ONZIÈME GROUPE
DERMATOSES DYSCHROMATEUSES.
Le groupe des dermatoses dyschromateuses ren: ferme un grand nombre d’affections encore peu con: nues, et qui toutes ont leur siége dans le pigmen tégumentaire diversement altéré: c’est ainsi que le unes paraissent dues à la surabondance de la matièr colorante, d’autres à sa diminution ou même à soI absence complète; d’autres, enfin, à un simple chan gement.de coloration: + i %
Les affections dyschromateuses présentent encor d’autres lignes de démarcation : dans les unes: la couche, pigmentaire se montre le point de dé part et reste le siége unique de la maladie ( dis chrôme idiopathique); dans d’autres, la peau ne s’al fecte que secondairement, et le point de départei l’altération, d’un, organe interne: plus ou moins. im: portant ; enfin, une troisième série comprend les te ches cutanées accidentelles, et dues soit à l’action dt agents extérieurs , soit à l'introduction volontaire (8 quelque bte dans l’économie (par exemple ;: : nitrate d’argent). |
DERMATOSES DYSCHROMATEUSES. 253 La symptomatologie justifie pleinement les distinctions que nous venons d'établir : en effet, les taches cutanées idiopathiques , à part quelques picotements ou démangeaisons ressenties dans la partie affectée, restent sans influence sur l’économie, se montrent fixes, toujours de longue durée, et souvent même persistent jusqu’à la mort.
Les dermatoses dyschromateuses symptomatiques jouissent, au contraire, d’une fréquente mobilité ; liées à un état morbide interne, elles en sont, pour ainsi dire , le phénomène extérieur, et donnent jusqu’à un certain point la mesure de sa gravité, par leur tendance à marcher vers la guérison ou à faire de nou- VEAUx progrès.
Les dermatoses dyschromateuses ne varient pas moins dans leurs formes que dans leurs colorations ; plusieurs faits bien observés prouvent que, dans cerlains cas, elles peuvent reconnaître pour cause une simple impression morale ; mais ce qu’il serait à désirer de connaître et que nous ignorons complétement, c’est la nature des altérations subies par les organes sécréteurs de la couche pigmentaire.
Niles hypothèses plus ou moins ingénieuses inventées par les auteurs, ni les expériences de M. Dutrochet sur la matière colorante , n’ont pu dissiper les doutes de la science à cet égard, et nous en sommes
encore réduits à l’observation des phénomènes extérieurs. |
PREMIER GENRE
PANNE (Alibert); Lentigo; Ephélides des auteurs; Pannus (1); Pythyriasis versicolor; P. nigra (Willan, Bateman).
Dermatose non contagieuse, et principalement caractérisée par le développement de taches de couleurs et de dimensions extrêmement variables ; ces taches, le plus souvent imdolentes et sans aucune influence sur l’économie, dépassent rarement le niveau des té= ouments, et se terminent par une légère furfuration de l’épiderme. | |
Causes. — L'enfance et la jeunesse, le sexe féminin, un tempérament lymphatique, une peau fine et délicate, paraissent des conditions favorables au développement de la panne. : |
On attribue cette dermatose soit à l’action dis recte du soleil ou de la lumière, soit au voisinage prolongé des corps en ignition ; ou bien à une altération particulière du système biliaire ou du tube di-
(4) Le mot latin pannus signifie pièce, haillon, morceau. et ne nous paraît pas rendre d’une maniére heureuse l'idéi |
de son auteur sur l'aspect particulier de là peau des RU affectés de la dermatose qui nous occupe. | |
PANNE. 255 gestif, à des émotions morales vives, à des chagrins profonds, à l’action de certaines substances, comme le nitrate d'argent ; mais nous devons ajouter que, dans beaucoup de cas, l’étiologie de la panne reste des plus obscures. |
Symptômes et marche. — La panne peut se mOontrer avec des caractères extérieurs bien différents , et qu’il importe d'exposer successivement, 1°. Elle se présente souvent sous la forme de petites taches arrondies et lenticulaires, rarement rouges et animées , plus souvent brunes , mais le plus ordinairement jaunâtres; ces taches sont éparses ou agglomérées , ne dépassent jamais le niveau des téguments, et ne SOni le siége d’aucune sensibilité ; elles sont accidentelles ou congéniales ; dans le premier cas , elles ne se montrent guère que dans les parties habituellement découvertes, comme au visage, sur les bras, les mains, le cou, la poitrine ; dans le second, toutes les régions peuvent en être plus ou moins marquées.
Cette forme du pannus est surtout commune chez les individus qui ont les cheveux très-blonds, ouroux, ou d’un rouge foncé, sans que l’on saçhe s’il existe, dans ce cas, quelque rapport entre l'altération de la peau et la coloration du système pileux.
C’est de cette forme qu’il faut rapprocher les taches d’abord rouges et animées, puis brunâtres ou d’un jaune-paille et comme marbrées, que présentent
les cuisses des femmes qui font usage des chaufferettes appelées, gueux, et les jambes des hommes qui les tiennent long-temps exposées. à, la chaleur d’un foyen trop ardent. em
C’est encore à elle qu’il faut. Mob ces taches tantôt peu nombreuses, irrégulières et d’un brun foncé; tantôt, au contraire, multipliées, d’un jaune fauve, petites et arrondies, qui se montrent si souvent au printemps et pendant les chaleurs de l'été sur les parties de la peau exposées à l’air et aux rayons du soleil, et que l’hiver fait généralement disparaître.
2°, La panne se montre dans d’autres cas sous la forme de taches grisâtres, fauves, jaunâtres et comme safranées : d’abord petites, isolées et distantes les unes des autres, ces taches se rapprochent et s’élargissent;: la peau qui les sépare conserve son état normal ; elles sont toutes irrégulières et d’inégale grandeur; leur surface est légèrement rugueuse ; elles sont parfois accompagnées d’un:prurit assez violent pour causer Pinsomnie ;ttoute perspiration’cutanée paraît ‘éteinte dans les points qu’elles ;vccupent, tandis que: cette fonction se montre,plus active. dans.les- régions restées saines (Alibert) ; Pépiderme quiles recouvre s’enlève avec une extrême facilité sous forme de de-= squamation: furfuracée (taches hépatiques, Alibert ; pythyriasis versicolor, Willan, Bateman ).
Sous cette forme le pannus imprime souvent à la
PANNE. 957 peau des malades les plus bizarres configurations : la dermatose peut s’étendre au point de faire croire que les parties peu nombreuses qu’elle a réspectées et qui tranchent par leur pâleur sur les surfaces énvironnantes, sont les seules Feet. et Rappdeus de décoloration. : |
Nas ce cas la panne est-elle toujours liée à un état morbide du foie et de ses annexes, ou du tube digestif, comme le veulent quelques auteurs ; ou n’estelle, d’après Bateman, qu’une affection purement extérieure et depeu d'importance: > S’il nous était permis de donner notre avis, nous supposerions qu’il y a exagération dans ces deux manières de voir, en faveür de chacune desquelles militent plusieurs faits en apparence bien constatés, et que cette question ne peut être décidée que par de nouvelles et nombreuses observations. à y ns
Dans Mn cas rares, la panne se présente sous la forme de, plaques :verdâtres ou d’un brun: foncé et: parfois, tout-à-fait noires (panne mélanée, Alibert; pythyriasis nigra, Bateman):. Ges plaques sont dues, d’après M. Breschet, au, dépôt sous l’épiderme d’une substance inorganique: cette singulièresécrétion n’estelle qu’un résidu de sang plus ou moins altéré (Alibert) ? a-t-elle du rapport avec la matière du mélena ou les dépôts fuligineux des fièvres typhoïdes ? Toutes
298 PANNE. ces questions restent insolables dans l’état actuel de la science (1). |
M. Alibert parle is espèce de pannus propre aux pays qui avoisinent les Cordilières, et sur laquelle nous né connaissons que les faits consignés par ce professeur dans sa Monographie (panne carate). Cetté maladie très-commune attaque principalement les nègres, les mulâtres, les personnesissues des blancs avec les Indiens; les taches qui la caractérisent sont tantôt d’un blanc mat ou d’un blanc livide, tantôt d’un rouge cramoisi, Ou couleur café, ou d’un beau rose ; la peau d’un seul individu peut offrir toutes ces nuances répandues sur différentes plaques ; du reste, cette dernière affection, quoique très-répandue a uneétiologie des plus obécures, une nature morbide tout-à-fait inconnué et. qui résisté presque toujours! aux traitements les plus US et en +pparedés les mieux dirigés.
Enfin, il ést une espèce de’ panne que l'on peut appeler artifitielle ét qui est due à l'introduction du nitrate d’argentdans l’économie : cemédicament énergique n’ést guère employé ‘que dans les affections
(4) Lire le cas extraordinaire de pannus rapporté dans les Éphémérides des Curieux de la nature, et l'observation non moins singulière . consignée dans la Mono: graplie des Dérmaloses.
érveuses les plus graves; comme lPépilepsie, etc. ; il. uit de la singulière propriété de donner à la peau
ne-teinte bronzée d’autant plus foncée que son usage
été plus prolongé. Tous les élèves de Phôpital Saint-
ouis connaissent un employé nommé Cécile qui est ne preuve vivante de ce fait : heureux encore si ce
alheureux n’eût fait qu'échanger la teinte naturelle 3isa péau contre ses attaques d’épilepsie ! mais il à
erdu l’une et conservé les autres.
L’anatomie pathologique ne nous apprend rien sur s modifications subies par la peau chez les indivias affectés de panne.
Cette singulière affection ne développe aucun phéomènesympathique de quelque importance; quelqueis elle est, accompagnée d’une démangeaison plus a moins vive, et les symptômes morbides que lui atjbuent quelques auteurs sont presque toujours dus des complications plus ou moins graves.
La panne a généralement une durée fort longue ;
iais, comme elle jouit dans certaîns cas d’une extré- | 1e mobilité, élle peut disparaître et revenir à des poques régulières ou indéterminées ; elle guérit souent dans un point et reparaît dans un autre ; enfin , a voit parfois sa disparition n’êtré suivie d’aucun stour : c’est ce qui a surtout lieu lorsqu'elle est ac-
iden telle et peu prononcée.
. La panne se termine constamment par furfuration ou une légère desquamation épidermoïque.
Diagnostic. — La panne et ses différentes variétés ont des caractères trop tranchés pour qu il Soit besoin d'établir ici leur diagnostic différentiel. 4 Pronostir. — La longue durée du pannus et si résistance si fréquente à tous les traitements constituen! seules sa gravité ; car cette affection ne comprome l’existence que dans les cas où elle se trouve liéex quelque complication organique plus oumoins grave. Espèces et variétés. — M. Alibert admet quatr espèces: 1° là panne lenticulaire ; 2° la panne hépæ tique; 3° la panne mélanée ; 4° la panne carate. | Traitement. — Suivant que [a panne est simpl ou compliquée, congénialeou accidentelle , récente ot invétéréé, l’on conseille l’éloignement du grand ai et surtout des rayons du soleil ; les bains et les dou ches soit émolliénts, soit aromatiques, soit sulfureur ou alcalins ; les eaux minérales à l'intérieur et à l'ex térieur , les sudorifiques, les préparations saturni nes, y antimOniaux, les acides minéraux, les oxides les Dpt mercurielles, etc.
ACHRÔME. 961
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DEUXIÈME GENRE
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ACHROME (Aliber D; Albinisme: VF itiligue des auteurs. AXPOUDE (FR
Dermatose non contagieuse, et principalement c catérisée par des taches d’un blanc mat, de forme de grandeur variables, ne dépassant jamais le niveau s téguments : ces décolorations, auxquelles parti- € quelquefois le système pileux , ne déterminent plus souvént aucun trouble fonctionnel, et sont nplement accompagnées, dansles points qu’elles ocpent, d’une diminution plus ou moins marquée de sensibilité ; ; la décolor ation peut, être. universelle ; is alors elle est constamment congéniale.
Causes. — L'étiologie de Vachrôme,. est. des plus Scures, Cutte dermatose est-elle. due à à, l'absence du seau muqueux s sécréteur de) la matière. colorante lumenbach ). 2, ou, bien. À] une. altération. particure de cet organe ? Peut- elle être J'effet d’une émoñ morale vive ( plusieurs faits tendent à le prour)? Peut-elle être la suite d’une affection du système
(4) Axpoyos vient de «, privatif, et de yowux, couleur, et prime l’espèce d’altération qui forme un des principaux ‘actères de la dermatose qui nous occupe.
262 ACHRÔME.
biliaire ou du tube digestif (j’ai connu, à Phôplta Saint-Louis, une vieille femme affectée d’achrôme at cidentel, et qui avait éprouvé long-temps des douleur abdominales )? Enfin, n’est-elle souvent que le résul tat d’une cachexie plus ou moins avancée ? De not velles observations pourront seules donner la solutioi de ces différentes questions. |
Symplômes et marche. — L’achrôme, que l’on ob serve le plus communément dans les pays chauds 6 sur les nègres, se manifeste, sans être précédé d’au cun prodrôme; par des taches blanchâtres ou d'u blanc tout-à-fait mat, constammentauniveau du resl des téguments, et d’une sensibilité obtuse -et souvêt même tout-à-fait nulle. D -
Ces taches:peuvent se montrer indifféremment st toutes les parties du corps : c’est ainsi qu’on les vo surles membres ; le cou, la‘tête ; la poitrine. leu ou le ventre , etc. SR |
Elies peuventêtre petites ou. étendues; peu non! breuses'ow multipliées ; leur configuration n’a rien ( régulier ; leur développement est en général lent, ma
‘progressif : c’est ainsi qu'après: avoir. occupé .d’aboi
un petit espace, on les voit successivement envab. toute la surface cutanée ; ou du moins la plus nu partié des téguments; il arrive souvent aussi qu’ les voit demeurer stationnaires après avoir pris u
médiocre étendue.
ACRHÔME. 265 Ces taches sont quelquefois accompagnées d’un er gonflement des parties environnantes ; mais cet ‘ident n’est que.de courte durée, et bientôt il ne tte plus que ladécoloration cutanée, avec perte plus moins complète de toute sensibilité dans les parties ji en sont le siége.
On voit dans quelques cas les. régions affectées d’arôme ne se décolorer que successivement : ainsi es commencent par offrir une teinte grisâtre et tjours moins foncée que les parties voisines, et ce ast qu'après un laps de temps qui varie suivant les dividus, qu’elles atteignent cette blancheur éblouisnte qui les caractérise.
Lorsque l’achrôme affecte des parties velues, tantôt 5 poils restent intacts et conservent leur couleur , atôt ils participent à l’'altération cutanée et deviennt tout-à-fait blancs ( achrôme vitiligue ).
Les taches de l’achrôme peuvent être accidentelles bornées à une ou plusieurs régions, ou congéales et en même temps universelles.
Dans tous les cas, elles. ne sont le siége d’aucune nsation particulière, etparaissent sans influence sur gonomie; mais l’achrôme congénial et universel t accompagné d’un certain nombre de caractères ii impriment un cachet tout particulier à l'habitude térieure des malades ;- ainsi, outre leur peau d’un anc mat, leurs cheveux et leurs poils $ont blancs,
‘ 3x progrès, ‘de l'âge. D oc eue 24. 20h MEURT
264 ACHRÔME.
l'iris est pâle et tirant sur le rouge ;, leurs yeux son si sensibles qu’ils ne peuvent supporter la lumièn du jour. Les individus appelés Albinos ( d'album blanc) sont plus communs chez les nègres et parm les nations de la race caucasienne; ils ont tous Je attributs d’une constitution grêle.et délicate ; ils vi vent retirés:et ne sortent guère que la nuit.
Mais, bien que | les deux, sexes soient également ex posés à à cette affection. il paraît, certain qu’elle, m constitue jamais que, des. individualités morbides, nullement , comme l’affirment plusieurs auteurs, un espèce humaine particulière et dégénérée, a: .: Vi
Les taches de J'achrôme, même, (ar ’il sep vent indélébiles. L *achrôme PAR EN est toujours di délébile, comme, celui, qui peut être, le, résultat d
Dans les cas PE norbreux où la guérison réo0il
on voit disparaît aire par, .AegTés insensibles.. ne ein! blanche et fade des surfaces, malades, et de mêmer
venir leur HAE normale. toit iuot bete
Diagnpstic, - 1 L’achrôme, ne. pourrait être, cOI fondu qu'avec la leuce ou lèpre blanche et quelqu cas d’herpès.
Mais il se distingue de la leuce en ce queses tach conservent toujours le niveau des téguments ; en |
que sa teinte est blanche et non d’un vert glauqu
ACHRÔME, 265 en ce qué l’inflammation ne s'empare jamais de ses plaques pouf. en opérer l'élimination.
L'hierpès'$’en distingue ‘également par ses plaques ‘proéminentés; si souvént accompagnées de Cuissons où'de démahgeaïsons plus ou moins vives, et couvertes ET plüpart du temps de productions pustuleuses ou squamnieusés. | Pronostic. "4e pronostic de l'achrôme varie suivant sôn Siége, son étendue ; Suivant qu il est accidentel ‘où “congénial à Simple où compliqué; suivant qu’il est Vicrge de tout traitement, ou qu'il a déjà été plus ou moins de fois inutilement combattu.
“phépeces ét väriblés? TXL. Âlibert distingue deux “ri ÿ f'aétirôfile Ut M RE Hi