjà été mises à découvert. La dissection de la verge se fera facilement , en enlevant la peau , que l’on divise longitudinalement. Le canal de l’urètre pourra être séparé des corps caverneux, et on ne les laissera en rapport qu’à la partie anterieure.

Préparations spéciales a exécuter sur les organes GÉNITO-URINAIRES. Copsules Surrénales. On en reconnaît la cavité par l’insufflation , ou bien simplement par l’incision ;. c’est par ce dernier moyen que l’on fait écouler l’humeur brunâtre qu’elles renferment.

Reins. On les divise en deux moitiés au moyen d’une incision conduite le long du bord conve.xe, et qui pénètre profondément dans l’organe ; sur le profil de la coupe on voit alors les deux substances du rein ; profondément , vérs le hile , on aperçoit la poche membraneuse qui forme le bassinet, sa continuation vers le sommet des cônes pour former les calices, etc. En comprimant les cônes, on fait tomber des gouttelettes d’urine dans les calices. On séparera alors la membrane propre du rein de la substance de ce viscère, ce qui se fait très-facilement, et on la poursuit jusque dans le hile , pour voir comment elle se réfléchit dans l’intérieur. La structure <lu rein sera examinée au microscope ; on se facilite ces recherches par la macération et par les in jections. Les dernières, poussées dans les vaisseaux sanguins

du rein, passent avec facilité dans l’uretère ; en voulant une fois in jecter la veine cave inférieure , nous avons vu ressortir le jet de matière à injection par le canal de l’urètre. 6n conclut de ces faits que les vaisseaux sanguins se continuent directement avec les conduits de Ferrein et de Bellini , d’autant plus que l’on remarque alors assez souvent des conduits droits et injectés parmi les faisceaux que forment ces derniers. Mais un examen plus attentif nous a convaincu que ces vaisseaux injectés ne sont que des vaisseaux sanguins dont la direction est parallèle aux conduits de Bellini ; on voit distinctement s’en détacher des ramuscules à angle droit, et si l’injection pénétre dans le bassinet, c’est toujours par suite d’une rupture dont on ne manque pas de trouver les traces.

On reconnaît la forme intérieure des bassinets en prenant leur empreinte avec de la cire injectée par l’uretère. Les tuniques du bassinet et de l’uretère seront disséquées sur une portion de ce canal, ouverte et fixée sur une planche avec des épingles. La manière dont les uretères s’unissent à la vessie, sera examinée avec ce réservoir.

essie. Après en avoir étudié la conformation e.xtérieure, on l’ouvre longitudinalement par sa partie antérieure et supérieure,pour voir le trigonc,les orifices des uretères et la luette vésicale. Relativement aux orifices des uretères , on aura remarqué sur la vessie insufflée , que l’air ne passe pas de là dans ces canaux; mais en faisant l’expérience inverse, c’est-àdire en poussant de l’air des uretères dans la vessie, on verra que le passage s’en fait librement : cela tient au trajet oblique des uretères à travers les parois de la vessie, en sorte que si ce réservoir est distendu d’air ou d’urine, les parois des uretères sont appliquées les unes contre les autres , et forment une espèce de soupape. On mesurera la longueur de l'espace que les uretères parcourent entre les tuniques de la vessie, en y introdui.sant un stylet de haut en bas. Les tuniques de la vessie seront préparées sur un lambeau détaché de cette poche.

Testicules. Nous avons déjà indiqué la manière de disséquer les tuniques externes du testicule ; on reconnaitra l’étendue de la tunique vaginale, en l’insufflant d’air; puis on l’incise longitudinalement par sa face antérieure , pour voir comment elle se réfléchit sur l’épididyme pour tapisser le testicule. On incise ensuite la tunique albuginée par son bord inférieur, opposé à l’épididyme, pour examiner la substance du testicule, que l’on pourra dévider comme un peloton de fil; on ne tardera pas à rencontrer alors des conduits séminifères qui présentent des ramifications. En renversant les lambeaux de l’albiiginée incisée, on aperçoit quelques-uns de ses prolongements internes; mais pourvoir parfaitement toutes les cloisons qu’elle forme , il faut extraire lentement toute la substance du testicule . soit en la retirant avec des pinces fines, soit en la raclant avec le manche du scalpel; on rend ces cloisons plus apparentes par l’immersion du testicule dans l’alcool. Le corps d’Highmor sera étudié au moyen de deux coupes , l’une conduite suivant le bord inférieur du testicule et divisant l’organe en deux moitiés dans ce sens ; l’autre coupe sera verticale antéro-postérieure, de manière à séparer le tiers interne du testicule de ses deux externes : le corps d’ilighmor se voit sur le profil des coupes. Si l’on enlève toute la portion de l’albuginée opposée à l’épididyme et au corps d’iligh-

uior , mais sans intéresser la substance du testicule, et qu’on suspende cette pièce dans l’eau , en la fixant au conduit déférent, on pourra, après quelque temps de macération , dévider un grand nombre de vaisseaux séminifères, l’on verra alors comment ils sortent du testicule , en traversant le corps d’Highmor. En ajoutant un peu de potasse à l’eau dans laquelle on plonge le testicule , la séparation des vaisseauxséminifères peutétre obtenue plus promptement; mais alors il faut faire séjourner la pièce plus tard dans l’alcool, pour lui rendre la consistance dont l’alcali l’avait privée. La composition de Vépididyme , d’un seul canal replié sur lui-même à l’infini , sera démontrée par des in jections mercurielles, faites par le canal déférent. On se convaincra alors de la vérité de cette assertion, soit en observant la progression du métal , soit en divisant en travers l’épididyme,dont on ne verra alors ressortir le mercure que par un seul point. Avec un peu de patience on parvient à redresser une portion d’épididyme au moyen d’une aiguille , et à, évaluer ainsi sa longueur totale. On distingue les deux tuniques dont se compose le canal déférent , sur le profil d’une coupe transversale faite à ce canal.

Les vésictdes séminales seront étudiées par une coupe qui séparera leur face supérieure de leur face inférieure; pour développer leurs circonvolutions, on les remplit de matière à injection ordinaire par le canal déférent , on les soumet pendant quelque temps à la macération, et l’on achève avec l’instru ment tranchant le séparation des sinuosités.

Prostate. Les canaux excréteurs que l’on voit sur les côtés du vérumontanum, seront rendus plus apparents en plaçant des soies dans leurs orifices. Comme il importe pour l’opération de la taille de bien connaître les dimensions de la prostate , on en prend une idée exacte en la divisant par une série de coupes dirigées transversalement de haut en bas.

Corps caverneux. Quand les corps caverneux sont encore bien intacts, on fait une petite ouverture dans une de leurs racines, et l’on y pousse de l’air ou de l’eau ; on verra alors les deux corpi caverneux

se gonfler et se roidir, tandis que l’urètre et le gland resteront atfaisés. Pour examiner la structure de ces corps, on incise leur enveloppe, et l’on fait sortir le sang par la pression ou par des lotions répétées. Comparativement on examinera aussi des corps caverneux injectés et séchés, comme nous l’indiquerons dans notre huitième section.

Urètre. On a déjà vu dans la préparation des corps caverneux , que le tissu spongieux de l’urètre ne communiquepas avec eux; on peut faire la contreépreuve , en injectant d’eau le corps spongieux de l’urètre, au moyen d’un petit tube placé dans l’extrémité du bulbe; le gland se gonflera par le même moyen. Le corps spongieux interne ne peut bien être démontré que par les injections mercurielles. Pour examiner l’intérieur du canal ; on enlève soigneusement les corps caverneux, et l’on fend ensuite l’urèlre par sa face supérieure jusque vers la vessie, ce qui permettra aussi devoir le vérumontanum , si cette partie n’a pas encore été étudiée. Vers le commencement de la portion bulbeuse on trouve les canaux excréteurs des glandes de Covvper , que l’on rend plus apparents, soit en y introduisant des soies, soit en les injectant de mercure ; le métal remplit en entier ces glandes , et on le retient en place par une ligature jetée sur les canaux excréteurs. Les lacunes de Morgagni , dont les orifices sont obliquement dirigés en avant , sont visibles le long du canal de l’urètre , si l’on a de la peine à les trouver , on les reconnaîtra par le tact, en glissant une soie de porc ou un stylet fin d’avant en arrière sur la paroi inférieure du canal : ces instruments entreront dans les orifices , et ils y seront arrêtés. Les glandes sébacées et les papilles qui entourent le gland, seront visibles quand on aura détaché l’épiderme par la macération sur un pénis préalablement injecté. Pour prendre une idée exacte delà direction et des divers degrés de capacité du canal de l’urètre, on conseille d’y pousser du plâtre délayé dans de l’eau , ou bien de la matière à injection que l’on emploie pour les préparations à corrosion.

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