‹ Nouveau manuel de phrénologieChapitre 27 sur 70 · Merveillosité · texte numérisé non relu

Merveillosité

Le docteur Spurzheim établit que cette faculté produit la tendance à croire aux inspirations, aux pressentiments et aux fantômes , et dans son ouvrage français il l’appelle surnaturalité; mais il l’a nommé depuis, le sentiment du merveilleux, ou la mervêillosité. — Une circonvolution du cerveau, placée entre celles qui constituent le talent poétique et celles qui disposent à la mimique, parait être la cause de cette faculté. — J’ai rencontré des personnes excessivement avides de nouvelles, qui y croyaient d’autant plus, qu’elles étaient plus extravagantes ; ces personnes témoignent de la surprise et de l’étonnement aux discours les plus ordinaires; ailes sont profondément affectées par les contes merveilleux ; elles se réjouissent à la lecture des Mille et une Nuits et des incidents mystérieux qui abondent dans le roman de Waverley. Chez

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ces personnes , la partie du cerveau correspondant à l’organe était largement développée.

Lorsqu’il prédomine , l’individu éprouve une tendance naturelle à croire au merveilleux et aux miracles. Lui fait-on part d’un événement extraordinaire? il l’admet sans examen, et il lui faut un effort de philosophie pour résister à la croyance, comme il aurait dû lui en coûter pour l’examen nécessaire pour se la produire. Quelques individus, chez lesquels l’organe est développé, ont une disposition particulière à l’angle externe des yeux, qui leur donne l’expression de la surprise; — Chez d’autres, j’ai trouvé la région cérébrale correspondante petite, et dans ceux-ci il existait un sentiment entièrement opposé : les événements étranges et merveilleux leur déplaisaient; ils ne sentaient ou ne témoignaient point de surprise ; ils n’avaient point de goût pour les récits qui quittaient le sentier battu de la probabilité ou de la réalité et s’élevaient dans les régions surnaturelles. En analysant ces sensations, elles paraissent toutes se rapporter au sentiment du merveilleux , qui est entièrement distinct de ceux que nous avons étudiés jusqu’ici. — Ce sentiment, lorsqu’il est trèsénergique et sans frein , donne probablement naiæance à ces sensations extraordinaires et à ces imaginations troublées qui portèrent d’abord le docteur Spurzheim à appeler la faculté surnaturalité.

SEKTIMEKTS.

Le docteur Adam Smith , dans l’histoire de l’astronomie, appelle l’étonnement ou merveillosité un sentiment, et Thomas Brown, vol. III, p. 59, l’admet comme une émotion primitive, et prétend, avec justice, que la surprise et l’étonnement sont essentiellement le même sentiment, excités seulement par différents objets et en diverses circonstance.s. — La nouveauté d’une comète nous étonne; et nous sommes de ren-

contrer à Édimbourg un ami que nous croyions à Londres ; mais c’est la situation nouvelle et inattendue dans laquelle nous le voyons qui nous cause de la surprise , et non son apparence ellemême. Le docteur Brown distingue l’émotion de l’étonnement, de celle de la beauté et de la grandeur ; et fait observer , avec beaucoup d'exactitude, que noms pouvons être frappés en même temps de la beauté ou de la grandeur d’un nouvel objet, et notre émotion, formée de la nouveauté et de la beauté réunies, portera le nom d’admiration. Les intelligences de quelques hommes ne distinguent pas facilement entre le possible et l’impossible; cette disposition provient sans doute de la prédominance de l’étonnement sur la causalité et la consciensiosité.

^ Ceux qui ont l’organe très-développé et actif, croient à toutes sortes de contes fabuleux et merveilleux, aux revenants, aux inspirations, aux sortilèges, aux enchanteurs, à l’astrologie; ils croient enfinà tout ce qui est en dehors du monde

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