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Nouveau manuel de phrénologie

Il nous arrive souvent de rencontrer des hom^ mes graves qui nous disent d’un air d’assurance et d’autorité ; Pour moi, je ne crois pas à la phrénologie. — Vous avez parfaitement raison , leur répliquons-nous; la phrénologie, ou la physiologie du cerveau n’est pas une religion nouvelle, qui exige de la part des néophytes la foi, eomme condition première de son admission. La phrénologie, ainsi que l’astronomie , la chimie, la médecine, est une science basée sur des faits nombreux, bien observés et réduits en principes incontestablés. Loin de n’exiger qu’une foi aveugle de ceux qui s’en occupent , elle demande un esprit observateur et un jugement sûr. On*ne peut donc être convaincu de la vérité des principes de cette

PRÉFACE

science qu’en étudiant les faits sur lesquels elle se fonde, et qu’en se conformant aux règles d’une logique sévère. C’est le seul moyen de se préserver des écarts qu’enfantent nécessairement l’intérêt , les passions et l’habitude si commune de mal raisonner.

Après avoir lutté pendant quarante ans contre les préjugés, l’ignorance, la mauvaise foi et les scrupules de quelques savants timorés, cette nouvelle science a fini par être admise. Ses principes sont reconnus et professés publiquement dans les pays les plus civilisés de la terre. 11 faut avouer cependant qu’elle offre encore des points obscurs à éclaircir , des découvertes à faire , et surtout des applications utiles à tenter pour l’amélioration des institutions humaines; mais toutes nos connaissances, toutes nos sciences sont dans le même cas : elles sont susceptibles de perfectionnements. Il est même étonnant que la phrénologie ait fait des progrès si rapides depuis sa fondation , quand on les compare à ceux des autres sciences qui ont existé si longtemps avant elle.

Ce qu’il importe le plus maintenant , c’est de pouvoir s’initier à la physiologie du cerveau en peu do temps et aux moindres frais possibles; c’est de pouvoir connaître rapidement sa base^ ses principes et son but, afin de demeurer convaincu qu’elle est digne des gens de bien, et de l’attention des savants. Le lecteur s’apercevra aisément que, loin d’étre une chimère ou une mystification.

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elle constitue une science dont les vérités fondamentales sont incontestables , et contre laquelle les sarcasmes et les traits malins de ses adversaires doivent rester désormais impuissants.

Le Manuel que nous publions atteindra ce but. Il a eu le plus grand succès en Angleterre; et, tel qu’il est , il contient ce qu’il y a de plus important à connaître en phrénologie. Sans doute, après l’avoir lu, plus d’un lecteur voudra pénétrer plus avant dans la science phrénologique; alors il trouvera dans l'ouvrage même l’indication des sources où il pourra puiser de nouvelles connaissances.

Quant à notre travail particulier , il consiste en des additions nombreuses à la partie qui traite des organes. Gall , dans la préface de son troisième volume , édit. in--4“, fait remarquer que ceux de ses auditeurs qui jusqu’alors ont écrit sur la physiologie du cerveau, ont traité des forces fondamentales ei des organes d'une ma.mèTe beaucoup moins satisfaisante que des autres parties.

Il nous a paru que cette fois encore ce sujet demandait plus de développement. Nos additions sont marquées d’un astérisque * et fondues dans le texte même. Nous n’avons pas voulu distraire le lecteur par des renvois trop fréquents, par des notes trop nombreuses ou trop longues, et en même temps nous avons dû nous réserver la responsabilité de ces additions. Nous avons mis en notes seulement les observations qui ne se lient

PRÉFACE

pas essentiellement au sujet. Outre cela, nous avons changé les citations de la plupart des personnages choisis pour exemples, parce que leurs têtes et leurs crânes moulés ne se trouvant guère que dans les collections anglaises , sont peu connus en France. Nous leur avons substitué les hommes les plus distingués de notre époque et de notre pays, et nous avons eu le soin de n’indiquer que ceux dont la conformation et les dispositions de caractère sont analogues à celles des personnages anglais cités par l’auteur.

Notre but a été de faire un ouvrage élémentaire, utile à toutes les classes de lecteurs, dans l’espoir qu’il se trouvera parmi eux des hommes capables de faire avancer la science.

Une autre partie de ee Manuel nous a paru exiger plus d’extension : c’est celle qui a rapport au crâne et au cerveau. Nous l’avons développée dans un Appendice , en y ajoutant des planches pour favoriser l’intelligence du texte. Enfin, nous avons joint à l’ouvrage des portraits et une explieation organologique des personnages représentés, afin d’aceoutumer le lecteur aux différentes formes de tête sur lesquelles il doit apprendre à fonder ses jugements. Si nous avions négligé de donner des portraits, on aurait pu justement nous reprocher d’être restés au-dessous des autres ouvrages élémentaires de phrénologie qui ont paru en France jusqu’à ce jour.

Dans la partie théorique et de raisonnement ,

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où l’auteur traite spécialement du modo d’activité des organes et de la combinaison des facultés , il y a des considérations exposées avec beaucoup de savoir et de sagacité , auxquelles nous eussions pu trouver souvent l’occasion d’ajouter des notes; mais nous ne l’avons pas fait pour ne point embarrasser la tête des lecteurs de questions subtiles de métaphysique.

Dans les Observations préliminaires , par exemple , l’auteur regarde V esprit comme un être simple , existant par lui-même , ayant des facultés et des organes à sa disposition , etc. En substituant ici le mot âme à celui d’esprit , on aurait une psychologie au lieu d’une physiologie du cerveau. Il faut donc prendre le mot esprit pour ce qu’il est, pour un terme collectif exprimant l’ensemble des fonctions du cerveau, ou, si l’on veut, pour la cause inconnue qui fait que le cerveau, composé et organisé tel qu’il est par le Créateur dans les différentes espèces d’animaux , est apte à manifester telle ou telle qualité. L’homme n’en peut savoir davantage. Si nous voulions jaerson»t/ïer cette cause inconnue, et lui donner des attributs qui ne fussent pas de simples fonctions organiques , nous retomberions dans la fausse voie de nos prédécesseurs en philosophie , qui se sont égarés par des raisonnements abstraits, au lieu de se guider par l’observation et l’induction. Pour nous, l’esprit de la taupe est l’ensemble des fonctions du cerveau de la taupe; l’esprit du renard est

PHÉFACE.

l’ensemble des fonctions du. cerveau du renard j l’esprit de l’homme est l’ensemble des fonctions du cerveau de l’homme. Il y a d’autres causes inconnues dans les fonctions organiques, que nous sommes également condamnés à ignorer et que nous ne i ouvons qu’indiquer par un mot collectif et de convention. Le mot nutrition, par exemple, signifie l’ensemble des fonctions qui changent les substances alimentaires diverses, dont l’homme et les animaux se nourrissent , en substance organique, identique à celle de l’individu qui s’en nourrit. La force , la cause première de cette métamorphose est inconnue. Nous l’appelons nutri' tion; mais nous pourrions aussi bien l’appeler esprit nutritif, comme d’anciens philosophes l’appelaient âme brute, âme sensitive, âme végétcUive.

Ce que nous disons de l’esprit peut se dire également de la volonté, qui n’est que le dernier résultat de l’activité prépondérante d’un ou de plusieurs organes du cerveau. La volonté ne peut pas exister en dehors de l’organisme : les causes internes ou externes excitent les organes du cerveau , et les actes qui en résultent constituent la volonté effective. On ne doit pas confondre , comme on le fait souvent, les simples désirs avec la volonté.

I Laissons donc de côté la recherche des causes

premières, que l’intelligence bornée de l’homme ne lui permet pas d’atteindre; gardons-nous de personnifier les mots , malheureuse aberration de

PRÉFACE

l’esprit humain , et occupons-nous seulement de la recherche des conditions organiques qui rendent possible à l’homme et aux animaux la manifestation de leurs propres facultés. C’est là l’objet principal de la physiologie du cerveau.

Fossati.

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