‹ Nouveau manuel des dermatoses ou, maladies de la peau, classés d'après la méthode de M. le Professeur Alibert, avec la synonymie de Willan. Et la concordance des différentes méthodes employées par nos meilleurs auteurs, suivi d'un formulaire pour la préparation des médicaments. Employés à l'Hôpital Saint-Louis a l'usage des hôpitaux des et des élèves en médecineChapitre 5 sur 79 · IV CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

IV CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

que lui. Il traite de la lèpre, et insiste sur son diaognostic différentiel : «abimpetigine sylvestri, ed quod impetigo orbiculatim semper ad vicinos locos proserpit. » Beaucoup d’auteurs s'accordent à penser que par impetigo 4étius désigne ici l’herpes furfuraceus circinnatus, opinion qui ne serait pas du tout en faveur de JF illan, à cause de l'application qu’il a faite du mot lepra à cette même espèce de dartre , etc. , etc.

Alexandre de Tralles ne dit rien sur les maladies dartreuses , mais traite assez longuement et dans autant de chapitres particuliers de Porrigine, de Achore, de Favo.

VII: Siècle. — Paul d’Égine confond sous le nom de scabies une foule de maladies dartreuses : il traite de La lèpre, de la gale (scabie), de l’impetigo, des pustules, des papules ou des bulles ; de pustulis nocturnis. Il parle des herpes tout différemment que Galien : il attribue l’érysipèle à un sang bonus et crassitie moderatus, et les maladies Lerpétiques à la bile jaune; du reste, ses descriptions sont surchargées de recettes et de remèdes.

XI° Siècle. — A vicenne préfère au mot herpes celui de formica , à cause de la sensation particulière éprouvée dans la partie malade et qu’il compare à celle produite par la piqûre de la fourmi ; il admet deux espèces : formica corrosiva, formica miliaris; du reste, ilne méconnaîtnullementlecaractère propre dela maladie. In’en

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. v est pas de même de l’esthiomène, dont il fait une sorte de sphacèle. Avicenne paraît avoir connu l’herpes squamosus madidans ; traite de scabie, de prurilu, de impetigine ; mais il est difficile de savoir au juste à quelles maladies il applique ces diverses dénominations.

XIIL Siècle, — Guillaume de Salicet parleavec assez de détails de certaines espèces de teignes , des croûtes de lait; il décrit l’esthiomène, que de son temps on appelait vulgairement heresipète lupasine ; de R peutêtre le {upus de Willan. Il désigne par formis l’herpes des Grecs, et traite aussi de l’impetigo.

Gordon se borne à copier les anciens : il regarde aussi l’esthionème comme un ulcère corrosif; il traite du serpigo et de l’émpetigo, sans que l’on puisse savoir précisément quelle maladie il désigne sous ces dénominations ; il consacre un long article à la lèpre, mais sa description prouve qu’il n’entend nullement parler de l’herpes furfuraceus circinnatus.

Guy de Chauliac s’est borné à copier Galien et Avicenne, que, du reste, il ne paraît pas avoir compris.

Pendant deux ou trois siècles après ces derniers auteurs , la science subit le sort des lettres, et resta dans un complet anéantissement ; et ce n’est que du XV® au X VI°siècle que nous voyons Tagault et son contemporain F'ernel venir lui imprimer une vigou-

vI CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.

reuse secousse et la ramener dans la voie qu’elle n’aurait jamais dû quitter, celle de l’observalion. Ces auteurs nous montrent les premiers efforts vers une classification.

XVI" Siècle. —Tagaultrange dansles exanthemata l’hydroa des Grecs, les sudamina de Galien, les desudationes d A vicenne. On nesait encore que penser des psydraces, phlyctenæ, phlyzaciæ, ecthymata, variolæ et morbilles : il regarde comme des dartres les magnas herpetas, les papules et l’impetigo de Celse. Selon lui, la mentagre n’est que le lichen des Grecs, et le lichen ne diffère pas de l’ümpetigo; de son temps, la mentagre était appelée male dartre.

Ferneladmetune dartre simpleetune dartremiliaire; il abandonne le mot pustule, siprodigué parles anciens, et appelle écurgeons , boutons, les inégalités que présententlesplaques herpétiques. Et, bien qu’il confonde dans l’érysipèle plusieurs maladies eczémateuses, 1l paraît avoir une idée des dartres, et parle de la lèpre: comme d’une affection au-dessus des ressourcesde l’art.

Jérôme Mercurialis ne nous a pas laissé de classification , mais un grand nombre de chapitres séparés dans lesquels il traite de la gale, de la leuce, du porrigo, de la lèpre ; il rapproche cependant le porrigo du favus et de l’achore; il parle des dartres sous le titre de Lichenibus ; mais il le fait avec obscurité et confusion. | |

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. vi

X VII: Siècle. — Paré parle des {artres, mais comme quelqu'un qui ne les connaît que de nom.

Guill, Rondetet, Fabrice de Hilden, Fabrice d’Aquapendente, Marc-Aurèle Severin, Laforest d’Alemar ont aussi écrit sur les dartres; mais ce qu'ils nous ont laissé se borne ou à la description d’une espèce, ou à quelque caractère particulier et plus ou moinssaillant , ou simplement à quelque considération de traitement.

Nous pouvons donc nous borner à ces simples indications, et passer à l’immortel Lorry, quenous allons voir imprimer à la dermatologie une face toute nouvelle.

La gloire de Lorry consiste beaucoup moins dans les progrès qu’il a fait faire à la science, que dans la judicieuse appréciation des faits nombreux qui la constituaient de son temps, et dans l’accord admirable qu’il établit entre les travaux des anciens et ceux des modernes.

Bien qu’il déclare ne vouloir donner aucune classification , il ne réunit pas au hasard et sans ordre les nombreuses affections cutanées dont il nous a laissé de si belles et de si judicieuses descriptions ; après avoir parlé, dans son traité de Morbis cutaneis, de la peau humaine sous le rapport anatomique et physiologique, il traite des maladies cutances en général, de leurs causes , de leurs symptômes, de leur diagnostic,

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