‹ Nouveau manuel de phrénologieChapitre 19 sur 70 · Bienveillance · texte numérisé non relu

Bienveillance

Cet organe est situé à la partie supérieure du

BIENVEILLANCE. 7â

frontal , immédiatement au devant de la fontanelle.

• La faculté produit le désir du bonheur des autres , et dispose à la compassion et à une bienveillance active ; elle donne de la gaieté et de la douceur au caractère, et porte à considérer les actions et le caractère des autres sous un point de vue bienveillant. Lorsqu’elle est excessive, elle engendre la prodigalité. Un développement médiocre de l’organe produit l’indifTérence pour le bien-être des autres. Lorsque la destructivité est grande et l’organe de la bienveillance petit, la cruauté peut résulter de l’activité sans frein et de l’abus de la première de ces facultés. Les animaux inférieurs la possèdent, mais, chez eux, elle paraît généralement bornée à une douceur passive. — Les chiens, les chevaux, les singes, qui ont la partie correspondante du front large et élevée, sont doux et pacifiques; ceux, au contraire, chez lesquels elle est petite et déprimée, ont un mauvais naturel. Elle est déprimée dans toutes les races d’animaux féroces, et pareillement chez les nations qui sont remarquables par leur cruauté : tels sont les Caraïbes. Les anciens représentent le sommet du front plus haut chezSenèque que chez Néron.

On a objecté que la nature ne peut avoir placé la faculté de la bienveillance et celle de la destructivité chez le même individu; mais l’homme est réellement un assemblage de contradictions,.

SSHTIMESTS.

Le grand Nouvelliste dît ■ qu'il y a des cas bien connus d’hommes d’une bienveillance incontesr table de caractère et de manière , dont le plus grand plaisir est de voir un misérable criminel , également dégradé par ses crimes passés et sa condamnation présente,, terminer une vie malheureuse et vicieuse par une mort ignominieuse et cruelle a Cette disposition indique la co-existence de la bienveillance et de la destructivité dans le même individu. Le plus grand des poètes a dit :

0 déesse , divine nature , combien tu t’enorgueillis de ces deux princes enfants! ils sont aussi jolis que les zéphyrs dont l’haleine caresse la violette, sans courber sa tête délicate; et cependant, dès que leur sang royal est provoqué , leur violence égale celle des vents qui forcent le pin des montagnes à s’abaisser dans les vallées.

Ici Shakspeàre nous apprend que ces enfants montraient beaucoup de combativité et de destructivité, unies à une grande bienveillance. L’épée, un des emblèmes de l’état, n’est-elle pas autre chose que le symbole de la destruction, prêt à tomber sur la tête de ceux qÆ offensent les lois ? mais , dans sa sévérité même, son but est juste et bienveillant. Que sont les armes de guerre, si ce n’est des instruments de destruction ? et pourquoi le soldat entre-t-il en campagne, si ce n’est pour détruire ses ennemis ? Cependant, des chirurgiens et de nombreux assis-

BUIfVEILLAHCE.

tants accompagnent les armées pour secourir ceux que les malheurs des combats ont atteints. Ainsi , ces deux facultés, qui paraissent incompatibles, se manifestent ensemble, par suite d’une délibération réfléchie. Sans la combativité et la destructivité, il n’y aurait point de guerre; et sans la bienveillance, si les deux premiers existaient, il n’y aurait ni merci ni compassion. La co-existence de ces facultés, au lieu d’être une objection contre la phrénologie, prouve au contraire une harmonie avec la nature.

* Gall pensait que la qualité fondamentale, la destination primitive de l’organe de la bienveillance était de disposer l’homme à se conduire d’une manière conforme au maintien de l’ordre social, et il appelait cette disposition le sens moral, le sentiment du juste et de V injuste. La bonté, la bienveillance, la sensibilité, ne sont point, disait-il , la destination primitive ou la fonction ordinaire de cet organe, mais la manifestation de sa fonction exaltée. Les observations postérieures paraissent nous autoriser à admettre pour la faculté ou le sentiment du juste et de l’injuste, un organe distinct de celui de la bienveillance , comme l’on verra plus bas à l’article consciensiosité.

■ * La bienveillance se manifeste quelquefois avec beaucoup d’énergie chez les animaux, et l’on remarque, sous ce rapport, une grande différence entre eux , soit d’espèce à espèce , soit

SESnJIÏÜ^TS.

d’individu à individu. Ou a vu desaniraaux s’entr’aider dans les dangers les plus imminents, au risque même de leur vie. Les chiens, les singes, plusieurs espèces d’oiseaux , se portent des secours mutuels, et s’avertissent d’un péril par des cris d’alarme. Les animaux exercent des actes de bienveillance non-seulement envers leurs semblables, mais aussi envers les hommes : ne voiton pas tous les jours des chiens se précipiter dans l’eau pour sauver des personnes qui sont en danger de se noyer, et assaillir avec fureur des assassins, pour conserver les jours de leurs maîtres ?

* L’organe est grand cher Henri IV, chez Saint- Vincent-de-Paul, l’abbé Gautier, le nègre £ustache Bélin, Rullaux du Gages; il est très-petit chez John Bellingham, Boutillier, et les Caraïbes. — Établi.

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