‹ Nouveau manuel des dermatoses ou, maladies de la peau, classés d'après la méthode de M. le Professeur Alibert, avec la synonymie de Willan. Et la concordance des différentes méthodes employées par nos meilleurs auteurs, suivi d'un formulaire pour la préparation des médicaments. Employés à l'Hôpital Saint-Louis a l'usage des hôpitaux des et des élèves en médecineChapitre 32 sur 79 · DES · texte numérisé non relu

DES

DERMATOSES,

OÙ

PREMIER GROUPE

DERMATOSES ECZÉMATEUSES (Alibert).

Ce groupe renferme les affections véritablement 1flammatoires du tissu dermatique. Rarement liées un état morbide interne , ces dermatoses sont presue toujours dues à l’action des agents extérieurs, t peuvent, en conséquence , affecter plusieurs fois le nême individu ; elles s’accompagnent le plus ordiairement d’une fièvre consécutive , à la suite de Jauelle les humeurs ont une tendance des plus mani-

: DERMATOSES ECZÉMATEUSES.

festes à se porter du centre à la circonférence. Ces maladies sont toutes locales, et la partie des téguments qui les à vues naître est aussi celle dans laquelle s’é-" ieignent les derniers phénomènes pathologiques.

Les dermatoses eczémateuses nous offrent tous les | degrés de l’inflammation , depuis la simple rougeur” de l’érythème qui s’éloigne sous la pression du doigt, jusqu’à l’ustion profonde de l’anthrax. |

Les caractères physiques de l’inflammation eczé— mateuse, ont la plus grande analogie avec ceux que” détermine l'accumulation du calorique. |

La douleur qui accompagne ces affections présente” constamment, dans chacune d’elles, un caractère par- | ticulier et peut ainsi très- bien être prise comme ligne de démarcation. |

Dans les eczèmes, l’inflammation fait des pr ogrès d'autant plus rapides que la partie enflammée jouit d’une plus vive sensibilité, et possède davantage de | vaisseaux capillaires. L’abondance des vaisseaux ca= pillaires favorise également la tuméfaction des parties. affectées. C’est à Plenck et à Lorry, mais surtout à Willan, que nous devons de bien connaître les phéno= mènes élémentaires de l’eczémation cutanée. |

Ces phénomènes sont, dans l’ordre de leur impor: | tance : |

1° La forme pustulaire, qui se Féeeete dans le tissu même de la peau ; |

DÉRMATOSES ECZÉMATEUSES. 9 2° La forme vésiculaire, tout-à-fait superficielle et véritable type de la phlegmasie cutanée ;

3° La forme phlycténoïde. Nous devons ajouter, pour terminer le tableau analytique du groupe des dermatoses eczémateuses, que leur physionomie se trouve souvent modifiée par le siége qu’elles occupent; que leur marche est tantôt lente, tantôt aiguë ; que parfois elles nous montrent l’inflammation étendue jusqu'aux prolongements celluleux du derme.

Ce groupe renferme douze genres, savoir : l'Érythème, l’Érysipèle, le Pemphix, le Zoster, le Phlyzacia , le Cnidosis, l’Épinyctide, l’Olophlyctide, POphlyctide ou Glossophlyctide, la Pyrophlyctide, le Charbon , le Furoncle,

ll ÉRYTHÈME.

PREMIER GENRE

ERYTHÈME. Epubnua (1).

Inflammation plus ou moins superficielle du tissu cutané, non contagieuse, se manifestant le plus ordinairement sans trouble appréciable de l’économie ; principalement caractérisée par une rougeur circonscrite et d’une étendue variable ; se terminant par délitescence ou résolution, et le plus ordinairement avec desquamation ou furfuration de l’épiderme ; laissant quelquefois sur la peau des excoriations et même des ulcérations.

Causes. — On cite comme prédisposant à lérythème : l’enfance, le sexe féminin, une constitution nerveuse ou lymphatico-sanguine, la finesse et la coloration habituelle de la peau , l’atonie de cet organe, une vie trop sédentaire, un excès d’embon-

(4) Erythème vient du grec epulnuæ, provenant du verbe EpvÜatvw, je rougis. Tous les auteurs sont loin d’avoir attaché le même sens au mot érythème : dans Hippocrate, epvônux signifie seulement rougeur morbide ; Sauvages l’employait comme synonyme d’érysipéle idiopathique; ct Cullen s’en servait pour désigner une légère inflammation de la peau sans fièvre concomitante ou secondaire. |

ÉRYTHÈME, 5 point, l'exercice de certaines professions, la saison du printemps, un état particulier de l'atmosphère.

Cet eczème peut être déterminé par tout ce qui porte sur la peau une irritation directe, comme : frictions avec des substances âcres ou trop stimulantes'; l’exposition à un vent violent, ou bien à un s0leïl trop chaud ; l’ingestion d’aliments âcresetirritants; l'habitude chez le vieillard de tenir ses jambes trop près du feu ; l’usage des chaufferettes chez la femme ; la négligence des soins de propreté chez les enfants ; l'équitation ; toute espèce de frottement,

On doit même ajouter, pour certains cas d’érythème bien observés , les passions vives de Fâme,

S'ympiômes et marche de lérythème. — Des taches d’un rouge plus ou moins foncé, d’une forme et d’une étendue variables, caractérisent surtout cette dermatose, leplus souvent bornée aux couches les plus superficielles du derme.

Les taches de l’érythème peuvent être uniques, et alors se fixer sur une petite surface du tissu tégumentaire, ou bien colorer tout-à-coup une: étendue assez considérable,

Elles peuvent, dans d’autres cas, envahir successivement, où en même temps, plusieurs parties du corps, laissant constamment entre elles des espaces nombreux où la peau est parfaitement saine.

6 ÉRYTHÈME.

Les formes de la teinte érythémateuse sont extré-| mement variées ; ainsi, la peau peut n’offrir qu’une! coloration uniforme et luisante (eryth. læve, W.),. ou bien, les plaques de l’érythème seront tantôt arron-! dies avec des bords rudes, proéminents et papuleux (eryth. marginatum, W. ), tantôt généralement rudes. et papuleuses, avec une coloration rouge qui, bientôt, devient livide (eryth. papulatum, W. ); tantôt, enfin, accompagnées de boursouflements de la peau, plus ou moins élevés et plus ou moins bien circonscrits (eryth. tuberculosum et nodosum, W.).Ces différentes colorations s'’accompagnent de fourmillements, de picotements, de cuissons, de brûlures, quelquefois de douleurs lancinantes très-vives; mais nous devons noter ici que l’acuité de la dou-| leur est bien plus souvent en rapport avec la susceptibilité de l’individu qu’avec l'étendue et les progrès apparents de la maladie. |

Quand l’érythème est entretenu par l'écoulement de matières âcres et irritantes, ou lorsqu'il a son. siége dans les points où abondent les glandes sébacées. et où s'exerce un frottement continuel, l’épiderme s’use et se détruit, et la surface dénudée laisse écou= ler une matière séro-purulente, d’une odeur de rance des plus désagréables.

L’érythème n’est presque jamais conbliqué de symptômes généraux ; les phénomènes morbides ins

ÉRYTHÈME. j:

iqués par quelques pathologistes comme précurseurs u concomitants de cette phlegmasie lui sont étraners, et appartiennent aux lésions variées qui ont pré oqué son développement.

’érythème est idiopathique ou symptomatique ; sa arche est aiguë ou chronique.

L’érythème aigu ne dure que quelques jours, tanüs que sous la forme chronique il peut se prolonger endant plusieurs semaines, et même plusieurs mois ; lors les taches se renouvellent successivement dans üfférentes parties du corps, ou les mêmes taches pâissent et se raniment alternativement.

Enfin, l’érythème peut se manifester d’une manière ériodique.

Espèces et variétés. — M. le professeur Alibert dmet sept espèces d’érythèmes : 1° l’érythème sponané ; 2° l’érythème épidémique ; 3° l’érythème endénique ou pélagre de Lombardie ; 4° l’érythème interrigo (Sauvages); 5° l’érythème paratrime, qui offre leux variétés : le paratrime palmaire etle paratrime occygien ; 6° l’érythème pernio (ou engelure ); ° l’érythème par adustion.

Les principales espèces établies par Willan sont unombre de six , savoir : lerythema fugax, l’eryth, æve, l’eryth. marginatum , l’eryth. papulatum ,

8 ÉRYTHÈME. l'erythema tuberculosum, l’erythema nodosum (1).

Traitement. — Quand l’érythème est d’une étene due peu considérable, et dépendant d’une cause ex= terne accidentelle, quelques jours suffisent ordinairement à sa guérison ; On voit bientôt, sous l’influence des moyens les plus simples, la coloration pälir , disparaître, et faire place à une furfuration ou desquamation épidermatique plus ou moins prononcée ; on conseille alors les topiques mucilagineux , les bains d’amidon et de gélatine, les embrocations huileuses, les cataplasmes émollients, l'application de poudres absorbantes, l’eau froide, les préparations saturnines.

Si l’eczémation est aiguë et générale, on joindra aux topiques que nous venons d'indiquer, la saignée, un régime sévère, les boissons délayantes:, des bains üèdes, quelques laxatifs.

Dans Pérythème chronique, surtout lorsqu'il est lié à une constitution détériorée, on conseille, à l’in= térieur, l’usage prolongé des amers et des autres toniques, une nourriture succulente, les laxatifs.

A l'extérieur, les applications aromatiques, les pré= parations sulfureuses et alcalines.

(1) Les espèces de Willan ne reposent évidemment que sur un simple accident de la maladie, tandis que celles de A. Alibert nous paraissent avoir pour base des considérations d’une plus haute importance,

ÉRYTHÈME. 9

Dans l’érythème symptomatique c’est contre la aladie qui a provoqué son développement que l’on dit d’abord diriger sa médication.

Dans l’érythème épidémique observé à Paris \ 1828, les antiphlogistiques obtinrent peu de sucss ; dans beaucoup de cas, on leur substitua avec rantage les toniques et les stimulants.

Toutporte à croire que dans un érythème périodiue les préparations de. quinquina conserveraient ur constante efficacité. |

DEUXIÈME GENRE

ÉRYSIPÈLE. Epv6pos (1).

Inflammation superficielle du derme, non contaeuse (2), souvent précédée et toujours accompa-

(4) D’après quelques auteurs, le mot érysipele serait formé £pvu, j’attire, et de x=l«s, proche. Cette dermatose s'étendant cilement sur les parties environnantes, nous partageons plus lontiers l’avis de ceux qui la font dériver d’epubpos, rouge, pression qui peint un de ses principaux caractères.

(2) Plusieurs auteurs regardent l’érysipèle comme conta-

eux : telle est encore, maintenant, l’opinion de Weathered du docteur Wels. Tout nous porte à croire que cessavants

résolution suivie de furfuration , de desquamation

gnée ou suivie d’un trouble-plus où moins prononc de l’économie; caractérisée par des taches irrégul lières, d’un rouge flavescent, avec ou sans complicai tion de phlyctènes ; se terminant le plus ordinaire ment au bout de deux septenaires par délitescence o:

ou de la chute des croûtes formées par l’humeur des séchée des phlyctènes; par suppuration ; par ga grène, et quelquefois enfin: par la mort.

Causes. — Les conditions favorables au dévelop pement de lérysipèle sont l’âge adulte, le sex masculin, une constitution bilieuse ou sanguine, un peau fine et impressionnable, la pléthore, le prin temps, l'automne , etc. |

Parmi les causes auxquelles on attribue le plus or dinairement cet eczème, nous citerons : 1° celles qu ont sur la peau une action directe: la malpropreté des frictionsrudes et réitérées, surtout avec des graisse rances ou de vieux onguents, les chaleurs brûlante

de l’été. un froid rigoureux et prolongé, le contac 4 à.)

des plantes vireuses et de certains insectes, les pi qûres avec des instruments imprégnés de liquides e putréfaction, une plaie contuse, une opération , l’ino culation d’un virus ;

n’ont partagé une telle erreur que parce qu’ils auront vu l’é rysipèle äâttaquer successivement ou simultanément plusieut individus soumis aux mêmes influences.

ÉRYSIPÈLE. Lu 2e Celles qui agissent sur la peau d’une manière directe ou sympathique ; une nourriture grossière timalsaine ; mets trop succulents, assaisonnements haut goût, boissons alcooliques, certains végétaux res et crus, tels que l’oignon et l'ail; abus contiil des forces et de l’exercice; affections vives de ime, comme la terreur; un chagrin profond, un olent accès de colère, etc.

Symptômes et marche de l’érysipèle. — Gette xrmatose, presque toujours précédée des symptômes ai dénotent l'embarras gastrique, se manifeste par ae rougeur flavescente, irrégulièrement circonscrite, tec gonflement plus ou moins considérable de la pare des téguments sur laquelle elle repose, s’éloignant omentanément sous la pression du doigt, et accomagnée de démangeaisons, d’un sentiment de chaur âcre et brûlante, quelquefois d’élancements inapportables. | * Bientôt un mouvement fébrile se joint à ces phéomènes, qui augmentent avec lui d’intensité pendant lusieurs jours, puis restent stationnaires ; et enfin ommencent à disparaître. -

Après la période d’accroissement, on voit souvent

e développer sur les surfaces enflammées un grand ombre de vésicules petites et remplies de sérosité érysipèle miliaire des auteurs), ou de larges phlycènes (érysipèle phlycténoïde, id. ), qui se rompentor-

dinairement du cinquième au sixième jour, et dont le liquide séro-purulent forme des croûtes dures et fla vescentes qui deviennent bientôt brunes et noirâtres.

Mais l’érysipèle est loin d’offrir toujours ce carac: tère de bénignité, et de suivre constamment une mar: che aussi régulière. |

Il peut se terminer brusquement, et cette dispari= tion subite est suivie ou de son apparition sur unté autre région du corps (érysipèle ambulant, erratique). ou de l’inflammation d’un autre organe plus ou moins important (érysipèle métastatique).

Il peutse compliquer de l’inflammation du tissu cel: lulaire (érysipèle phlegmoneux); alors, la teinte lui sante , rouge et animée du derme repose sur uné tumeur dure, large et profonde ; la peau, comprimée: reprend plus lentement son niveau et sa couleut morbide ; il survient une fièvre d’autant plus forts que l’inflammation est plus vive et l'affection plus étendue ; la maladie marche avec plus ou moins de rapidité : à la douleur qui lui est propre peuvent s€ joindre tous les accidents généraux des affections les plus graves, que viennent souvent encore compliquel les désordres locaux les plus alarmants; ainsi, de vastes foyers purulents, des clapiers entre les muscle: et dans la gaîne des tendons , la gangrène du tisst ere celle de la peau.

L’érysipèle peut encore se compliquer de l’infiltra=

ÉRYSIPÈLE, 15 tion du tissu cellulaire (érysipèle œædémateux) ; dans ce cas, la peau, lisse, rougeâtre et assez vivement phlogosée, repose sur une tumeur qui s’est développée d’une manière lente et progressive, offrant tousles caractères de l’œdème et de l’emphysème; elle se couvre de vésicules ou de phlyctènes le plus ordinairement très-petites ; ces soulèvements épidermatiques se rompent, et sont remplacés par des croûtes minces et foncées qui ressemblent à celles de la petite-vérole confluente. :

L’érysipèle peut recevoir du siége qu’il occupe des modifications tellement importantes, que la plupart des auteurs se sont empressés de les signaler : c’est ainsi qu'ils ont décrit l’érysipèle de la face, du cuir chevelu, des mamelles, de la région ombilicale, du scrotum et des membres.

L’érysipèle est idiopathique ou symptomatique , aigu ou chronique, fixe ou ambulant, enfin périodique.

L’érysipèle symptomatique dépend presque toujours d’une altération des voies digestives.

C’est surtout lorsqu’il est ambulant ou compliqué d’œdème que sa marche devient chronique.

Le siége anatomique de l’inflammation érysipélateuse est le plus ordinairement la couche superficielle du derme ; quelquefois, cependant, elle occupe toute son épaisseur : suivant M. Ribes, elle affecte surtout les ramuscules veineux.

L’érysipèle se distingue de l’érythème par la pré sence des vésicules et des phlyctènes , et: par les accidents généraux concomitants.

Le pronostic de l’érysipèle est subordonné à son siége , à son état de simplicité ou de complication, au nombre et à la violence des sympathies qu’il a développées. |

Espèces. — La plupart des auteurs admettent trois espèces d’érysipèle : 1° lérysipèle simple, 2° l’érysipèle phlegmoneux, 5° l’érysipèle œdémateux.

Traitement. — Contre l’érysipèle aigu et idiopathique, l’on conseille les lotions mucilagineuses, les applications émollientes , les boissons acidules et rafraîchissantes, les sangsues à peu de distance du point enflammé ou sur DR elle- même (1), la saignée.

L’émétique, donné à dose convenable, réussit généralement très-bien au début des érysipèles compliqués d’un état saburral des voies digestives.

L’on a souvent recours aux vésicatoires, soit comme révulsifs, soit pour fixer la dermatose.

(4) Nous avons souvent vu, dans les hôpitaux, l’application de nombreuses sangsues sur la partie enflammée faire dispa-* raître, comme par enchantement, des érysipèles de la face qui menaçaient d’atteindre le cuir chevelu, et qu'accompagnaient: les symptômes les plus alarmants.

ÉRYSIPÈLE. 15 Quand l’érysipèle se montre périodique , l’on emploie avec succès le sulfate de quinine, les cordiaux et les toniques.

La compression (1) est souvent un moyen héroïque, surtout dans les cas où l’eczémation cutanée est compliquée de l’inflammation (érysipèle phlegmoneux) ou de l’infiltration (érysipèle œdémateux) du tissu cellulaire sous-jacent.

Quelquefois, enfin, on est forcé de recourir à des moyens chirurgicaux.

(4) C’est surtout à M. le professeur Velpeau que nous devons de bien connaître les heureux effets que l’on peut obtenir d’une compression méthodique dans le traitement de l’érysipèle.

16 PEMPHIX.

TROISIÈME GENRE, PEMPHIX (Alibert); Pompholix (Willan). Ieupus (1).

Inflammation superficielle du derme, non conta-: gieuse (2), principalement caractérisée par l’éruption de bulles plus ou moins nombreuses, marginées ou non marginées, d’un volume variable , jaunâtres et transparentes ; se terminant le plus ordinairement par l’effusion du liquide qu’elles contiennent, et la formation d’une croûte plus ou moins épaisse, ou par une ulcération superficielle.

Causes. — L’enfance, la vieillesse , l’âge critique chez les femmes, les climats froids et les fortes chaleurs, prédisposent au pemphix.

On attribue cette dermatose à une nourriture mal-

(4) Tage ou reuyet, mots grecs qui signifient bulle, et que Sauvages emploie pour qualifier la maladie qui nous occupe. Willan et Bateman préférent le mot Pompholix, qui a, du reste , la même signification.

M. le professeur Alibertemploie le mot Pompholix pour désigner ces cas particuliers que présentent surtout les nouveaunés, et où l’on n’observe qu’une bulle unique non marginée.

(2) L’inutilité d’un grand nombre d'expériences ayant pour but l’inoculation du pemphix, ne permet plus de croire au Caractère contagieux de cette dermatose,

DÉMPHIX. 17 saine où insuffisante , aux excès de table, aux écarts le régime, à la suppression d’une évacuation habiuelle, aux affections morales tristes, aux chagrins profonds, et par-dessus tout à un état particulier et inconnu de l’économie.

Symptômes et marche. — Le pemphix, ordinairement dépourvu de symptômes précurseurs , s’annonce par le développement de taches érythémateuses , sur lesquelles se forment souvent en quelques heures des bulles plus ou‘moins nombreuses, et dont le volume varie depuis celui d’un pois jusqu’à celui d’un œuf de pigeon , et quelquefois même devient RUE COnsidérable.

Ces taches, constamment le siége d’un sentiment de chaleur , de cuisson ou de brûlure, peuvent être uniques ou mulapless et avoir depuis quelques lignes seulement jusqu’à plusieurs pouces de diamètre : elles sont rondes ou ovales et légèrement proéminentes.

Quand il n’existe qu’une seule bulle (pompholix solitarius de Bateman), elle a ordinairement beaucoup d’étendue , ainsi que la tache qui la précède, et peut contenir jusqu’à une once de sérosité.

Les bulles sont en général d’autant plus petites | qu elles sont plus multipliées ; du reste, leur disposition n’a rien de constant ; elles peuvent être disséminées sur la surface du corps, comme réunies dans

18 PEMPHIX.

une région cutanée, ou oO Vi sur une seule

plaque érythémateuse.

Dans le premier et le second cas, la peau qui les,

sépare est parfaitement saine.

Les bulles du pemphix ressemblent aux soulève ments épidermatiques produits par l'application de | l’eau bouillante, ou d’une poudre vésicante ; leur base |

n’offre pas toujours l’auréole signalée par les auteurs :

ce phénomène me paraît dépendre de ce que Pépi-\ derme se trouve quelquefois soulevé par la sérosité |

jusqu’aux dernières limites de la plaque érythémateuse,

Le pemphix offre dans son développeñent deux ; modifications bien importantes à signaler : quelque fois un grand nombre de bulles paraissent simultanément ou à de très-courts intervalles sur le cou, le,

visage, les membres inférieurs ou supérieurs, la ré-, gion pectorale ou l’abdomen (pemphix aigu des au-. teurs). Cette invasion subite est alors presque tou-,

jours annoncée par un malaise général, les prodrômes des affections graves, et surtout un mouvement fébrile

très-prononcé ; dans ce cas , les malades accusent un sentiment d’ardeur universel; tout repos est impos— sible, et la muqueuse gastro-intestinale peut devenir,

le siége d’une phlegmasie sympathique.

Lorsque les bulles du pemphix sont peu nombreu

ses et l’inflammation cutanée moins vive, la dermatose parcourt ses différentes périodes dans le lieu même

PEMPHIX. 19 ù elle s’est développée; les bulles s’ouvrent spontaément, et une partie de la sérosité qu’elles laissent couler forme, avec les débris de la cuticule, des roûtes que le contact de l'air atmosphérique noircit ientôt, et qui se détachent ordinairement vers le oisième septenaire, ne laissant après elles qu’une imple croûte que le temps fait disparaître ; ou bien \ bulle se déchire, et.ses lambeaux, en se détachant, onnent lieu à des excoriations superficielles trèsouloureuses.

Mais les bulles du Las A se développent le plus orinairement d’une manière lente etsuccessive(pemphix hronique des auteurs); cette forme est, sans contredit, 1 plus redoutable, et attaque principalementles indiidus d’une constitution cachectique ou détériorée, Pai vu, à l'hôpital Saint-Louis, une jeune fille de dixuit ans, non encore réglée et d’un développement hysique incomplet, qui depuis l’âge de cinq ans était ffectée du pemphix chronique. Chez elle, l’éruption tait quelquefois précédée d’un état de langueur et de assitude, de nausées , de douleurs à la tête et dans les nembres ; l’éruption se renouvelait à des époques ir- ‘égulières et sans que l’on pût attribuer son retour Lune cause sat'sfaisante. |

Le pemphix est aigu ou chronique, partiel ou général, idiopathique ou symptomatique, simple ou compliqué.

20 PEMPHIX. | La complication la plus ordinaire du pemphix est laltération du système muqueux.

Le siége anatomique de l’inflammation pemphigoïde est la couche superficielle du derme : dans cette affection, la lésion dela peau est celle de la brû= lure au second degré, ou de l'application des emplâ® tres vésicants.

Les bulles du pemphix ee toujours de le confondre avec l’érythème ; ces bulles se distinguent des phlyctènes de lérysipèle, par lauréole quiles ac= compagne souvent, par les portions de peau parfaite ment saines qui les séparent, et surtout par l’absence d’une surface uniformément rouge, sur laquelle se développent les premières. Enfin, la bulle du pemphix peut être simulée par Papplication d’une poudre. vésicante, au point que la connaissance de la cause peut seule les différencier (1 ).

Le pronostic du pemphix varie suivant qu’il est aigu ou chronique, symptomatique ou idiopathique, simple ou compliqué, suivant l’âge ou la constitu= tion du sujet,

(4) Pendant mon externat à l’hôpital Saint-Antoine, j’ai vu une jeune femme simuler, avec de la poudre de cantharides, les bulles du pemphix, au point de mettre pendant plus d’un mois en défaut le diagnostic de l’interne, et du médecin, qui est un de nos dermatologistes les plus distingués.

PEMPHIX. 24

Espèces et variétés. — M. le professeur Alibert admet, avec les auteurs les plus estimés , que deux pèces de pemphix: 1° le pemphix aigu ; 2° le pemaix chronique , et signale, sous le nom de RE ne, une variété assez commune chez les nouveaués, et à laquelle correspond le pompholix solitarius e Bateman (1).

Traitement. — Suivant que le pemphix est aigu a chronique, on conseille les applications. émolliens, les bains tièdes, les boissons rafraïchissantes, les racuations sanguines, un régime sévère; ou bien toniques et les dépuratifs, les purgatifs, les acides inéraux, les bains sulfureux et alcalins , une bonne imentation, l’air de la campagne.

Dans l’un et l’autre cas , on est souvent forcé de acourir aux narcotiques, Aëtius voulait qu’on piqut » bulles pour donner issue à la sérosité , et qu'enuite on appliquât des farines absorbantes.

On doit s’attacher à remplir les indications généales, comme rétablir les évacuations , etc.

Chaque complication demande à être combattue ar des moyens appropriés.

(1) Willan, outre le ne solitarius, déjà indiqué plus aut, admet encore deux autres espèces, savoir : le pompholix enignus et le pompholix diutinus.

(oO)

LOSTER..

QUATRIÈME GENRE

ZOSTER (Alibert) ; Herpes zoster (zona) (Willan). Zusnp (4

Inflammation superficielle du derme, non conta= gieuse, et principalement caractérisée par le dévelop= pement de plusieurs groupes de vésicules, le plus or= nairement disposées sur le tronc, en forme de ceinture demi-circulaire ; ces vésicules sont souvent accompagnées d’une sensation brûlante ét prurigineuse, et se terminent au bout de deux ou trois sep= tenaires, par la chute de croûtes brunes ou jaunâtres qui conservent la disposition des vésicules qu’elles remplacent.

Causes, — L’on cite l’âge adulte, la suppression brusque de la transpiration , les émotions vives, les fortes chaleurs, et l'élévation accidentelle de la température ; mais il faut avouer que la cause du zona reste le plus souvent inconnue. |

(4) Zoster ou zona viennent des mots grecs Éwsng et buvn, qui signifient écharpe, ceinture ; ou du verbe Ewyyuw, ceindre.

Bien que Pline ait aussi appelé zona la dermatose qui nous occupe, il faut cependant avouer qu’elle paraît avoir été peu connue des anciens, et que c’est seulement dans le siècle dernicr que ses vrais caractères ont été fixés.

ZOSTER. 93

Symptômes et marche. — Le zona ou zoster, souint précédé, comme l’érysipèle, des symptômes de mbarras gastrique, auquel se joint un mouvement brile plus ou moins prononcé, s'annonce le plus ornairement par des picotements, de la tension, une ialeur brûlante, et quelquefois des douleurs très-ai- 1ës dans la partie qui va devenir le siége de l’érupon. à

Bientôt on voit se dessiner des plaques érythémauses d’une étendue variable, réunies ou séparées wr des intervalles où la peau est parfaitement saine, sur lesquelles on ne tarde pas à apercevoir plueurs groupes circulaires ou ovales de vésicules arntées, grises ou jaunâtres, globuleuses , entourées üné auréole rouge plus ou moins vive, et remplies ‘une sérosité transparente.

Ces groupes de vésicules, ainsi que les taches érylémateuses qui les ont précédés , sont constamment sposés en forme de bande demi-circulaire d’une lareur variable, |

C’est au tronc que l’éruption se montre le plus >uvent, et presque toujours du côté droit, à la partie férieure du thorax, ou supérieure de Pabdomen ; la ande éruptive s’étend de la région spinale au point itérieur correspondant ; aucune observation authenque ne prouve que jamais le zona ait formé un cercle omplet.

> dE:

2! ZOSTER.

Le zona peut aussi se développer sur d’autres parties du corps; on l’a observé au cou, à la face, au cui chevelu , sur les membres; lorsque cette dermatost occupe les membres, elle affecte souvent, dans unt partie de son étendue, une direction perpendicur laire.

Les vésicules du zona, A au moment di leur formation, peuvent acquérir au bout de quel ques jours le volume d’une lentille ou d’un gro pois; elles sont éparses et peu nombreuses, ou telle: ment confluentes et rapprochées, que plusieurs, en st confondant, peuvent donner lieu à des phlyctènes d’w volume parfois considérable.

Cinq ou six jours après le développement de vésicules, la sérosité qu’elles renferment prend un teinte opaline, devient séro-purulente, et quelquefoi même se convertit en véritable pus.

L’éruption est de courte durée quand les vésicule se succèdent rapidement (zoster aigu des auteurs) et aussi lorsqu'elles sont discrètes et peu nombreu ses : elles se prolongent davantage dans les condi: tions opposées. k|

Le zona se termine : 1° par la rupture de ses vês cules et l'écoulement de la sérosité; alors la parti de la peau dénudée s’enflamme , suppure, et se cou: vre bientôt d’une croûte brune ou jaunâtre, lamelleus et légèrement proéminente ; 2° par l’affaissement dé

ZOSTER. 23 isicules, qui forment également, avec la sérosité »sséchée, des croûtes semblables aux précédentes ; “par la formation d’escharres ou de plaques gangréses,

Le zona est aigu ou chronique, simple et idiopaique , ou compliqué de pustules de mauvais caracre, d’engorgement des glandes lymphatiques, de ivralgies quelquefois très-douloureuses et d’une téicité désespérante.

M. Alibert place le siége anatomique du zona dans corps papillaire de la peau.

La forme seule du zona suffit pour le distinguer 1 pemphix ; ce caractère et la présence d’auréoles ii se développent en même temps que les vésicules, npêcheront de le confondre avec l’érysipèle, qui, du ste, n’a de commun avec le zona que le trouble nctionnel des organes digestifs.

26 ZOSTER.

sangsues ; il paraît qu’on a retiré de précieux avantäs ges des cautérisations avec le nitrate d’argent ( ns ectrotique de M. Serres).

On oppose aux douleurs névralgiques qui restent si souvent après la disparition complète du zona , les opiacés, les bains oléagineux , souvent ceux aromati® ques ou de vapeur , et surtout l’application de vési® catoires volants.

CINQUIÈME GENRE

PHLYSACIA (Alibert); Ecthyma (1) (Willan). #luëœxrov (2):

Inflammation superficielle du tissu cutané, non contagieuse, se manifestant or dinairement sans trou

(1) Ecthyma, en grec exôvuu, signifie simplement éruption et vient d’exôvo, sortir avec impétuosité, et non d’exbuuræc comme je le vois imprimé dans un Traité des Dermatoses. |

(2) Le mot pluëœxwv signifie littéralement pustules se dé veloppant à l'instar de bulles remplies d’air ou d’eau ; l'expres sion de phlysacia, qui en dérive, convient donc parfaitemen pour caractériser la dermatose qui nous occupe, surtout si lol se rappelle que les anciens confondaient la plupart du temps, sous le nom de bulle, tous les soulèvements épidermatiques déterminés ou non par l'accumulation de la sérosité.

PHLYSACIA. 27 ppréciable de l’économie, principalement caractérise par le développement de pustules psydraciées lus ou moins volumineuses, entourées d’une auréole 1flammatoire, renfermant un liquide le plus souvent fro-purulent, et que remplacent, au bout d’un ou eux septenaires, des croûtes brunes ou noirâtres, qui issent après elles des taches , tantôt blanchètres } intôt pourprées, et quelquefois de légères cicatrices. . Causes. — L'on cite comme prédisposant au phlyacia, l’âge adulte, un tempérament sanguin, la grosesse, la saison du printemps, lexistence antérieure ela variole, de la rougeole et de la scarlatine, l’exerice de certaines professions.

L’on attribue généralement cette dermatose à une aauvaise alimentation, à l’action du froid et de l’hunidité , à l’abus des boissons alcooliques , aux écarts le régime, à la malpropreté, à des affections morales ristes , à des veilles prolongées, au contact habituel le substances dures et pulvérulentes.

Symptômes et marche. — Le phlysacia s’annonce ar la formation de vésiculo-pustules généralement asez volumineuses, qui s’élèvent d’une base dure, cironscrite , et offrant une teinte inflammatoire quelquefois d’un rouge vif, plus souvent violacée ou toutt-fait livide. Ces soulèvements épidermatiques, qui, ui bout de trois où quatre jours, ont acquis leur ener développement, se montrent surtout aux extré-

28 PHLYSACIA,

mités des membres , sur le cou, sur les épaules ; on peut n’en observer qu’un petit nombre, qui sont alors éloignés les uns des autres; parfois aussi l'éruption est véritablement lue)

Les pustules phlysaciées montrent à leur sommet, presque dès leur apparition , un point blanchâtre qui n’est jamais, comme semble l’annoncer un auteur moderne , l'indice de la présence d’un pus louable, mais bien d’une sérosité trouble ou d’un liquide purulent mal élaboré; souvent même , à mesure que l’inflammation fait des progrès et que l’éruption se développe, ce liquide devientsanieux et sanguinolent:

Lorsque les pustules sont peu nombreuses et se succèdent à de courts intervalles, l’éruption parcourt ordinairement ses périodes en une quinzaine de jours (phlysacia aigu); ses pustules s’ouvrent promptement, et la partie du derme mise à nu se recouvre bientôt d’une croûte brune ou moins épaisse qui, à sa chute, ne laisse aucune trace de la dermatose.

Mais lorsque le phlysacia attaque des individus affaiblis par l’âge , ou usés par les excès ou les privations, l’éruption peut se prolonger pendant plusieurs mois (phlysacia chronique), ecthyma luridum et cachecticum de Bateman ; alors les pustules sont plus nombreuses et plus larges; elles contiennent le plus . souvent une sérosité sanguinolente ; le déchirement de là cuticule et l’écoulement du liquide montrent le

PHLYSACIA. 29

lerme plus ou moins profondément excorié ; les joints dénudés se recouvrent de croûtes sets qui >euvent se renouveler plusieurs fois, et restent touours, après Ja guérison, le siége de macules diversenent colorées etquelquefoisde cicatrices ineffaçables. | Le phlysacia se développe souvent dans le cours l’autres affections cutanées aiguës et chroniques. Il n’est accompagné d’un mouvement fébrile que dans les cas où l’éruption est tout-à-fait confluente, et lorsque les vésiculo-pustules ont pris un développement considérable, Une de ses complications les plus fréquentes est l’altération du système muqueux.

Le phlysacia ne peut jamais être confondu avec aucune des äffections cutanées qui précèdent. | Son pronostic varie suivant le nombre et les dimensions des vésiculo-pustules , leur éruption simultanée ou successive, leur marche plus ou moins rapide, leur durée, et surtout d’après la nature et la gravité des liaisons concomitantes.

Espèces. — M. le professeur Alibert n’admet que deux espèces : 1° le phlysacia aigu; 2° le phlysacia chronique. | Willan, outre les formes aiguë et chronique, accidentelle et constitutionnelle, idiopathique et symptomatique , admet les quatre variétés suivantes : 1° l’ecthyma vulgare ; 2° l’ecthyma infantile ; 3° l’ec- | thyma luridum ; 4° lecthyma cachecticum.

30 PHLYSACIA.

Traitement. — Suivant que le phlysacia est aigul ou chronique, l’on conseille les applications émol:! lientes , les topiques anodins, les bains tièdes plus où! moins répétés , les boissons rafraîchissantes ; | Ou bien les lotions vineuses, de quinquina, d’eau! de saturne ou de Barèges ; les onctions avec le cérat! térébenthiné ; | A l’intérieur, les toniques, les sudorifiques , les laxatifs, une bonne alimentation. | Dans l'emploi de ces différents moyens, on aurâl égard à l’état des voies digestives, si souvent comproe mis; du reste, on devra opposer à chaque affection concomitante les remèdes consacrés par l’expérience. |

k SIXIÈME GENRE.

cniposis (Alibert) ; Urticaire, fièvre urtice des auteurs. Kydoous (1).

Inflammation superficielle du derme, non contagieuse, principalement caractérisée par des élevures plus:

(4) Les Grecs désignent par le mot xdwous, dérivé de x»0n;! ortie , la sensation produite par la piqüre de l’urtica dioïca, et qui constitue un des principaux caractères de la dermatose qui nous occupe. |

CNIDOSIS. o1 | moins saillantes, presque toujours de courte due, d’une teinte tantôt plus animée, tantôt plus pâle 1e la peau qui les environne, généralement entoues d’une auréole inflammatoire, constamment acmpägnées d’une chaleur brûlante à laquelle se joint ne vive démangeaison, pouvant alternativement disraître et se reproduire d’une manière brusque, le us souvent sans desquamation ni furfuration épideratique.

Causes. — L'enfance, l’âge adulte, le sexe fémimn, un tempérament nerveux ou sanguin, les chaurs de l’été, paraissent favoriser le développement u cnidosis.

Il peut être produit par l'application des feuilles de urtica dioïca, ou de l’urtica urens, par le contact des oils de plusieurs espèces de chenilles. On attribue acore cet eczème aux excès de table, à l’ingestion ‘équente ou immodérée de certains coquillages, des uîtres, des crabes, des écrevisses ; aux œufs de cerins poissons, aux fraises, à l’usage intempestif de \édicaments irritants : aux affections vives de l’âme, ax chagrins domestiques, à la dentition ; quelqueis lecnidosis naît sous l’influence d’une fièvre d’acès ; souvent aussi il apparaît sans cause appréciable.

Symptômes et marche. —Le cnidosis accidentel et e cause externe se développe sans aucun troublede économie dans les seuls points où l’agent extérieur

32 CNIDOSIS. | a exercé son action : les élevures épidermatiques qu surviennent présentent ordinairement à leur somme le poil qui a produit la piqûre : cette éruption , accompagnée d’une chaleur brûlante et d’une déman: geaison souvent insupportable, disparaît toujours at bout de quelques heures, sans laisser aucune trace di son existence. -

Mais le cnidosis qui survient sous l’influence d'u vive excitation du système nerveux, ou d’une altéra: tion des organes digestifs, est souvent précédé du malaise général, d’un mouvement fébrile plus © moins prononcé, et des symptômes de l'embarras gas trique.

L’invasion de la dermatose s’annonce par un pruri universel : bientôt les taches proéminentes qui À caractérisent se montrent sur les extrémités, et de s'étendent aux autres régions du corps.

Ces taches peuvent se fixer sur une partie, ou cou vrir toute la surface des téguments ; elles sont blan ches, ou d’un rouge pâle, et blanchâtres à leur som met ; entourées d’une auréole plus ou moins vive; ] plus souvent arrondies, mais quelquefois allongées. leur nombre est extrêmement variable ; elles peu vent être plus ou moins saillantes, petites où d'u volume considérable ; parfois, enfin, elles offrent d véritables nodosités d’une teinte variable et qu ”ac compagne le gonflement du tissu cellulaire.

ENIDOSIS. 39 Les taches eczémateuses du cnidosis sont constament le siége d’un sentiment de cuisson, de fourmilment, et d’une violente démangeaison.

Le cnidosis symptomatique disparaît ordinairement ec l'affection qui a donné lieu à son développement. Quand il est spontané, sa durée se prolonge davange, et sa marche est alors rémittente ; les plaques zémateuses, apparentes surtout la nuit, s’effacent ou minuent sensiblement pendant le jour. Enfin, cet zème peut affecter une marche tout-à-fait périoque.

Des dermatoses qui précèdent , l’érythème est la ule que l’on pourrait confondre avec certains cas de idosis; mais celle-ci s’en distinguera toujours par sensation particulière qui l’accompagne.

Le cnidosis n’offre jamais par lui-même aucun nger; mais il peut compliquer des affections plus 1 MOINS graves.

Espèces. — M, le professeur Alibert admet seuleent deux espèces : 1° le cnidosis aigu, 2° le cnidos chronique.

Willan, sousle nom d’Urticaire, qui a, du reste, la ême signification que le mot cnidosis, admet (inuement selon nous) un plus grand nombre d’espèces, nt la plupart ne rappellent qu’un simple accident ins la forme. et la grandeur des taches du cnidosis. es espèces sont au nombre de six, savoir : Purti-

3h CNIDOSIS. ÿ caria febrilis, l’urticaria evanida, l’urticaria perstans, l’urticaria conferta , l’urticaria sub-cutanea, l’urtica= ria tuberosa. |

Traitement. — Suivant que le cnidosis est aigu ou chronique, spontané et idiopathique, ou symptomati que, continu ou périodique, l’on conseille la diète, les boissons acidules, la saignée, quelques bains tièdesÿ à l'extérieur, les lotions vinaigrées ou alcoolisées;

Ou bien, les toniques, les émétiques, les laxatifs répétés ; à l’extérieur, les lotions savonneuses ou alca* lines... | |

Enfin, dans le cnidosis intermittent, on a recours au remède par excellence , au sulfate de quinine.

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