N°90. FERMETÉ
Constance, persévérance, opiniätreté. (Gall.)
Persévérance. (Spurzheim.)
À la partie postérieure de la voûte du crâne, sur la ligne médiane, entre la vénération et l'estime de soi, se trouve la protubérance de la fermeté.
M. le professeur Broussais, avec son impartiale franchise, fait observer que « malheureusement pour la partie systé—
» matique de la phrénologie, et pour l’uniformité de la 4 » monsiration du cerveau, ce n’est ni une circonvolution F » ticulière, ni un groupe de circonvolutions, qui sont le si » de la faculté ; elle correspond à deux ou trois portil » assez rélrécies de circonvolutions qui vont former d’aut » organes, »
Quoi qu’il en soit, l'influence de cet organe produit; constance, la persévérance dans la conduite, les opinions, € Et l'observation a démontré que les personnes chez 1 quelles on remarque ces sentimens, ont la partie de la t que nous ayons indiquée, très-saillante, en forme de silll longitudinal assez large.
Get organe se manifeste dès le bas âge : on voit & vent des enfans entêtés, opiniâtres, récalcitrans, parce c l'influence organique n’est pas encore modifiée par l’inté ligence. Lorsque ces enfans ont grandi il n’ont plus de l’op niâtrelé et de l’entêtement, mais de la fermeté et de la con tance.
Le corse Viterbi présente un exemple extraordinaire fermeté. Par suite des orages politiques de son pays, il arrêté en 1821, jugé et condamné à mort. Cet homme Voulant point périr sur un échafaud, se pouryoit en cassatic afin d’avoir le temps d’exécuter le projet qu’il a conçu de: laisser mourir de faim. Dès ce moment il ne prend plus a: cune nourriture, écrit chaque jour, et heure par heure, | sensations, les besoins qu’il éprouve. Le seizième jour, tr faible pour écrire, il dicte quelques mots qui peignent & angoisses, et le dix-huitième il meurt en disant : « je sv » préparé à quitter ce monde. »
La fermeté est d’une grande utilité pour le succès Projets, aucun ne peut réussir s’il n’est suivi avec consta et persévérance. Enfin, la fermeté est une qualité indisper sable pour l’homme politique; s’il veut mériter l'estime pv blique, il doit persévérer dans ses opinions et ne jamais s carter de la ligne qu’il a commencé par se tracer,
On aurait tort de croire que les hommes ont seuls la fe meté en parlage, le contraire a été bien prouvé par maint femmes, qui, pendant la dictature de Robespierre, marché rent à la mort avec un sang-froid admirable. Mais ce nob dédain de la mort pourrait être attribué à l'esprit de part nous chercherons donc parmi d’autres femmes des exempl
de fermeté qui soient incontestables, et nous n’aurons pas de peine à en trouver.
. Née en Livonie, de parens très-pauvres, Catherine (Ale xiowna) avait épousé un soldat suédois qui fut tué le jour de son mariage. Au siège de Marienbourg elle fut prisonnière de Menzikoff, qui de garçon boulanger était devenu général. Catherine fut remarquée par le czar qui l’épousa ; elle rendit de grands services à Pierre-le-Grand par la fermeté de son caractère, qui ne se démentit dans aucune cir— constance de sa vie. À la mort de Pierre, elle fut déclarée impératrice souveraine de Russie, et se montra digne du trône par les lois et les institutions qu’elle donna aux russes. (PI. 4re, fig. 21.)
Sur les têtes de Gaïl, de Casimir Perrier, du général La— marque, et de l’évêque Grégoire, la fermeté est trés-prononcée. Mais on présume que cet organe de persévérance et de constance est très-minime chez le cardinal abbé Maury.