‹ Nouveau manuel des dermatoses ou, maladies de la peau, classés d'après la méthode de M. le Professeur Alibert, avec la synonymie de Willan. Et la concordance des différentes méthodes employées par nos meilleurs auteurs, suivi d'un formulaire pour la préparation des médicaments. Employés à l'Hôpital Saint-Louis a l'usage des hôpitaux des et des élèves en médecineChapitre 35 sur 79 · FURONCLE · texte numérisé non relu

FURONCLE

DOUZIÈME GENRE

FURONCLE. Furunculus (1).

Eczème plus ou moins superficiel, non contagieux: principalement caractérisé par une tumeur circom® scrite et pyramidale, d’un volume variable, très- dure et très-douloureuse ; constamment le siége d’une chaleur plus ou moins brûlante; tantôt bornée au tissu cellulairé du derme , tantôt s’étendant jusqu'aux cow ches adipeuses sous-jacentes ;: se terminant toujours par suppuration, et le plus ordinairement avec mort fication du tissu cellulaire enflammé, à laquelle sc joint aussi quelquefois la gangrène d’une portion des téguments qui la recouvrent,

Causes. — Le furoncle se montre surtout au prin: ‘temps et à l’automne, dans l’âge adulte, chez ceux qui ont eu des érysipèles , la rougeole ou la varioles

Les causes les plus ordinaires de cet eczème sont

(1) Nous réunissons dans cet article tous les phénomène! appartenant au furoncle et à l’anthrax bénin, ces deux affec! tions n'étant évidemnrent que des degrés différents, ou, si l'or veut, de simples variétés d’un même mode d’inflammations Le volume est, en effet, le seul caractère qui les sépare ; dt reste, mêmes causes, même siége, mêmes symptômes, même marche, mêmes terminaisons, même traitement.

La .

FURONCLE. 61 pplication sur la peau de substances âcres et irrintes, unétat habituel de malpropreté, des piqûres, ‘mploi de répercussifs énergiques dans le traitement : la galle et des dartres., une nourriture malsaine, mpression répétée d’un froid humide, des varians brusques et fréquentes de l'atmosphère, Le funcle peut aussi se développer sans cause connue, et montrer parfois comme une éruption critique.

Symptômes et marche. — Le furoncle, auquel on mne vulgairement le nom de clou, survient ordinaiment sans être annoncé par des symptômes précururs; mais lorsqu'il doit prendre un développement msidérable ou se montrer en même temps sur un ‘and nombre de points , il peut être précédé d’un alaise général, de frissons vagues, de lassitudes ontanées, et surtout des phénomènes qui dénotent embarras gastrique.

Bientôt on voit se développer sur une ou plusieurs arties des téguments une tumeur conoïde , plus ou ioins profondément enchâssée dans les auréoles du erme , et n’ayant le plus souvent à son début que uelqueslignes de diamètre, la peau qui la recouvre, lanchâtre ou violacée à son sommet , est, dans le ste de son étendue, d’un rouge plus ou moins foncé, : ne disparaissant pas sous la pression du doigt. Les arties environnantes offrent une teinte érysipélause,

62 FURONCLE. ” Cette tumeur, qui ne fait éprouver d’abord qu’un sentiment de simple démangeaison , devien! promptement le siége d’une chaleur plus ou moins ardente, et d’une vive douleur, tantôt gravatives tantôt lancinante , tantôt véritablement térébrante. Le furoncle suit le plus souvent une marche progressive ; son sommet dépasse de plus en plus le niveau des téguments; sa base s’élargit, et avec elle k teinte érysipélateuse des parties voisines ; sa forme de vient pyramidale. Borné dans les cas les plus simple au tissu inter-aréolaire du derme, il s’étend quelque fois jusqu'aux couches adipeuses sous-jacentes ; il es très-dur et d’une excessive sensibilité ; l’inflamma: tion n’est pas toujours bornée aux parties qui CON: stituent la tumeur furonculeuse : elle peut aussi enva hir le tissu cellulaire qui l’environne.

Si les furoncles sont peu nombreux ou d’un peti volume, ces phénomènes pathologiques se bornen à ceux que nous avons énumérés; mais il n’en es plus ainsi quand l’éruption est multiple, ou lorsqu cet eczème occupe une large surface et prend ut accroissement considérable, A la chaleur et à la dou leur locale se joint souvent alors de la fièvre, de lin somnie, de la constipation, de la céphalalgie ; la sé cheresse de la peau, une teinte plus ou moins foncé des urines, et une diminution notable dans la sécré tion de ce liquide.

FURONCLE. 65 On peut encore observer d’autres symptômes déndant du siége et du volume de la tumeur furonleuse : ainsi, quand elle existe au cou ou à la poime, le malade peut éprouver de la gêne dans la spiration et la déglutition ,'de la chaleur dans le lanx et la trachée-artère, une toux plus ou moins olente , l’inflammation consécutive des plèvres, dirs accidents suite de la compression des veines juilaires: souvent aüssi cet eczème détermine l’engorment des ganglions lymphatiques qui se trouvent ins son voisinage.

Le furoncle peut se développer sur toutes les par- »s du corps ; mais son siége le plus ordinaire est la ique , le dos, les parois du thorax et de l'abdomen, s'épaules, les fesses et les cuisses. Cet eczème varie eaucoup pour le nombre, le volume etla disposition. Le furoncle parcourt généralement ses différentes ériodes en deux septenaires ; quelquefois cependant omme le furoncle panulé ou phygethlon, Alibert), tte dermatose peut se prolonger pendant plusieurs LOIS. | Bien que la suppuration soit la terminaison la plus rdinaire du furoncle, on l’a vu, dans certains cas, isparaître sous l’influerce d’une véritable résolution. La suppuration s’annonce constamment par le raollissement du sommet de la tumeur furonculeuse : ardeur brûlante dont elle était le siége se change en

hs 64 FURONCLE, w une chaleur halitueuse, et la douleur devient pulsätive: la peau s’amincit et se perce bientôt pour livrer pass sage à un pus, tantôt liquide et sanguinolent, tantôt très-épais et comme infiltré dans les interstices du derme, L'ouverture des téguments peut être uniqi ou multiple. |

Au fond de l’ulcération on aperçoit, dans la plu: part des cas, des portions de tissu cellulaire frappées de mortification (bourbillon des auteurs) ; bientôt une suppuration louable et abondante s’établitautour d’elles et finit par les éliminer. La plaie, une fois débarrassée de toutes les parties désorganisées, se coùvre de bour: geons charnus et ne tarde pas à se cicatriser. ki

La peau qui recouvre le furoncle est quelquefoi elle-même frappée de mortifications dans une éten: due plus ou moins considérable.

Le furoncle ne peut être confondu avec aucune dé affections qui précèdent. |

Cette dermatose , qui se présente le plus ordinaï rement avec un caractère de bénignité, peut cepen: dant avoir des suites funestes, soit à cause de s0I siége, soit par son grand développement.

Espèces et variétés. — M. le professeur Aliber admet quatre espèces. de furoncle : 1° le furoncle vul:gaire , ou clou ; 2° le furoncle guépier ; 3° le furonck panulé ou phygethlon ; 4° le furoncle atonique.

Traitement. — Suivant le nombre etle volume de

FURONCLE:. 65 ironcles, leur siége et l'inflammation plus ou moins ive qui les accompagne, leur état de simplicité ou e complication , l’on aura recours aux topiques mollients , opiacés ou résolutifs ; aux applications de angsues , aux incisions circulaires ou en croix , aux jains tièdes , aux lavements émollients ; aux boissons doucissantes émulsionnées, nitrées ; ou bien aux tianes diaphorétiques, à une diète plus ou moins séère ; on se trouvera souvent très-bien de recourir ux émétiques et aux laxatifs, soit dès le début de la naladie, soit à sa terminaison.

66 DERMATOSES EXANTHÉMATEUSES.

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