‹ Nouveau manuel des dermatoses ou, maladies de la peau, classés d'après la méthode de M. le Professeur Alibert, avec la synonymie de Willan. Et la concordance des différentes méthodes employées par nos meilleurs auteurs, suivi d'un formulaire pour la préparation des médicaments. Employés à l'Hôpital Saint-Louis a l'usage des hôpitaux des et des élèves en médecineChapitre 4 sur 79 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire des dermatoses ne nous offre guère, jusqu’à Lorry, que confusion et obscurité : la diversité du langage adopté par les différents auteurs me paraît une des causes les plus manifestes de ce défaut desprogrès d’une des branches les plus importantes de la pathologie humaine : si nous joignons à cette cause l’absence totale de tout principe de coordination, nous cesserons d’être étonnés de l’extrême confusion qui règne dans les écrits des anciens auteurs et de l'enfance si prolongée d’une science que la précision du langage et les méthodes de classification ont, de nos jours, si rapidement perfectionnée.

Mais si la dermatologie, comme science pouvant dignement figurer dans nos cadres nosologiques, est véritablement l’œuvre de notre siècle, nous devons reconnaître que toutes ses parties se trouvent dispersées dans les œuvres de nos prédécesseurs, et qu’ilen est question jusque dans la plus haute antiquité. Nous voyons en effet dans Hippocrate (lib. v, aph. xx) qu’il est question des herpes evedentes , auxquels il croyait

ii CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

que la chaleur était favorable. Ailleurs, il attribue à la pituite la lépre, les démangeaisons, la sale, les taches blanches de la peau, Valopécie. Plus bas, ne désigne-t-il pas la mélitagre par ces crevasses de la peau laissant découler une matière semblable au

miel? (OEuv. d’'Hipp.; traduction de Gardeil.)

Celse nous a laissé des fragments irès-remarquables sur les maladies dartreuses : dans son article de Papulis, ne désigne-t-il pas évidemment lherpes furfuraceus circinnatus, lorsqu'il dit : « La peau est inégale. …, le milieu de la dartre est plus lisse que son contour » ; et lorsqu'il ajoute : T'ardè serpit : idque vilium maximè rotundum incipit, eâdemque ratione in or bem proceit ?

Celse décrit plus loin, sous le titre de Impetiginibus speciebus , toutes les particularités propres à l’Aerpes squamosus madidans; et dans son chapitre de Varis, lenticulis et ephelide, il désigne très-positivement les varus, qu’il regarde, ainsi que les lentilles et les éphélides , comme tout-à-fait au-dessus des ressources de l’art.

D’après Lorry, Celse désignait l’érysipèle sous le nom d’ignis sacera : il décrit encore sous le nom de sycosis , du nom grec swwss, un ulcère rond et creux du menton. #/illan croit que le sycosis de Celse est le varus mertagra des modernes, ce qui prouverait,

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. li s’il en était ainsi, que la mentagre était connue à Rome avant l’époque indiquée par Pline.

Celse parle encore de l’esthiomène , qu’il rapproche du cancer; de la leuce, du porrigo, etc. ; on voit qu’il connaissait les dartres, mais il avait abandonné pour le mot papulæ la dénomination herpes , consacrée par les Grecs.

. Galien la remit en usage, et en fit la plus juste application : il admet trois espèces de dartres, qu'il suppose prendre leur origine dans la bile jaune, Savoir : l’Eprns esousvos, seu erodens, qui répond parfaitement à celui que nous observons tous les jours ; l’herpes miliaris, que l’on croit être la mélitagre; enfin, une troisième espèce qui paraît renfermer plusieurs dartres qui affectent la superficie de l’organe tégumentaire. Malheureusement Galien sacrifie ses descriptions à ses théories humorales, et les noie dans une foule de recettes et de formules conseillées dans leur traitement.

Oribase se borne le plus souvent à copier le médecin de Pergame ; il traite de l’Lerpes exedens, de V’herpes miliaris, de pustulis quæ phlyctenæ nominantur, de epinyctibus : mais ce qu’il dit des exanthêmes prouve que les Grecs ne confondaient pas les herpès avec ces simples efflorescences.

V: Siècle. — Aétius copie souvent Galien, et établit dans son chapitre de Herpete les mêmes distinctions

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