ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
Avant de commencer la description des dermatoses, nous croyons devoir rappeler les principaux traits de l’organisation cutanée, et entrer dans quelques considérations sur la nature et les produits de l’inflammation dartreuse.
La peau, à la fois organe du tact et du toucher, de gerspiration et d’inhalation, se présente à nos yeux sous la forme d’une membrane dense et $errée, destinée, par son épaisseur et sa résistance, à nous garantir de l’action des agents extérieurs, tandis qu’elle nous met en rapport avec leurs qualités tactiles par la vive sensibilité dont elle est douée, par son extensibilité et son extrême flexibilité.
Elle présente dans sa conformation extérieure, 1° une surface libre et superficielle ; 2° une surface adhérente ou profonde.
La surface libre nous offre à considérer, 1° des plis et des sillons dépendant, soit de l’action des muscles, comme au front et aux paupières, à la paume des mains, à la plante des pieds, etc., soit du développement du corps papillaire,. comme au bout des doigts et des orteils, ‘etc. , soit de la présence d’une articulation, soit enfin d’une disposition particulière du tissu cellulaire ou d’un défaut d’élasti-
XXVIII ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE cité cutanée, comme cela arrive souvent à la suite des longues maladies, des progrès de l’âge, des distensions trop fortes ou trop prolongées ; 2° une coloration variable selon les races et les individus ; 3° des productions cornées, comme les ongles et les poils ; 4° enfin une multitude de pertuis.ou pores, dont les-uns sont les orifices excréteurs des follicules sébacés, d’autres des bouchesexhalantes etabsorbantes, d’autres enfin de simples passages pour les poils. La surface adhérente ou profonde tient aux parties qu’elle recouvre par un tissu adipeux, dont la quan-
tité et la disposition varient suivant les régions : la
quantité du tissu adipeux sous- cutané, l’adhérence ou la mobilité de la peau sont, du reste, dans un rapport constant et nécessaire avec les fonctions dépar=
ties à chaque région ; mais nous devons ajouter qu’en- |
tre la peau et les organes sous-jacents, on trouve à
peine quelques vestiges du panniculecharnu qui double
la majeure partie du tégument des mammi fères.
C’est par sa face adhérente, et plus particulièrement |
par ses aréoles, que la peau recoit ses vaisseaux et ses nerfs; aussi la voit-on tomber en gangrène ou
perdre l’énergie vitale nécessaire à la cicatrisation, |
toutes les fois qu’elle se trouve décollée dans une certaine étendue. (Cruveilhier.)
Structure, Les parties qui entrent dans la compo- | sition de la peau sont : 1° le derme ou chorion ; 2° less
DE LA PEAU. XXIX papilles lymphatiques ; 3° le pigmentum ; 4° le réseau lymphatique; 5° l’épiderme; et comme parties accessoires : G° lesfollicules sébacés, les poils et les ongles , 7° les vaisseaux artériels, lymphatiques et veineux, les nerfs.
Derne où chorion. Il forme la couche la plus profonde de la peau; son épaisseur varie suivant les régions, et se trouve toujours en rapport avec la résistance qu’il doit opposer : elle varie également suivant les individus, le sexe et l’âge. M. Cruveilhier fait observer que chez le vieillard le derme participe à l’atrophie des autres tissus, qu’il devient souvent tellement mince, qu’il finit par acquérir une sorte de translucidité, et permet d’entrevoir, dans certaines régions, l'aspect nacré des tendons et la couleur rougeûtre des muscles. |
Des deux faces du chorion, l’inférieure présente une foule d’alvéoles où d'espaces coniques, dont la base répond à la couche adipeuse, et dont le sommet se dirige vers la surface libre, et se trouve percé d'ouvertures très-fines : ces alvéoles, plus développés à la plante des pieds et à la paume des mains que partout ailleurs, sont remplis par du tissu cellulaire qui s’enflamme dans le furoncle, et dont la gangrène constitue le bourbillon caractéristiquedecette dermatose. |
Le derme lui-même paraît formé par l’entrelace-