‹ Nouveau manuel des aspirants et aspirantes aux brevets complémentaires de l'instruction primaire rédigé d'après les programmes officielsChapitre 149 sur 327 · L’esprit et le caractère du règne de Pépin, c’est Pal · texte numérisé non relu

L’esprit et le caractère du règne de Pépin, c’est Pal

liance de ce prince avec le saint-siège, qui le fit sacrera Reims par les mains de saint Boniface, et auquel il facilita son indépendance comme puissance temporelle.

Charlemagne (768-814).

4. — Charles et Carloman, fils de Pépin , lui succédèrent; mais la mort du second laissa bientôt le premier seul maître du royaume (771). Charles, que ses exploits ont fait surnommer le Grand (Charles-Magne), dompta l’Aquitaine, détrôna Didier, successeur d'AstoIphe, et se fit couronner roi d’Italie (774), poussa ses conquêtes en Espagne jusqu’à l’Ebre, soumit la Bavière et le pays des Awares (Hongrie). Les Saxons lui résistèrent trente-deux ans , sous les ordres du fameux IVittikind; enfin ils se soumirent à Charlemagne et au christianisme, lorsqu’un grand nombre d’entre eux eurent été transportés dans la Flandre.

R. — Une émeute qui eut lieu à Rome y appela Charlemagne; c’est là que le pape Léon III le proclama et le couronna empereur d’Occident, fan 800.

6. — Charlemagne régla admirablement ses vastes Etats, en réforma la législation par ses Capitulaires , protégea les lettres et fonda partout, et même dans son palais d’Aixla-Chapelle , sa résidence habituelle , des écoles où l’on enseignait les sept arts libéraux : grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, astronomie et musique (plain-chant), Il mourut en 814, laissant ses Etats à Louis P r le Débonnaire, son fils.

7 • — L’esprit et le caractère du règne de Charlemagne , c’est que, par suite de son alliance avec le saint-siège, il fut couronné empereur d’Occident, qu’il fut aussi grand guerrier qu’habile administrateur et législateur admirable , enfin qu’il raviva dans l’Occident l’étude des lettres et les lumières qui paraissaient prêtes à s’éteindre.

Louis I" le Débonnaire (814-840).

8. — Louis I" le Débonnaire, prince faible, fut détrôné deux fois par ses fils; il mourut en 840, lorsqu’il allait apaiser une troisième révolte. L’empire, après la bataille de Fontenay (841), fut partagé entre ses trois fils. Lothaire l'aîné, eut , avec le litre d’empereur, les pays situés entre l’Escaut, la Meuse, la Saône et le Rhin; Louis eut la Germanie; et Charles le Chauve , la France actuelle.

O- — L’esprit et le caractère du règne de Louis I er le Dé-

Di

412 ÜISTOIKE %

1 »on nai re , c'est une lutte continuelle entre lui et ses fils, lutte qui fit retomber la France dans la misère et l’oppression d'où l'avait tirée Charlemagne.

Charles I" le Chauve (840-877'.

10- — Charles I" le Chauve devint roi d’Italie et empereur sur la fin de son règne ; mais il prépara la perte de sa race par l’introduction de la féodalité. Il rendit héréditaires les charges , les gouvernements , pour encourager les comtes à défendre la France contre les invasions des Normands.

11 . — l.es Normands, pirates du Nord , qui s’appelaient les rois de la mer , traversaient l'Océan sur des barques légères , remontaient les fleuves , en ravageaient tous les bords, et revenaient chargés de butin. Dès l'an 830, ils avaient des postes à l’embouchure de la Loire, de la Seine, de la Somme, et Charles le Chauve, au lieu de les combattre , leur donna de l’or ; mais ils n'en reparurent que plus avides, plus audacieux. Hastings , un de leurs chefs, tua Robert le Fort , aïeul de Hugues Capet , à la bataille de Brisserte (866), et Rollon, dix ans après, imposa un tribut à Charles le Chauve (876).

12. — L’esprit et le caractère du règne de Charles P r le Chauve , c’est l’établissement régulier de la féodalité et de Ja noblesse héréditaire, ignorée en France jusqu’à cette époque.

I.ouis II le Bègue (877-87») , Louis III etCarioman (879-884).

15. — Sous Louis II le Bcgue, Louis III et Carloman, la féodalité fit des progrès ; toutes les diguités devinrent héréditaires : chacun fut roi de son fief. La hiérarchie, commençant au souverain, descendait de grade en grade jusqu’au plus petit seigneur; mais chacun n'était vassal que de son supérieur immédiat , en sorte que le roi n’avait d’autorité que sur les grands feudataires , qui finirent par être plus puissants que lui.

I L — L’esprit et le caractère du règne de Louis II le Bègue, de Louis III et de Carloman, c’est l’affaiblissement de la race royale carlovingienne et de l’autorité monarchique par les aliénations successives du domaine royal.

Charles II le Gros (884-888).

IB. — Charles II le Gros, roi et empereur, laissa les Normands assiéger Paris pendant plus d’un an, et ne les en

éloigna qu’en leur livrant la Bourgogne à ravager. Cette lâcheté le fit déposer en 888. •

IC- — L’esprit et le caractère du règne de Charles II le Gros, c'est que sa lâcheté à l’égard des Normands fit passer aux Allemands la couronne impériale, qui dès lors cessa • d'appartenir aux rois de France.

§ 2. De la déposition de Charles le Gros à la fin de la deuxième race (888-987). *

1 . Quels furent les rois de France depuis Charles le Gros jusqu’à la Gn de la deuxième race ? — 2. Pourquoi Eudes fut-il élu roi ? — 3. Quel fut l’esprit et le caractère du règne d’Eudes? — 4. Quel traité Gt Charles III le Simple avec les Normands, et par quoi se distingua Rollon ? — ■ 5. Comment Raoul succéda-t-il à Charles III le Simple? — 6. Quel fut l’esprit et le caractère du règne de Charles III le Simple? — 7. Quel fut le règne de Raoul et quel en fut l’esprit et le caractère ? — 8. Que se passa-t-il sous les derniers rois de la deuxième race ? — 9. Quel fut l’esprit et le caractère de leur règne ?

1. — Après Charles le Gros, la race carlovingienne compte encore six rois, savoir : Eudes (888), Charles III le Simple (898), Raoul (923), Louis IV d’ Outre-Mer (936), Lo- Ihaire (934) et Louis V (986).

Eudes (888-898).

2. — Eudes, l’un des fils de Robert le Fort , fut élu roi à cause des services qu’il avait rendus au siège de Paris par les Normands.

3. — L’esprit et le caractère du règne d’Eudes, c’est qu'il inaugura les hautes destinées de sa famille, qui devait, un siècle après, monter sur le trône pour ne plus le quitter.

Charles III le Simple (898-923).

4. — Charles III le Simple traita avec Rollon, chef des Normands , et lui céda la partie de la Neuslrie depuis appelée Normandie. Rollon prit, au baptême, le nom de Robert I", divisa ses Etats en fiefs et arrière-fiefs, relèvant tous de la couronne, et fit régner les lois et la justice parmi ces anciens pirates.

Page 1