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CHAPITRE IV

NEUFS DE e’oEIL.

Les nerfs qui se distribuent aux parties contenues dans l’orbite, sont : l» le nerf optique; 2° le nerf oculo-moteur ; 3o Je nerf pathétique ; 4° Vophthalmique de IVillis; 5» le nerf abducteur; auxquels il faut encore ajouter ; fi" le (jauglion ophikalmique.

I». Nerf optique ou df, la 2'' paire. Nés des tubercules quadrijumeaux antérieurs et des corps genouillés externes, les nerfs optiques contournent les cuisses du cerveau , se rapprochent l’un de l’autre, s’entre -croisent en partie, et après s’êlre de nouveau séparés , pénètrent chacun dans une orbite en traversant le trou optique. Le nerf optique se porte directement vers le globe de l’œil , enveloppé par une forte gaine fournie par la duremère ; cette gaine le quitte pour s’unir à la sclérotique ; le nerf lui-méme traverse cette membrane et la choroïde , et se distribue dans la rétine.

2o. Nerf oculo-moteur commun ou de la âi" paire. Il liait de la partie interne de la cuisse du cerveau , dans la substance noire qui s’y trouve , et pénètre dans l’orbite par la fente sphénoïdale , après avoir chemine, conjointement avec le nerf pathétique et l’ophlhalmiqiie, pendant l’espace de deux lignes, dans un canal de la dure-mère, qui forme la paroi externe du sinus caverneux. Le nerf passe sous l’ophthalmique , se dirige en dehors et se divise en deux branches : 1) la branche supérieure , plus petite, passe par-dessus le nerf optique et se perd dans les muscles droit supérieur et releveur de la paupière supérieure; 2) la branche inférieure , plus volumineuse, passe au-dessous du nerf optique et se divise en trois rameaux ; Vinterne va dans le muscle droit interne ; le moyen se distribue dans le droit inferieur; Vexterne , plus long que les autres , fournit la courte racine du ganglion ophthalmique , situé

en dehors du nerf optique ; il se perd ensuite dans le muscle petit oblique.

3n. Nerf pathétique ou de la 4'" paire. Il naît de la partie postérieure des tubercules quadrijumeaux postérieurs , sur les côtés de la valvule de Vieussens, et contourne la protubérance annulaire. Arrivé h l’apophyse clinoïde postérieure , il s’engage dans un long canal de la dure-mère , pratiqué dans la paroi externe du sinus caverneux; il y va conjointement avec roculo-moleur et l’ophthalmique, placé entre ces deux nerfs et fortement uni au dernier, avec lequel il communique quelquefois par des filets. Plu.s lard il se place au-dessus de l’ociilo- moteur , entre dans l’orbite parla fentesphénoïdale, et se perd dans le muscle grand oblique.

4o. Nerf ophthalmique de Willis. 11 est fourni par le nerf trijumeau ou de la !')<■ paire, qui liait dans l’intérieur du pont de Yarole et de l’inlervalle des corps olivaircs et restiformes, se détache du cerveau sur les côtés de la protubérance annulaire, sous la forme de deux faisceaux, un antérieur plus grêle et un postérieur plus gros, qui s’engagent vers le bord supérieur du rocher dans une gaine que leur forme la dure-mère. Là le gros faisceau du nerf trijumeau forme un renflement con.sidérable , appelé ganglion semi-lunaire ou de Gasser, dont partent trois branches : l’anlérieure, horizontale, e.st V ophthalmique de faillis; la moyenne est le maxillaire supérieur ; l’inférieure est le maxillaire inférieur. Le petit faisceau , au contraire, s’applique sur la face interne du ganglion et se continue directement avec le nerf maxillaire inférieur.

L’ophthalmique de Willis .se porte en avant, toujours recouvert par la dure-mère, et logé dans la paroi externe du sinus c-averneux avec les nerfs de

la troisième et de la quatrième paire. Dès son origine le nerf envoie dans la tente tlu eervelet un filet rétrograde décrit par Arnold. Bientôt après le ganglion cervical supérieur lui envoie un petit filet, qui rampe sur l’artère carotide; puis le nerf ophthalmique se divise en trois branches, qui pénètrent dans l’orbite par la fente sphénoïdale, et qui sont le nerf frontal, le nerf nasal et le lacrymal.

1) Nerf frontal. Il est la plus forte branche de l’ophthalmique , et se dirige en avant le long de la paroi supérieure de l’orbite. Bientôt il se sous-divise en deux branches , dont l’externe , plus volumineuse, nerf yrand frontal ou frontal externe, sort de Torbite par le trou orbitaire supérieur; ce nerf se distribue dans les muscles sourcilier, orbiculaire des paupières {^nerf palpébral supérieur externe) et frontal , et dans les téguments , et s’anastomose avec le petit frontal et les rameaux temporaux du facial. Le rameau interne, nerf petit frontal, frontal interne ou sns-trocliléateur, donne des rameaux qui se distribuent dans la paupière supérieure , et un autre qui s’anastomose avec le nerf sous-trochléateur du nasal ; puis il sort de l’orbite entre la poulie cartilagineuse et le trou sus-orbitaire , et se perd dans les muscles sourcilier, orbiculaire (?ierf palpébral supérieur interne) et frontal , et s’anastomose avec le grand frontal, le sous-trochléateur et le facial.

2) Nerf nasal. Placé plus bas et plus en dedans que le frontal ; en entrant dans l’orbite , il traverse l’extrémité postérieure du muscle droit externe, reçoit quelquefois un filet très-grêle du ganglion cervical supérieur , et donne la loiujue racine du ganglion ophthahnùptc.he nerf nasal passe alors au-dessus du nerf optique, et fournit là quelques nerfs ciliaires, qui vont le long du côté interne du nerf optique et percent la scléroiique pour se ramifier sur la choroïde. Le nerf nasal se divise ensuite en deux rameaux ; (1) le nasal interne entre dans le trou ethmoïdal antérieur, pénètre dans la fosse nasale par la fente située à la partie antérieure de la gouttière ethmoïdale, près de l’apophyse crista galli, et se divise en deux filets ; l’un se perd dans la membrane pituitaire, l’autre {nerf naso-lobaire) s’avance le long de la face postérieure de l’os propre du nez , passe entre le bord inférieur de cet os et le cartilage latéral du nez , et se perd dans les téguments de l’aile. (2) Le rameau nasal externe ou sous-trochléateur s’avance le long de la paroi interne de l’orbite , s’anastomose en avant avec un filet du petit frontal , sort de l’orbite au-dessous delà poulie cartilagineuse, se distribue aux muscles et à la peau qui avoisinent l’angle de l’œil , et s’y anastomose avec des filets du grand et du petit frontal, du sous-orbitaire et du facial.

3) Nerf lacrymal. Il est la plus externe et la plus grêle des branches de l’ophthalmique. Ce nerf s’avance le long de la paroi externe de l’orbite et se divise en deux rameaux , dont l’interne va en avant pour se perdre dans la glande lacrymale , et dont l’externe communique avec le nerf malaire du maxillaire supérieur, et passe avec lui dans la face en traversant le trou malaire. Celte communication se fait tantôt dans l’orbite et d’autres fois dans l’épaisseur de l’os de la pommette.

5“. Nerf ABDUCTEUR , moteur externe ou DE LA C<'

DAiRE. Il liait de la moelle allongée entre la pyramide

et l’olive , s’avance le long de l’apophyse basilaire , traverse la dure-mère derrière l’apophyse clinoïde postérieure et entre dans le sinus caverneux ; de là il se dirige en avant, au côté externe de l’artère carotide , en s’unissant à un ou deux filets du ganglion cervical supérieur, qui accompagnent l’artère, et qui y forment quelquefois un Tpeùt ganglion , appelé caverneux. Le nerf entre ensuite dans l’orbite par la fente sphénoïdale, traverse l’extrémité postérieure du muscle droit externe avec le nerf oculo-raoteur et le nasal , et se termine dans ce muscle droit externe , en y pénétrant par sa face interne.

6". Ganglion ophthalmique ou lenticulaire (1). Très-petit , irrégulièrement carré , rougeâtre , situé au côté externe du nerf optique. En arrière il communique par sa courte racine avec la branche inférieure de Toculo-moteur et par sa longue racine avec le nerf nasal; on trouve en outre un filet extrêmement fin, qui l’unit au ganglion cervical supérieur, et qui accompagne l’artère carotide et Tarière ophthaîmique. En avant ce ganglion donne naissance à quinze ou vingt nerfs c2Vîaïrc.s, divisés en deux paquets , placés Tun au-dessus, Tautre au-dessous du nerf optique ; ces nerfs , arrivés au globe de Tœil, percent la sclérotique, rampent entre elle et la choroïde , et parvenus au cercle ciliaire , ils s’y divisent chacun en deux filets, qui y forment un réseau inextricable , dont partent probablement des rameaux qui se distribuent dans les procès ciliaires et l’iris.

Préparation. Eahes aux téguments de la tête une incision dirigée d’avant en arrière , commençant à un demi-pouce au-dessus de la racine du nez, et se terminant à la protubérance occipitale externe. Disséquez les lambeaux des parties molles de chaque côté , en les abaissant peu à peu et sans y faire une incision cruciale. Quand vous serez arrivés au muscle temporal , détachez-le exactement des os , et laissez-en la partie externe recouverte par la peau. Par là vous avez gagné l’espace nécessaire pour enlever la calotte du crâne, tout en ménageant les parties molles de la tête , où se rendent des nerfs qui seront à examiner plus tard. Le crâne éfantscié, enlevez le cerveau , comme nous l’avons indiqué en parlant de cet organe ; mais laissez en rapport avec la base du crâne des bouts de nerfs assez longs pour pouvoir être aisément retrouvés dans la suite.

Attachez des fils au.x extrémités postérieures des nerfs de la deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième paire, afin de pouvoir les manier aisément sans être obligés de les loucher eux-mêmes avec les pinces. Enlevez la dure-mère qui recouvre la fosse orbitaire, en la réclinant d’avant eu arrière; mais il faut user de précaution quand vous serez arrivés à la partie postérieure du bord externe de cette fosse orbitaire , parce qu’il y a dans cet endroit quelques nerfs renfermés dans des duplicatures de la dure-mère.

Pratiquez un trou dans le plancher de Torbite au moyen du ciseau et du marteau , agrandissez-le de manière à enlever peu à peu tout le plancher orbi-

(1) Quoique quelques auteurs disent que ee ganglion existe constamment, mon père î’a vu manquer une fois; les iicris ciliaires , dans ne cas, provenaient en grande partie de l’oculümoteur ; le nasal eu fournissait quelques-uns.

taire , et à avoir une ouverture à peu près triangulaire; cependant ne vous rapprochez pas trop de la lame criblée de l’ethinoïde, de crainte de détruire le nerf nasal, et n’enlevez les esquilles osseuses au bord externe de l’orbite qu’avec précaution , parce que le nerf lacrymal est souvent adhérent aux os. Le plancher de l’orbite, près du nerf optique, ne sera enlevé que par petites esquilles , sans quoi l’on risque de briser d’un seul coup toute la portion du sphénoïde qui entoure le trou optique, et qu’il serait alors difficile d’enlever sans endommager le nerf.

Enlevez la dure-mère qui recouvre le tronc de la cinquième paire , de manière à mettre à découvert le ganylion de Gasser, et isolez un peu les trois branches qui en partent. Poursuivez ensuite le trajet des nerfs de la troisième et quatrième paire et de la branche ophthalmique delà cinquième, en enlevant peu à peu la dure-mère qui les recouvre, et en tirant de temps en temps sur les nerfs pour vous assurer d’avance de leur direction ; la quatrième paire surtout exige beaucoup de précaution , parce qu’elle parcourt un long espace dans une duplicature de la dure-mère. La branche lacrymale de l’ophthalmique risque aussi d’être divisée, si l’on ne tâche pas de la découvrir en travaillant tantôt d’avant en arrière et tantôt d’arrière en avant; on se souviendra qu elle est très-superficiellement située au bord externe de l’orbite. Si l’on voulait rechercher les nerfs que la tente du cervelet reçoit de l’ophthalmique de Willis, il faudrait faire cette préparation sur une tête où l’on aurait laissé la tente intacte, et où l’on n’enleverail la dure-mère sur le trajet de l’ophthalmique que peu à peu et par lames très-minces.

Le nerf de la sixième paire sera mis à découvert en enlevant la dure-mère en dehors et en arrière du

sinus caverneux. Il ne faut pas détacher entièrement la sixième paire de dessus la carotide où elle passe, pour ne pas diviser les rameaux de communication avec le ganglion cervical supérieur, qui seront disséqués avec le nerf maxillaire supérieur.

Les muscles de l’œil resteront en rapport avec le nerf optique , qui est embrassé en arrière par une zone aponévrotique , formée par leurs attaches réunies; mais on fendra cette aponévrose sur le trajet des nerfs qui traversent l’extrémité postérieure du droit externe. C’est dans cet endroit qu’il faut encore disséquer avec précaution , pour ne pas endommager les racines du ganglion ophthalmique , que l’on recherchera de suite , ainsi que le ganglion lui-même; avant que de passer plus loin, on poursuit les deux paquets de nerfs ciliaires jusqu’au globe de l’œil , sans encore isoler pour le moment les nerfs individuels qui les composent, et qui seraient facilement déchirés dans le eours de la préparation. Si l’on avait de la peine à trouver directement le ganglion ophthalmique , il serait facile d’y arriver en poursuivant en arrière le paquet supérieur des nerfs ciliaires.

Les filets qui exigent eneore quelques précautions dans la dissection , sont le 7ierf sous-trochléateur , le 7ierf ciliaire du nasal et le rameau malaire du lacrymal; le reste de la préparation se fait aisément, en enlevant peu à peu toute la graisse et les vaisseaux sanguins qui entourent les muscles et les nerfs, et en suivant ces derniers avec les ciseaux jusqu’à leur destination.

C’est en étudiant l’œil que l’on examine ordinairement la dernière distribution des nerfs ciliaires et celle du nerf optique.

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