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l’être le plus parfait de la création! — Avec de tels principes , l’on conçoit facilement pourquoi la science de l’homme n’a pas fait de grands progrès dans les siècles qui se sont écoulés. Si les anatomistes et les physiologistes ne se croyaient pas autorisés à s’occuper des facultés de l’âme et de l’esprit, et si les psychologistes croyaient indignes d’eux les recherches sur la structure et les fonctions du cerveau ; et si pourtant ces études étaient tellement liées qu’elles ne pussent être cultivées séparément , ni faire de progrès sans marcher ensemble, il serait clair que c’est de là que vient le retard que nous avons remarqué dans l’établissement de la doctrine philosophique qui s’est fondée de nos jours, par suite des connaissances plus exactes que nous avons acquises sur les facultés de l’homme et sur les fonctions du cerveau.
' Maintenant, grâce aux travaux des phrénologistes, nous pouvons dire avec confiance que jamais un si grand nombre de questions très-obscures de la psychologie ne furent mieux résolues qu’elles ne le sont actuellement.
Dans l’étude du cerveau, il y a à considérer deux choses : sa structure , V anatomie , et ses fonctions, la Nous ne donnerons ici qu’une courte description anatomique de ce viscère, à peine suffisante pour entendre la signification des mots que nous avons employés dans le cours de cet ouvrage.
Il est absolument impossible de connaître l’a-
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natomie d’une partie quelconque, et spécialement celle du cerveau, sans voir une dissection, ou pour le moins sans avoir sous les yeux des planches bien dessinées. La planche IV représente le cerveau renversé et vu par sa base; la planche V représente le cerveau vu de côté et tel qu’il est placé dans le crâne; la planche VI représente le cerveau vu par sa base , mais préparé pour faire comprendre la direction des fibres qui partent des pyramides, et vont à travers les ganglions (couches optiques et corps striés), jusqu’aux circonvolutions cérébrales.
Plusieurs anatomistes appellent indistinctement cerveau, encéphale, masse encéphalique , toute la masse nerveuse contenue dans la cavité du crâne. Ils confondent ainsi sous la même dénomination le cerveau proprement dit, lesappareils nerveux des cinq sens extérieurs, la moelle allongée et le commencement de la moelle épinière. Ces dernières parties cependant doivent être considérées à part , ayant une origine et des fonctions difierentes de celles du cerveau.
Avant d’aller plus loin dans l’anatomie du cerveau, il nous est indispensable de présenter ici quelques-uns des principes généraux applicables au système nerveux en général , mais plus spécialement au cerveau. Il faut donc retenir que ; 1” tout le système nerveux résulte de deux substances ; l’une, de couleur grise, plus ou moins variée et gélatineuse ou granuleuse; l’autre, blan-^
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che et fibreuse. Les nerfs et \es filaments nerveux sont constitués par la substance blanche. 2" De la substance grise naissent les filaments nerveux , et plus elle est abondante , plus elle engendre de ces filaments. S" Les différents systèmes nerveux ne naissent pas les uns des autres, mais chacun prend son origine dans une masse propre de substance grise , et ils sont , en outre , essentiellement différents entre eux. Il existe partout des appareils de communication qui les mettent en rapport les uns avec les autres. 4® Tous les systèmes nerveux peuvent produire des sensations dans le cerveau; mais chaque système reçoit et transmet une irritation ou une sensation déterminée, et qui lui est propre. 5“ Les fonctions de chaque système nerveux ne se manifestent qu’en proportion de leur développement, et leur force est ordinairement en raison directe de ce même développement , ou , pour parler plus clairement , de leur masse respective.
Ceci posé, revenons à la partie anatomique.
Pour bien connaître la structure du cerveau, et pour saisir le rapport que les différentes parties qui le composent ont entre elles, il faut commencer à le disséquer par sa base. Gall est le premier qui ait abandonné l’ancienne méthode de le couper par tranches ; et il s’est mis à examiner chaque partie en partant de la première origine des faisceaux fibreux , qu’il a vus naître de la substance grise, et en suivant leur cours jusqu’à leur
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dernier épanouissenjent ; il a ainsi pu reeonnaitre les renforcements suceessifs fournis dans leur trajet par la rencontre des différents amas de la substance grise, et ii est parvenu à étendre toute la substance du cerveau sous la forme d’une membrane. Spurzheira, son collaborateur, l’a aidé dans ses recherches.
Nous avons vu plusieurs médecins embarrassés pour extraire intact le cerveau de la cavité du crâne. Voici comment il faut s’y prendre. On commencera par faire une incision cruciale sur les téguments, depuis le front jusqu’à l’occiput, et d’une oreille à l’autre; ensuite on séparera et on renversera les lambeaux et les muscles qui sont à la région des tempes. Si l’on veut conserver le crâne, il faut le scier, en passant l’instrument sur le front, les tempes et la partie moyenne de l’os occipital; dans le cas contraire, il faut le casser circulairement avec le côté tranchant d’un marteau pour en enlever la calotte. L’on court beaucoup moins de risques d’endommager les membranes cérébrales et les circonvolutions, en ouvrant à coups de marteau, qu’en faisant usage de la scie, et il n’en résulte du reste aucune altération dans l’organisation intérieure. Lorsque la calotte a été enlevée, on coupe la dure-mère de chaque .côté du sinus longitudinal d’avant en arrière, et transversalement depuis le milieu de la partie supérieure jusqu’aux oreilles; on détache la faux dans la région frontale et on la renverse ;
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«nsuite on fait pencher en bas la partie supérieure de la tête , de manière que le plat de la main puisse s’y appliquer et recevoir le cerveau. Les lobes antérieurs et moyens se dégagent facilement. On coupe successivement les nerfs qui se présentent, savjoir ; le bulbe du nerf olfactif, les nerfs optiques, les nerfs moteurs de l’œil, et l’on incline la tête de chaque côté pour couper la tente, en écartant soigneusement les hémisphères; après quoi l’on sépare les nerfs et les vaisseaux sanguins situés au-dessous dupont de Varole, et l’on coupe la moelle épinière le plus bas possible, au-dessous du grand trou occipital. Alolrs il faut dégager le cervelet avec les doigts d’une main, en soutenant toujours avec l’autre toute la masse cérébrale que l’on enlève du crâne , et en prenant bien garde que rien ne se déchire. Cela fait , l’on pose sur une table le cerveau, d’abord sur sa base, ' afin de l’observer extérieurement.
Le cerveau, dans l’état naturel, remplit entièrement la cavité du crâne. La forme qu’il présente est celle d’un sphéroïde allongé supérieurement, plus rétréci sur le devant que postérieurement. Dans le cerveau, on considère une partie supérieure et antérieure, les hémisphères (pi. IV. A, C A, C), et une partie inférieure et postérieure , moins considérable, qui s’appelle le cervelet {F, F).
Les hémisphères , l’un à droite , l’autre à gauche, sont séparés longitudinalement et très-profondément par la faus de la dure-mère. Chaque
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hémisphère, dans sa face intérieure, est divisé en trois portions qu’on nomme lobes. Le lobe antérieur (AA) pose sur la voûte des orbites , et il est séparé du moyen par un sillon profond (e,e) ; le moyen (BB) n’est presque pas séparé du postérieur (CC) : celui-ci est placé en partie dans la fosse temporale interne du crâne , et en partie sur la tente du cervelet.
Sur toutes les faces des hémisphères, on voit des circonvolutions plus ou moins grosses et plus ou moins saillantes ; elles se séparent par des sillons tortueux appelés anfractuosités , dans lesquelles \di pie-mère s’enfonce, tandis que les deux autres membranes , V arachnoïde et la dure-mère , passent directement sur les circonvolutions et enveloppent tout le cerveau.
Toutes les parties qui composent le cerveau *sont doubles, les unes à droite, les autres à gauche. Elles ne sont pas exactement symétriques, et l’un des côtés est ordinairement un peu plus fort que l’auire. Les faisceaux du même genre de chaque côté sont joints ensemble et mis en action réciproque par des fibres nerveuses transversale, que nous appelons commissures.
Le cervelet est une masse nerveuse séparée de hémisphères. Il occupe, comme nous avons dit, la partie postérieure et inférieure de la cavité du crâne (voyez PI. V. F) , et il est renfermé dans l’espace qui est sous le repli transversal de la duremère , appelée la tente du cervelet , et les foss^