‹ Nouveau manuel des dermatoses ou, maladies de la peau, classés d'après la méthode de M. le Professeur Alibert, avec la synonymie de Willan. Et la concordance des différentes méthodes employées par nos meilleurs auteurs, suivi d'un formulaire pour la préparation des médicaments. Employés à l'Hôpital Saint-Louis a l'usage des hôpitaux des et des élèves en médecineChapitre 33 sur 79 · SEPTIÈME GENRE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME GENRE

ÉPINYCTIDE (Lorry, Alibert). Eruvuzrts (1).

Inflammation superficielle du derme, non contaeuse, principalement caractérisée par le dévelopment rapide et nocturne d’un plus ou moins grand mmbre de papules et de pustules que le jour fait nstamment disparaître ou rend presque insensibles, l’on observe le plus ordinairement sur les parties bituellement couvertes, et qu’accompagne une déangeaison souvent insupportable,

Causes. — Une constitution sanguine, une peau ritable , les passions vives de l’âme, les chagrins ofonds, paraissent disposer à l’épinyctide.

L’on attribue surtout cet eczème à la malpropreté, 1 défaut de linge blanc , à l’habitude de porter sur peau des vêtements de laine ou de crin, à la né-

(4) Erevuxrus, dérivé de ext, pendant; et »wë, nuit, désiait, chez les Grecs et les Latins, une maladie de peau prinpalement caractérisée par le développement rapide de pailes et de pustules, mais dont jusqu'ici aucun auteur ne nous ait laissé une description satisfaisante. Ce n’est qu’à M. le ofesseur Alibert que nous devons de voir fixés, d’une maère irrévocable, les vrais caractères de cette dermatose, dont existence vient d’être tout récemment contestée.

SBAAS ÉPINYCTIDE.

cessité de coucher souvent tout habillé, à la piqûre de certains insectes, à un état saburral des premières voies; ou bien, encore, aux obstacles mécaniques de la circulation tégumentaire, comme des liens trop “serrés, des vêtements trop étroits.

Symplômes et marche. — C’est constamment la nuit que l’épinyctide se déclare, lorsque le corps commence à être échaufté par le ARRETE au lit; en méêrne temps qu’une vive démangeaison se fait sentir, on voit s'élever, le plus souvent sur les jambes et les bras, et parfois aussi sur d’autres parties du corps, un plus ou moins grand nombre de papules d’une teinté variable, ou de pustules blanchâtres à leur sommet et entourées d’une auréole inflammatoire.

Lorsque ces élevures épidermatiques sont très= nombreuses ettout-à-fait agglomérées, elles s’accompagnent d’une injection érythémateuse de la peau.

La démangeaison qu’éprouvent les malades est tellement vive, qu’ils ne peuvent s’empêcher de se gratter fortement et de déchirer avec leurs ongles les pa= pules et les pustules, qui alors laissent écouler une matière blanchâtre , poisseuse et collant aux doigts.

L’épinyctide peut avoir une marche aiguë, ne se montrer qu’une fois, ou reparaître seulement pendant quelques nuits, se bornant aux symptômes que nous venons d'indiquer.

Cet eczème peut aussi persister pendant plusieurs

ÉPINYCTIDE. 37 nois, s'étendre à toute la surface des téguments, ’accompagner de démangeaisons insupportables, conamner les malades à une insomnie des plus pénibles, t les exposer ainsi à des accidents plus ou moins Taves.

Ce n’estque dansces cas, heureusement exceptionels, et où l’épinyctide tient le plus souvent à une alération des voies digestives , que le pronostic de cette lermatose présente une véritable gravité.

L'on ne pourrait confondre l’épinyctide qu’avec ertains cas de cnidosis ; mais l’invasion nocturne de ’épinyctide et sa première apparition sur des parties abituellement couvertes, établissent avecsesélevures ugaces et renaissantes, une ligne de démarcation bien ranchée entre ces deux dermatoses.

Espèces. — M. le professeur Alibert n’admet que leux espèces : 1° l’épinyctide aiguë ; 2° l’épinyctide chronique.

Traitement. — Suivant que l’épinyctide est aiguë ou chronique, symptomatique ou idiopathique, l’on conseille les boissons délayantes et acidulées , un résime plus ou moins sévère, les évacuations sanguines, les émétiques, les minoratifs, les bains tièdes et oléagineux.On éloignera avec soin tout ce qui aura pu donner lieu à son développement.

38 OLOPHLYCTIDE.

HUITIÉME GENRE

OLOPHLYCTIDE (Alibert); Herpes. (Willan). Olophyxres (1). R

Inflammation aiguë et superficielle du derme;” non contagieuse, principalement caractérisée par des. groupes, diversement configurés, de vésicules peu vO= lumineuses , à bases enflammées et auxquelles se joint. toujours un gonflement plus ou moins marqué des parties sur lesquelles elles reposent. Ces vésicules dont le développement est quelquefois précédé de symptômes généraux, sont constamment accompa= gnées d’un sentiment de chaleur brûlante, parcou= rent leurs différentes périodes dans l’espace d’un où deux septenaires, et sont remplacées par des croûtes crises, verdâtres ou jaunâtres, qui laissent à leur chuté: une injection plus ou moins prononcée que le temps fait complétement disparaître.

Causes. — L’on cite : l’action directe des corps! irritants, les écoulements acrimonieux , la dentition ,

l'excitation habituelle de certains organes, les excès

(4) Oopluxres, dérivé de ados et gluxrts, signifie littérale= ment toute vésicule, et, mieux, groupé de vésicules. C'est cette affection légère, et généralement de courte durée, que Willan, et après lui d’autres auteurs, qualifient si impropre-, ment du nom d’herpes. |

OLOPHLYCTIDE. 39 le table et surtout l’abus des alcooliques, un exerice immodéré, l’existence antérieure de la syphilis, ’abus ou l’usage intempestif des mercuriaux, des iffections morales vives, les variations atmosphériques , un froid piquant ou des chaleurs excessives.

L’olophlyctide se montre le plus souvent vers le léclin des affections du système muqueux; elle peut tre symptomatique d’une altération des voies digesives ; souvent aussi on ne peut attribuer son déveoppement qu’à un état particulier et tout-à-fait inonnu de l’économie.

Symptômes et marche, — L’olophlyctide, commune ux deux sexes et que l’on observe le plus souvent lans l’enfance et l’âge adulte, s’annonce const:mnent par un sentiment de tension, de chaleur, de uisson, et quelquefois même de douleur lancinente wssez vive dans la partie qui va devenir le siége de ’éruption ; bientôt à ces phénomènes que peut comliquer un mouvement fébrile en général peu proioncé, vient se joindre le développement de vésicules supportées par une base plus ou moins enflammée, t variables pour le nombre , le volume et la disposiion.

L’olophlyctide peut se montrer sur toutes les paries du corps ; mais son siége le plus ordinaire est le Ou , le visage, les membres, les extrémités, et surtout e contour des lèvres et les organes de la génération.

h0 OLOPHLYCTIDE. |

Les vésicules de l’olophlyctide sont éparses et dissé-| minées, ou confluentes et réunies en groupes ; dans le premier cas, chaque vésicule a sa base enflammée particulière ; dans le second, chaque groupe repose sur-une plaque érythémateuse, unique et plus ou moins turgescente ; mais, quelle que soit leur disposition, 1l est rare qu’elles occupent une grande surface des té» guments. ?

Le volume des vésicules de l’olophlyctide varie depuis celui d’un grain de millet, dont elles ont par= fois tout-à-fait l'apparence, jusqu’à celui d’un gros pois; un développement plus considérable est le plus souvent accidentel, et tient à la fusion de deux où plusieurs vésicules, L.

Les vésicules de l’olophlyctide sont généralement arrondies , elles peuvent encore être acuminées ou légèrement aplaties; elles sont toujours transparentes dans les premiers temps de leur formation.

Leur disposition offre parfois une symétrie tout-à fait remarquable; ainsi, elles peuvent occuper seulement les limites d’une plaque érythémateuse arrondie (herpes circinatus, Bateman); ou se fixer au centre de taches disposées en forme d’anneaux con: centriques et diversement nuancés (kerpes Iris, Bateman ).

L’olophlyctide suit le plus souventsune marcli aiguë : quelquefois , au bout de vingt-quatre heures

OLOPHLYCTIDE. 17184 ulement, la sérosité limpide et transparente de ses ésicules s’épaissit, devient opaque, et quelques jours ffisent pour leur transformation en croûtes grises £ unâtres ou verdâtres , qui se détachent du premier 1 second septenaire. Les vésicules peuvent aussi se essécher et tomber sans ponnes lieu à la formation e croûtes.

La marche de l’olopblyctide n’est. pas toujours aussi pide; mais alors la longue durée del’éruption dépend resque toujours du développement successif des vésiiles, et non de la lenteur avec laquelle elles parcountleurs différentes périodes. Cette observation s’apique surtout à l’olophiyctide des parties génitales.

L’olophlyctide est le plus souvent aiguë , quelqueis chronique, idiopathique ou symptomatique; dans aucoup de cas elle se montre comme une éruption itique.

L’olophlyctide idiopathique n’est presque jamais acmpagnée de symptômes généraux; dans les autres S, aux phénomènes propres à cette dermatose peunt se joindre les symptômes des affections qu’elle mplique , ou à la terminaison desquelles elle seme concourir.

Des :dermatoses dont nous nous sommes OCCupé , 4 rysipèle et le pemphix ont seuls quelque ressem- ù ance avec l’olophlyctide; mais cet eczème diffère de rysipèle, qui nereyêtqu’accidentellement la forme +

“ Lt

L? OLOPHLYCTIDE.

bulleuse, par le mode de développement, le volume, la figure etla marche régulière de ses vésicules.

On ne peut également la confondre avec le pen: phix, dont les bulles, disséminées sur la surface de téguments, acquièrent souvent un volume considé: rable , s’affaissent et se dessèchent quelquefois el un ou deux jours, et ne sont le plus ordinairemen remplacées que par de simples lamelles noirâtres.

Le pronostic de l’olophiyctide est presque toujour favorable : une affection concomitante pourrait seul lui imprimer un caractère de gravité. ,

Espèces. — M. ‘le professeur Alibert admet cif espèces d’olophlyctides : 1° l'olophlyctide miliaire 2° l’olophlyctide volatile; 3° l’olophlyctide prolabiale 4 l’olophlyctide progéniale; 5° l’olophlyctide hydroi que ou sudamina des auteurs (1). k

Traitement. — La médecine expectante est\ meilleure dans les cas les plus simples, etl’onse bort alors à des soins de propreté; mais on est SOUvel forcé de recourir aux bains émollients généraux € locaux , aux lotions mucilagineuses où satur ines aux liniments opiacés , à l'application des sangsue

(4) Bateman compose son genre herpes, qui répond. genre olophlyctis de M. Alibert, des six variétés- suivante 4o l’herpes labialis; 2° J’herpes zoster (dont M. Alibert

cru devoir faire un genre à part); 3° l’herpes phlyctenoide ke l'herpes preputialis; 5° l’herpes circinatus ; 6° l’herpes ir

OPHLYCTIDE. L3

L’on conseille encore les vomitifs et les purgatifs gers ; on doit éviter avec soin le froid et l'humidité ; 1 observera un régime doux, et dans certains Cas

ne continence sévère.

Du reste, chaque affection concomitante demande

être combattue par les moyens appropriés.

NEUVIÈME GENRE

PHLYCTIDE (Alibert); Aphthes des auteurs. Ophlyctis (1).

Eczème superficiel, non contagieux, se dévelopant sur la membrane muqueuse de la cavité bucale, pouvant quelquefois s’étendre profondément dans es voies digestives et aériennes ; n'étant pas toujours: ccompagné de symptômes généraux , et principale-

(1) Ophlyctis vient du grec pauxr:s et du Jatin os, et signifie ttéralement vésicule de la bouche. Ce mot hybride ne pourait-il pas être remplacé par celui de glosso-phlyctide, du grec Xusaa, langue, et phuxrus, vésicule? Du reste, il est employé ci pour désigner une affection connue sous le nom d’aphthes, + qui sert de transition entre les dermatoses proprement dites t les diverses éruptions du système muqueux ; mais s0n anaogie beaucoup plus grande avec les premières la fixe à la lace que M. Alibert lui a marquée dans son cadre dermatoogique.

ll OPHLYCTIDE.

ment caractérisé par l’éruption généralement rapide de vésicules grises ou blanchâtres, discrètes ou con: fluentes, auxquelles se joint un sentiment d’arde plus ou moins pénible, et que remplacent bientôt di petits ulcères arrondis et environnés d’un cercle in: flammatoire.

Causes. — L’on cite comme prédisposantà l’ophlye tide : l'enfance et l’âge adulte, une constitution molle et lymphatique, une longue convalescence, l'habitation d’un pays froid et marécageux.

On attribue cet eczème à la malpropreté, à l’usage de mauvais aliments, au défaut d’allaitement chez les enfants, à l’impression du froid et de l’humidité: mais le plus souvent à une altération des voies diges= tives.

S'ymplômes et marche. — Tous les auteurs ont si gnalé les modifications importantes que lophlyctide présente dans sa marche et ses symptômes, aux deux époques de la vie, l’enfance et l’âge adulie, où on lobserveleplus ordinairement. Chez l’adulte, l’ophlyctide est presque toujours bornée aux phénomènes de Péruption : elle se développe sans mouvement fébrile précurseur, et sa présence provoque. rarement du trouble dans les autres fonctions ; les élevures super: ficielles et arrondies qui la caractérisent acquièrent promptement la grosseur d’un grain de millet, et sont disséminées sur la muqueuse buccale, où réunies dé

OPHLYCTIDE, 5

anière à former une croûte dense et luisante. Leur uleur varie beaucoup : le plus souvent cendrées ou anchâtres , elles peuvent être transparentes ou opaes, jaunâtres, livides ou noires. |

Cette éruption, constamment accompagnée d’un ntiment de chaleur ardente, gêne plus ou moins la astication et la déglutition, active la sécrétion des andes de la bouche, et détermine quelquefois un oulement abondant de liquide salivaire ; au bout de ielques jours, châque pustule isolée ou les croûtes rmées par leur réunion se détachent et sont remacées par des ulcérations arrondies, superficielles entourées d’un cercle rouge et légèrement proéinent.

Mais chez les enfants l’ophiyctide est presque ujours précédée d’un mouvement fébrile plus ou oins prononcé, auquel se joignent les symptômesde mbarras gastrique, l’anxiété précordiale, la somlence, l'agitation convulsive des muscles de la face ; dans les cas les plus graves, la gêne de la dégluion et de la respiration, la raucité de la voix, la cheresse de la bouche et l’insomnie.

À ces phénomènes, dont la durée varie, succède pparition sur la muqueuse buccale de boutons tant blancs, peu nombreux, discrets et séparés par s intervalles de membrane muqueuse nullement flammée (aphthes bénins des auteurs); tantôt en

6 OPHLYCTIDE.

nombre considérable, très-rapprochés et presque cor tigus (aphthes malins ou confluents). Dansd premier cas, l’éruption s’observe principalement à partie antérieure de la cavité buccale, tandis que dat le second elle est surtout prononcée au fond de“ bouche, vers l’isthme du gosier.

Les phénomènes généraux varient suivant que lé . ruption est discrète ou confluente, bornée à la cavit buccale ou qu’elle pénètre jusque dans les voies d gestives et aériennes: ainsi on pourra n’observe qu’un peu de dévoiement et un sentiment d’arde plus ou moins prononcé dans les parties affectées comme à l’éruption pourront se joindre une chalet brûlante, une douleur vive et parfois intolérable , ut telle raideur des parois de la cavité buccale, que k malades ne peuvent garder dans la bouche les liqu des qu’on y verse ; enfin la gêne et souvent même l’im possibilité de la déglutition. |

L’ophlyctide parcourtle plus ordinairement ses di férentes périodes avec rapidité, et, dans la plupart dé cas, c’est aux accidents qui suivent l’éruption que Po doit attribuer la prolongation de la maladie. Quel quefois, cependant, l’ophlyctide se développe d’un manière lente et successive (ophlyctide chronique) on l’a vue, sous cette forme, se prolonger pendant d mois etmême des années. Cette affection est aus très-sujette à récidive, ce qu’on a toujours lieu de re

OPHLYCTIDE. L7 ter lorsqu’après la chute des pustules ou des croûla membrane muqueuse sous-jacente offre une leur blanchâtre.

;ophlyctide se termine : 1° par la chute des pustuou des croûtes jaunies et desséchées, que remplat des ulcérations superficielles ; 2° par la forma- | d’escharres gangréneuses auxquelles succèdent ulcères d’où découle une sanie fétide; 3° par iort, qui peut être promptement la suite de la ganne, ou n’arriver que lentement après quele ma- > est épuisé par une suppuration longue et abonte.

€ siége propre à l’ophlyctide empêchera toujours confondre cette eczème avec aucun de ceux qui cèdent. pronostic de l’ophlyctide varie suivant l’âge et onstitution du sujet, la forme et l’étendue de l’étion , l’état de sécheresse ou d'humidité de la memne muqueuse sous-jacente.

Jspèces et variétés. — M. le professeur Alibert imet que deux espèces: 1° l’ophlyctide aiguë; 2° l’oyctide chronique. | 'raitement. — On conseille, dans les cas les plus ples, lesboissons délayantes, les gargarismesadouants, les applications chaudes autour du cou , les ments laxatifs ou amylacés, selon qu’il y a conation ou dévoiement ; les bains généraux, l’éloi-

L8 PYROPHLYCTIDE. F gnement de toutes les causes auxquelles on peut attri: buer l’'éruption ou qui seraient capables de l’entrete nir ; un régime plus ou moins sévère. À

L’on doit rarement recourir aux émissions sal ouines, aux vomitifs et aux purgatifs, prescrits pa beaucoup d'auteurs. | !

Dans les cas graves, le traitement local est très-im portant: on conseille les gargarismes excitants , ceu de borate de soude ou d’eau de chaux ; l’applicatio de pinceaux aiguisés par les acides acétique, sulfuri que ou hydrochlorique très-affaiblis ; les boissons are matiques, les décoctions de quinquina.

Enfin, l’on doit combattre chaque affection conct mitante par les moyens appropriés. 1 10

DIXIÈME GENRE

PYROPHLYCTIDE{Alibert); Pustule maligne. Tupopavérus((

Eczème réputé contagieux , de nature essentiel ment gangréneuse, presque toujours déterminé p

(4) Hupophueris signifie littéralement vésicule de feu, peint, d’une manière aussi vraie qu’énergique, le senti douloureux qu’éprouve constamment le malade affecté de dermatose qui nous OCCupe. F |

Gr

PYROPHLYCTIDE. * 19 pplication extérieure du virus charbonneux (1), et rincipalement caractérisé par le développement une vésiculé unique sur les parties du corps habielement découvertes, ou accidentellement exposées 1 contact de l'air. ;

Cette vésicule est le plus souvent suivie des accints généraux les plus graves ; elle est accompagnée une chaleur vive, ou même d’une cuisson doulouuse, et se trouve bientôt remplacée par une croûte épaisseur variable, ou une ulcération plus ou moins endue.

Causes. — La hasauits étant le plus sount produite par le charbon des animaux , nous deons citer, d’abord, les conditions qui favorisent les izooties charbonneuses, comme : 1°les hivers plueux, surtout s’ils sont suivis de longues chaleurs huides , et les pâturages altérés ;. 2° les professions qui bligent non-seulement à panser et à soigner les aniaux affectés de charbon, mais encore à toucher urs dépouilles, comme les chamoiseurs, les mégisers, les matelassiers, les criniers ; enfin , l'influence

(4) Des faits nombreux rapportés par Énaux et Chaussier, recueillis avec tout le soin et la fidélité désirables, ont mis ins tout son jour l’étiologie de la pyrophlyctide sporadique. a cause de cette redoutable affection trouve encore un sur- ‘oît d’évidence dans les expériences de M. Leuretsur le sang 2s apimaux atteints de charbon.

50 PYROPHLYCTIDE.

inconnue dans sa nature, mais incontestable, de cer= tains climats.

Symptômes et marche. — La pyrophlyctide , vuk gairement désignée sous le nom de pustule malignes | S ’annonce ordinairement par un sentiment de dé” mangeaison et de chaleur plus ou moins vive, ek quelquefois par une cuisson douloureuse, à l’endro t où le virus charbonneux a été déposé; bientôt om aperçoit, sur la peau, un point d’un rouge obscurs presque imperceptible, légèrement proéminent, €f entouré d’une auréole violacée, au centre de laquellë ne tarde pas à se développer une petite vésicule qui se rompt promptement, soit d'elle-même, soit qu’ellé ait été déchirée par le malade, et laisse écouler unë sérosité roussâtre ou sanguinolente ; en mêmé temps, la douleur et la cuisson augmentent d’intens sité. :

Alors, seulement, on aperçoit que la vésicule reposait sur un petit tubercule livide, du volume d’un€ lentille, dur , rénitant, et comprenant presque tous Pépaisseur de la peau.

Quelques jours suffisent pour que la pyrophlyctide atteigne ce que les auteurs appellent sa troisième période ; le tubercule central devient grisätre ou noi= râtre, et le siége d’une altération évidemment pans créneuse; l’auréole prend du développement, devient turgescente, et l’entoure d’un bourrelet œdémateux

PYROPHLYCTIDE. 51 us ou moins saillant, et qui le fait paraître comme primé ; la douleur locale est des plus vives, et à ces cidents se joint un malaise général, des nausées, une grande tendance à l’assoupissement.

Quand la pyrophlyctide n’est pas de nature à borr ses ravages, le gonflement des parties affectées deent considérable, la gangrène s’étend en surface et \ profondeur, attique les organes sous-jacents, et ut atteindre jusqu'aux os; alors se développent les mptômes généraux les plus alarmants, comme : séleresse.et aridité de la langue, délire continu, pouls tit.et misérable, anxiété des plus grandes, respirann entrecoupée, syncopes et défaillances ; enfin, le alade meurt-en répandant autour de lui une odeur s plus fétides. La mort peut, dans certains cas, arver en vingt-quatre ou trente-six heures ; alors la rophlyctide parcourt ses différentes périodes avec 1e effrayante rapidité. è

Il est impossible de méconnaître la pyrophlyctide ns le tableau que M. Schrand a donné de la madie connue sous le nom de croûte gangréneuse de ongrie (Monographie des Dermatoses, Albert).

[ême mode de développement, mêmes altérations thologiques, mêmes terminaisons ; seulement ici la -rmatose marche avec encore plus de rapidité, et ses fférents phénomènes se manifestent, pour ainsi re, sur une plus large échelle. |

2 PYROPHLYCTIDE.

La pyrophlyctide peut, dans certains cas, suivre une autre marche ; et se présenter avec des symptô= mes différents de ceux que nous venons d’exposer. C’est ce qui a lieu pour cette dermatose, nommée aussi bouton d’Alep ou de Bagdad, pustule de Bassora, qui met souvent plus d’une année à parcouri ses différentes périodes, et, semblable à la lèpre, paraî plutôt s'attaquer aux formes qu’à la vie même des in: dividus.

Comme nous n’avons jamais été à même d’observer cette singulière affection, presque inCORE à no! climats et sur laquelle, du reste, aucun traitement ni paraît avoir d'influence, nous ne pouvons e renvoyer à la description qu’en donne M. le profes seur Alibert dans sa Monographie des Dermatoses.

Bien que, le plus souvent, la nature ne paraisst faire aucun effort pour arrêter les ravages de la pyro: phlyctide, il lui arrive cependant quelquefois di triompher seule de cette redoutable maladie. 3

-La guérison spontanée peut avoir lieu peu d temps après la formation de la vésicule, et s’annonce alors, soit par l’affaissement du soulèvement épider.

matique et l'absorption du liquide qu’il contenait soit par le déchirement de la vésicule et sa transfor mation en ulcère chronique.

Dans quelques cas, la guérison peut ne surveni qu'après le développement de la gangrène; alors, le

PYROPHLYCTIDE. bà

arties mortifiées, cernées par une inflammation éliinatoire, se détachent peu à peu, laissant après elles » vastes dénudations ; et les malades assez heureux our résister à l’épuisement d’une suppuration des plus bondantes, ne guérissent qu ’avec des cicatrices plus u moins difformes et gênant constamment action es muscles qui les environnent.

IL est impossible de confondre la pyiophlyctide vec aucune des dérmatoses qui précèdent.

La gravité de son pronostic varie suivant qu’elle st paient locale, ou qu’elle se complique de sympm: généraux.

êces. —-M. le professeur Alibert n’admet que eux espèces de pyrophlyctide : 1° la pyrophlyctide poradique ; 2° la pyrophlyctide endémique.

Traitement. — Suivant que la pyrophlyctide est ornée à la peau, et que rien n’annonce encore l’aborption du virus, ou bien qu’aux accidents locaux e sont joints déjà les symptômes qui dénotent une inection générale, l’on se bornera, comme les anciens , la cautérisation complète et méthodique de toutes es parties qui ont reçu l’impression du virus contajeux ; ou bien , l’on ajoutera au traitement local, et l'après l’état des malades, l'emploi des émétiques, les laxatifs, des évacuations sanguines ; l’usage intérieur du camphre, des acides minéraux et surtout du quinquira.

de

pl CHARBON.

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