LA FACE
distribue au pavillon et au muscle postérieur de l’oreille; le postérieur, ou nerf occipital , donne des filets au muscle occipital, au splénius , à la peau , et s’anastomose avec le nerf grand occipital du deuxième cervical.
2) Le nerf stylo-hyoidien et 3) le nerf digastrique {.sous-mastoïdien) qui naissent par un tronc commun ; le premier donne des filets aux muscles de l’apophyse styloide , et s’anastomose avec le grand sympathique et avec le troisième nerf cervical. Le second donne des rameaux au ventre postérieur du digastrique , qu’il traverse , puis il s’anastomose avec le nerf laryngé du pneumo-gastrique et avec le glosso-pharyngien à sa sortie du crâne.
Bientôt après avoir fourni ces rameaux , le tronc du facial se divise en deux branches.
1) Branche siqiérieure ou tenqmro- faciale. Elle se sous-divise en sept ou huit rameaux, qui s’anastomosent fréquemment entre eux, et dont l’ensemble est connu sous le nom de patte-d’oie. Ces rameaux sont : (1) les rameaux temporaux, au nombre de deux ou de trois, un postérieur , un moyen et un antérieur. Après avoir donné de filets à la glande parotide , ils passent dans la tempe par-dessus l’arcade zygomatique, et s’étendent jusqu’au sommet de
la tête et au front ; ils se perdent dans les muscles antérieur et supérieur de l’oreille , le temporal , le frontal , l’orbiculaire des paupières et dans les téguments. Dans leur trajet ils communiquent entre eux et avec le nerf temporal superficiel du maxillaire inférieur, avec l’auriculaire du troisième cervical, avec le malaire du maxillaire supérieur, avec le rameau temporal du même nerf et avec le frontal : un de ces rameaux perce l’aponévrose temporale et s’anastomose avec les temporaux profonds. (2) Rameaux malaires, au nombre de deux; ils passent par-dessus l’os de la pommette, et se dirigent, l’un vers la région orbitaire supérieure , l’autre vers sa partie inférieure , en se distribuant aux muscles orliiculaire des paupières , grand et petit zygomatiques, canin, releveur delà lèvre supérieure, etc. , et dans les téguments : ils s’anastomosent avec le nerf frontal, le sous-trochléateur, le malaire du maxillaire supérieur et le sous-orbitaire. (3) Rameaux buccaux , au nombre de trois, distingués en sujjérieur, en moyen et en inférieur ; ils passent en avant sur le masséter et arrivent jusqu’au nez et aux deux lèvres : ils donnent des filets aux muscles buccinateur, zygomatiques, canin, releveurs de la lèvre supérieure, orbiculaire de la bouche , abaisseurs de la lèvre inférieure et aux téguments; ils s’anastomosent entre eux et avec les malaires , la branche cervico-faciale , le sous-orbitaire , le buccal et le mentonnier.
2) La branche inférieure ou cervico-faciale descend derrière la branche de la mâchoire , et arrivée à l’angle de cet os, elle se divise en deux branches ; (1) la branche sus-maxillaire, qui longe le corps de la mâchoire inférieure et se divise elle-même dès son origine en deux rameaux : le premier, appelé nerf angtüaire, se dirige vers l’angle de la bouche , donne des filets aux muscles et aux téguments de cette partie, et communique avec les nerfs sous-orbitaire , buccal et mentonnier ; le second rameau est le nerf marginal, qui s’avance vers le menton , le long de la mâchoire inférieure ; il se distribue aux muscles masséter et buccinateur, aux abaisseurs de la lèvre inférieure et aux téguments , et communique avec les nerfs angulaire , mentonnier et cutané supérieur du cou (2). La branche sous-maxillaire ou le nerf cutané supérieur du cou ; elle se divise en deux ou trois rameaux , qui rampent sons le peaucier et s’anastomosent avec les rameaux voisins du facial , avec le nerf mentonnier et avec le cutané moyen du cou, fourni par le troisième cervical.
2o. Nerf temporal superficiel. Ce nerf, fourni par le maxillaire inférieur , contourne le col de la mâchoire et passe à la partie postérieure de la tempe, par-dessus l’arcade zygomatique, en accompagnant l’artère temporale ; il donne des filets au conduit auditif et au pavillon de l’oreille, communique en arrière avec le nerf occipital du deuxième cervical et en avant avec les rameaux temporaux du facial.
3o. Nerfs frontaux. Ces nerfs, au nombre de deux , sont fournis par l’ophthalmique de Willis ; le grand frontal sort de l’orbite par la gouttière ou le trou sus-orbitaire , se distribue au front et s’anastomose avec les nerfs temporaux et malaires ; petit frontal sort de l’orbite entre le trdu*orbitaire supérieur et la poulie du muscle grand oblique , et com-
munique avec le grand frontal , le sous-trochléateur et les nerf temporaux.
4°. Nerf so6s-trociiléateur ou nasal externe. Branche du nerf nasal de l’ophthalmique, ce nerf passe sous la poulie cartilagineuse du muscle oblique supérieur, arrive dans l’angle interne de l’œil et s’anastomose avec le frontal, le sous-orbitaire et le facial.
5°. Nerf malaire ou sous-cutané de la pommette. Petit rameau du nerf maxillaire supérieur, qui traverse le trou que l’on remarque à l’os de la pommette ;il s’anastomose avec les branches temporales et malaires du facial.
6». Nerf sous-orbitaire. Ce gros faisceau nerveux est la continuation du maxillaire supérieur, qui entre dans la face en traversant le trou sous-orbitaire ; il fournit des rameaux palpébraux inférieurs trèsfins, qui vont jusqu’au bord libre des paupières, des rameaux labiaux , qui se distribuent à la peau et aux muscles de la lèvre supérieure, et des rameaux nasaux, qui s’anastomosent avec les filets du facial , avec ceux du sous-trochléateur et avec le nasolobaire , petit filet du nerf nasal , qui sort du nez entre l’os propre du nez et le cartilage de l’aile.
7o. Nerf buccinateur. Fourni par le nerf maxillaire inférieur; il passe dans la joue entre les mu.scles buccinateur et masséter, donne des filets au premier de ces muscles et .s’anastomose avec les rameaux buccaux du facial.
8o. Nerf dentaire inférieur ou mentonnier. Il est fourni par le maxillaire inférieur, et sort par le trou mentonnier pour se distribuer aux muscles de la lèvre inférieure et s’anastomoser avec les filets de la branche inférieure du facial et avec les buccaux.
Préparation. Le tro7ic du nerf facial étant profondément placé dans l’épaisseur<le la glande parotide , et ses branches se ramifiant dans cette glande, on ne peut pas arriver du premier coup jusqu’à lui ; il est vrai qu’on pourrait le mettre à nu par une incision profonde de six lignes environ , faite au devant de l’apophyse mastoide ; mais on risquerait par là de couper le nerf auriculaire postérieur : nous préférons donc de commencer la dissection par la recherche de la branche inférieure du facial. Pour cela on fait le long du bord de la mâchoire inférieure une incision superficielle, qui s’étend jusque vers la pointe de l’apophyse mastoide, et une incision verticale le long de la partie latérale du cou. On dissèque les lambeaux de peau , pour mettre à découvert le muscle peaucier : on remarque à travers ce plan musculeux quelques filets nerveux dutroi.sième cervical, qui montent vers l’oreille; on suit ces filets de bas en haut , en coupant le peaucier en travers sur leur trajet : l’un de ces rameaux pénètre entre les grains de la parotide, et s’y anastomose avec la branche inférieure du facial, que l’on reconnait de suite à sa direction, en tirant un peu sur elle. C’est ce rameau du facial que l’on suit en arrière, en enlevant peu à peu les grains de la parotide , jusqu’à ce qu’on soit arrivé au tronc du nerf. Ou bien encore , après avoir enlevé superficiellement la peau qui recouvre la partie postérieure de la mâchoire inférieure , on
ilislinj^iie à travers la couche cellulaire soiis-culanée quelques filets du lacial, que l’on poursuit en arrière dans la glande; on parvient plus facilement à reconnaître ces filets si l’on fait glisser la couche sous-cutanée sur les parties profondes. Quoi qu’il en soit , le tronc du facial étant mis à découvert , on travaille dans l’épaisseur de la parotide dans une direction opposée, c’cst-à-dire d’arrière en avant, en poursuivant peu à peu les branches nerveuses, en renversant la glande parotide en avant et en l’enlevant enfin en entier. En mettant à nu le tronc du facial , il faut surtout ménager le nerf auriculaire postérieur, qui s’en détache dès sa sortie du trou stylomastoïdien , et qui est quelquefois assez profondément situé. Si l’on avait de la peine à trouver ce rameau , on parviendrait à le découvrir en suivant les filets des nerfs cervicaux , qui montent sur l’apophyse raastoïde , et dont l’un s’anastomose avec l’auriculaire postérieur ; on tire de temps en temps sur ces nerfs pour en reconnaître d’avance la direction.
A mesure que l’on met à découvert les ramifications du facial , on récline la peau de la face vers la partie antérieure, ce qui est facilité par une incision
verticale au devant de l’oreille , et une autre qui de la partie antérieure de l’oreille, va par-dessus l’apophyse zygomatique à l’angle externe de l’œil. On conçoit que ces incisions de la peau doivent être très-superficielles.
On suivra ainsi les rameaux du facial et ceux des autres nerfs qui se distribuent dans la face , et que nous avons énumérés. Parmi ceux-ci on a souvent de la peine à trouver le rameau malaire du maxillaire supérieur, parce qu’il est très-fin et que le trou nialaire n’est pas toujours à la même place : si l’on ne trouve pas de suite ce nerf, on cherche d’abord le trou , en faisant glisser les parties molles sur l’os de la pommette avec l’extrémité des pinces; après avoir tâtonné un peu , on sentira bientôt le trou , et celui-ci une fois trouvé , on le met à découvert pour apercevoir le petit nerf qui en sort. Pour distinguer le temporal superficiel du maxillaire inférieur des temporaux du facial, on se rappellera que le premier est situé plus en arrière , tout près de l’artère temporale, et en tirant sur lui, on verra qu’il contourne le coLde la mâchoire , au lieu de s’unir an facial autrement que par des anastomoses.