N° 29. ÉTENDUE
(Spurzheim.)
L’étendue est comme l’individualité, un bâtard que Spun 2heim a introduit dans la famille des organes de Gall, et que € père de la phrénologie n’a pas voulu reconnaître ; il rappor tait à l'organe des localités et à celui du calcul les fonction que Spurzheim attribue à son nouvel organe.
M. Vimont a essayé de légitimer cet intrus en ajoutant. ses fonctions, ou pour être plus exact, en les divisant; @ conséquence il en a fait ie sentiment de l'étendue et le senti
ment de la distance, alléguant que « l'étendue ne s'applique qu’à un corps, et que la distance présente l’idée de l’espace qui est entre un corps et un auire corps. »
On ne doit jamais confondre l'étendue avec la distance ; néanmoins la distinction que fait M. Vimont dans cette circonstance est au moins superflue, car l'organe de l'étendue est forcément celui de la distance, et on ne peut pas diviser sa faculté en deux sentimens.
L’étendue est la dimension d’une chose en longueur, largeur et profondeur : telle est la définition donnée par le dictionnaire de l'académie française; or, on ne peut distin— guer la longueur de la largeur, ou dela profondeur, qu’en calculant la distance qui existe entre chaque point de l’étendue, et c’est toujours à l’aide de ce calcul qu’un officier reconnaît combien de milliers d'hommes pourront camper sur le terrain qu'il est chargé d'examiner.
Si Spurzheim avait déclaré sa découverte organe de la distance, M. Vimont aurait eu raison d’objecter que la distance n’est pas l'étendue; mais comme la distance est nécessairement comprise dans l'étendue, il n'a rien dit de plus que Spurzheim ; il a fait une simple répétition ou pléonasme que l'académie n’approuve point lorsqu'il n’ajoute rien à la force de l’idée.
Le phrénologien Georges Combe confirme notre objection en disant : « cet organe donne la faculté de percevoir et de » juger la perpsective. » Et certes on ne prétendra pas qu’il soit possible de juger une perspective sans apprécier la distance.
Enfin M. le docteur Broussais offre un nouvel appui à notre réfutation; d'après cet impartial phrénologien, « l'im- » pulsion primitive est de mesurer l'étendue, bien appré- » cier la perspective et la distance. »
C’est au bord interne de l’arcade sourcillière que Spurzheim a placé son organe de l'étendue qui se trouve ainsi masqué dans le sinus frontal. « El n’est point assez apparent » pour que sa forme soit appréciable à l'œil du physiono- » miste le plus exercé. » C’est M. le docteur Scoutetien qui le dit. Néanmoins Georges Combe prétend qu'il est large chez Brunel, Williams, Douglas; petit chez Ferguson. Puisque selon M. le docteur Scoutetten, cet organe n’est point assez apparent pour l'œil le plus exercé, il est vraisemblable
que Georges Combe a eu recours au microscope pour le découvrir chez les personnages qu’il cite,
Joseph-Jérôme le français de Lalande, l’un des plus cé! lèbres astronomes des temps modernes, n'avait que dix-new ans lorsque l'académie des sciences l’envoya à Berlin pou déterminer la parallaxe de la lune. On pourrait bien le présen: ter comme étant doué de l'organe de l'étendue, très-fortemen: prononcé,