S44 CLASSIFICATIONS DES ORGANES
leurs l’ordre organologique suivi par Gall , et sa dénomination des organes; mais en faisant cette exposition, nous aurions voulu l’accompagner de plusieurs observations critiques sur les différentes classifiôations adoptées par les phrénologistes, et sur le mauvais choix de plusieurs mots mis en usage pour indiquer la fonction primitive , fondamentale de l’organe. Le mot nviativité, par exemple, ne vaut pas les mots instinct de la génération , employés par Gall; le mot adhésivité, affect ionivité, ne vaut pas le mot attachement; le mot acquisivité ne vaut pas \e sentiment de la propriété; et ainsi de plusieurs autres. M.Bailly, par exemple, appelle toutes les facultés des sentiments : sentiment de Vaniour, sentiment de V élévation, sentiment de la construction, sentiment des comparaisons , etc. ; ce qu’autrefois on appelait sens internes. M. Sarlandière a fait aussi un système phrénologique avec des divisions et subdivisions très-nombreuses. Tout ceci auraitfait confusion dans l’esprit dulecteur. Nous avons jugé que l’exposition et l’appréciation de toutes ces différentes manières d’envisager la même chose ne devait pas entrer dans un ouvrage élémentaire de phrénologie, et nous renvoyons le lecteur aux divers traités et journaux de phrénologie qui traitent ces questions en detail.
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imparfait, qu’au moyen d’une longue descrip' tion.
Aux dessins du crâne et du cerveau j’ai fait suivre plusieurs portraits, choisis parmi quelques célébrités de tout genre , afin de donner une idée des différentes formes de têtes, et des differents développements des diverses parties cérébrales. L’explication des planches indiquera les qualités spéciales de chacun. Mais les dessins ne suffisent pas encore pour faire connaître l’organologie ; nous saisissons donc cette occasion pour engager vivement les studieux de la phrénologie à se faire une collection soit de crânes d’hommes et d’animaux, soit de têtes ou de cerveaux moulés en plâtre , soit de portraits authentiques bien dessinés, etc. C’est la seule manière d’approfondir cette étude, et d’obtenir une conviction intime de la vérité et de la justesse de ses principes fondamentaux.
Crâne.
• On entend par crâne la boîte osseuse qui renferme V encéphale ou cerveau. Cette partie du système osseux n’a jamais été, jusqu’à Gall, le sujet de recherches et d’études sérieuses de la part des anatomistes et des physiologistes , comme il l’est devenu depuis. Le crâne a acquis d’autant plus
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d’importance, que son nom a fini par servir de radical à plusieurs autres mots, introduits etadop> tés très-improprement dans la science qui traite des fonctions du cerveau , tels que craniologie , cranioscopie , craniologue , cranologiste , etc. Le mot craniologie a contribué considérablement à brouiller toutes les idées que l’on se formait ou que l’on devait avoir sur la physiologie du cerveau , et il s’est prêté admirablement à la mordante critique des journalistes. Nous allons examiner mainténant la formation du crâne et les changements dont il est passible dans les différents âges et dans les maladies.
Les anatomistes considèrent huit os dans la composition du crâne, savoir : le basilaire, le frontal, qui est encore divisé en deux parties au moment de la naissance; les deux temporaux , V occipital , les deux pariétaux et l’os criblé. Ces os, joints ensemble par des sutures différentes {pl. III, ss), constituent la cavité cérébrale , entièrement remplie par l’encéphale , qui touche partout sa surface interne. Entre le cerveau et le crâne, il n’y a que les méninges, c’est-à-dire la membrane vasculaire (ou pie-mère) , Varachnotde , très-mince , et la dure-mère.
Nous empruntons à l’ouvrage meme de Gall la petite description de ces os, en ce qui concerne les pbrénologistes :
Du basilaire. La partie inférieure de cet os ne peut point entrer en considération. Il est en vé-
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rité en contact avec une petite portion des lobes moyens; mais on ne peut reconnaître sa forme qu’aprcs la mort. Une petite portion de cet os est placée entre la partie supérieure externe des orbites, et contribue pour quelque chose à déterminer leur forme. Une portion de ses ailes touche le bord supérieur du frontal ainsi que le bord antérieur du temporal, et l’angle antérieur inférieur du pariétal. {PL III, A.)
Des temporaux. Les temporaux (B) s’étendent depuis le bord supérieur des ailes du basilaire, jusqu’au bord inférieur des pariétaux, et jusqu’à une partie du bord antérieur et latéral de l’occipital. Les temporaux renferment l’appareil auditif. Derrière le méat auditif (m), se trouve le procès mastoïdien (p), qui est rempli de cellules.
De l’occipital. L’occipital (C) commence derrière le basilaire, à la base du cerveau; il forme le trou occipital qui donne passage à la moelle épinière, et s’étend vers le bas en descendant en arrière, et vers le haut en remontant; là, il touche les bords postérieurs des pariétaux.
Des pariétaux. Les pariétaux (D) se touchent dans la partie supérieure de la ligne médiane; ils s’étendent latéralement en descendant jusqu’aux temporaux, en arrière jusqu’à l’occipital, et en avant jusqu’au frontal.
Du frontal. Le frontal (E) s’étend , en remontant, depuis la racine du nez et la partie supérieure des orbites, jusqu’au bord supérieur-an-
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térieur des pariétaux, et latéralement jusqu’au basilaire.
I)e l'os criblé. Cet os étant recouvert en entier parle bulbe du nerf olfactif, ne se trouve pas en contact avec le cerveau, et ne peut pas intéresser l’organologie.
Formation du crâne.
Dans le fœtus, le cerveau existe avant qu’il y ait un crâne ; il y a seulement en dehors des méninges une membrane cartilagineuse , destinée à être changée en os. Dans la septième ou huitième semaine de la conception , il se forme dans celte membrane autant de points d’ossification qu’il existe d'os du crâne; ces points s’étendent ensuite en forme de rayons par la juxtà-position de nouvelles molécules osseuses, jusqu’à ce qu’il en résulte des os solides, dont les extrémités s’engrènent entre elles, et forment les sutures. Il faut distinguer dans la structure du crâne deux lames osseusses compactes, une extérieure et une intérieure, et une substance spongieuse (le diploe), qui les sépare , mais d’une manière un peu inégale, ce qui fait qu’il n’y a pas de parallélisme absolu entre ces mêmes lames. En suivant la formation du crâne , nous devons remarquer que la déposition de la substance osseuse, s’effectuant
APPEHDICB.
sur la membrane cartilagineuse dont nous avons parlé , et celle-ci étant moulée sur le cerveau, il faut de toute nécessité que le crâne soit moulé sur ce viscère : c’est donc la masse du cerveau qui détermine V étendue du crâne, et c’est le développement de ses différentes parties qui en détermine la /orme. — Cette forme varie depuis l’enfance jusqu’à la décrépitude, et suit les changements qui se succèdent dans le cerveau. C’est une chose bien démontrée , et sur laquelle il ne peut y avoir de doute, que, dans le fœtus, les formes futures de l’individu, ou pour mieux dire la tendance aux formes que les parties adopteront par la suite^ sont déterminées dans le moment même de la conception. Aussi, non-seulement les formes des différentes parties du corps varient originairement d’un enfant à l’autre, comme les physionomies, la taille, etc., mais la forme future de la tête même lui est originairement empreinte par la tendance naturelle du développement différent des diverses parties cérébrales. — On a prétendu que , dans les accouchements difficiles, et par l’application des instruments , on pouvait faire varier la forme du crâne. Il est facile de se convaincre que de pareilles objections ne sont pas fondées, si ou réfléchit que les changements de la forme des têtes des enfants nouveau-nés n’existent ordinairement que pour les parties molles (pour les enveloppes dv crâne). Mais, quand même les parties osseuses et le cerveau auraient
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été obligés de céder momentanément à une compression violente, leur élasticité réagit aussitôt que la pression cesse, et les parties reprennent, au bout d’un certain temps , leur forme naturelle. Si le rétablissement des os comprimés n’a pas pu avoir lieu , on verra que les fonctions du cerveau seront proportionnellement altérées. Nous avons répété les expériences de Gall et d’autres physiologistes sur ce sujet , et nous nous sommes convaincu de l’exactitude de leurs observations. Il n’est donc pas donné à un accoucheur , comme on l’a prétendu, de varier la forme des têtes que nous apportons en naissant, pas plus que de changer la ressemblance de nos physionomies.
Du crâne dans l'âge adulte.
Quand les os , après la naissance , ont acquis de la consistance, et que tous les intervalles membraneux ont été ossifiés, c’est encore l’encéphale qui imprime sa forme au crâne. Le cerveau d’un enfant de huit ans est plus volumineux que le cerveau d’un enfant nouveau-né, et le cerveau d’un adulte est plus volumineux que celui d’un enfant de huit ans. Or, de quelle manière le cerveau aurait-il pu être contenu dans la cavité cérébrale, si celle-ci n’avait pas cédé en proportion du développement de ce viscère ?
APPERDIClî.
Si l’on observe la surface interne du crâne d’un adulte , on verra distinctement l’impression des vaisseaux sanguins et l’impression des circonvolutions célébrales, particulièrement sur le plancher orbitaire , dans les parties inférieure et antérieure du frontal, et dans les temporaux. — Il ne faut pas croire, comme certains physiologistes l’ont pensé , que l’extension du crâne a lieu par une sorte de pression que le cerveau exercerait contre sa surface interne. Il se passe ici la même chose que pour toutes les autres parties du corps ; usure, sécrétion , nutrition, décomposition et recomposition. Les molécules osseuses sont absorbées, et d’autres sont sécrétées et déposées à leur place, mais avec les modifications déterminées par la croissance du cerveau. — Il parait prouvé que , par une action permanente d’un corps dur et inflexible , on peut changer avec le temps la forme naturelle du crâne, comme on l’observe particulièrement chez les Caraïbes; mais , outre que ce déplacement forcé des parties cérébrales peut altérer plus ou moins profondément les fonctions du cerveau , on doit regarder ces cas, par rapport à la crânioscopie, comme des cas pathologiques, dans lesquels on ne peut pas appliquer les principes que nous admettons pour l’état physiologique du crâne et du cerveau. Ce qu’on observe pour la totalité du crâue , relativement au development du cerveau, a lieu pour ses différentes par-
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lies en particulier. Le front d’un enfant nouveau né est petit; au bout de trois mois il commence à se bomber, et continue à garder ses formes jusqu’à l’âge de huit à dix ans, époque à laquelle les autres parties du cerveau commencent, à leur tour, à se développer davantage , et le front à perdre sa convexité. Les mêmes variations s’opèrent pour les différentes parties du cerveau, et le crâne se modiüe de même. A l’âge indiqué, le crâne n’a pas plus d’une ligne d’épaisseur, et on peut avec certitude reconnaître la forme du cerveau par la forme extérieure du crâne. Quoique les deux lames du crâne ne soient pas exactement parallèles, et qu’on ne puisse pas , à la rigueur, déterminer, par l’inspection extérieure du crâne, les nuances les plus minutieuses qui peuvent exister dans les circonvolutions du cerveau , il est certain cependant que cette circonstance n’est pas un obstacle qui empêche d’observer et de juger convenablement le développement marqué des différentes parties cérébrales. Ceux qui ont l’habitude de faire de pareilles observations nesont point sujets à errer sur ce point.
Du crâne dans la vieillesse.
Au déclin de l’âge, les nerfe se rapetissent, le cerveau diminue, et les circonvolutions cérébra-
appendice;
les s’affaissent. Dans cette circonstance, la sub* stance osseuse du crâne vient à remplacer les parties du cerveau qui disparaissent , et le crâne entier devient, dans la plupart des cas, épais, léger et spongieux : c’est la lame interne seule qui s’écarte d’ordinaire de la lame externe , et fait que la cavité crânienne , dans la décrépitude , est beaucoup plus petite que dans l’âge adulte. Dans certains cas , les fosses occipitales et celles des lobes moyens disparaissent , les sinus frontaux s’élargissent, et la lame supérieure du plancher orbitaire se sépare considérablement de sa lame inférieure. Tous ces faits prouvent jusqu’à l’évidence l’énorme diminution de la masse cérébrale dans l’âge le plus avancé, et nous amènent à faire l’observation que, sur de pareils individus , on ne peut plus juger avec précision de l’état de la masse du cerveau et de ses différent tes parties par l’examen de la forme extérieure du crâne , et conséquemment de l’état actuel de leurs facultés morales et intellectuelles. Faisons «ne autre réflexion ; c’est que rien ne pourra empêcher qu’avec la croissance de l’âge il n’y ait diminution et affaiblissement des penchants et des facultés intellectuelles. L’âme de l’homme est donc encore ici subordonné à l’état de son cerveau.
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Du crâne dans les maladies.
Les maladies, soit du crâne, soit des méninges ou du cerveau , produisent des changements plus ou moins sensibles dans la forme extérieure du crâne. Un exostose, une fracture ou une altération accidentelle du crâne , ne seront pas confondues, par les praticiens, avec les protubérances produites par un développement partiel des organes cérébraux , parce que les élévations que ceux-ci produisent dans le crâne se font insensiblement avec la croissance de l’individu, et on les trouve des deux côtés en même temps, s’ils ne sont pas sur la ligne médiane. Les élévations dans le crâne, causées par maladie, se font plus ou moins rapidement et sont accompagnées des symptômes propres à la maladie qui les produit. Un cerveau originairement défectueux laisse le crâne dans un état incomplet de développement, comme on l’observe chez les enfants acéphales ou chez certains idiots (voy. pl. VIII, fig. 2). On a vu , cependant , des acéphales chez lesquels le crâne était rempli d’eau ; mais ils n’ont vécu que fort peu de temps.
Dans V hydrocéphale, le crâne au contraire cède peu à peu à l’épanchement d’eau qui se fait dans les cavités des hémisphères du cerveau, et quel-
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quefois il acquiert un volume considérable, Il y a des têtes très-volumineuses que l’on prendrait pour celles de personnes douées d’une grande capacité , si l’on ne savait pas que, dans la cavité du crâne, à la place du cerveau, il y a une quantité plus ou moins considérable d’eau.
Un autre genre d’altération a lieu dans les maladies mentales. Quand l’aliénation est récente, on ne trouve encore aucun changement dans le crâne ; mais , quand elle a été de longue durée , le cerveau d’ordinaire s’afilaisse, et le crâne, comme dans la vieillesse, remplit le vide que la diminution de la masse cérébrale y laisse , avec cette différence , pourtant, que dans ce cas , au lieu d’être léger et spongieux , il devient épais , dur, compacte, pesant comme l’ivoire. Dans le suicide, quand il est le résultat d’un penchant intérieur, existant depuis long temps, le crâne présente les memes altérations que chez les maniaques , il est ordinairement dense, pesant, épais ; ce qui prouve que la tendance à se détruire est, en général, une véritable maladie du cerveau.
Du crâne chez les animaux.
L’étude de l’anatomie et de la physiologie comparées a été d’un grand secours pour établir
DD CBARE.
les principes de la physiologie du cerveau chez l’homme. Il est vrai que le crjine des animaux exige une étude toute particulière de la structure des tètes des différentes espèces, mais il existe des lois générales de conformation qui frappent l’esprit le plus superficiel , pour peu qu’il soit disposé à l’observation. C’est ainsi , par exemple, qu’on voit constamment des crânes très-larges sur les côtés chez tous les animaux carnassièrs, soit mammifères , soit oiseaux , tandis qu’au contraire les crânes des animaux non carnassiers sont très-étroits. Que l’on comparé le crâne d’un loup avec celui d’un mouton, le crâne d’une belette avec celui d’un lièvre, le crâne d’un aigle avec celui d’un cygne, et ainsi de suite, et l’on sera bientôt convaincu de leurs difilérences essentielles, quoique les niasses des cervaux comparés soient à peu près les mêmes. Chez beaucoup d’animaux, on ne peut pas déterminer la forme du cerveau par la configuration extérieure du crâne. Les sinus frontaux s’étendent chez les uns aux vastes cellules existantes entre les deux lames osseuses du crâne , et qui se prolongent même dans tout le crâne; chez les autres, il n’y apas de sinus frontaux. Chez certaines espèces , les muscles couvrent presque tout le crâne; chez d’autres , il n’y en a pas plus que chez l’homme. Le cervelet des oiseaux n’occupe que la ligne médiane de l’occipital ; chez certains animaux, au contraire, le cervelet est re-
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couvert par les lobes postérieurs du cerveau , et chez d’autres il est placé à découvert derrière les lobes. On ne peut donc pas établir de règle générale sur la forme du crâne des animaux, mais, cependant, si l’on compare les crânes provenant d’animaux de la même espèce , et appartenant à des sujets que l’on aura étudiés pendant leur vie, sous le rapport de leurs instincts et de leurs penchants déterminés , on reconnaîtra aisément que la grande différence qui a existé entre un individu et un autre est due à des dispositions organiques cérébrales, et non pas à des causes accidentelles.
Par tout ce que nous avons. exposé jusqu’ici, nous pouvons regarder comme démontré le principe physiologique, que la surface interne et externe du crâne offre, dans l’état ordinaire, chez l’homme , l’empreinte fidèle de la surface extérieure du cerveau. Conséquemment , le crâne, par lui-même, ne peut aucunement être considéré comme une partie du corps destinée à la manifestation des facultés de l’âme : il est passif, et dans sa formation , et dans sa configuration ; il est subordonné à la croissance, à la décroissance et aux modifications qui ont lieu dans le cerveau ; il n’a et ne peut avoir que les fonctions propres au système osseux. Nous ne devons donc le considérer que comme un moyen sufiisamment exact pour juger du développement de la masse du cer-
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veau , pris dans sa totalité ou dans ses différentes parties.
Du cerveau. ■
Avant Gall , le cerveau n’était étudié que par les anatomistes, qui en faisaient une description exacte sous le rapport de ses qualités physiques et matérielles, et nous donnaient des détails minutieux sur sa forme , sur la couleur de ses diverses parties, sur leur consistance, etc.; et ils faisaient toutes leurs observations en coupant par tranches ce même cerveau en toutes directions, mais plus généralement de haut en bas jusqu’à sa base. Toutes les formes qui se présentaient sous les coupures étaient décrites soigneusement, et cela fait, ils croyaient avoir fait connaître le cerveau. Quant à ses fonctions, l’anatomiste n’en disait rien , et le physiologiste , en suivant cette mauvaise méthode de dissection , ne pouvait pas saisir les lois que la nature avait suivies dans l’organisation du cerveau, et conséquemment, il se contentait d’indiquer les faits les plus marquants du désordre qui arrivait , à la suite des altérations gràves de cet organe , pour les facutés de l’âme; mais ils n’avaient jamais établi aucune doctrine sur la nature et sur l’étendue de ses fonctions, jamais une véritable physiologie du cer-
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veau. — De leur côté, les philosophes psychologistes et moralistes parlaient de l’âme comme d’un être possédant en propre toutes les facultés et qualités, agissant, pensant et voulant par lui-même, tellement indépendant de la matière, qu’ils auraient cru blesser la dignité de l’homme si jamais ils avaient osé penser que les facultés de son âme fussent subordonnées à l’état de son cerveau. Les philosophes ignoraient donc complètement l’importance de ce viscère dans l’économie animale.
Il se présentait à eux encore un très-grand obstacle qui rendait impossibles les progrès de la science et l’établissement des vérités importantes que nous avons connues depuis, et qui était une conséquence de leur manière d’envisager l'ânie humaine ; ils ne tenaient aucun compte de l’intelligence, des instincts et des aptitudes industrielles des animaux; ils avaient continuellement sous leurs yeux les animaux domestiques dont ils se servaient, ils voyaient l’attachement, le courage, l’intelligence et les passions de leurs chiens et de leurs chevaux ; ils connaissaient la perspicacité ou la cruauté du renard et du loup, la mémoire locale étonnante de presque tous les animaux; mais comme il n’y avait, selon eux, que l’homme qui eût une âme , et que ce n’était qu’en vertu de l’âme qu’il avait toutes ses facultés , les animaux ne pouvaient lui être comparés en rien , et ne devaient pas, à cause de leurs instincts, venir dégrader le seul être fait à l’image de Dieu ,