C.F.AMMViP.fc. î
3. — Il y a dans toute proposition trois parties essentielles, savoir : le sujet, le verbe et V attribut.
4- — Le sujet est l’objet du jugement ou de l’idée ; l'aftribut est la qualité que l’on juge appartenir ou que l’on joint au sujet; 1 e verbe affirme la convenance ou la disconvenance de l’attribut avec le sujet.
3. — On appelle phrase une ou plusieurs propositions qui présentent un sens complet. Ex. :
L’amitié est un présent du ciel. — L’ennui , qui dévore les autres hommes, est inconnu à ceux qui savent s’occuper par quelque lecture.
§ 4 . Syntaxe du Nom ou Substantif.
1. Quelle est la fonction du nom ou substantif? — 2. N’y a-t-il pas des substantifs qui changent de genre en changeant de nombre ? — 3. N’y a-t-il pas des substantifs qui changent de genre en changeant de sens ? — 4-. N”y a-t-il pas des substantifs qui changent de genre suivant les mots auxquels ils sont joints? Oitez-en des exemples. Quand emploie-l-on tous au lieu de toutes devant le mol gens? — 5. Dans quel cas l’adjectif qui suit avoir l’air s’accorde-t-il ou non avec le mot air ? — G. Quand les noms propres prennent-ils la marque du pluriel ? — 7. Quand les noms tirés des langues étrangères prennent-ils la marque du pluriel ? —
8. Quels sont les mots qui gardent toujours le genre masculin? —
9. A quels animaux s’appliquent les mots télé et hure? corne et bois ? bouche , gueule et bec ? groin, museau cl mufle ? dents et défenses? arêtes et os? pied, patte, serre et griffe? —
10. N’y a-t-il pas quelques substantifs dont le genre est embarrassant? quels sont les masculins? les féminins? les masculins ou féminins? — 11. Citez quelques subs.lantifs qu’il faut se garder de confondre.
i . — La fonction du nom Ou substantif est d'être employé comme sujet , comme attribut ou comme complément ou régime.
Il est sujet, quand c’est à lui que se rapporte l’existence, l’état Ou l’action marquée par le verbe; — attribut, lorsqu’il exprihie la manière d’être du sujet; — régime ou complément, lorsqu’il complète la signification du mot dont il dépend. Ex. :
Sujet. — L'homme est mortel.
Attribut. — Le mensonge est un vice.
Complément. — Dieu a créé le monde i .
il. — Il y a plusieurs substantifs qui changent de genre en changeant de nombre ; tels sont amour, délice, orgue , qui sont masculins au singulier et presque toujours féminins au pluriel. Ex. :
Un saint amour, d'ardentes amours; un pur délice, de pures délices; un orgue harmonieux , des orgues harmonieuses.
5. — Il y a d’autres substantifs qui changent de genre en changeant de sens; tels sont aide, aigle, couple, enfant, exemple, foudre, garde, hymne, livre.
Aide est féminin dans le sens de secours , et masculin dans le sens de subalterne. Ex. : Aide prompte et assurée; — un aide de camp.
Aigle est féminin dans le sens d’enseigne, d'armoiries, de devise. Dans tout autre cas, il est masculin. Ex. : L’aigle romaine ; — l’aigle est fier; le grand aigle de la légion d’honneur; c’est un aigle (un homme supérieur).
Couple est masculin dans le sens d’union, et féminin dans le sens de deux. Ex. : Un heureux couple ; —une couple d’œufs.
Enfant est masculin quand il désigne un garçon , et féminin quand il désigne une fille. Ex. : Un bel enfant ; — une belle enfant.
Exemple est féminin quand il désigne un modèle d’écriture ; hors de là, il est masculin. Ex. : Une belle exemple d’anglaise; — suivre les bons exemples.
Foudre, employé au propre, est féminin ; il est des deux genre» lorsqu’il est accompagné dun adjectif. Ex. : La foudre éclate; — la foudre vengeresse, les foudres menaçants.
Carde est masculin quand il désigne une ou plusieurs personnes comme parties d’un tout; il est féminin quand il désigne tout le corps. Ex. : Un garde royal, un garde national; — la garde royale, la garde nationale.
Hymne, chant d’église, est féminin ; hors de là, il est masculin. Ex. : Les belles hymnes de Pâques ; — un hymne guerrier.
Livre, poids ou monnaie, est féminin; volume écrit ou imprimé , il est masculin. Ex. : Une livre de sucre, une livre tournois ; — un bon livre.
4. — II y a des substantifs, tels que chose et gens, qui changent de genre suivant les mots auxquels ils sont joints.
Le mot chose, qui est féminin, devient masculin lorsqu’il est joint à quelque. Ex. : La chose est nouvelle ; pour savoir quelque chose, il faut l’avoir appris, et non apprise.
Le mot gens veut au féminin les adjectifs qui le précèdent, et au masculin ceux qui le suivent. Ex. s Les vieilles gens sont soupçonneux ; toutes les méchantes gens sont méprisés.
GRAMMAIRE. t»J
Remarque. Avec le mol gens, on emploie tous au lieu de toutes : 1° quand cel adjectif est le seul qui précède gens ; 2° quand gens est précédé de tous el d’un autre adjectif qui n’a qu’une seule terminaison pour les deux genres. Ex. : Tous les gens de Lien , tous les honnêtes gens.
5 - — L'adjectif qui suit avoir l’air s’accorde : 1 ° ave« le sujet du verbe avoir si l’on veut exprimer l’apparence; 2° avec le mot air, si l’on veut exprimer la réalité. F.x. :
1° Cette soupe a l’air bonne, c.-à-d. t a l’apparence d’ëtre bonne ; cette femme a l’air campagnarde, c.-à-d., a l’apparence d’ëtrc campagnarde, d’ëtre de la campagne.
2° Celle dame a l’ air bon, c.-a-d., un air bon, un air de bonté; celte femme a l’air campagnard, c.-à-d., un air campagnard ; sans être de la campagne , elle en a l’extérieur, les mœurs, le langage, etc.
G- — Les noms propres, ordinairement invariables, prennent la marque du pluriel : 1° quand ils sont employés comme noms communs; 2° quand ils désignent une colleclion de personnes d’une même famille célèbre.
Ainsi l’on dit avec le singulier :
Les deux Corneille, les deux Racine.
Mais on dira avec le pluriel :
1° La France eut ses Césars , ses Calons, scs Pompées.
2° La Seine a des Bourbons, le Tibre a des Césars.
7. — Les noms tirés des langues étrangères ne prennent la marque du pluriel que lorsqu’un fréquent usage les a francisés. Ex. :
Des pater, des avè, des alléluia, des accessit, etc.; — des bravos, des opéras, des duos, des numéros , etc.
8 — Certains substantifs qui désignent une profession , tels que peintre, auteur, écrivain, gardent le genre masculin , même lorsqu’ils s’appliquent à une femme. Ex. :
Madame de Sévigné et madame de Staël sont de bons écrivains.
9. — Les noms qui désignent certaines parties du corps des animaux changent suivant l’espèce de l’animal. Ex. :
1° On dit la télé d’un lion, d’un cheval, d’un mouton , d’un oiseau, d’un poisson, d’un reptile, etc., et la hure d’un sanglier, d’un brochet, d’un saumon , etc., surtout lorsque cette partie du corps est coupée.
2° On dit la corne d’un bœuf, d’un rhinocéros, etc., et le bois d’un cerf.
3° Le mot bouche s’emploie pour les animaux de somme ,
62 langue française.
d'attelage, cl en général pour les animaux d’un caractère doux, tels <|ue le cncval, le chameau, le bœuf, le inoulon, elc.; le mot gueule, pour les animaux voraces et carnivores, tels que le brochet, le lion , le loup, le chien, etc.
4° On dit : le bec d’un perroquet, d’une hirondelle, en un mot de tous les volatiles.
5° La gueule et le nez s’appellent groin chez le cochon ; museau chez le renard, la belette, le chien, etc.
G 0 On dit : les dénis d’un animal quelconque pourvu de cet organe; mais on donne le nom de défenses aux deux longues dents , canines ou incisives, qui sortent de la bouche de l’éléphant, du sanglier, de l’hippopotame, cl dont ils se servent pour se défendre.
7° On dit : les arêtes d’un brochet ou de tout autre poisson , excepté la sèche; mais on dit : les os d’une baleine, d'une sèche.
8° Le mot pied s’emploie pour les animaux chez lesquels celte partie est de corne, tels que le cheval, le bœuf, le mouton, le cerf, etc.; et le mot patte pour tous les autres animaux, tels que le chien, le chat, le lièvre, les oiseaux qui ne sont pas oiseaux de proie. Tour les oiseaux de proie, on se sert du mot serre. On dit ! la griffé du lion, du chat, du tigre, etc.
10. — Il y a des substantifs dont le genre est embarrassant. En voici quelques-uns :
Faites masculins les mots : acabit, acrostiche, amadou, amalgame, apologue, autel, clepsydre (horloge d’eau) , concombre , crabe, décombres , emplâtre, éclair, évangile, exorde, hémisphère, horoscope , hôtel, incendie, intervalle, légume, office (fonction, service), ongle, organe, ouvrage, panaris, parafe , platine (métal), pourpre (maladie), soct/ue, trompette (celui qui sonne de la trompette), ulcère.
Faites féminins les mots : alcôve, antichambre, airhes, décrotloire, dinde , écritoirc, énigme, épigramnte , épitaphe, estafette, fibre, horloge, nacre, office (lieu de réserve), offre, orge (excepté orge perlé, orge inondé), patère (de rideaux, etc.), pédale, perce-neige, pourpre (couleur) , réglisse, sentinelle, (instrument), vedette.
Faites masculin ou féminin : automne (excepté le cas où il y a un verbe ou un adverbe entre ce mot et l’adjectif ) : l'automne a été fort beau.
11. — Il y a plusieurs mots qu’il faut sc garder de confondre, comme :
Amnistie (pardon) avec armistice (suspension d’armes).
/lise (vent froid et sec) — brise (vent frais de mer).
( 'ahol (d’une voiture) — cahotage (effet du cahot) — chaos (confusion de toute chose).
Eruption (sortie prompte) — irruption (entrée soudaine). Glissade (glissement involontaire) — glissoire (chemin propre à
glisser)»
Habitué (talent, savoir) — habilité (aptitude, qualité requise). Poudrier (boite à poudre d’écriture) — poudrière (boite à poudie de cheveux, de chasse).
Souscription (approbation écrite) — suscriplion (adresse d’une lettre).
§ 2. Syntaxe de l’Article.
1 . Quelle est la fonction de l’article et des équivalents de l’article H ■ Dans quel cas le substantif commun est-il pris dans un sens déterminé?— ï. L’article s’accorde-t-il avec les substantifs auxquels il se rapporte ? — 3. Dans quel cas faut-il répéter l’article ou les équivalents de l’article? — 4. Dans quel cas ne faut-il pas répéter l’article ou les équivalents de l'article? — f>. Ne supprime-t-on pas souvent l’article pour la rapidité du style et dans les locutions proverbiales? — G. Quand met-on du, ae la, des, devant les substantifs communs ? Dans quel cas met-on simplement de devant les substantifs communs ? — 7. Dans quel cas n’em ploie- t-on pas l’article devant les substantifs communs ? — 8. Emploie-t-on l’article après un nom partitif ou un adverbe de quantité? — 9. Emploie-t-on l’article devant le complément d’un verbe actif accompagne d’une négation? — JO. Emploiet-on l’article ou les équivalents de l’article devant les substantifs pris adjectivement ou suivis de chacun, tout?
1 . — La fonction de Varlicle et des équivalents de l’article, tels que ce, cet, mon, ton, son, un, une, etc., est de précéder les substantifs communs , pour annoncer qu’ils sont pris dans un sens déterminé.
Le substantif commun est pris dans un sens déterminé lorsqu’il désigne un genre, une espece ou un individu. Ex. :
Les hommes sont plutôt faibles que méchants.
Les grands hommes ont toujours des envieux.
L'homme à qui vous avez parlé est mon ami.
Dans la première phrase, le mot homme désigne le genre humain ; dans la deuxième, une espèce particulière d’hommes; dans la troisième, un individu.
2 . — L’article s’accorde en genre cl en nombre avec le substantif auquel il se rapporte. Ex. : Zepère, /amère; tes pères, les mères ; /'honneur pour le honneur; /'amitié pour la amitié.
— On répète l’article ou les équivalents de l'article :•
\° Devant chaque substantif. Ex. :
Le cœur, f esprit, les mœurs, tout gagne à la culture.
Mon père ei ma mère me chérissent.
Ainsi l’on ne dira pas : Mes père et mère; ses frères et sœurs; les officiers et soldats; mais bien : mon père et ma mère ; ses frères et ses sœurs; les olficiers et les soldats.
2° Devant deux adjectifs unis par et, lorsqu’ils ne qualifient pas le même substantif. Ex. :
Le premier et le second élage sont beaux.
Mon grand et mon petit appartement sont commodes.
En effet, il s’agit ici de deux étages différents, de deux appartements distincts; c’est comme s’il y avait : Le premier étage et le second étage; mon grand appartement et mon petit appartement.
4- — On ne répète pas l’article ni les équivalents de l’article, lorsque les adjectifs unis par et qualifient le même substantif. Ex. :
Mon petit et pauvre appartement.
fî. — On supprime souvent l’article : 1" pour donner au style plus de rapidité; 2° dans les locutions proverbiales cl les sentences. Ex. :
Amis, ennemis, parents, étrangers, tous furent lues. — Pauvreté n’est pas vice.
G. — On met du (de le), de la, des (de les), devant le substantif commun, lorsqu’il est pris dans un sens partitif. Ex. :
Il a du papier (une partie de tout le papier).
Il a de la fortune (une partie de toute la fortune).
Il a des amis (une partie de tous les amis).
Remarque. On met simplement de devant le substantif commun, quand ce substantif, pris dans un sens partitif, est précédé d’uri adjectif. Ex. : Donnez-moi de petit papier.
7. — On n’emploie pas l’article devant les substantifs communs, pris dans un sens indéterminé, à moins qu’ils ne soient modifiés par ce qui suit.
Ainsi l’on dit : Une table de bois, un bassin de marbre, parce que les mots bois et marbre sont pris dans un sens indéterminé ; une table du bois le plus dur, un bassin du marbre le plus blanc, parce que les mots bois et marbre, quoique pris dans un sens indéterminé, sont modifiés par les mots le plus dur, le plus blanc.
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8. — On n’emploie pas l’article après un nom partitif ou un adverbe de quantité, à moins que le nom commun ne soit déterminé par ce qui suit. Ex. :
Un grand nombre de personnes, beaucoup de personnes.
Un grand nombre des personnes que J’ai vues hier .
On emploie des dans le second exemple, parce que le mot personnes est déterminé par les mots que j’ai vues hier.
Remarque. On emploie toujours l’article avec la plupart et bien. Ex. : La plupart des hommes , bien des hommes.
5. — On n’emploie pas l’article devant le complément’ direct d’un verbe actif accompagné d’une négation, à moins que ce complément ne soit déterminé par ce qui suit. Ex. :
Je ne vous ferai pas de reproches.
Je ne vous ferai pas des reproches J'rivoles.
10. — On n’emploie pas l’article ni les équivalents de l'article devant les noms communs pris adjectivement ou suivis de chacun, tout. Ex. :
Un père est toujours père.
Pauvres cl riches , chacun se plaint de son sort.
§ 3. Syntaxe de l’Adjectif.