Approhativité
Cet organe est situé de chaque côté de celui de l’amour de soi, et commence à environ un demipouce de la suture lambdoïde.
cet endroit , il a vonla parler de lui-raéme. « 11 y a un certain nombre d’hommes , dit-il , qni ont l’esprit assez ferme et le ccenr assez grand , qui sont assez profondément pénétrés de leur prix , et ont à tel point la passion de l’indépendance, qu’ils savent repousser toutes les iufluences extérieures tendant à les assujétir. Autant que possible , ils cherchent les Etats les plus libres pour y fixer leur séjour ; ils se vouent à une occupation qui les rend indépendants , qui les exempte de la faveur et des caprices des grands.
» Sa domination sur leurs inférieurs , qui entraînerait l'esclavage sous un maitre absolu, leur deviendi'ait insupportable. Les honneurs , les distinctions , destinés au mérite , lorsqu’ils sont prodigués à des hommes de rien , ne sont à leurs yeux que des humiliations. S’ils prospèrent , ce n’est que par euxmêmes : comme le chêne , ils se soutiennent seuls , et tout ce qu’ils sont, ce n’est qu’à eux qu’ils veulent le devoir. C’est là une fierté qui n’est point encore dégénérée en orgueil, un mérite plutôt qu’un défaut, compagne souvent de grandes vertus , ennemie de toute bassesse , soutien du courage dans les adversités. » L’estime de soi, considérée de cette manière, et lorsqu’elle est accompagnée de hautes facultés intellec tuelles, est une des plus belles facultés de l'homme.
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La faculté produit l’amour de l’estime des autres , exprimée par les louanges et l’approbation. Un développement convenable de l'approbativité est indispensable à un caractère aimable. Elle porte l’individu à faire tous ses efforts pour plaire, à supprimer mille petits signes d’intérét personnel, et à réprimer les nombreuses inégalités de caractère, par la crainte d’encourir le blâme. C’est le but vers lequel l’esprit tend , lorsqu’à l’aide du ridicule il veut nous détourner de nos folies. La raillerie est pire que la mort pour les personnes chez lesquelles ce sentiment prédomine. La satisfaction de ce penchant dépend des autres facultés avec lesquelles il est combiné dans l’individu. Si les sentiments moraux et l’intelligence sont énergiques, l’approbativité donne l’envie d’acquérir une réputation honorable ; elle animera et excitera le poète , le peintre , l’orateur , le guerrier et l’bomme d’état; si des penchants moins nobles prédominent, l’individu aimera à passer pour l’homme le plus fort, ou le buveur le plus intrépide de son cercle.
Lorsque la faculté est trop énergique, et qu’elle n’est point réglée par des penchants plus nobles, elle produit de grands abus; elle occasionne une inquiétude extrême de l’opinion que les autres auront de nous-mêmes , inquiétude qui détruit à la fois le bonheur et l’indépendance. Elle fait , des discours de la société dans laquelle l’individu vit, son unique code de moralité, de religion
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de goût et de philosophie; et le rend incapable de défendre la vertu , si elle est désavouée par ceux au milieu desquels il se croit influent ou aimable. Elle fait le désespoir de l’artiste, de l’auteur ou de l’orateur public, qui voit dans les journaux son rival élevé au-dessus de lui. Une femme est désolée, lorsque ses amies ont des habillements ou des équipages plus beaux que les siens. Elle excite l’individu à parler de lui-même, de ses affaires, de ses liaisons, et à entretenir les assistants de sa grandeur, de sa bonté; en un mot, la vanité est une forme de son abus. « Monsieur Goldsmith, dit le docteur Johnson , a tellement peur de n’être pas remarqué, qu’il parle souvent pour qu’on n’oublie pas qu’il est dans la compagnie. » Lorsque l’approbativité n’est pas combinée avec la conscienciosité et la bienveillance, elle conduit à de fausses protestations do respect et d’amitié; beaucoup de ces personnes font des promesses et des invitations qu’elles n’ont pas l’intention de remplir ou qu’elles ne voudraient pas voir acceptées. Cette faculté, comme l’estime de soi , porte à faire usage du pronom personnel; mais son accent est celui d’une honnête sollicitation, tandis que le moi de l’estime de soi est présomptueux, et plein de prétention.
Lorsque l’organe manque et que, par conséquent, le sentiment est faible, l’individu s’occupe peu de l’opinion qu’ont les autres de lui; et, pourvu qu’ils n’aient pas le pouvoir de lui infli-