‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 25 sur 133 · N° 16. APPROBATION D’AUTRUI · texte numérisé non relu

N° 16. APPROBATION D’AUTRUI

Vanilé, ambition, amour de la gloire, (Gall.)

Approbativité. (Spurzheim.)

Silué au-dessous de la partie postérieure et supérieure de V'os pariétal, cet organe est près de l'estime de soi, qui le sépare de la suture sagittale. Il forme de chaque côté une Protubérance arrondie, et d'environ un pouce de diamètre.

Pour expliquer l'influence primitive de cet organe, M. le professeur Broussais s'exprime ainsi : « C’est le désir de » l'approbation des autres, l'amour de l'approbation, la » jouissance à être approuvé par les autres. »

On conçoit bien qu’afin d'obtenir cette approbation qu’o désire tant, on s’eforce de plaire à chacun, et qu’on tàc de concilier l’estime de soi avec l’estime des autres.

« La faculté, dit Georges Combe, produit l’amour de l’es » time des autres, exprimée par les louanges et l’appro » bation. »

Faire connaître l'impulsion que donne cet organe, c’es démontrer bien clairement qu’on ne doit pas, commi Spurzheim, l'appeler approbativité: car ce n’est point l’organe de l’approbation, mais celui du désir d'obtenir l'ap» probation d'autrui, ce qui est bien différent : or, puisqu’ur organe est nommé esfime de soi, son voisin peut bien s’aps peler approbation d'autrui. Cette désignation aura Jé triple avantage d’être facilement comprise par tout Id monde, de présenter une idée exacte, et de faire disparaître un mot bizarre, une expression fallacieuse, puisqu’elle sem: ble annoncer uniquement le penchant à approuver, tandis qu'il s’agit du désir, du besoin d’être approuvé.

Occupé à constater l'existence de l'organe de l’amour du soi, Gall rencontre une folle qui se prétend reine de France: il est persuadé qu’il va trouver sur sa tête la protubérance de l’orgueil, et il s’étonne de rencontrer une dispositio opposée, En cherchant la cause de cette différence, il s’aperçoit que cette femme est folle par vanité, non par l’orgueil, et que la différence de ces deux sentimens explique celle d la tête de cette reine imaginaire,

C’est par suite de cette remarque importante que Gall est parvenu à découvrir l'organe de l'approbation d'autrui. En général, il est plus saillant chez les femmes que chez less hommes. Les français l’ont à un degré fort prononcé, et plu-sieurs phrénologiens, notamment ceux anglais, lui attri-buent l'extrême politesse qui caractérise Ia nation française. | L’estime de soi prédomine chez les anglais, aussi sont-ils: moins affables, moins polis : mais par Compensation le désir * de plaire développe cet organe chez les dames anglaises, et! si, dans leur toilette, elles n’ont ni le goût, ni les grâces: des françaises, elles ont au moins leur coquelterie.

De la plus modeste à la plus coquette, toutes les femmes, sans exception, éprouvent le désir, le besoin de plaire, et l'approbation d’autrui est l’objet constant de leurs vœux secrels, Aucune n’a su l'obtenir aussi générale que Ninon de

Lenclos. Amante volage, mais amie fidèle, cette célèbre épicurienne, captiva tour-à-tour et la cour et la ville. Sa mort, à l’âge de quatre-vingt-dix ans, put seule mettre un terme à l'empire étonnant qu’elle exerça sur autrui : elle était octo- .génaire lorsque le jeune Sévigné en devint passionnément amoureux, (Voyez pl. 4re, fig. 17.) . L’approbation d'autrui est, dit-on, très-puissante sur plusieurs animaux domestiques, tels que les chiens, les chevaux, etc.

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