DE LA PHRÉNOLOGIE EN ANGLETERRE
sans certitude, sans précision, c’est uniquement le résultati la préoccupation, du désir et même du besoin de trouver « éminences, afin de pouvoir attacher à chaque buste un intés phrénologique. M. Deville y parvint en homme d’esprit,, en jugera par ses propres paroles. Voici ce qu’il dit à ce qui visitent sa collection :
« .... Vous supposerez peut-être que j'ai trouvé le p: » haut degré de développement des organes du vol et. » meurtre dans les prisons et au gibet de Newgate, et ve » voustromperez; mon plus beau specimen de l’organe du v# » celui pour lequel je donneraistoute ma collection, est ce bi » de lady B...., si connue dans les salons du West-End » son esprit et son amabilité. De même, je n'ai jamais vu. el » aucun des nombreux meurtriers que j'ai visités à la poten » un penchant au meurtre aussi prononcé que sur cette { » du révérend R....; cependant il est probable qu’ils n# » jamais obéi ni l’un ni l’autre aux violens instincts dont la » ture les a gratifiés. Ces deux exemples, si communs di » les hautes classes, vous prouvent l” importance de l’aisan » et de l’éducation pour empêcher les crimes. »
M. Deville sait très-bien faire valoir sa marchandise» terminer son discours par une réflexion morale; mais ce dernière phrase contientune erreur et une vérité. Une errer car l’aisance, ni même la richesse, n’empêchent aucunemn les crimes ; on a mille exemples de gens fort opulens qui: employé les moyens les plus vils pour spolier des héritiers s'emparer des biens qui leur appartenaient; d’autres qui, po augmenter leur fortune, sont devenus des assassins, D aille» les crimes de tous genres étaient jadis fort ordinaires dans; hautes classes, parce qu’elles se composaient de gens privi giés, auxquels leurs grandes richesses et leurs relations ay les dépositaires de l'autorité assuraient d'avance une impur dont ils n’ont plus maintenant la même certitude, car on: conte que Thomas Salter a été condamné à sept ans de « portation pour avoir volé un canif et un tire-bouchon;: sévérité des magistrats n’a été motivée que d'après la maÿ qu'avait cet homme jouissant d’une grande fortune, de: livrer à son penchant naturel pour le vol.
Quant à la vérité qui sert de conclusion à M. Deville, € est incontestable ; l'éducation est le moyen de prévenir jl qu’à la pensée du crime, cest le seul sur lequel on pui
compter, et les parens sont bien coupables lorsqu'ils négligent employer. Mais dans cette circonstance la phrénologie
ne peut pas être fort utile, on aurait grand tort d’y recourir
our diriger l’éducation : nous allons le démontrer,