‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 24 sur 133 · N°15. ESTIME DE SOI · texte numérisé non relu

N°15. ESTIME DE SOI

Orgueil, hauteur, lierté, amour de l'autorité, élévation. (Gall)

Amour-propre. (Spurzheim.)

Gall regardait l’orgueil comme le résultat d’une éducation vicieuse, et la preuve de la faiblesse des parens ou du mauvais exemple qu'ils avaient donné à leurs enfans; mais il nei SOupconnait point que le principe de l'orgueil tenait à l’or-ganisme, Un jour il aperçoit un mendiant jeune et de bonnes mine, il le questionne, et apprend que l’orgueil l’a réduit àh mendier. Fils d’un riche négociant, ce jeune homme a hérité: d’une grande fortune ; mais fier à l'excès, il a négligé less moyens de la conserver, et il trouve au-dessous de lui de: chercher une occupation, Le travail lui paraît chose digne de : mépris.

Ce mendiant a sans doute fait le même récit à cent autres ersonnes, qui vraisemblablement ont pensé que ce jeune 4 était un libertin, un mauvais sujet, qui avait dissipé sa fortune à l’aide des femmes, de la table et du jeu, et que l'excès de sa paresse lui faisait braver la honte de solliciter Ja pitié des passans. Voilà très-probablement l'opinion de la majorité sur ce jeune mendiant; mais Gall toujours occupé de son système, et n’apercevant les objets qu’à travers un prisme phrénologique, a jugé tout différemment, il a soigneusement moulé la tète de ce fainéant qu’il a considéré comme un orgueilleux. Plein de cette idée, il recherche les gens cités pour leur orgueil; il voit à Vienne un prince dont le caractère hautain est bien connu : par un hasard très-heureux pour un cränioscope, le prince est chauve, et Gall peut facilement apercevoir la conformité qui existe entre sa tête et celle du mendiant.

Si la similitude de ces deux têtes était parfaite, il y a lieu de croire que le prince était un grand paresseux ; mais n’importe. De nouvelles observations confirment l’idée première de Gall, et il acquiert la conviction que l’orgueil est déter— miné par un organe particulier. El est situé au sommet de la tête, un peu au-dessus de l’angle postérieur et supérieur des pariétaux, un pouce au-dessus de la suture sagitiale, au point où la courbe de la voüte cränienne devient un peu déclive. Là, il produit une protubérance allongée et unique, quoique l’organe soit double.

Nous saisissons cette occasion pour faire observer qu'à partir du n° 2 à l’occiput jusqu’au n° 22 à la racine du nez {voyez pl. 1re dans les 4 premières figures), les neuf protubérances placées surcette ligne médiane sontimpaires, quoique intérieurement les organes soient doubles. Il faut convenir que cette disposition particulière est très-heureuse, elle laisse sur la surface du crâne un peu plus de place pour la manifestation des autres organes, qui, malgré cela, se trouxent encore très à l’étroit,

Mais revenons à cet organe que Gall a découvert sur la tête de fainéans orgucilleux et qui inspire l'estime de soi, l’a mMmour de soi. Son action, comme on le voit, produit ce senti— ment que les philosophes ont aussi nommé amour de soi, sentiment d'amour et de préférence que chacun a pour soi et qui est naturel à tous les hommes, mais qu’on doit distin-

guer de l’amour-propre, en ce qu'il n’exprime que l'ait chement de chacun à son existence et à son bien-êtr sentiment légitime et nécessaire à tous les hommes p véiller à leur conservation. Ce sentiment ne devient vicie que par l'excès, alors c’est l’amour-propre ou l’égoïsme, L’amour de soi a quelques rapports avec le désir du por voir des métaphysiciens. Le docteur Thomas Brown l'an pelle orgueil, et le définit : /e sentiment du vif plais qu’accompagne la conscience de notre excellence. (Vol. 12 page 300.) QC Il y a, dit Gall, un certain nombre d'hommes qui ot » l’esprit assez ferme et le cœur assez grand, qui sont ass

» profondément pénétrés de leur prix, el ont à tel point » passion de l'indépendance, qu'ils savent repousser toutt

» les influences extérieures tendant à les assujettir, Autai » que possible, ils cherchent les états les plus libres pour: » fixer leur séjour; ils se vouent à une Occupation qui lé » rend indépendans, qui les exempte de la faveur et des ca » prices des grands. »

» La domination sur leurs inférieurs, qui entraînera: » l'esclavage sous un maître absolu, leur deviendrait insu » portable. Les honneurs, les distinctions, destinés au mé » rite, lorsqu'ils sont prodigués à des hommes de rien, » sont à leurs yeux que des humiliations. S'ils prospèrent » n’est que par eux-mêmes : comme le chêne, ils se soutien » nent seuls, et tout ce qu'ils sont, ce n'est qu’à eux qu’i

» dégénérée en orgueil, un mérite plutôt qu'un défaut, com

Nous avons cru devoir mettre ce long passage de Gal sous les Yeux de nos lecteurs, parce que, sous tous les rap4 ports, il présente une définition aussi vraie que satisfaisant de la véritable estime de soi.

Le développement de cet organe présente des différences selon les peuples; il est très-prononcé chez les indous, très< peu chez les indiens d'Amérique.

» Les anglais, dit Georges Combe, l'ont plus fort que lee » français, aussi le caractère d’un véritable anglais paraît » il à un français, froid, hautain et dédaigneux. » Il est trèsmarqué sur les têtes de Manuel, Benjamin Constant, Casi-

mirPerrier, Lamarque, Gall, Spurzheim ; il était même assez développé chez l'assassin Lacenaire. ;

Les phrénologiens assurent que « les animaux tels que les » dindons, les paons, les chevaux, etc., montrent des senti— » mens qui ressemblent à l’orgueil ou à l'estime de soi. »

Ah! combien de gens ont l’estime de soi comme les paons, à cause de leur parure, et en véritables dindons se pavanent ainsi qu'eux !

Des phrénologiens pensent que dans le passage sur l'estime de soi que nous venons de citer, Gall a voulu parler de l'uimême. En conséquence nous plaçons ici son portrait, car l'organe dont il s’agit est très-développé chez lui, ainsi que plusieurs facultés intellectuelles. (Voy. pl. 1re, fig, 16.)

Mimique de l’Estime de so

L'individu (des deux sexes) qui s’estime plus que les autres, est facile à reconnaître : il se tient très-droit, porte la tête relevée et tournée du côté de l'épaule; son regard est ferme, fixe et imposant, son air est grave et froid ; il considère les autres du haut de sa grandeur, marche lentement, salue sans s’incliner le corps et par un simple mouvement de la tête, ou de la main. Enfin, dans son maintien et ses attitudes tout décèle une noble fierté.

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