Les pompes sont des machines hydrauliques , des
tinées à élever l’eau. Elles sont composées d'un cylindre, appelé corps de pompe, dans lequel on fait glisser un piston au moyen d’une lige.
Il y a trois espèces de pompe : la pompe aspirante , la pompe foulante , la pompe aspirante et foulante.
2. — La pompe aspirante (fig. 81, D. L ) se compose d’un corps de pompe Ik , communiquant avec un tuyau d’aspiration da plongé dans le réservoir ab : elle est munie de deux soupapes h, d, dont l’une h est placée au fond du corps de pompe, et l’autre d à la jonction du corps de pompe et du tuyau d’aspiration.
Lorsqu’on remonte le piston , il se fait un vide dans le corps de pompe ; alors la pression de l’air inférieur force la soupape d de s’ouvrir; l’eau monte dans la partie inférieure du corps de pompe. Lorsqu’on redescend le piston, la soupape d se referme par la pesanteur de l’eau , ef comme le piston continue à descendre, la soupape h s’ouvre, l’eau passe par dessus le piston. Quand on remonte le piston de nouveau , il élève l’eau placée au dessus de la soupape h. C’est pourquoi on appelle souvent cette pompe aspirante et élévatoire.
3 • — La pompe foulante a son piston (fig. 9, Ph.) audessous du niveau de l’eau , dans un cylindre dont le bas est percé de plusieurs petits trous, et qui communique par une soupape avec un tuyau latéral. Le piston n’a point de soupape. Lorsqu’il remonte, l’eau le suit pour se mettre de niveau; lorsqu’il descend, il la refoule, et l’eau, soulevant la soupape, s’ouvre un passage dans le tuyau latéral.
4. — La pompe aspirante et foulante (fig. 10, j Ph.) aspire l’eau dans le premier cylindre comme la pompe aspirante, et la foule comme la pompe foulante dans le second cylindre. Cette sorte de pompe réunit donc , comme le dit son nom, les effets des deux premières. Elle a de plus l’avantage de pouvoir facilement se réparer, attendu que le corps de pompe se trouve hors de l’eau. L’addition d’un réservoir d’air au tuyau latéral en rend le jet continu. Celle pompe peut être utilisée pour l’arrosement des jardins.
Dans la pompe aspirante et dans la pompe aspirante et foulante , le tuyau d’aspiration doit avoir moins de 10' n ,51 de hauteur, la pression atmosphérique ne pouvant pas élever l’eau au delà de celte limite.
g. — La pompe à incendie consiste ordinairement en un corps de pompe cylindrique horizontal, fixé à un tuyau
d’aspiration vertical qui plonge dans une bâche pleined’eau; sur l’axe du corps de pompe s’appuie une cloison longiludinale et verticale fixe. Cet axe en fait mouvoir un autre qui s’appuie sur la base du cylindre et sur sa surface courbe inférieure. Quatre soupapes, convenablement disposées sur des conduits latéraux, permettent à l’eau de passer dans un réservoir, d’où elle est continuellement refoulée dans des tuyaux de cuir qui la dirigent sur l’incendie. Un réservoir d'air entretient, un écoulement continu qui est aussi favorisé par le jeu d’une cloison mobile ; l’axe se manœuvre à l’aide d’une manivelle double que des hommes font mouvoir.
G. — La machine pneumatique est un instrument qui sert à raréfier l’air contenu dans -un vase. En voici le mécanisme (fig. 11, PA.) :
B est le vase ou ballon à purger d’air ; R, le robinet pour fermer le ballon ; C, le conduit ; D, le corps de pompe; S, la soupape inférieure ; P, le piston ; S', la soupape supérieure. On voit déjà par ce détail que la machine pneumatique p’est qu’une application de la pompe ordinaire. Quand on baisse le piston , l’air se comprime et ferme la soupape S en même temps qu’il ouvre la soupape S' pour s’échapper. Quand on monte le piston , l’air du ballon se dilate , soulève la soupape S et se répand dans le corps de pompe , d’où un nouvel abaissement le chasse extérieurement. Eu renouvelant le jeu du piston, les mêmes effets se reproduisent : à chaque fois, une partie de l’air du ballon passe dans la pompe et de là dans l’atmosphère; de sorte qu’on parvient à produire dans le vase sinon un vide parfait, du moins une raréfaction très-grande.
7. — Si l’on enferme sous la machine pneumatique un animal pourvu de deux ventricules au cœur , tel qu’un oiseau , l’animal , après quelques coups de piston , se débat , et meurt bientôt si l’on continue la raréfaction ; il revient au contraire à la plénitude de son existence, si Pon ouvre à temps le robinet R, qui donne passage à l’air extérieur. Au contraire, les animaux qui n’ont qu’un ventricule au cœur, tels que les serpents et les poissons, peuvent vivre plusieurs heures sous la machine pneumatique. Les fruits se flétrissent et se gâtent dans le vide; les corps n’y prennent pas feu ou s’y éteignent quand ils sont embrasés.
8. — Les machines soufflantes ont en général pour but d’entretenir la combustion dans un foyer , de renouveler l’air contenu dans un espace donné ou de l’appliquer à divers besoins industriels. Les plus simples sont les soufflets
d'appartement. Ces soufflets consistent en une chambre dont les parois, flexibles et garnies de peau, peuvent alternati • vement se dilater ou se contracter : une soupape qui s'ouvre de dehors en dedans permet à l’air de s’y introduire pendant la dilatation ; cet air est ensuite chassé par la tuyère. Comme celle-ci n’est pas ordinairement garnie d’une soupape , il rentre de l’air par son orifice, quand on dilate la chambre. Dans les soufflets plus composés , l’air aspiré par une chambre entre par une seconde soupape dans une autre chambre, et, l’injection terminée , s’échappe par la tuyère placée sur la deuxième chambre , expiration qui continue pendant que recommence l’aspiration dans la première chambre.
î). — La trompe est une espèce de machine soufflante continue où l'air est poussé par la chute de colonnes d'eau.
10- — Le ventilateur est une machine soufflante destinée à renouveler l’air dans les espaces où il a été vicié par la combustion, par des décompositions , ou par toute autre cause ; par exemple, celui des mines, des cales de vaisseau, des salles de fabrique. Le ventilateur à force centrifuge estxomposé d’une caisse dans laquelle on fait mouvoir rapidement, autour d’un axe, des ailes qui communiquent leur mouvement de rotation à l’air. L’air acquiert ainsi une force centrifuge qui lç fait fuir par des orifices plaçés à la circonférence de la caisse, et qui imprime le même mouvement circulatoire à l’atmosphère de la chambre mise en communication avec le centre de cette caisse.
11 . — Le siphon est un tube recourbé dont les deux branches sont d’inégale longueur (lig. 12 , Ph.). Il sert à. vider un vase contenant un liquide, sans qu’on soit obligé de déplacer, de renverser ou de percer le vase.
Soit V le vase à vider; on remplit d’eau le siphon ; on le renverse ensuite, en plongeant la plus courte branche dans le liquide du vase; aussitôt l’écoulement commence par la plus longue branche , et ne s’arrête que lorsque le liquide a baissé jusqu’au niveau de la petite.
Le siphon sert aux sommeliers ; on l'emploie encore à faire passer un courant d’eau par-dessus une hauteur , à tarir les étangs au lieu de rompre la digue , etc..