‹ Nouveau manuel des aspirants et aspirantes aux brevets complémentaires de l'instruction primaire rédigé d'après les programmes officielsChapitre 73 sur 327 · La proposition principale absolue est celle qui a · texte numérisé non relu

La proposition principale absolue est celle qui a

par elle-même un sens complet; la proposition principale relative est celle qui est jointe à la principale absolue pour y ajouter un développement. Ex. : *

Dieu existe ; tous les peuples reconnaissent son existence , lors même qu’ils vivent à l’état sauvage.

La proposition Dieu existe est principale , parce qu'elle renferme le sens principal de la phrase; elle est absolue , parce qu'elle a par elle-même un sens complet.

La proposition ; tous les peuples reconnaissent son existence..., est principale , parce qu'elle renferme le sens principal du reste de la phrase; elle est relative , parce qu’elle est jointe à la principale absolue, Dieu existe , pour y ajouter un développement, une allirmation qui n’y est pas contenue.

5. — Il ne peut y avoir dans une phrase qu’une proposition principale absolue, et c'est ordinairement la première énoncée.

0. — La proposition incidente est celle qui est liée au sujet ou à l’attribut d’une autre proposition par le pronom qui ou par l’adverbe où. Ex :

Dieu, qui est juste, récompense les bons. — L’orgueil est un vice où tombent souvent les ignorants.

7. — Il y a deux sortes de propositions incidentes, savoir : la proposition incidente déterminative et la proposition incidente explicative.

8- — La proposition incidente déterminative est celle qui est liée d’une manière inséparable au sujet ou à l'attribut d’une autre proposition pour en déterminer le sens. Ex. :

La passion qui J'ail le plus de ravages est l’ambition.

i 30 Largué française.

Qui fait le plus de ravages, est uue incidente déterminative; si on la supprimait, l’autre proposition, la passion est V ambition , présenterait un tout autre sens, ou plutôt n’aurait plus de sens.

La proposition incidente explicative est celle qui est liée d’unè manière séparable au sujet ou à l'attribut d’une autre proposition pour en expliquer le sens. Ex. :

L’amour de la patrie est un sentiment vertueux, qui a produit de grandes actions.

Qui a produit de grandes actions, est une incidente explicative; si on la supprimait, l’autre proposition, l’amour de la patrie est un sentiment vertueux, n’eu conserverait pas moins un sens Complet

9. — La proposition subordonnée est celle qui est liée à une autre proposition, soit par une conjonction autre que et, ni, ou, mais, car, donc, etc., soit par un adjectif ou par un adverbe interrogatif; elle diffère de la proposition incidente en ce qu'elle se rapporte non pas isolément, comme celle-ci, au sujet ou à l'attribut, mais à la proposition entière. Ex. :

L’homme serait heureux, s'il voulait pratiquer lu vertu.

S’il voulait pratiquer la vertu, est une proposition subordonnée qui 11 e se rapporte ni au sujet l’homme , ni à l'attribut heureux, mais à la proposition entière, l’homme serait heureux.

10. — La proposition subordonnée s'appelle ainsi, parce qu'elle est sous la dépendance d’une autre proposition, sans laquelle elle n’aurait qu'un sens vague ou nul.

11. — fl y a dans une phrase autant de propositions qu’il y a de verbes à un mode personnel. Ex. :

L’ennui, qui dévore les autres hommes, est inconnu a ceux qui savent s’occuper par la lecture.

fl v a ici trois verbes, dévore, est, savent, à un mode personnel : il- y a donc trois propositions.

12- — Quand on analyse logiquement une phrase, ou commence par indiquer le nombre et la nature des propositions qu'elle renferme, en énonçant d’abord la proposition principale absolue, ensuite la principale relative, puis l'incidente, enfin la subordonnée.

AN*L\Sf;.

§ 4. 1)e la Proposition considérée dans son énonciation .

1 . De combien de sortes est la proposition considérée dans son énonciation? — 2. Quand la proposition est-elle directe? —

3. Quand la proposition est-elle inverse ? — 4. De comLicn ik* manières la proposition peut-elle être inverse et quelles sont les principales de ces manières ?

t. — La proposition , considérée dans soit énonciation , est de deux sortes, directe ou inverse.

2. — La proposition est directe , quand les mots dont elle se compose sont placés dans l’ordre analytique, c’est-à-dire quand on énonce d’abord le sujet, ensuite le verbe, puis I attribut, en faisant suivre le sujet, le verbe et l'attribut de leurs divers compléments. Ex. :

Le roi de Macédoine défit complètement les Perses à la bataille d’Arbèles.

5. — La proposition est inverse ou indirecte, quand les mots dont elle se compose ne sont point placés dans l’ordre analytique.

4. — La proposition peut être inverse d'autant de manières qu’on peut intervertir l'ordre analytique. Les principales sont au nombre de trois, savoir : 1° le déplacement du sujet ; 2° celui de l’attribut ; 3° celui des divers compléments. Ex. :

1° Ainsi finit V empire romaitu 2° Béni soit le règne du juste.

3° De la vertu les droits sont éternels. — Ardente dans s et projets , la jeunesse s’égare souvent. — Quelle proposition faitesvous ? — Au roi appartient le droit de faire grâce.

y 5. De la Proposition considérée dans ses parités essentielles.

I. De combien de sortes est la proposition considérée dans scs parties essentielles? — 2. Quand la proposition est-elle pleine ? — 3. Quand la proposition est-elle elliptique? — 4. De combien

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tic manières une proposition peut-elle être elliptique ? — 5. Dans quelles phrases y a-t-il ellipse du sujet, du verbe et de l'attribut ou d une proposition entière? — G. Quand la proposition csi-ellr <expleiive. — i. De combien de manières la proposition peut-elle être expletivc ? r

1 . — Considérée dans ses parties essentielles, la proposition est de trois sortes : pleine, elliptique ou explélive.

2- — La proposition est pleine quand elle ne manque d'aucune de ses parties essentielles (sujet, verbe, attribut)'. Ex. :

La vertu est aimable.

3. — La proposition est elliptique quand elle manque d’une ou de plusieurs de ses parties essentielles.

4. — La proposition peut être elliptique de six manières, il peut y avoir ellipse, c’est-à-dire omission : 1° du sujel ; 2° du verbe; 3° de l’attribut; 4" du sujet et du verbe- 3 ° du verbe et de l’attribut ; f>° du sujet, du verbe et de l'attribut. Ex. :

1° Qui J ail des heureux mérite de l’étre, c’est-à-dire celui <\n\ fait des heureux, etc.

2° La vie est courte, et la gloire éternelle, c’est-à-dire et la gloire est éternelle.

3° La maison est en cendres, c’est-à-dire est réduite en cendres. 4°Turenne était aussi habile que modeste, c’est-à-dire qu’tV était modeste.

à® Il est plus studieux que trous, c’est-à-dire que vous n 'êtes studieux.

G 0 Quand partez-vous ? demain, c’est-à-dire je partirai (je serai parlam) demain.

S- — H y a ellipse du sujet, du verbe et de l’attribut, ou d’une proposition enlière, dans les phrases interrogatives et dans certaines phrases impératives ou subjonctives. Ex. :

Quand parlez-vous ? c’est-à-dire je demande (je suis demandant) quand vous partez.

Dieu dit : que la lumière soit, c’esl-à-dire je veux (je suis voulant) que la lumière soit.

Dieu vous fasse miséricorde, c’est-à-dire je désire (je suis désirant) que Dieu vous fasse, elc.

Que l'ennemi paraisse, il sera dispersé, c’est-à-dire s’ilxnvire que l’ennemi paraisse.

(>. — La proposition est explélive quand il y a quelque mot inutile à la construction logique de la phrase.

7. — La proposition peut être explélivc do trois manières, par pléonasme, c’est à-dire surabondance : 1° du sujet ; 2“ de l’attribut; 3° des compléments. Ex.:

1° Mm, je m’arrêterais à de vaines menaces ! — Je sujet , moi sujet répété par pléonasme.

2° C’est le maître lui-même. — Le maître attribut, lui-même attribut répété par pléonasme.

3° Il nous outrage , sots ses bienfaiteurs. — Nous complément direct, sols complément direct répété par pléonasme.

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