‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 3 sur 133 · LAVATER · texte numérisé non relu

LAVATER

Lavaier est né à Zurich le 45 novembre 1741, il est mort le2 janvier 1800. A l’âge de cinquante-neuf ans, ce n’est qu'après avoir recherché pendant long-temps pourquoi, à la: simple vue de certains personnages, il éprouvait toujours d VPaversion ou de la sympathie, qu'il essaya de juger leur ca— ractère et leurs passions d’après ses idées; c'est avec ses dessins qu’il publia sa physiognomonie en 17853.

Avant lui on avait certainement remarqué ce que pouvait! présenter aux yeux telle ou telle physionomie, l’action des passions sur le visage, les traces qu’elles y laissent, et tout ce: qu’elles pouvaient révéler; l’empreintie des affections fortement prononcées; on les trouve même bien décrites dans Hyppocrate, partout où il fait mention de quelque signe à remarquer dans une maladie. Mais ce qui distingue Lavater dex tous les autres, c’est la séparation qu’il a établie entre leg passions et les habitudes, en Les appliquant aux beaux arts: par la combinaison des lignes et des contours pris soit dans des portraits en tout genre, soit dans de simples silhouettes, C’est par ce moyen, qu’un dessinateur seul peut bien sentir, qu'il est parvenu à faire de la physiognomonie une science dont il fat et sera toujours l’homme spécial, puisqu'on voit d’après ses œuvres qu'il s’y livra pendant toute sa vie avec une ardeur et une prédilection particulière, car il dessinait par— tout.

Comme il était philosophe religieux et philosophe aima— ble, il avait la persuasion que la nature nous conduit tou— jours-par l’agréable à l’utile, par le beau au vrai, et par les passions bienveillantes au sublime. Il parcourut l’Europe en prêchant la morale évangélique dont il était le ministre, mais en même temps aussi l'amour du beau, les jouissances raisonnables et les plaisirs décens.

En joignant à son zèle universel pour le beau moral, las

bienfaisance la plus active, il distribuait aux pauvres tout ce qu’il avait de reste; il ne cherchait à acquérir que pour avoir les moyens de faire des heureux, en protégeant les arts et les entreprises utiles; la plus grande simplicité, mais en même temps la propreté la plus soigneuse et l’ordre le plus constant régnaient dans son intérieur personnel et dans tout ce qui concernait sa maison. Son extérieur était extrêmement avantageux, le son de sa voix séduisant, son noble enthousiasme entraînait tout ce qui l’approchait, il avait surtout un ascen— dant singulier sur les femmes ; il ne s’en servait même que pour leur inspirer plus de goût pour les vertus domestiques et pour les douces jouissances de la maternité et de lédu— cation,

Puisqu’il est permis aux penseurs d'aujourd'hui de revêtir les vérilés morales de toutes les expressions qui peuvent leur donner accès dans les cœurs, l’homme de bien doit être re— connu par le philosophe dans le chrétien, comme il doit l’être par le chrétien dans le philosophe. Ainsi, c’est à la bienveillance qu’il appartient d’accepter et de protéger toutes les qualités sociales dont Lavater fut toujours le plus sincère admirateur dans la physionomie.

En reconnaissant ici que les recherches aussi savantes que studieuses, faites par le ministre allemand pendant toute sa vie, afin de parvenir à reconnaître les hommes par les signes extérieurs, le recommandent à la postérité, nous serons forcés de reconnaître aussi que la plus grande partie de ceux qui s’en occupent après lui sont encore loin de lui succéder.

En effet, le docteur Gall a borné ses investigations et toutes leurs conséquences au crâne seulement : cette boîte osseuse cependant n'entre que pour bien peu de chose dans la physionomie générale d’un homme, et si, d’après Lavater, tous les signes physiognomoniques qui peuvent se manifester dans un individu doivent y concourir, s'ils doivent avoir une correspondance intime avec le caractère, avec l’état du cœur, avec la situation instantanée de l’âme qui se manifeste au dehors..., Gall, dans son système, fait tout le contraire. Comme il n’a besoin que d’avoir recours aux signes extérieurs du cräne seulement pour indiquer et développer la moralité, Vintelligence, les penchans, la physionomie n’est pour lui qu'un simple accessoire, sur lequel il est pour ainsi dire presque indifférent.

u1 INTRODUCTION.

Ajoutons encore que toutes les inégalités ou dépressions : qui apparaissent extérieurement sur le crâne, doivent, d’après : lui, correspondre avec le cerveau, alors toutes fois que le doc- teur se livre à expliquer leur cause, elles ne lui fournissent ! plus que des détails anatomiques sur un organe dont les va-. riètés, quoique très-utiles à décrire, ne laissent pas que de: l’éloigner encore des autres signes nécessaires à la physionomie, puisqu'il les écarte par la crânioscopie.

Quoi qu'il en soit, Lavater est le premier qui ait essayé à | vaincre une grande partie de toutes les difficultés dont l’art : de connaître les hommes par la physionomie est parsemé, soit comme dessinateur doué d’un esprit d'observation peu : commune, soit comme philosophe aimant les hommes. Son goût éclairé pour toutes les choses utiles soutint continuellement et ranima son courage au milieu de tous les dégoûts : dont ses antagonistes l’abreuvèrent sur la fin de son entreprise, car il lui restait encore beaucoup de choses à publier. Nous en possédons plusieurs qui sont originales et que nous : donnons dans ce Manuel. Nous y joindrons plusieurs fac. simile de son écriture, et surtout un billet en allemand dont! la traduction a été faite par M. Aimé Martin,

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