Estime de soi
L’organe est situé au sommet de la tête , un peu au-dessus de l’angle postérieur ou sagittal des pariétaux.
Sa faculté produit le sentiment de l’estime de soi ou de l’amour de soi en général. Développée dans de justes proportions, ses effets sont avantageux : L’estime de soi donne ce degré de satisfaction qui dispose l’esprit à jouir des bontés de la Providence, des agréments de la vie, etluiinspiro cette confiance dans ses propres forces , qui contribue essentiellement à leur heureuse application. En général , elle fait avoir en considération les penchants et les sentiments particuliers qui caractérisent l’individu dans lequel elle est trèsprononcée; et lorsqu’elle est combinée avec une intelligence et dessentiments supérieurs très-énergiques , elle contribue à la dignité et à la grandeur véritables de l’esprit. L’individu a bonne opinion de lui , à raison de cette excellence intel-
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lectuelle et morale qui est réellement digne de l’estime des autres. Elle aide également à mener une conduite vertueuse, en faisant naitre le sentiment du respect de soi. Manque-t-elle? il y a défaut de confiance en sa propre valeur. Lorsqu’elle est désordonnée et qu’on s’y livre sans être retenu par des facultés d’un ordre plus élevé, il en résulte des abus. Elle peut alors se manifester dans les enfants par de l’aigreur, une humeur sauvage; dans les adultes, par de l’arrogance, de la présomption, de l’orgeuil, de l’égoïsme; elle est un des éléments de l’envie. Il y a des personnes qui sont extrêmement médisantes, dont la conversation roule habituellement sur les défauts dé leurs voisins, qui éprouvent du chagrin de l’élévation des autres, et ressentent, au contraire, un grand plaisir de leur abaissement. De pareils penchants proviennent de l’estime de soi et delà destructivité, qui ne sont point modérées par la bienveillance et la justice. Le ton amer et envieux, les réflexions sentencieuses, la satisfaction intérieure mal déguisée de ces individus, tout indique la bonne opinion qu’ils ont d’eux-mêmes , et leur vif désir de donner en dépréciant les autres. Les enfants, lorsqu’ils poursuivent et tourmentent un idiot, satisfont l’estime de soi et la destructivité : leur principal motif est un fort sentiment de leur supériorité. L’estime de soi correspond, en quelque sorte ; au désir du pouvoir des métaphysiciens. Le docteur Thomas Brown
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l’appelle orgueil , et le définit ; « Le sentiment du vif plaisir qu’accompagne la conscience de notre excellence. » vol. III , p. SOO. Lorsque la faculté est développée, l’individu marche généralement la tête droite, et par ses manières réservées et pleines d’autorité, il fait penser aux autres qu’il se regarde comme infiniment au-dessus de ses semblables. Elle dispose à l’usage emphatique du moi , en écrivant et en parlant; unie avec l’acquisivité, sans être modérée par les autres sentiments, elle produit l’égoïsme dans l’acception générale de ce mot.
Les nations présentent des différences, sous le rapport du degré auquel elles possèdent cette faculté. Les Anglais l’ont plus prononcée que les Français, aussi le caractère d’un véritable Anglais , parait-il à un Français, froid, hautain et dédaigneux. Les animaux, tels que les dindons, les paons, les chevaux, etc., montrent des sentiments qui ressemblent à l’orgeuil ou à l’estime de soi. Lorsque l’organe est excité par la maladie, l’individu est porté à se croire roi , empereur, génie supérieur ; plusieurs se sont proclamés être-suprême.
* L’organe est très^prononcé sur la tête de plusieurs grands hommes : on put le voir sur les moules de Gall (1), Spurzheim, Manuel, Benja-
(i) n y a un passage, dans les ouvrages de Gall, où il parle admirablement de cette facnlté, et j’ai lieu de croire que, dar.i
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min Constant, Lamarqne; il est fort chez les IndouB ; il est faible chez les Indiens d’Amérique. —Établi.