N° 33. CALCUL
Sens des rapports des nombres. (Gall.)
De la numération, nombre. (Spurzheim.)
Le fils d’un forgeron des environs de Vienne était doué, disait-on, d’un grand talent pour le calcul; cependant son éducation n’était point supérieure à celle de ses camarades. Gall examina cet enfant, il était âgé de neuf ans et calculait si promptement, que personne, la plume à la main, ne pou— vait faire aussi rapidement que lui, le calcul proposé.
A la même époque, un avocat se chagrinait en voyant son fils, âgé de cinq ans, abandonner les jeux de son âge pour s'amuser exclusivement de nombres et de calculs, Gall compara cet enfant avec le fils du forgeron, il trouva que leurs tôles se ressemblaient uniquement par une saillie, une protminence au-dessus de l'angle externe des yeux.
Gall ne-voulut point s’en rapporter à une protubérance observée seulement sur des têtes d’enfans dont les os du crâne sont loin du développement qu'ils doivent avoir beaucoup plus tard. En conséquence, il vit le conseiller Mantetti qui s’occupait par plaisir des difficultés mathématiques, puis le baron de Vega, auteur des tables des logarithmes, et il remarqua chez tous deux la même conformation qu’il avait observée chez les deux enfans, De nouveaux faits toujours semblables lui persuadèrent l’existence de l'organe du calcul dans
une petite circonyolution du cerveau.
Cet organe est placé à la partie antérieure de la tempe: se présente sous forme de segment de sphère, il pousse avant l'extrémité du sourcil: et chez les individus qui pos sèdent à un haut degré l’organe du caleul, l’œil est presqi couvert par la paupière supérieure,
Cette conformation est très-remarquable chez tous M grands mathématiciens.
Nous pourrions citer un grand nombre d’exemples d’in: dividus nés avec le talent de calculer, tels que les nomme Devaux, âgé de sept ans, Bilden, âgé de douze, le jeun américain Colborn, etc. Nous nous bornerons à relater l’a: necdote suivante qui prouve jusqu’à quel point l'esprit à Calcul peut être porté, sans avoir été favorisé par l'éducation
On présente à d’Alembert un petit pâtre qui calculait ave: une facilité étonnante, Mon enfant, lui dit d'Alembert, voil mon âge; combien ai-je vécu de minutes? L'enfant s'éloigne de quelques pas, place ses deux mains sur son vi: sage et vient peu d’instans après répondre à d’Alembert | qui n’a pas encore terminé ce calenl qu’il fait au crayon; i l’achève, mais les deux résultats diffèrent. Le pâtre s’éloigne de nouveau, recommence son calcul, et revient en prétendant qu’il ne s’est point trompé. D’Alembert vérifie le sien, lorsque l'enfant lui dit : mais, monsieur, avez-vous compté les années bissextiles ? D’Alembert les aoubliées, et le calcul du petit pâtre est exact,
Nous ne doutons pas de l’anecdote, mais nous demandons a y a beaucoup de Pâtres qui connaissent les années bissexiles.
Certains peuples sont presque totalement privés du sens: du calcul, et ne Peuvent compler au-delà de trois. Il y a: quelques années, il existait à Paris un individu qui n’a ja—.
mais pu comprendre que deux et deux font quatre, Gall a: moulé la tête de cet homme, et « il la trouva remarquable : » par l’absence Presque complète de l’organe de la numéra-: » tion. » |
Lorsque l’organe du calcul domine et que cette faculté se : combine avec l’individualité, l’éveñtualité, la localité et un bon développement des facultés réflectives, la mutuelle influence de ces différens Organes constitue un grand mathéma-
ticien, (Voyez le portrait du célèbre Laplace, planche are, figure 55.)
On a refusé aux animaux la faculté de compter, mais les observations de Georges Leroi, ancien lieutenant des chasses royales, tendent à démontrer le contraire. (Voyez le dictionnaire encyclopédique par ordre de matières, ou les Lettres à un physicien de Nuremberg sur l'instinct des animaux.) Les chasseurs, dit-il, s’attachent à détruire les pies parce qu’elles détruisent les œufs du gibier. En conséquence, un chasseur se cache dans une hutte auprès de l’arbre sur lequel la pie a placé son nid; mais la pie ne rentre pas tant qu'il n’a pas quitté sa retraite ; alors on convient que deux se Ca— cheront, qu’un seul s’éloignera, et que la pie sera tuée par Île second; nouvelle surprise : la pie les a comptés et ne revient au nid qu'après le départ du dernier; les jours suivans, trois et quatre placés en embuscade éprouvent le même désappointement, la pie ne reparaît à son arbre qu’après l’éloi- ‘gnement du dernier embusqué, Mais enfin, cinq chasseurs environnent l'arbre qui porte le nid de l’oiseau destructeur, quatre s’éloignent l’un après l’autre, et la malheureuse pie, qui ne sait compter que jusqu’à quatre, tombe morte au pied du cinquième.