‹ Nouveau manuel de phrénologieChapitre 41 sur 70 · Coloris · texte numérisé non relu

Coloris

Plusieurs métaphysiciens ont reconnu qu’une personne peut avoir une vue très-fine, et être privée de la faculté de distinguer les couleurs; mais l’habitude et l’attention sont venues comme de coutume résoudre la difficulté. — L’observation montre que ceux qui ont une grande puissance naturelle pour percevoir les couleurs, ont un grand développement de cette portion du cerveau, située sous le milieu de l’arcade sourcilière, et qui correspond à l’espace, marque 26, tandis que ceux qui ne peuvent distinguer les nuances de couleur ont cette partie petite. Spurzheini affirme qu’un grand développement de cet organe est indiqué par un aspect voûté dans le milieu du sourcil, et que ce signe se trouve dans les portraits de Rubens, du Titien, de Rembrandt, deSalvator Rosa, de Claude Lorrain, etc.: mais son développement est aussi indiqué par la saillie en avant de cette partie du sourcil, sans voussure. — Il présente cet aspect sur les moules de feu sir Henry Raeburn, Wilkie, Haydon, et d’autres peintres célèbres. Sur ceux de M. J. Milne et de M. Sloane, et sur les têtes de plusieurs autres

FACtLTÉS PERCEPTIVES.

gentilshommes, qui sont hors d’état de distinguer les couleurs, cette partie de la tête éprouve un retrait, de sorte que chez quelques-uns l’œil fait une saillie devant l’organe. La faculté donne la perception des couleurs, de leur harmonie ou désharmonie et des ombres; mais les facultés réflectives les adaptent aux objets de la peinture. Elle est généralement plus puissante chez les femmes que chez les hommes; aussi, quelquesunes d’entre elles, comme coloristes, ont-elles égalé les maîtres, tandis que, comme peintres, les femmes ont toujours été inférieures à l’autre sexe. Un grand développement de cette faculté rend agréable la vue des fleurs et des prairies émaillées. Elle est utile au peintre de fleurs, à l’émailleur, au teinturier, et en général à tous ceux qui s’occupent de couleurs. Est-elle trèsprononcée? il en résulte la passion pour les fleurs, sans que le goût néanmoins soit délicat. — Le goût dépend plutôt de la perfection que de l’activité des facultés : chez plusieurs nations orientales, par exemple, la faculté semble, d’après leur amour pour les couleurs, être forte, et néanmoins elle montrent du mauvais goût dans leur application. L’organe est maintenant considéré comme établi.

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