SEPTIÈME GROUPE
DERMATOSES VÉROLEUSES.
Les syphilides constituent par leur réunion un des groupes les plus naturels de la grande famille des dermatoses. L’obscurité de leur étiologie, leur transmission par hérédité , l’analogie de leurs productions morbides , leurs ravages, parfois si étendus, sont bien autant de caractères qui justifient leur rapproche ment des affections du groupe précédent ; mais c’est surtout entre elles qu’elles offrent le plus de rapports et d’affinités.
Les syphilides sont dues à l’action d’un virus inconnu dans sa nature, mais dont l’existence n’en est pas moins démontrée pour tout esprit judicieux et impartial. j
Les effets du virus syphilitique se manifestent ordinairement peu de temps après son introduction dans l’économie ; dans beaucoup de cas. cependant, on le voit ne décéler sa présence que long- -temps après son introduction , et quelquefois même. passer inaperçu d’une génération à une autre.
DERMATOSES VÉROLEUSES. 189
Les accidents syphilitiques sont primitifs ou conécutifs et constitutionnels : c’est parmi ces derniers que s’observent le plus grand nombre des syphilides.
Les dermatoses véroleuses, toutes plus ou moins susceptibles de se transmettre par contagion, peurent revêtir la plupart des formes anatomiques des tutres maladies cutanées. C’est ainsi qu’elles’ présentent tour-à-tour l’injection de l’eczème, la vésiule de l’olophlyctide, la pustule du phlysacia, la paule du prurigo, les squammes de la dartre, les roûtes et les ulcérations de l’esthiomène et de la 1èpre, etc.
Elles ont en outre certaines productions qui leur sont propres: ce sont ces végétations si variées que Pon observe à l’origine des membranes muqueuses , et qui acquièrent parfois un développement si considérable, |
Mais ilest plusieurs caractères qui accompagnent constamment ces différentes productions et empêcheront toujours de les confondre avec celles d’aucune autre dermatose.
Ces caractères sont : 1° La teinte Cuivrée de l’éruption ou du produit morbide qui en est la suite ;
2° L'aspect tout’particulier des ulcérations plus ou moins profondes, à bords durs, calleux, taillés à pic ;
3° Les formes bizarres des cicatrices.
Le traitement vient encore ajouter à tant d’analo= | gie : les mêmes moyens, convenablement modifiés d sont employés contre toutes les dermatoses véroleusess et si quelques esprits systématiques ou prévenus veu= | lent ne voir dans ces affections, souvent si opiniâtres, | que le résultat d’une simple irritation, leurs nom= breux insuccès et la fréquence des rechutes les. forcent, lorsqu’ils sont de bonne foi, à modifier leur opinion et leur pratique.
PREMIER GENRE
SYPHILIS (mal napolitain ; vérole du vulgaire, etc. ).
Dermatose contagieuse, résultat ordinaire d’un contact impur, pouvant revêtir toutes les formes des noms breuses affections cutanées, déterminant en outre des” accidents qui lui sont propres , etse montrant toujours avec certains caractères qui ne permettent pas de là méconnaîitre.
Cause. — L'action immédiate du virus syphilitique et toutes les causes capables de faciliter, soit son introduction dans l’économie , comme l’inocula= tion; soit son application sous quelque partie muqueuse ou simplement dénudée de lasurface du corps, comme le rapprochement des sexes, le contact d’un! corps imprégné de matière virulente , etc.
| SYPHILIS. 192 L'on cite encore sa transmission héréditaire,
Symptômes et marche. —La syphilis cutanée se montre, le plus souvent, comme phénomène secondaire ou symptomatique d’une vérole constitutionnelle ; cependant, dans quelques cas bien observés, on à dû la ranger au nombre des accidents primiifs; mais c’est toujours plus ou moins long-temps après l’instant de la contagion qu’on la voit se maniféster.,
Ses premiers éléments sont, du reste, ceux de la dlupartdesautresaffections cutanées : c’estainsi qu’elle Jeut se montrer sous la forme de taches cuivrées et Jun rouge obscur (roséole syphilitique) ; ces tahes sont, ou bornées à une région du corps ( à la oitrine , au visage), ou étendues à toute la surface les téguments ; elles sont persistantes et laissent après les des maculatures ternes, grisâtres, cuivrées et ivides, qui ne disparaissent souvent qu’au bout de olusieurs mois.
Dans quelques cas rares, on voit les taches syphiitiques se couvrir, soit de petites vésicules séreuses, maiogues, pour la forme et la disposition, à celles de a miliaire ou de la squammeuse humide, soit de véicules plus volumineuses et isolées les unes des autres, que l’on pourrait confondre avec les boutons de la aricelle ; mais ces dernières sont environnées d’une wéole cuivrée qui les distingue, et les précédentes
sont également remarquables par l'aspect tout parti-! culier de l’éruption et la lenteur de sa marche.
Ces deux variétés de syphilide se montrent de préférence sur les membres et leurs extrémités. |
On voit encore se développer sur les plaques syphilitiques, tantôt des éruptions ortiées, tantôt les vésiculo-pustules du phlysacia, et, bien que la teinte obs=. cureetl’aréole cuivrée quiles accompagnent ne permets, tent guère de se méprendre sur leur origine, on &. cependant souvent besoin, pour établir sûrement leur diagnostic, des symptômes syphilitiques ordinaires, ment concomitants, ou des signes commémoratifs. M.
Dans d’autres cas la syphilis se montre à la peau sous la forme véritablement pustulaire : ces pustules sont nombreuses et généralement rapprochées; au=. cune partie du corps n’en est exempte ; elles se mon trent rarement dans toutes à la fois, et sont, le plus ordinairement, bornées au front (corona Veneris };, au tronc, aux membres ; elles mürissent incompléte=. ment , passent vite à l’état de dessiccation, ne donnent | naissance qu’à de petites lamelles brunes ou verdâtres, et laissent après elles, soit des taches persistantes li= vides, cuivrées ou grisàtres, Soit des cicatrices su= | perficielles , blanchâtres et arrondies.
La syphilis peut aussi être caractérisée par des éle-. | vures plus ou moins saillantes, à bases élargies, dont le sommet s’aplatit et se couvre d’une squammule
d’un brun foncé ou noirâtre; sous cette forme, la
dermatose finit ordinairement par s’étendre à toute la peau ; mais c’est surtout aux parties postérieures et supérieures du tronc que les boutons sont le plus nombreux ; ils laissent, après leur chute, les taches caractéristiques déjà plusieurs fois indiquées, et comme leur éruption est successive , et que dans leurs intervalles la peau prend elle-même une teinte plus ou moins violacée, l’on trouve peu de points tégumentaires ayant conservé leur état normal; les papules tombentet se résolvent, et sont remplacées par d’autres, qui peuvent ainsi prolonger l’éruption pendant des mois et des
années.
D’autresfois, ce sont des plaques d’une coloration
obscure, livide ou cuivrée, se recouvrant de petites écailles grisâtres ; elles sont le plus souvent isolées ,
offrent beaucoup d’analogie avec les produits élémen-
taires de la dartre furfuracée arrondie, et affectent
quelquefois la disposition circulaire que l’on remarque assez souvent dans cette dermatose.
Cette variété de la syphilis peut se montrer sur toutes les parties du corps; mais il en est une autre désignée par M. Biet sous Le nom de syphilü!e cornée,
et qu’on n’observe qu’à la paume des mains : elle est
caractérisée par de petites saillies squammeuses, dont le céntre est dur et analogue à ces productions épidermatiques connues sous le nom de cors,
Mais la forme tuberculeuse est, sans contredit, la plus’ commune de toutes celles qu'offre la dermatose qui nous-occupe ; les tubercules syphilitiques, si im= proprement désignés sous le nom de pustules véne= riennes , sont nombreux et variés; la coloration cui= vrée ou d’un rouge obscur vient encore les distin= ouer des éruptions avec lesquelles ils peuvent présenter plus ou moins d’analogie; leur forme est tantôt: | aplatie, tantôt globuleuse; leur surface est lisse ou granulée ; ils peuvent être isolés ou former, par leur" réunion, des masses arrondies ou disposées en grappes:
On en rencontre souvént qui n’affectent aucunem régularité dans leur forme ni leur disposition ; leur Ë siége est tantôt à la face ou au cuir chevelu, tantôt sur le tronc, entre les doigts ou les orteils, à l'anus ou aux parties génitales.
Les uns restent plus ou moins long-temps station naires, etse terminentquelquefois par résolution, mais le plus grand nombre passe à l’ulcération.
La syphilis peut encore se présenter avec des ca= ractères différents de ceux quenous venons d’exposer A la place des éruptions nombreuses et variées sous lesquelles on lobserve si souvent, nous ne trouvons plus que des tumeurs formées, soit par le gonflement d’un repli tégumentaire ou de quelque prolongement naturel des membranes muqueuses, soit par les simple boursouflement du tissu cellulaire sous-jacent
SYPHILIS. | 195 à ces païrties, qui ne sont que soulevées et ne participent que plus tard à l'affection vénérienne.
Le siége-ordinaire de ces productions morbides est à l’anus, à l’orifice du vagin, aux grandes et aux petites lèvres, à la verge, entre le gland et le prépuce, sur ces organes eux-mêmes, quelquefois au périnée, sur les bourses, à la partie supérieure et interne des cuisses.
Les végétations syphilitiques sont sessiles ou pédiculées ; leur volume varie depuis celui d’un pois jusqu’à celui d’un œuf de poule, et même au-delà; on les désigne par des noms qui varient selon leur plus ou moins de ressemblance avec tel ou tel objet : ainsi on les dit fraisées. ou framboisées , lorsqu’elles sont arrondies et qu’elles se composent d’un assemblage de granulations divisées par des rainures plus ou moins profondes ; choux-fleurs, celles dont la surface est très-inégale; condylômes ou en crête de coq, lorsqu'elles sont aplaties et dentelées à leur bord libre; Von appelle porreaux les élevures grêles et filiformes que l’on observe sur le gland; verrues , ces petites tumeurs indolentes, à surface dure et grenue ; fics et marisques, les excroïissances charnues auxquelles on croit reconnaître la figure d’une figue.
Ces végétations déforment plus ou moins les parties ‘ sur lesquelles elles reposent, gènentsouvent leursfonctions en se développant quelquefois au point de bou-
qe mnt pen mr
cher entièrement les orifices naturels qui se trouvent dans leur voisinage ; elles sont ordinairement peu douloureuses; quelquefois, cependant, elles acquièrent une vive sensibilité, et, dans ce cas, leur coloration obscure fait place à une teinte vive et animée ; elles s’excorient même, et laissent échapper de leur surface un fluide muqueux diversement coloré " een ou moins fétide et âcre.
Les végétations syphilitiques se résolvent quelquefois d’elles-mêmes ; mais cette résolution a beaucoup plus souvent lieu sous l’influence d’un traitement approprié; un grand nombre d’entre elles se montrent persistantes et ne cèdent qu'aux caustiques ‘ou à des . moyens chirurgicaux.
Enfin, la syphilis se montre souvent sous forme d’ulcération : c’est même ainsi que débute le véritable chancre, que l’on a regardé long-temps à tort comme succédant constamment à une éruption vésiculeuse.
L’ulcération syphilitique est primitive ou consécutive ; elle peut également succéder , soit à une production éruptive , soit à une végétation; dans tous les cas elle présente pour caractères distinctifs , d’être arrondie, d’avoir un fond grisâtre et inégal, des bords taillés à pic, durs. et calleux ; de se couvrir de croûtes épaisses, verdâtres ou noirâtres, et profondément enchässées dans le derme : d'offrir dans
SYPHILIS. 197 ses tissus, et jusque dans les parties environnantes , une coloration cuivreuse ou violacée.
L’ulcération syphilitique peutse montrer sur toutes les parties du corps ; mais son siége le plus ordinaire est augland, au prépuce, aux grandes lèvres , à la bouche, au voile du palais, au pharynx, dans l’intérieur du nez.
Rarementstationnaire, elle tend presque toujours à agrandir: tantôt elle ne s’étend qu’en surface, tantôt elle pénètre en même temps plus ou moins profondément dans les tissus; du reste, aucun organe n’est épargné, lesos eux-mêmes nesont pas à l’abri de ses ravages.
Les différentes espèces d’altérations syphilitiques que nous venons d'exposer peuvent exister isolées ou se montrer réunies chez le même individu : ainsi a peau peut offrir, ici une syphilide, là une végétation, plus loin une ulcération.
La old peut exister seule ou se consid »
soit de l’inflammation d’organes plus ou moins importants, et par suite de l’exaltation du système sanguin ; soit d’engorgement glanduleux, de douleurs nocturnes, de douleurs ostéocopes.
. L’iritis et l’alopécie sont aussi des complications fréquentes de la syphilis.
- La syphilis marche généralément avec lenteur ; dans quelques cas, cepéndant, - elle sévit avec une effravante rapidité,
Elle peut disparaître, soit d'elle-même, soit sous l'influence d’une médication appropriée; mais lorsque sa disparition a été spontanée, ou lorsque son traitement a été soit incomplet, soit mal dirigé, on la voit souvent se reproduire après un laps dé temps“. très-variable , et ne pas toujours s se montrer à son | retour sous sa forme prerière.
Lorsque la peau a été le siége de lésions Nobel qui ont corrodé ou même entièrement détruit son tissu, la seule terminaison possible est la cicatrisation, qui offre encore un nouveau caractère distinctif de la syphilis.
Les cicatrices syphilitiques sont inégales, tournées en spirale ou arrondies, blanches et déprimées ; les signes commémoratifs, et l’existence concomitante d’autres symptômes vénériens, empêcheront toujours: de les confondre avec les produits morbides de la radesyge.
Outre ces cicatrices difformes, la syphilis peut laisser après elle des taches, des engorgements, etc.
Les taches Syphilitiques sont ordinairement arrondies, et dépassent rarement la largeur d’une pièce de treis francs ; elles sont généralement peu nombreuses, et se rencontrent surtout au visage, au front : et dans les sourcils ; leur teinte est cuivrée, quelque fois noirâtre; elles ne sont le siége d’aucune déman-
geaison, et durent souvent toute la vie : elles se dis- #
SYPHILIS. 199 tinguent des taches de la péliose par leur teinte plus foncée et leur forme mieux circonscrite.
Le pronostic de la syphilis varie suivant que cette affection est primitive ou consécutive, simple ou compliquée ; suivant la nature etle nombre de ses produits morbides ; suivant qu’elle est vierge de tout traitement, ou qu’elle a été déjà plusieurs fois inutilement
combattue; enfin, suivant le sexe, l’âge etla constitution du sujet.
Espèces. —M. Alibert admet trois espèces désyphilis: la syphilis pustulante, la syphilis vecu la syphilis ulcérante.
Traitement. — Les principaux moyens bontaillés contre la syphilis sont : les antiphlogistiques , le mercure etses diverses préparations, les sudorifiques , les opiacés, les préparations d’iode , d’or et d’argent.
L’emploi de ces différents moyens a lieu par bien des méthodes différentes, à plusieurs desquelles les auteurs ont imposé leur nom.
L’empirisme n’a le plus souvent recours qu’à ce petit nombre de médicaments ; mais il sait en déguiser la nature aux yetix du vulgaire: du reste, l’impéritie d’un côté, et de l’autre l’indocilité, doivent être 'accusées des fréquents insuccès dont se plaignent mMajades et praticiens.
200 MYCOSIS.
DEUXIÈME GENRE
MYCOSis (Alibert) ; Frambæsia, Pian, Yaws des auteurs ; Moluscum de Bateman.
Dermatose contagieuse, affectant presque’ exclusivement les noirs et les mulâtres , et principalement ca=! ractérisée par le développement de tumeurs fon-! gueuses, arrondies, à surface granulée, offrant une! ressemblance plus ou moins frappante avec certains! fruits; tels quemûres, framboises, etc. ; et laissant! exsuder de leur surface une humeur visqueuse et plus | ou moins corrosive. |
Causes. — L’on cite en premier lieu l’action du! virus pianique, en apparence très-analogue au virus! vénérien, et tout ce qui peut favoriser cette action, comme le rapprochement dessexes, etc. ; ensuite, l’in- 4 fluence du climat brûlant de la zône torride ; l’irrita- | tion répétée de la peau, soit par la piqûre des insectes, { soit par la rancidité que contractent les graisses dont | les nègres ont coutume de se servir ; enfin, l’hérédité | et une disposition particulière de l’économie.
Symptômes et marche. — Le mycosis, que l’on | n’observe guère qu’au centre de l'Afrique et dans less, Antilles, débute ordinairement par des taches analogues à des piqûres de puce, sur lesquelles se déve- |
MYCOSIS. . 201
loppent bientôt de petites pustules granulées, faisant lune légère saillie au-dessus des téguments et parais- [sant dues au développement du tissu vasculaire du Iderme.
Ces pustules, rougeâtres ou d’un violet foncé chez le blanc, mais d’un gris ardoisé ou cendré chez le nègre et le multre, sont arrondies, entourées d’une légère auréole d’uneteinte également foncée, et généralement discrètes ; elles laissent exsuder de leur surface un fluide ichoreux et diversement coloré, etoffrent la plus grande analogie avec les productions syphilitiques ( improprement ) désignées sous le nom de pustules plates et humides ( Rochoux ).
| Ces pustules ont ordinairement leur siége aux partes extérieures dela génération, au pourtour de l’anus, aux aines, aux aisselles, au visage, aux. lèvres, aux oreilles, mais surtout au cüir chevelu ; leur nombre est extrêmement variable ; on les a vues, dans certains cas, envahir toute la surface du corps.
* Le développement des pustules du mycosis paraît subordonné à la constitution du sujet : généralement rapide chez les individus jeunes et vigoureux , il se fait avec une extrême lenteur chez les sujets faibles etcacochymes : les pustules sont aussi plus nombreuses et d’un volume plus considérable chez les premiers malades ( Alibert }.
Elles ressemblent tantôt à des mûres ou des fram-
202 MYCOSIS.
boises, tantôt à des choux-fleurs ou à certaines es=
pèces de champignons.
Parmi ces pustules, on en remarque toujours une beaucoup plus volumineuse que les autres, et pour,
cela nommée mama-pian , ou mère des pians : elle
répond au maitre-grain de la variole, et le vulgaire, ainsi que quelques praticiens prétendent que l’on ne,
doit pas se hâter d’en obtenir la guérison.
Après une durée plus ou moins longue, presque
toujours de plusieurs mois, les pustules pianiques s@,
flétrissent et tombent ou se convertissent en ulcères
blafards et livides, d’une insupportable fétiditéetque
recouvrent des croûtes noirâtres et plus ou moins épaisses. |
Dans d’autres cas, le mycosis se manifeste par des tubercules durs et consistants, ayant dans le principe le volume et aspect des verrues , mais acquérant avec le temps des dimensions parfois considérables.
Ces produits morbides se remarquent principale ment à la face et sur les membres; ils sont souvent surmontés d’une éruption pustuleuse, et après une durée de plusieuts mois on les voit tantôt se flétrir
et se dessécher, laissant la peau ridée, décolorée et” plus ou moins dépourvue de sensibilité; tantôt se ra=".
mollir, se déchirer , laisser écouler un pus gommeux
et verdâtre, et dégénérer en ulcérations rongeantes et
fétides.
MYCOSIS. 203
Enfin , l’éruption mycosique peut encore débuter par les taches cuivreuses de la syphilis, sur lesquelles se développent tantôt des pustules larges, coniques, dont le sommet est blanc et le pourtour cendré et furfuracé; tantôt des éruptions scabieusescaractérisées par des papules, des vésicules, de petitstubercules violacés et fongueux. %
On voit encore ces taches se recouvrir soit de boutons varioliformes, soit de véritables plaques dartreuses.
Ces différentes productions deviennent autant d’ulcères rebelles, et dessurfaces malades s’exhale une humeur abondante, corrosive et d’une puanteur souvent insupportable. |
Comment ne pas reconnaître dans ce tableau les effrayants ravages de la syphilis, dont l’actionse trouve ici modifiée par le climat et peut-être aussi par la texture particulière de la peau des nègres ?
L’éruption mycosique peut se développer sans trouble appréciable de l’économie, ou être accompagnée d’un désordre fonctionnel plus ou moins grave,
Elle peut être simple ou se compliquer d’une ou de plusieurs autres éruptions; de l’inflammation des membranes muqueuses ; de douleurs nocturnes, 0stéocopes; de caries, d’engorgements glanduleux, d’indurations, d’épaississements et de dégénérescences du tissu cutané.
204 MYCOSIS. | Le mycosis laisse après lui des taches et des cica- ! trices plus ou moins étendues et difformes.
Ses produits morbides paraissent avoir leur siége | primitif dans les couches superficielles du derme, “ Cette dermatose, se trouvant presque toujours en. dehors de nos points-d’observation, ne peut pas être pour le dernfatologiste une cause d’erreür de dia gnostic. |
On voit, d’après ce que nous en avons dit, que son pronostic offre toujours beaucoup de gravité. |
Bien qu’on l’observe le plus souvent chez les. nègres, les blancs sont néanmoins susceptibles d’en être affectés; maischez eux elle ne se développe ja= mais spontanément, et se montre toujours commé résultat de l’infection.
Espèces. —M. Alibert admet trois espèces : 1° le. mycosis framboisé; 9° le miycosis fongoïde ; 3° lé mycosis syphiloïde. : 0
Traitement, — L’on indique les sudorifiques ét les préparations mercurielles comme base du traitement du mycosis ; à ces moyens on ajoute les toniques, une bonne alimentation , des vêtements chauds, un air sec et pur, des bains fréquents, une extrême. propreté, un exercice modéré, etc.
DERMATOSES STRUMEUSES. 205