‹ Nouveau manuel de phrénologieChapitre 10 sur 70 · DESTRUCTIVITÉ · texte numérisé non relu

DESTRUCTIVITÉ

■ augmente la force -du caractère : la colère et la rage en sont des conséquences naturelles. £n analysant ces sensations, on voit que ce sont des menaces d’événements désagréables, ou des vengeances contre ceux qui transgressent nos ordres, ou empiètent sur nos droits. Aussi , ajoutet-elle de la force à l’injonction, en inspirant les cruautés du châtiment dans le cas de désobéissance. Elle est essentielle chez les auteurs satiriques; c’est elle qui donne à leurs écrits ce mordant qui fait le désespoir de leurs rivaux. Lorsque ce penchant fait défaut, la constitution est froide , l’esprit manque d’énergie, et l’indi- .vVidu est prêt à se plonger dans une indolence passive; il sent, et les autres le voient comme lui, que son ressentiment manque de force, qu’il est faible et impuissant; le méchant le brave , on peut le maltraiter avec impunité. La cruauté est le résultat de son excessive énergie, lorsqu’elle n’est point tempérée par la bienveillance et la justice. L’organe est saillant sur les têtes des meurtriera qui agissent avec sang-froid et délibération , et chez les individus qui sont habituellement cruels. L’imprécation est l’expression extérieure de son activité violente, et elle est une autre forme de son abus.

Les métaphysiciens , en général, ne s’occupent point de ce penchant. Lord Kames, qui a été critiqué par M. Stewart, pour admettre sans nécessité un trop grand nombre de principes instinc-

PERCHANTS.

tifs, fait la remarque qu’il existe « une disposition naturelle non moins simple que réelle , qui fai t supporter aux hommes avec gaieté les fatigues de la chasse et les incertitudes de la prise; c’est dit-il, Vinstinct de la chasse. Le soin qu’a la Providence de mettre la constitution de l’homme en rapport avec les circonstances extérieures est réellement digne de remarque : l’instinct pour la chasse , de peu d’utilité pour la nouriture chez les Européens, est très-vif chez les jeunes gens , grands et petits , riches et pauvres. Les penchants naturels peuvent s’évanouir ou devenir obscurs, mais ils ne sont jamais complètement déracinés. » (Esquisses, B. I.) En général, j’ai trouvé l’organe large sans exception chez les chasseurs ardents; il est aussi prononcé chez ceux qui aiment à voir les exécutions publiques , le châtiment du fouet et toutes les formes de punition quelconque. Lorsqu’il est très-énergique, mais combiné avec des sentiments plus élevés , également actifs , il fait de la destruction des objets inanimés une occupation de plaisir.

* La faculté fondamentale de cet organe paraît être l’instinct carnassier. La nature a destiné certains animaux à ne vivre que de la chair d’autres animaux; elle leur a donné un instinct à les tuer, et des instruments, dents, griffes, etc., pour satisfaire à ce besoin. L’homme est omnivore; mais il se nourrit de toutes 1^ especes

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d’animaux , depuis les huîtres et le colimaçon , jusqu’au cheval et à l’ours : il a donc l’instinct carnassier. Cet instinct varie d’une espèce à l’autre , comme d’un individu à l’autre , et , chez quelques-uns , se manifeste par une inclination sanguinaire de tuer sans nécessité.

* L’organe est très^développé sur les crânes d’Heluin, de Valet, de Choffron, de Boutillier, de Madeleine Albert et de la fille Bouhours, suppliciés; sur le crâne du marquis de Sade, dans les bustes ou les portraits de Caligula, de Néron, de Charles IX, delà reine Marie 1*^“ d’Angleterre, de Bonnet , évêque , qui , dans l’espace de quatre ans , dit Gall , a fait périr par les flammes plus de deux cents victimes. — Il y a aplatissement à la région de cet organe dans le crâne de l’exjésnite prédicateur, de la collection de Gall, et dans la tête de Airy, de Benty-Goss, et, en général chez les Indiens. — Établi.

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