‹ Nouveau manuel du physionomiste et du phrénologiste, ou les caractères dévoilés par les signes extérieursChapitre 34 sur 133 · N° 26. IMITATION · texte numérisé non relu

N° 26. IMITATION

Faculié d’imiter, mimique. ( Gall.) :

Imitation. (Spurzhein

Un ami de Gall, qui possédait un grand talent d’imit tion, lui dit un jour que sa tête avait une forme.particulièt Le père dela phrénologies’empresse, comme onle prévoit bic de palper cette précieuse tête qui lui promet une nouve découverte. En effet il trouve la partie supérieure et antérier du crâne fortement bombce en segment de sphère. Voul4 s'assurer que cette conformation extérieure annonce la pr sence Sous-crânienne de l'organe de limitation, Gall cov aussitôt à l’institution des sourds et muets de Vienne pa examiner la tête de l'élève Casteigner, qui s'est fait rema Quer par son talent très-extraordinaire pour la mimique : Sa grande satisfaction, il trouve le crâne du sourd-muet co: forme comme celui de son ami; nouveau motif d’espéranc qui lui fait multiplier ses recherches; elles sont couronné: par la réussite la plus complète, elle système phrénologiq: possède un organe de plus.

Il est placé, commme nous l’avons déjà dit, à la partie an térieure et supérieure de la tête, à côté de la bienveillance Gall, Spurzheim, Georges Combe, le docteur Scoutetten autres phrénologiens s'accordent pour dire qu’à la surfac du crâne il s'élève sous la forme d’un segment de sphère qu'il se manifeste sous forme de proéminence ; cependan M. le docteur Broussais annonce que l’imitation est situe au—dessus du front et des deux côlés, où elle établit ur éspèce de plate-forme. Ordinairement une plate - form n’est pas fortement bombée et ne s'élève point en segmer de sphère, en proéminence: nous faisons remarquer cefi différence de signalement afin qu'on ne nous accuse poir d’avoir donné une fausse indication.

L'influence de cet organe procure à l’homme le pouvo: de l'imitation en général, faculté bien nécessaire aux peintres

aux sculpteurs, aux graveurs, aux dessinateurs en tout genre ; les acteurs en ont également besoin, et nous croyons faire plaisir en rapportant ici l'exemple suivant d'imitation. En 1813 nous avons vu en Ïtalie un sourd-muet jouer à Sarzane et à Florence dans une pantomime en cinq actes, intitulée Robert, chef de Brigands, et calquée sur le mélodrame où Baptiste aîné se fit applaudir au théâtre du Marais.

Ce sourd-muet, dont nous avons oublié le nom, remplissait le rôle de Robert; après de nombreux incidens et diyerses catastrophes, où cet homme privé de la parole et de l'ouiïe savait intéresser fortement le public, Robert est ar- rêté et conduit devant un magistrat; là, seul avec lui et durant une scène très-longue que chaque spectateur trouve trop courte, il raconte tout ce qu'il a fait depuis sa nais— ‘ance, ses querelles avec ses frères qui l’accusaient des sottises qu’ils avaient faites, sa fuite de la maison d’un père äussi sévère qu'injuste, les divers mêtiers qu’il a exercés pour vivre, les circonstances qui l’ont conduit au milieu d’une bande de voleurs, son séjour parmi eux, les motifs qui l’ont fait choisir pour chef, son refus d’abord, puis son consentement à condition qu’ils renonceront à l’assassinat, les lois qu'il leur imposa pour les empêcher de voler et les forcer à devenir seulement les vengeurs des opprimés de toute espèce.

Voilà, sans aucune exagération, ce que ce mime étonnant âvait l’art de dire sans parler; ses gestes, ses regards, les Mouvemens de son visage, ses attitudes, tout en lui était si éloquent, si expressif, qu’on croyait l'entendre; l'orchestre Complétait l'illusion en exécutant des airs parfaitement choi- 8is et dont les paroles bien connues se rapportaient aux diverses situations.

Tous les spectateurs admiraient le talent de cet acteur; mais en voyant ses gestes, toujours d'accord avec l'orchestre, ils doutaient qu’il füt réellement sourd etmuet; c'était pourtant une vérité, dont nous avons acquis Ja conviction en passant de la salle au théâtre pendant la représentation ; nous ayons aperçu dans une coulisse, à droite et à gauche, un individu tenant un rouleau de papier dent le mouvement indiquait la mesure à l'œil du sourd et muet qui, par ce

moyen, réglait ses gestes sur les divers mouyemens de l'on chestre.

Garrick étant venu visiter Paris, fut conduit à Versaill! par quelques amis qui lui avaient promis de lui faire voi la cour. Le duc d’Aumont, prévenu de son arrivée , le fit pl cer dans la galerie et en instruisit le roi : Louis XV en! rendant à la messe ralentit sa marche, afin d'examiner « Roscius anglais : au retour de la messe le même acteur fi conduit dans le passage de sa majesté et de ses courtisan!

Revenu à Paris, Garrick invite ses amis à souper che lui; pendant les préparatifs de ce repas, la conversation s’€ tablit sur le faste de la cour, et on demande à Garrick s” a bien remarqué la suite du roi; vous allez en juger, répondi! il, ayez la complaisance de vous ranger sur deux files, — Mais pourquoi? — Vous verrez...

Les conviés se placent comme l’a demandé Garrick qu sort un instant, et lorsqu'il rentre et passe au milieu de se amis, chacun s’écrie : Voilà le roi! Oh! c’est bien Louis X VW .Garrick sort plusieurs fois, rentre presque aussitôt, et tou à tour on s’écrie : C’est le duc d'Orléans, c’est le Dauphin: le prince de Soubise, les ducs d’Aumont, de Brissac, à Richelieu, Non-seulement Garrick imitait leur marche, leu maintien, leur embonpoint ou leur maigreur, mais en outr les traits et le caractère de leur visage se relraçaient su le sien.

Le talent de limitation dégénère quelquefois en manie Dans son traité du physique et du moral de l’homme: tom. 107, p. 165, 50 édition, Cabanis rapporte l’histoin d’un individu qui éprouvait le besoin d’imiter à l’instan: tous les mouvemens, les attitudes, les gestes des personne: avec lesquelles il se trouvait : si l’on saisissait ses membres: si on le contraignait à faire d’autres mouvemens que ceux dont il était témoin, il se plaignait d’angoisses insupportables. Cet homme était un télégraphe vivant qui répétai les signes des autres humains. Boërrhave cite un fait sem: blable.

Gall annonce que l'organe de Ja mimique (imitation: présentait un grand développement chez Raphaël, Rubens; le Poussin et le Dominicain: mais comment, d’après des bustes ou des portraits, a-t-il pu reconnaître l'existence d’une protubérance cachée sous les cheveux. Certainement

celte existence est plus que probable d’après le talent de ces peintres, mais le fait n’est pas prouvé par l’assertion de Gall : au contraire, M. le docteur Fossati doit obtenir toute confiance, lorsqu'il dit qu’il a trouvé l’organe de limitation très-prononcé chez Pellegrini, Galli, Lablache; chez mesdames Pasta, Malibran, Julia Grisi, et même sur la tête de Debureau , paillasse du théâtre des Funambules : on a pu palper tous ces crànes, mais avec des bustes et surtout des portraits il n’y a rien de certain, rien à palper, rien à reconnaître, même sous les cheveux d’un buste, et quelle que soit la ressemblance du visage, un portrait ne prouve rien en phrénologie , tandis qu’il est au contraire très-significatif en physiognomonie.

Cependant c’est au nom de toute la phrénologie qu’on stimule le zèle et l’ardeur des artistes par le moyen des feuilles périodiques; on les engage même de ne faire autre chose que des études idéales, en s’appliquant à rendre des figures qui deviendraient portraits, soit en les composant, ou mieux encore en les personnifiant d’après leurs caractères, leurs ‘passions, à l’aide de leur buste, des médailles, des gravures et surtout d’après ce qu’en disent les historiens; on prétendrait parvenir ainsi, avec l'individu représenté, à personnifier non-seulement l’époque, mais encore exécuter en même temps Vhistoire et le portrait..…, ce qui est impossible en peinture; toutes les tentatives faites pour atteindre ce but deviendraient inutiles.

Comme nous écrivons spécialement pour les physionomistes, nous avons soin, en parlant des protubérances, de présenter le portrait d'un individu chez lequel la faculté dont il est question était très-développée; par ce moyen chaque portrait offre un double motif d’étude pour le physionomiste : par exemple, en examinant celui de Talma, on considère d’abord le caractère particulier de ce visage sur lequel les diverses passions se peignaient avec tant de vérité, puis on recherche l'influence que la protubérance de limitation à pu avoir sur la forme de la tête.

En suivant cette méthode dans l’examen des différens poriraits, on acquiert déjà la connaissance de quelques indices physiognomoniques , indépendamment de tous ceux que nous indiquerons plus tard, (Voyez pl. 4e, fig. 27.)

Quoique les phrénologiens aient classé limitation parmi les

sentimens dont quelques animaux sont totalement priv cependant les singes, les perroquets, les serins , les pies. passereau ou moineau, sont doués de la faculté d’imiter ; : parvient même, avec de la patience, à leur faire dire et pi noncer assez distinctement quelques mots de suite > pour que ce soit toujours les mêmes; ils peuvent aussi répéter

air noté, pourvu qu’il ne soit pas trop long et qu’ils ne l’inti rompent pas pour reprendre leur chant naturel; enfin tc cela n’en est pas moins le résultat de limitation.

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