‹ Nouveau manuel de l'anatomisteChapitre 9 sur 137 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

os DES MEMBRES INFÉRIECRS.

lo. Os innominés ou coxaux.

Ces os, larges, irréguliers, forment les parties latérales et antérieures du bassin; nous les examinerons d’abord individuellement, et nous les considérerons ensuite dans les rapports qu’ils ont tant entre eux qu’avec le sacrum et le coccyx , avec lesquels ils forment le bassin.

L’os innominé est composé dans le foetus et dans l’enfant de trois pièces séparées ; l’os des îles ou os iliaque, situé en haut, en forme la partie postérieure et la plus volumineuse; Vischion, placé en bas, et le 2mhis , dirigé en avant. Dans l’adulte ces trois os sont unis, en sorte qu’ils doivent être décrits ensemble.

La face externe de l’os innominé présente en arrière et en haut une surface large, concave en arrière, convexe en avant, et appartenant à l’ilion. On y remarque deux lignes très-peu saillantes , dirigées en bas et en avant, appelées lignes courbes supérietire et inférieure ; elles forment la limite des attaches des muscles fessiers qui s’insèrent à la face externe de l’os. Au devant de cette surface on voit \a cavité cohjloïde, profonde, arrondie, recouverte, dans une grande partie de son étendue , d’un cartilage lisse. Cette cavité articulaire est entourée par un rebord très-saillant en arrière , et interrompu en bas et en avant, où il présente une large échancrure; la partie inférieure et interne de la cavité cotyloïde est creusée d’une fossette étendue , qui n’est pas recouverte de cartilage et qui sert surtout à loger l’appareil synovial. Au devant et un peu au-dessous de cette cavité on trouve le trou ovalaire, obturateur ou sous-jmbien.

La face interne de l’os innominé est divisée en deux portions par une ligne saillante horizontale , appelée ligne innommée, et qui fait partie du détroit supérieur du bassin. La portion postérieure et supérieure de l’os est inclinée en dehors , en haut et en arrière; elle présente une surface concave, lisse, appelée fosse iliaque ; en bas et en arrière on voit une autre surface , dirigée en dedans , rendue inégale par des attaches ligamenteuses , et sur laquelle on remarque en avant une grande facette réniforme , qui sert à l’articulation de cet os avec le sacrum. La portion inférieure de la face interne est concave et dirigée en dedans et en arrière ; elle fait partie de Vexcavation pelvienne , et on y remarque le trou ovalaire comme à la face externe.

La portion d’os placée au côté interne du trou ovalaire est le corps du pubis; celle qui forme la partie supérieure de ce trou est la branche horizontale du qmbis qui se porte en dehors , en s’élargissant, pour concourir à la formation de la cavité cotyloïde : sa face interne contribue à la formation (hx détroit sujiérieur du bassin A la partie supérieui'e et moyenne du corps du pubis on remarque un tubercule dirigé en avant, appelé épine du jyubis; sur le bord intérne de ce corps on voit une facette articulaire par laquelle il s’unit à l’os du côté opposé. La partie inférieure du corps de cet os donne naissance à la branche descendante du pubis, qui se

continue sans ligne de démarcation visible avec la branche ascendante de l’ischion; ceVle dernière forme le bord inférieur et interne du trou ovalaire; elle se contourne ensuite en arrière et en haut , pour s’unir au corps de l’ischioti. Ce dernier se continue en haut avec la partie antérieure et inférieure de l’ilion , où il forme la partie postérieure et inférieure de la cavité cotyloïde, en donnant en arrière une apophyse épaisse et pointue , appelée épine de l’ischion; il descend de là sous le nom de branche descendante de l’ischion, et forme enfin, avant de donner la branche montante, la grosse tubérosité sciatique dirigée en bas et un peu en arrière. Entre la tubérosité et l’épine on voit la jietite échancrure sciatique; au-dessus de cette épine commence la grande échancrure sciatique, qui se prolonge jusqu’au bord inférieur de l’ilion. L’os des iles présente en haut un bord épais, appelé crête iliaque, à laquelle on distingue une, lèvre externe et une lèvre interne ; en avant, ce bord se termine par une saillie appelée épine iliaque antérieure et supérieure ; au-dessous d’eWe on voit une petite échancrure, au bas de laquelle se trouve Vépine iliaque antérieure et inférieure., située au-dessus de la cavité cotyloïde , et se continuant en bas et en dedans avec la branche horizontale du pubis. La partie postérieure de la crête iliaque devient très-épaisse et prend le nom de tubérosité de l’os des iles; celte tubérosité se termine en bas et en arrière dans Vépine iliaque postérieure et supérieure , au-dessous de laquelle on trouve une légère échancrure, suivie plus bas par Vépine iliaque postérieure et inférieure. Après cette épine on voit de nouveau la grande échancrure sciatique, que l’on nomme aussi quelquefois échancrure iliaque inférieure , en l’opposant à Véchancrure iliaque supérieure qui sépare les deux épines postérieures de cet os.

Bassin. Le bassin est une cavité osseuse, limitée en avant et .sur les côtés par les deu.x os innominés, et en arrière par le sacrum et le coccyx. On distingue , dans le bassin , deux portions ; savoir : le grand bassin et \e petit bassin , séparés par le détroit supérieur. Nous décrivons ici plus spécialement le bassin chez la femme.

Le grand bassin est évasé ; il est formé par les deux fosses iliaques , qui se dirigent en haut et en dehors ; en arrière il est limité par la colonne lombaire; en avant il est ouvert, et en bas il se continue avec le petit bassin.

Le détroit supérieur du bassin est limité en arrière par l’angle sacro-vertébral; sur les côtés, par la ligne innominée; en avant par la branche horizontale et par le corps des pubis. Ce détroit supérieur est plus large transversalement que d’avant en arrière; on y distingue trois diamètres : V antéro-postérieur se mesure de l’angle sacro-vertébral à la face interne de la symphyse des pubis : dans une femme bien conformée il a quatre pouces; le transversal se dirige d’une ligne saillante de l’ilion à l’autre , un peu plus près du sacrum que du pubis : il a cinq pouces. Le diamètre oblique passe de la symphyse

sacro-iliaque d’un côté à la partie supérieure de la paroi interne de la cavité cotyloïde du côté opposé ; il a quatre pouces six lignes.

he petit bassin, ou excavation pelvienne , est plus spacieux que le détroit supérieur qui y conduit ; en arrière il est borné par la surface concave du sacrum ; sur les côtés, par le bord inférieur de l’ilion, l’échanerure sciatique , le corps et l’épine de l’ischion , et par les ligaments sacro-sciatiques; en devant, par le corps des pubis et par le contour du trou ovalaire. De toutes ces parois du petit bassin la postérieure est la plus longue et l’antérieure la plus courte. On y distingue également trois diamètres, un antéro-postérieur, un transversal et deux obliques; ces derniers sont les plus longs. L'excavation pelvienne se termine en bas par une ouverture plus rétrécie, appelée détroit inférieur.

Ce détroit inférieur est plus rétréci que le supérieur; il est borné en arrière par le coccyx; en arrière et de côté par les ligaments sacro-sciatiques; en avant et de côté par les tubérosités sciatiques ; en avant par les branches descendantes des pubis , qui forment entre elles un angle de cent degrés environ , appelé arcade pubienne ou sous-pubienne. On distingue au détroit inférieur le diamètre antéropostérieur, qui s’étend de l’extrémité du coccyx à la partie supérieure de l’arcade pubienne; il a quatre pouces, et peut acquérir huit à dix lignes de plus par la mobilité du coccyx : le diamètre transverse va d’une tubérosité de l’ischion à l’autre; il a à peu près quatre pouces, ainsi que les deux diamètres obliques qui s’étendent de la tubérosité sciatique d’un côté , au milieu du ligament sacrosciatique de l’autre.

On nomme axes du bassin, des lignes imaginaires qui passent par le centre des détroits, et qui présentent des inclinaisons sur l’axe du corps qui , du sommet de la tête , tombe perpendiculairement entre les deux pieds; Vaxe du détroit supérieur se dirige en bas et en arrière; il passe du nombril par le centre du détroit supérieur jusqu’au coccyx : Vaxe du détroit inférieur est presque parallèle à l’axe du corps ; il commence à l’angle sacro-vertébral et passe par le centre du détroit inférieur.

Dans l’homme , le bassin est en général moins ample que dans la femme; les liions ont une direction plus verticale, le sacrum est moins large, l’arcade sous-pubienne forme un angle aigu , en sorte qu’on lui donne de préférence le nom d'angle souspubieti .

2". Fémur.

Le fémur est parmi les os longs le plus considérable du corps humain. Son extrémité supérieure présente une tête volumineuse, qui s’articule avec la cavité cotyloïde du bassin , et qui offre en dedans et en bas de son milieu une fossette dans laquelle s’attache le ligament rond. Cette tête est supportée par un col court et cylindrique, qui s’unit à angle obtus au corps de l’os. Près de l’endroit où ce col se continue avec le corps, on remarque deux tubérosités ; l’une , placée en dehors , appelée grand trochanter, est très-considérable : on trouve entre ce grand trochanter et le col du fémur une fossette appelée cavité trochantérigue ou digitale; l’autre tubérosité est plus petite et placée plus bas, en

dedans et en arrière : elle porte le nom de petit trochanter.

Le corps du fémur est irrégulièrement cylindrique , un peu courbé , de manière à présenter sa convexité en devant, plus épais en haut et en bas que dans son milieu. Le long de la partie postérieure du corps de l’os on remarque une crête considérable, appelée ligne âpre, qui commence en haut aux deux trochanters , mais surtout au grand. C’est près de la ligne âpre du fémur que l’on trouve vers le milieu de l’os un ou plusieurs trous nourriciers .

L’extrémité inférieure du fémur est très-volumineuse, on y remarque sur les côtés deux condyles, un interne un peu plus long, et un externe, recouverts de cartilage et représentant ainsi une surface articulaire en forme de poulie. On trouve sur la partie latérale du condyle correspondant , la tubérosité interne et la tubérosité externe , peu saillantes, et donnant attache à des muscles et à des ligaments.

3“. Os de la jambe.

Ils sont au nombre de trois, savoir : la rotule, le tibia et \e péroné.

1) Rotule. La rotule est un os cotirt et irrégulièrement lenticulaire, placé à la partie antérieure du genou.

Sa face antérieure est convexe et inégale ; sa face postérieure est lisse, recouverte de cartilage, divisée par une saillie verticale en deux facettes , dont l’externe , légèremeut concave , est plus large que l’interne, qui est plane ou même convexe; les deux bords latéraux sont mousses ; l’extrémité supérieure est arrondie, l’inférieure forme un angle assez saillant.

2) Tibia. Os long, prismatique, occupant la partie antérieure de la jambe.

L’extrémité supérieure du tibia est Irès-épaisse; elle présente en haut deux facettes articulaires légèrement concaves, improprement appelées condyles du tibia; ces facettes, dont l’une est interne, l’aulre externe, sont séparées par une crête peu saillante ejue cfuelques anatomistes modernes appellent épine du tibia, dénomination cjue l’on donne ordinairement à une autre partie : en avant et en arrière de cette crête on remarque une petite fossette dans laquelle s’insèrent des ligaments. Les condyles eu.x-mêmes sont supportés par des éminences notables appelées tubérosités du tibia; à la partie inferieure de la tubérosité externe on voit en dehors et en arrière une petite facette pour l’articulation de la tête du péroné. A deux travers de doigt environ au-dessous des condyles on remarque sur le bord antérieur de l’os une tubérosité, appelée épine du tibia.

Le cotps du tibia a la forme d’un prisme triangulaire; la face interne est obliquement dirigée en avant, elle est lisse et convexe; la face externe est inégale et un peu concave en haut ; la face postérieure est rendue inégale par une ligne saillante qui descend sur elle; on y remarejue le trou nourricier. Le bord antérieur est aussi appelé crête du tibia; le bord interne est arrondi ; le bord externe

est plus tranchant et donne attache au ligament interosseux .

L’extrémité inférieure présente à sa partie interne une apophyse considérable , dirigée en bas , appelée malléole interne ; la faee interne de cette apophyse est rugueuse , l'externe est lisse , reeouverte île cartilage, et se continue à angle droit avec la surface articulaire qui recouvre l’extrémité inférieure du tibia : cette dernière est quelquefois partagée d’avant en arrière en deux moitiés par une ligne légèrement saillante. La face externe de l’extrémité inférieure du tibia est un peu concave, pour s’articuler avec le péroné. La face postérieure présente près de la malléole interne une gouttière pour le tendon du muscle tibial postérieur.

3) PÉRONÉ. Le péroné est un os long, peu épais, situé à la partie externe et postérieure de la jambe.

L’extrémité supérieure ou tâte du péroné est irrégulièrement arrondie et supportée sur un col peu rétréei; on voit à la partie supérieure de la tète la facette articulaire qui l’unit au tibia.

Le corps de l’os est triangulaire , tordu ; la face externe est concave en haut ; elle y est séparée de la face interne par un bord très-saillant, appelé crête (liijn'roné, et auquel s’attache le ligament inlerosseux; vers la partie inférieure de la jambe, la faee externe se contourne obliquement en arrière, et la face interne se porte directement en avant. La face postérieure est arrondie ; on y trouve le trou nourricier. Les bords postérieurs externe et interne sont mousses.

L’extrémité inférieure est plus grosse que la supérieure; elle descend plus bas que le tibia, pour former la malléole externe; h sa face interne on trouve une facette articulaire qui s’unit à l’astragale . et un peu plus haut une légère dépression qui appuie sur la face externe de l’extrémité inférieure du tibia. La face externe est eonvexe et raboteuse; la face postérieure offre une gouttière longitudinale très-superficielle pour les tendons des muscles ))éroniers, et à l’endroit où elle se continue avec la face interne on remarque une cavité garnie de petits orifices, dans laquelle s’insèrent des ligaments.

4". Os (lu tarse.

Ces os sont au nombre de sept , divisés en deux rangées ■ les os de la 2}remière rangée comprennent Vastragale et le calcanéum; eeux de la deuxième langée sont le scaphoïde , le cuboïde et les trois cunéiformes.

1) Astragale. Cet os occupe la partie supérieure et interne du tarse. On y distingue une partie postérieure volumineuse , qui est le corps de l’os ; une partie antérieure, appelée tête , et une partie intermédiaire rétrécie, appelée col.

La face supérieure de l’astragale présente sur le corps de l’os une poulie peu prononeée , qui s’articule avec le tibia; la face inférieure s’articule avec le calcanéum par deux facettes, l’une convexe et l’autre coneave , entre lesquelles on remarque une rainure. La faee interne présente une facette arliculaire qui s’unit au tibia; la face externe en offre une semblable qui s’unit au péroné; l’cxlrémité ante-

rieure ou la tète de l’os s’articule par une facette convexe avec le scaphoïde.

2) Calcanéum. Il est le plus volumineux des os du tarse ; sa face supérieure est inégale : en arrière elle eoncourt à former la saillie du talon ; dans son milieu on remarque une surface articulaire inclinée en avant et unie à l’astragale ; en avant et en dehors , une surface concave , inégale , faisant partie de la cavité sinueuse ; en avant et en dedans, une faeette articulaire qui s’unit à l’astragale et située sur la partie de l’os qu’on appelle apophyse interne du cal-' canéum. La face inférieure est inégale et légèrement concave; la face externe présente de légères gouttières pour les tendons des muscles péroniers ; la face interne , coneave , porte le nom de voûte du calcanéum, et elle se continue en haut et en avant avec l’apophyse interne. L’extrémité postérieure forme la saillie du talon; l’extrémité antérieure présente une surfaee lisse qui s’articule avec le cuboïde.

3) Scaphoïde. Le scaphoïde est placé à la partie interne et moyenne du tarse. En arrière il est concave et s’articule avec la tête de l’astragale; en avant il est convexe et s’articule par trois facettes avec les trois os cunéiformes. En haut et en dehors il est très-convexe, en bas il est concave; en dedans il présente un tubercule qui fait saillie au bord interne du pied ; ces surfaces sont raboteuses et servent d’attache à des ligaments.

4) Cuboïde. Placé à la partie antérieure et externe du tarse : la face supérieure est raboteuse et plane ; la face externe et la face inférieure présentent une gouttière pour le tendon du long péronier; la face interne s’articule avec le troisième cunéiforme et quelquefois en arrière avec le scaphoïde ; la face antérieure présente une large facette , subdivisée en deux par une ligne saillante et s’articulant avec les deu.x derniers os du métatarse; la face postérieure s’unit au calcanéum.

5) Premier cunéiforme. Cet os, peu volumineux, placé au bord interne du pied, est le plus grand os cunéiforme ; en arrière il s’articule avec le scaphoïde; en avant , avec le premier métatarsien ; en dehors, avec le deuxième cunéiforme et avec le deuxième métatarsien; en dedans il présente une face large et rugueuse. En haut il est mince, en bas au contraire il est épais.

0) Deuxiè.me cunéiforme. Il est le plus petit des trois : en avant il s’articule avec le second métatarsien ; en arrière , avec le scaphoïde ; en dedans, avec le premier cunéiforme; en dehors, avec le troisième. Sa face supérieure est large^, celle inférieure étroite.

7) Troisième cunéiforme. Il est situé au milieu de l’extrémité antérieure du tarse : il s’articule en arrière avec le scaphoïde; en avant, avec le troisième métatar.sien ; en dedans, avec le second cunéiforme et avec le deuxième métatarsien ; en dehors , avec le cuboïde. La face supérieure est large et raboteuse , l’inférieure rétrécie.

3d. Os du métatarse.

Les os du métatarse sont au nombre de cinq; ils

ressemblent aux os du métacarpe, mais ils sont plus volumineux qu’eux, he premier os du métatarse est lus court et beaucoup plus gros que les autres ; sa ase se termine vers la plante du pied par un Uibercule saillant ; elle s’articule en arrière avec le premier os cunéiForme. Le second os du métatarse est le plus long ; il .s’articule en arrière avec le second os cunéiforme ; en dedans , avec le premier ; en dehors , avec le troisième cunéiforme et avec la base du troisième os du métatarse. Le troisième métatarsien s’articule en arrière avec le troisième os cunéiforme; en dedans, avec le deuxième métatarsien; en dehors , avec le quatrième. Le quatrième os du métatarse s’articule en arrière avec le cuboïde ; en dedans, avec le troisième, et en dehors, avec le cinquième os du métatarse. Le cinquième métatar-

sien présente en dehors un tubercule très-saillant . dirigé en arrière ; il s’articule en arrière avec le cuboïde et en dedans avec, le quatrième métatarsien.

G”. Phalanges.

Les phalanges du pied ressemblent à celles des doigts; mais elles sont plus courtes et plus minces, à l’exception de celles du gros orteil, qui, quoique plus courtes, sont beaucoup plus épaisses que celles du pouce de la main. Comme à la main, le pouce n’a que deux phalanges, tandis que les autres orteils en ont trois.

Les os sésamdides sont des grains osseux lenticulaires , placés par paires dans les articulations du gros orteil.

CHAPïTrÆ Vî.

ARTICÜtATION DE LA MACHOIRE INFKRIEDRE.

Cette articulation , du genre des arthrodies, se fait entre la cavité glénoïde et la racine transverse de l’apophyse zygomatique du temporal d’une part, et le condyle de la mâchoire inférieure de l’autre. Ce condyle e.st ovale transversalement, pour s’adapter à la forme de la cavité glénoïde , qui l’est dans le même sens. La racine transverse de l’apophyse zygomatique est convexe d’avant en arrière , et se continue sans interruption avec la cavité glénoïde : toutes ces surfaces articulaires sont recouvertes de cartilages lisses.

Entre les os qui concourent à cette articulation, se trouve un fibro-cartilage , appelé méniscoïde; il est en effet beaucoup plus épais à ses bords qu’au centre.

Les ligaments qui entourent l’articulation sont ;

V 1®. Deux capsules synoviales ; l’une placée entre la surface articulaire du temporal et le cartilage intermédiaire; l’autre s’étendant de ce cartilage au condyle delà mâchoire inférieure. Ces capsules sont lâches et extensibles , pour se prêter aux mouvements du condyle.

2®. Le ligament latéral externe n’est qu’un trousseau fibreux qui reeouvre l’articulation en dehors.

3®. Le ligament latéral interne, longue bande membraneuse, dirigée en bas et un peu en avant, et qui s’étend de l’apophyse épineuse du sphénoïde au bord supérieur de l’orifice postérieur du conduit dentaire inférieur.

4®. Le ligament stylo-maxillaire est une aponévrose qui se porte de l’apophyse styloïde à l’angle de la mâchoire inférieure; elle est très-mince et ne paraît guère destinée qu’à multiplier les attaches des muscles styloglosse et ptérygoïdien interne.

Les mouvements de la mâchoire inférieure sont : 1) celui d’abaissement modéré ; ici le condyle joue dans la cavité glénoïde en pressant contre la face postérieure de la racine transverse; 2) celui d’abaissement forcé, où les condyles se portent en avant sous les racines transverses, en ontrainant les

cartilages intermédiaires; 3) celui par lequel le menton se porte en avant sans être abaissé d’une manière notable ; là le condyle de la mâchoire abandonne également la cavité glénoïde , et se porte sous la racine transverse; 4) les mouvements latéraux : le condyle reste dans la cavité glénoïde du côté où se dirige le menton ; mais eelui du côté opposé la quitte pour se porter sous la racine transverse de l’apophyse zygomatique.

Préparation. Cette dissection doit se faire après avoir terminé celle des muscles releveurs de la mâchoire inférieure. On enlève la glande parotide, ayant égard à la membrane stylo-maxillaire qui la louche en bas et en dedans; on sépare le masseter et le temporal de leurs attaches supérieures, en les laissant adhérer à la mâchoire inférieure. On se facilite la préparation en sciant cet os dans .sa symphyse, puis on détache toutes les parties molles qui composent la joue, ce qui permet de renverser en dehors et en arrière la branche de la mâchoire sur laquelle on prépare. On sépare alors le ptérygoïdien interne de son attache supérieure, et on le laisse attaché à la mâchoire; par cette préparation on aperçoit le ptérygoïdien externe , qu’on enlève en totalité : sur la partie postérieure de ce muscle est couché le nerf maxillaire inférieur et le ligament latéral interne, qu’il faut ménager. 11 n’y a plus qu’à enlever le tissu cellulaire qui unit le ligament au nerf, ainsi que celui qui recouvre la capsule articulaire, pour mettre toutes ces parties au net.

On découvre le cartilage méniscoïde et l’intérieur de l’articulation , en incisant celle-ci en deux endroits : d’abord de dehors en dedans , tout près de la racine transverse de l’apophyse zygomatique^ ce qui permet de luxer le condyle en dehors ; puis on incise la capsule inférieure d’arrière en avant et de dedans en dehors , tout près du condyle de la mâchoire.

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