N° 19. VÉNÉRATION
Théosophie, sentiment religieux. (Gall)
Organe de la vénération. (Spurzheim.)
L’organe de la vénération est placé au sommet de Ja tête, à la partie centrale de l’os frontal au point de réunion du milieu de cet os avec l'angle supérieur des pariétaux; il se manifeste par deux saillies ovales, d’avant en arrière, qui donnent à cette région de la tête une élévation uniforme. Le père de Gall avait dix enfans qui tous avaient reçu la même éducation, et qui néanmoins annonçaient des goûts, des facultés, des penchans très-différens. L'un d’eux avait montré dès son enfance un grand penchant pour la dévotion : il sculptait des vases d'église, faisait avec du papier des chasubles, des surplis, des étoles, priait Dieu et disait la messe toute la journée. Son père voulait en faire un com- Merçant; mais cette profession inspirait à ce jeune homme une si forte antipathie, qu’à l’âge de vingt-trois ans il s’enfuit de la maison paternelle pour se faire ermite. Alors le père, fortement contrarié, céda pourtant à la vocation de son fils, et lui permit de suivre la carrière qu’il préférait. Cinq ans après il reçut les ordres, et jusqu'à sa mort il vécut dans les exercices de la dévotion.
Lorsque Gall eut fait quelques découvertes phrénologiques,
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il se souvint de l’excessive dévotion de son frère, il se3 pela les remarques de sa jeunesse à ce sujet, et fit de n velles recherches sur la forme du crâne des personnes dé tieuses : en conséquence il visita les églises, les temples toutes les sectes, parcourut les couvens, et ses observati lui démontrèrent que la tête des personnes qui s’adonr aux exercices de dévotion est très-élevée vers le sommeb L'action ou influence de cet organe est d’inspirer la ti dance à henorer, à vénérer : aussi Gall l'avait appelé 1k sophie, parce qu’il le considérait comme le moteur de li d’un Dieu. En effet tous les peuples ont conçu l'idée d’! puissance, d’un être Supérieur qu’ils respectent, honor et vénèrent. Spurzheim a généralisé la faculté de cet gane en le nommant vénération, et on doit l’approuver, la vénération a des degrés différens, selon les objets auxqu elle s'adresse. L'enfant vénère Dieu, son père et sa mèr
Ainsi que Gall, M. le docteur Scoutetten considère cet « gane sous l’aspect religieux; il pense qu’il acquiert tov son activité vers l’âge de 50 ans, et qu'à cette époque voit fréquemment des hommes dont la jeunesse a été tre orageuse, paraître se repentir et se livrer avec ferveur a
pratiques religieuses. Quand le diable fat vieux, dit-on) se fit ermite.
Georges Combe Partage celte manière de voir : « Sel! » lui, l'existence du sentiment de Ja vénération montre q » Ja religion a un fondement dans la nature, »
À l'appui de cette opinion, nous présentons Saint-Vincer de-Paul. Sa tête est remarquable par le développement d organes moraux et notamment de la vénération. Personx n'ignore que cet homme verlueux, qui consacra sa vie à 66
courir les malheureux, est cité comme le modèle de la piéé chrétienne.
(Voyez planche 1re, fig. 20.) Les phrénologiens s'accordent pour refuser cet organe aw animaux. « Moi, dit M. Broussais, je ne suis pas de cet avi une certaine nuance de vénération existe chez plusieurs es pèces, parmi les vertébrés qui se choisissent des chefs aux
quels ils obéissent et marchent d’après le signal que ces chefs leur donnent. Ainsi, même parmi les moutons, vous TE NM.
+. . Dans les marches de nos armées, ajoute M. Broussais, jai plusieurs fois constaté la déférence du mulet pour le cheval. »
Cette dernière observation nous semble d’autant plus curieuse que le mulet a beaucoup de fierté, et qu’en outre il est le plus entêté de tous les animaux, à tel point que souvent il refuse d’obéir à son maître. Les premières fois que j'ai parcouru Îles Apennins, j'avais un excellent mulet aussi sensible au mors qu’à l’éperon et même à la jambe, néanmoins, quelle que fut la largeur du chemin, je n’ai jamais pu par venir à lui faire quitter le bord des précipices. Après avoir monté cet animal pendant un mois, fatigué de son invincible obstination, je fus obligé de le remplacer par un cheval,
Mimique de la Vénération.
La tête est respectueusement penchée en avant: les sourcils sont avancés sur les yeux et rapprochés de la racine du nez. L'autre extrémité est un peu relevée; les prunelles se portent vers les sourcils; la bouche est entr'ouverte et les coins retirés en arrière et en bas.
. Le corps est légèrement courbé, les bras sont serrés au corps, et en parlant les mains se joignent souvent. Enfin on remarque une sorte de propension à la génuflexion.