‹ Nouveau manuel de phrénologieChapitre 40 sur 70 · Pesanteur et résistance · texte numérisé non relu

Pesanteur et résistance

' Il ne parait point y avoir d’analogie entre la pesanteur ou la résistance des corps et leurs autres qualités ils peuvent être de toutes les formes, dimensions et couleurs, sans qu’aucune de •ces qualités implique nécessairement avec elle que l’un est plus pesant que l’autre. Cette attribution étant donc distincte de toutes les autres, nous ne pouvons logiquement en rapporter la connaissance à aucune des facultés de l’esprit qui jugent des autres attributs de la matière ; et comme la puissance intellectuelle existe incontestablement, il parait raisonnable de conjecturer qu’elle doit se manifester par les moyens d’un organe spécial. Les personnes qui excellent à tirer l’arc ou à lancer le palet, celles qui jugent facilement de la puissance et de la résistance en mécanique, ont largement développées les parties du cerveau situées près de l’organe de la configuration. Il existe maintenant tant de preuves de ce fait , que la position de l’organe est marquée sur les gravures. M. Simpson conçoit la faculté de produire la puissance instinctive d’adapter les mouvements des animaux aux lois de l’équilibre. J’ai trouvé l’organe très-cléveloppé chez les tourneurs, et il doit maintenant être regardé comme probable. Le sinus frontal.

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lorsqu’il est développé , s’étend vers cet organe, et rend sa vérification difficile. L’organe est trèsdéveloppé chez Maclachlan.

* J’ai souvent répété les observations des autres phrénologistes sur l’organe de la pesanteur, et de la résistance (1), et les faits ne sont pas venus encore me tirer d’incertitude^

* Les idées de pesanteur et de résistance sont des idées acquises au moyen du sens du toucher. Il parait , de prime-abord , que nous jugeons de ces qualités par l’eflfort plus ou moins grand que nos muscles sont obligés de faire , lorsque nous avons un poids ou une résistance à supporter ; mais , si nous nous plaçons sur ime table ou Sur un lit, de manière que nos muscles soient tout à fait inactifs, et si après on pose sur nous un corps plus ou moins lourd ou résistant , nous jugerons encore très-bien de ces mêmes qualités, c’est-à-dire de leur pesanteur et de leur résistance ou consistance , sans que les muscles n’interviennent pour rien.

(i)La pesanteur et la résistance sont deux propriétés differentes des corps : la première est le résultat de sa masse absolue ou relative ; la seconde, de la force de cohésion^ ou de l'attraction moléculaire des corps. S’il fallait admettre un organe pour apprécier chacune des propriétés des corps de la nature , il faudrait chercher dans le cerveau un organe pour la pesanteur et un autre pour la résistance (F-)

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^ Je crois donc que les idées de pesanteur et de résistance n’arrivent au cerveau que par le sens du toucher. Mais ce sens, pas plus que les autres, n’est point le juge de ses propres impressions : il faut, conséquemment, qu’il y ait une faculté spéciale et un organe dans le cerveau, destinés à percevoir, à juger et à élaborer certaines sansations qui se rapportent au toucher, comme il y a pour les autres sens des facultés et des organes destinés à percevoir certaines sensations qui se rapportent soit à la vue, soit à l’ouïe, etc.

Maintenant, si un pareil organe cérébral existe, où serait-il placé ? Est-ce la même chose que l’organe de la pesanteur? N’est-ce pas la même faculté qui juge de la liquidité, de la consistance et de la mollesse des corps? Toutes ces sensations ne résultent-elles pas d’un mode de pression qu’éprouveraient les papilles nerveuses de tout l’organe du toucher ? Il me parait que la faculté que l’organe représente, si elle en était une, pourrait être appelée tactilité, plutôt que pesanteur. Quant au siège de l’organe, j’ai quelques faits, encore très-peu nombreux à la vérité, mais qui me porteraient à le placer aux tempes, au-dessus et un peu en arrière de laconstructivité, au-dessous de l’idéalité, et au-devant de l’acquisivité. Plusieurs instrumentistes habiles, qui perçoivent la résistance la plus imperceptible des ressorts ou des cordes qu’ils louchent, m’ont prc-

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sente une organisation conforme à celle que je viens d’indiquer. Un crâne de ma collection présente également cette organisation : c’est celui du mécanicien Lecherut, qui a conçu et exécuté un très-ingénieux tour à portrait. Il était, par état, tourneur et clyocheur, et il avait précisément, comme il est dit ci-dessus, en parlant de l’organe de la pesanteur, une grande facilité à juger de la puissance et de la résistance en mécanique. Ce qu’il y a de remarquable sur ce crâne, c’est le manque de l’organe de la pesanteur, à l’endroit où les phrénologistes le supposent. Je pourrais citer aussi quelque fait négatif de cet organe ; une femme, qui ne manque pas de circonspection, casse facilement les objets qui sont dans ses mains, parce qu’elle ne sait jamais apprécier la pesanteur ou la résistance des corps. Elle a la tête aplatie dans la région indiquée par moi, et elle a assez bien développée la partie qui correspond à l’organe de la pesanteur.

* Les animaux ont cette faculté en commun avec l’homme : ils savent très-bien calculer les résistances qu’ils ont à vaincre et le poids des corps dont ils veulent se charger.

* Je n’aurais pas placé ici ces courtes et incomplètes observations, si je n’avais pas cru nécessaire de mettre en garde les jeunes étudiants en phrénologie, auxquels ce livre est spécialement destiné, contre la tendance qu’ils ont, en général, d’adopter indistinctement les choses siraple-

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