Un verbe ne peut jamais avoir deux compléments directs
82 langue française.
Ainsi l'on ne dira pas : Ne vous informez pas ce que je deviendrai. — Vous el ce sont deux compléments directs. 11 faut dire :
Ne vous informez pas de ce que je deviendrai.
3. — Un verbe ne peut avoir deux compléments indirects pour exprimer le même rapport.
Ainsi l’on ne dira pas : C’est à vous à qui je parle , mais , c’est à vous que je parle , ou , c’est vous à qui je parle.
4. — On ne peut pas donner à un verbe un autre complément que celui qu’il exige.
Ainsi, pardonner, nuire, parler, etc., demandant un complément indirect, on ne dira pas: Je les ai pardonnés, mais, je leur ai pardonné, parce qu’on dit pardonner à quelqu’un; — ils se sont nui les uns les autres, mais, les uns aux autres, parce qu’on dit nuire à quelqu’un ; — ils se sont parlé l’un l’autre, mais, l’un à l’autre, parce qu’on dit parler à quelqu’un.
5. — Quand le complément d’un verbe renferme plusieurs parties unies par et, ni, ou, ces parties doivent être exprimées par des mots de meme espèce.
Ainsi l’on ne dira pas :
Saint Louis aimait la justice et à chanter de saints cantiques.
Les Parisiens se plaisent au spectacle ou à se promener.
Ceux qui ne s’amusent pas à travailler ni à la lecture, ne font que du mal.
Je crois 1 ’dme immortelle , et que c'est Dieu qui tonne.
11 faut dire s
A rendre la justice et à chanter, etc,; — au spectacle ou à la promenade ; — au travail ni à la lecture;— je crois que l’âme est immortelle , et que c’est Dieu, etc.
6. — Quand un verbe a deux compléments de nature différente, le plus court doit être énoncé le premier; s'ils sont d’égale longueur, la première place appartient au complément direct. Ex.:
Les enfants sacrifient au présent (complément indirect) les plus belles espérances de l’avenir (complément direct).
Les enfants sacrifient l’avenir (compl. direct) au présent (compl. indirect).
Lorsque l’impératif est suivi de deux pronoms, celui qui
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sert de complément direct doit être énoncé avant celui qui sert de complément indirect.
Ainsi l’on ne dira pas : Donnez-»tot-/e, mais, donnez-/emoi ; — Prêtez- lui-le , mais, prêtez-/e-lut; — Cédez-nowsles, mais, cédez-/es-no«s.
7. — H faut éviter toute équivoque dans la manière de placer les compléments indirects.
Ainsi l’on ne dira pas :
Les maîtres qui grondent ceux qui les servent, avec brusquerie, sont les plus mal servis.
On ne sait pas si le déterminatif avec brusquerie se rapporte à gronder ou à servir; il faut dire :
Les maîtres qui grondent arec brusquerie ceux qui les servent , etc.
8 — Plusieurs verbes peuvent avoir le même complément lorsqu’ils exigent un complément de même espèce.
Ainsi l'on dira bien :
Dieu règle et soutient le mouvement des astres ;
parce que régler cl soutenir exigent un complément direct. Mais on ne dira pas :
Dieu préside et règle le mouvement des astres ;
parce que régler veut un complément direct, et que présider veut, en ce sens, un complément indirect; il faut dire :
Dieu préside au mouvement des astres et le règle.
9. — Les verbes passifs veulent généralement , avant leur complément, la préposition de, quand ils expriment un mouvement de l’ême, et la préposition par, quand ils expriment un acte de l’esprit ou du corps. Ex. :
L’honnéte homme est estimé de tout le monde.
Les Gaules Jurent conquises par César.
Hors ces deux cas, on emploie indifféremment de ou par. Ex. :
t’.ette maison a été abattue rf’un ou /wuu coup de vent.
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