‹ Nouveau manuel de phrénologieChapitre 12 sur 70 · Acquisivité · texte numérisé non relu

Acquisivité

L’organe est situé à l’angle antérieur inférieur du pariétal. 11 fut d’abord appelé par Spurzheim convoitivité, mais sir G. S. Mackenzie lui donna le nom plus convenable d’acquisivité.

La faculté produit la tendance à acquérir et le désir de posséder en général, sans s’occuper des usages auxquels doivent servir les objets lorsqu’on les possède. L’idée de la propriété est le résultat de ce penchant; il est influencé par d’autres facultés, et peut ainsi porter à faire des collections de monnaies, de peintures, de minéraux et d’autres objets de curiosité ou de science, aussi bien que des amas d’argent. Sous son influence, les idiots entassent une foule d’objets sans valeur. Une personne chez laquelle il prédomine, désire acquérir par le seul plaisir d’acquérir : si elle possède cinquante acres de terre.

très-fort , elle a sa augmenter ses richesses aa détriment des autres , ne se compromettant, toutefois, 'avec la justice, qu'au point absolument nécessaire pour ne pas être condamnée criminellement. Je l’ai toujours regardée comme un carieux phénomène phrénologique , et j’ai désiré souvent avoir son crâne dans ma collection , non-seulement dans l'intérêt de la science, mais encore pour le bien de mon prochain. {F.)

ACQVISIVITÉ.

elle éprouvera un vif plaisir à en posséder cinquante de plus; si elle en a mille, elle se réjouira de doubler ce nombre. Persuadée qu’elle a même le superflu, elle n’en brûlera pas moins du désir d’avoir davantage, entraînée qu’elle est par ce penchant. Cette tendance instinctive à acquérir et à accumuler, est la source de la richesse et des besoins de luxe des sociétés civilisées. Si les hommes ne s’étaient contentés que de ce qui leur était indispensable, ils ne seraient jamais sortis de l’état sauvage. Les individus chez lesquels le penchant est faible ne poursuivent pas le gain avec avidité ; toute autre chose les occupe beaucoup plus que la recherche des richesses. Son abus mène à la cupidité, à la malhonnêteté et au vol. L’avarice est la suite de son énergie prédominante.

Les mét aphysiciens n’ont pasadmis ce penchant ; mais ils considèrent le désir d’acquérir comme un amour des objets que la richesse peut procurer. L’opinion des phrénologistes est fondée sur l’observation, et s’accorde mieux avec les phénomènes de la vie actuelle. Lord Kames fait cependant la remarque que ■ l’homme est un animal thésauriseur, ayant l’instinct d’amasser les choses usuelles; » il ajoute « que le sentiment de la propriété est donné à l’homme pour mettre en sûreté ses trésors. » L’auteur a aussi observé que le même sentiment se retrouve dans les animaux d’un degré inférieur. « Les castors , dit-il , pen-

PERCllAIITS.

sent que le bois qu’ils amassent pour leur nour> rituro est leur propriété ; les abeilles paraissent avoir le même sentiment, relativement à leut provision de miel pour l’hiver; > et ensuite il dit * que l’instinct de la propriété dans sa nature, est un grand bien, mais qu’il devient, au contraire, un grand mal loi^qu’il dépasse les bornes de la modération. » (Esquisses, livre 1, esq. 2. ) Ces observations sont tout à fait dans le système phrénologique.

* L’organe est fortement développé sur les crânes de la voleuse morte dans les prisons de Graetz, de la femme Bouhours, etc. ; sur les têtes de plusieurs suppliciés et de plusieurs voleurs moulés à Bicêtre; on le remarque chez le cardinal Lafare et le poète Roland, qui étaient avar^i. Il est très-petit chez Benty-Goss, qui perdit, dit-on, toute sa fortune par incurie.

^ Dans quelques animaux, dit Spùrzheim, tels que les pies et les corbeaux, le penchant de l’acquisivité agit aveuglément, et ces animaux ramassent des métaux, des pierres et des choses dont ils ne peuvent faire aucun usage. Il y a des hommes chez lesquels cet instinct agit de la même manière : ils collectent indistinctement ce qu’ils peuvent rencontrer.

* Le sentiment de la propriété avec tous ses abus, et spécialement celui du vol, se manifeste dans toutes les classes de la société, à tout âge,

consTBccmrrÉ. 59

et indépendamment de toute sorte d’éducation. — Établi.

Page 1