N° 35. PESANTEUR. RÉSISTANCE
Pesanteur. (Spurzheim).
Résistance. (Vimont.)
Il faut avouer que Spurzheim a la main malheureuse: voici encore un organe de sa façon, et Gall ne l’a point admis, il ne lui à pas même fait l'honneur d’en parler, Ce nouvel organe est aussi invisible que l'étendue près de laquelle: Spurzheim l’a placé dans la voûte orbitaire; mais M. le: docteur Fossati se montre disposé à le déloger, et il importe: de faire connaître ses motifs; ils doivent servir à diriger: les recherches des phrénologiens. Nous regrettons de ne: Pouvoir point rapporter toutes les judicieuses réflexions de: M. Fossati sur la résistance et la pesanteur dont l’idée est : acquise par le sens du toucher; mäis ce sens n’étant pas : jugé de ses propres impressions, il doit exister dans le : cerveau un organe particulier dont la faculté pourrait être appelée tactilité plutôt que pesanteur.
« Quant au siége de l'organe, dit ce savant observateur, » j'ai quelques faits, encore très-peu nombreux à la vérité, » Mais qui me porteraient à le placer aux tempes, au-des- « Sus et un peu en arrière de la Cconstruclivité, au-dessous « de l’idéalité et au-devant de la convoilise, Plusieurs ins- » trumentistes habiles qui perçoivent Ja résistance la plus » imperceptible des ressorts ou des cordes qu’ils touchent, » m'ont présenté une organisation conforme à celle que je » viens d'indiquer. Un crâne de ma collection présente » également cette conformation; c’est celui du mécanicien » Lecherut qui a conçu et exécuté un très-ingénieux tour à
» portrait. Il était par état tourneur et cZyocheur, et il avait, » comme il est dit ci-dessus, en parlant de organe de la « pesanteur, une grande facilité à juger de la puissance et de » la résistance en mécanique. Ce qu’il y à de remarquable » sur son crâne, c'est le manque de l'organe de la pe— » santeur, à l'endroit où les phrénologistes le supposent. » Je pourrais citer aussi quelques faits négatifs de cet or— » gane : une femme qui ne manque pas de circonspection » casse facilement les objets qui sont dans ses mains, parce » qu'elle ne sait jamais apprécier la pesanteur ou la résis- » tance des corps. Elle a la tête aplatie dans la région in » diquée par moi, et elle a assez bien développée la partie » qui correspond à l’organe de la pesanteur, »
Encore quelques observations de ce genre, et nous verrons le protégé de Spurzheim déguerpir de la voûte orbitaire pour aller se réfugier aux tempes, sous les auspices de M. le docteur fossati.
Lorsque Montgolfier conçut la première idée de l’aérostat auquel il a donné son nom, il calcula d’abord la pesanteur de Sa machine et la résistance de l’air, et ce n’est qu'après avoir reconnu l’une et l’autre, qu’il annonça Ja découverte du moyen de s’élever dans les airs.
(Voyez planche 1re, figure 30.)