APPLIQUÉE À L'ÉDUCATION
Spurzheim a reconnu que /a première apparition des protubérances du crâne ne commence qu'à l’époque de la puberté. Ainsi, jusqu’à l’âge de quatorze à quinze ans, on ne peut faire aucun usage de la crânioscopie, puisque les protubérances n’existent pas; c’est seulement à cet àge qu’elles commencent à paraître, mais elles ne sont pas encore suffisamment formées pour faire connaître les dispositions d’un enfant; d’ailleurs il ne serait pas sage d'attendre aussi
tard pour corriger celles qui pourraient être mauvaises: l'éducation morale commence dès l’âge de trois à quatre ans. Ainsi, d’après la seule remarque de Spurzheim , il est incontestable que la phrénologie ne peut pas guider l’instituteur de la jeunesse; mais ce n’est pas tout encore.
En traçant, ci-après, l’exposé de trois périodes de la vie, nous faisons observer que le développement de la force physique et morale n’est entièrement terminé qu’à l’âge de qnarante ans et demi, et que ce développement n’est à peu près complet qu'entre vingt-trois et vingt-cinq ans: c’est à cette époque seulement qu’on peut le considérer comme tel qu'il doit rester jusqu’à soixante-trois ans, sauf quelque léger accroissement. Ainsi, avant que l'individu ait at— teint sa vingt-cinquième année, la phrénologie ne peut pas trouver dans les protubérances de son crâne, des indices certains et bien positifs de ses goûts, de ses penchans, de ses facultés et de ses passions. Néanmoins, supvosons qu'à l’âge de dix-sept à dix-huit ans il soit possible de les découvrir en palpant la tête, mais alors l’éducation Morale est terminée; un adolescent de cet âge, maintenant se croit un homme, et n’est plus occupè qu'aux études appropriées à l’état, à la profession qu'il doit exercer : il est donc évident que la cränioscopie ne peut pas servir à
diriger, à modifier l'éducation, du moins quant à prése Il est possible que plus tard elle soit d’une grande uüli il faut, pour cela, qu’on ait eu le temps de se procu: une longue série d'observations comparatives, faites sur: assez grand nombre d'individus des deux sexes, qui, dep leur enfance jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans, auront
tous les mois soumis à un scrupuleux examen de Pé de leurs têtes, et du rapport que cet état pourra présen avec le développement de leurs facultés. Ce mode d’obse vation est le seul qui puisse procurer des lumières sul santes pour qu’un jour on dise avec cerlitude, la têtes cet enfant de huit ou neuf ans annonce qu’à vingt-cinq { on trouvera sur son crâne telles et telles protubéranc Alors enrichie d’une aussi grande découverte, la phrèn logie deviendra la science la plus utile pour léducatior espérons qu'avec le temps elle pourra lui rendre d’importé services; mais pour que les phrénologiens atteignent pl promptement ce but si désirable et si glorieux, il is porte beaucoup qu'ils ne soient pas abusés dans leurs | cherches par des pièces moulées d’une manière imparfai| et dans lesquelles ils ont confiance parce qu’elles font par d'une collection qui jouit d'une grande réputation. € pièces irrégulières ne se trouvant plus en rapport a celles moulées sur des crânes jettent l'observateur dans 1° certitude ; il est obligé à de nouvelles recherches, qui,
faisant perdre un temps précieux, retardent les progrès: la science. C’est par celte raison, c’est donc, comme nd Vavons dit, dans l'intérêt de la phrénologie , que nous nd sommes attachés à démontrer la défectuosité et les inco véniens de la collection de M. Deville. On la dit la ph riche de l'Europe, et nous la croyons la plus pauvre; ses deux mille deux cents têtes humaines, celles dont! moule a été fait sur des crânes sont les seules qui n ritent l’attention des phrénologiens, toutes les autres sont bonnes à rien, sans excepter les hustes de Lady B et du révérend R.... Qu'ils soient précieux pour M.
ville, c’est naturel, ils ont fait sa fortune; car sans dou on a beaucoup parlé dans la société des bizarres prot bérances que le lampiste a découvertes sur les têtes
ces deux personnages, et il ont ainsi contribué, plus q tous les autres, à mettre en vogue cet amateur phrénologié
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Au surplus, ce que nous avons dit de sa collection
s'applique également à toutes celles faites et à faire. Les . phrénologiens , nous le répélons, ne doivent attacher aucun
intérêt aux pièces qui n’ont pas été moulées sur des crânes; ce sont des contrefaçons très-fautives, dont il faut se méfier; elles ne peuvent que fourvoyer quiconque s’occupe de recherches phrénologiques.
Enfin nous ajouterons que si l'on veut avoir une collection phrénologique aussi parfaite que vraiment utile, il faut n’y admettre que des têtes humaines; mais nous ne disons pas des crènes décharnés, beaucoup de per— ‘sonnes n’aimeraient point une réunion de têtes noirâtres, qui leur offriraient continuellement un triste tableau des " catacombes. Loin de là, les têtes dont nous parlons, n’ont rien de rebutant, elle ‘offrent l'apparence de la vie; les
muscles conservent leurs formes; la peau, les cheveux, ont
leur couleur habituelle. Les yeux seuls éprouvent une lé- - gère altération, la cornée transparante devient opaque, mais on la cache sous des yeux d’émail.
Ces têtes humaines sont durcies par un procédé très— simple, qui les rend inattaquables par les insectes. Des têtes ainsi préparées, et oubliées dans le bas d’une armoire pendant une douzaine d’années, n’avaient éprouvé aucune altération, parce qu’elles sont coloriées par des injections faites avec de la colle de Flandre, dans laquelle on étend une certaine quantité d’oxide rouge de mercure ( précipité ), avant que de les mettre dans l'eau chargée de muriate de mercure suroxidé (sublimé corrosif), dans laquelle on le laisse séjourner plus ou moins long-temps,.
Par le même procédé on peut également durcir des cer- \veaux, ils diminuent un peu de volume, mais ils n° éprouvent aucun autre dérangement. On pourrait en préparer une certaine quantilé, pour servir à l'étude des organes.
Alest superflu de détailler les avantages d’une semblable collection, chacun juge aisément combien elle est préférable aux D ue plâtres; néanmoins, si on veut en avoir quelques-uns, on doit n’admettre que ceux qui ont été moulés sur le crâne, ou sur le vivant, en ayant soin de se borner aux douze premières épreuves, les seules qui soient les plus exactes; celles qui suivent sont déjà moins
bonnes. En outre il faut avoir soin de ne pas faire enlever les bavures du moule, car l’ouvrier le plus adroit, en ré: parant un plâtre, l'alière plus ou moins; c’est un ma qu’il est impossible d'éviter, et c'est par cette raison qué dans l'atelier des artistes on voit leurs plâtres antiques avec toutes leurs bavures; ils en font peu de cas lorsqu’ilf sont réparés. “|
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