N° 37. TONS
Sens des rapports des tons, talent de la musique. (Gall.}
Organe de la mélodie. (Spurzheim.)
Un jour on fit voir à Gall une petite fille àgée d'environ cinq ans, nommée Bianchi, et qui avait une mémoire éton— nante, mais seulement pour la musique. Le savant phrénologlan ne découvrit dans la conformation de la tête rien qui pût lui faire reconnaître le talent particulier de cette enfant, et cela devait être, un crâne de cinq ans ne peut offrir rien de certain, rien de remarquable, excepté en cas de mons-
iruosité, Néanmoins les parens de cette petite fille témoig rent à Gall leur doute sur Ja certitude de ses observati précédentes,
A cette époque Gall pensait encore que la mémoire ét# une faculté qui s’appliquait indistinetement à tous les objet mais celte enfant dont la mémoire était bornée à la musiqu lui fit voir son errreur et le détermina dès-lors à de nouvel recherches qu’il dirigea particulièrement sur les musicien 11 examina leurs têtes, en moulaun grand nombre, et recon enfin lorgane musical@lans une saillie très-prononcée à partie latérale et externe du front au-dessus de l’angle exterr de l'œil; elle s’élargit vers les tempes et donne au frontun ampleur remarquable chez les musiciens. Mais ce n’est p! toujours par une saillie allongée que cet organe se manifes extérieurement ; il a parfois une forme pyramidale dont base est au-dessus de l’œil, et dont la pointe se prolonge sv Je bord extérieur et antérieur du front, jusqu’à la moitié « sa hauteur. Gall a remarqué cette différence de conformatic chez plusieurs musiciens : Mozart père et fils, Mic Haydn, Paer, Nadermann, Dussek, Marchesi, Viotti, Blasi Daleyrac, Delavigne, ont l’organe en forme de saillie allos gée, tandis qu’il est pyramidal chez Bethoven, Lafont, Je seph Haydn, J.-J. Rousseau, Gluck et Grétry.
= Parmi tous ces musiciens décorés de la protubérance dd tons, nous choisissons André-Ernest-Modeste Grétry; il e Je premier qui ait pris la déclamation véritable pour guic du chant dans la musique. En suivant cette méthode il enrichi le théâtre des Italiens d’une foule d’opéras que l’a écoute toujours avec le même plaisir, parce que le chant e frappant de vérité, et que la vérité ne vieillit jamais. (Voye pl. 170, fig. 37.)
Nous terminerons cet article par une observation qui pa raît avoir échappé aux phrénologiens : ils disent bien que | faculté musicale est une de celles qui se développent le pli promplement, ils pouvaient ajouter que Ia musique est d tous les talens celui qui présente le plus grand nombre d virtuoses très-jeunes, et que l’âge accroît toujours cette faa culié si préroce. La peinture offre aussi des exemples de*c genre, mais la danse semble faire exception, Nous avons v beaucoup de jeunes danseurs des deux sexes étonner par le souplesse, leur légèreté, leurs grâces, et obtenir pendant de
ou trois années des applaudissemens très-mérités. Eh bien! ces
récoces virtuoses de la danse ont fini par devenir de simples | perdus dans la foule de leurs camarades, On doit peut-être appliquer à ces danseurs trop précoces ce que M. le professeur Broussais dit des enfans qui se font remar— quer par leur mémoire. « Les enfans qui ont la faculié de re- » tenir les mots avec facilité brillent dans les classes infé— » rieures, mais s’éclipsent souvent dans les classes supé- » rieures, quand il s’agit d’exercer l'intelligence. » De ce fait bien constant on pourrait conclure que les jeunes danseurs retiennent et exécutent parfaitement bien les lecons de leurs maîtres, mais que leur talent s’éclipse lorsque, gonflés de leurs succès et se croyant assez instruits, ils cessent d’être dirigés par leurs maîtres, et sont forcés d’exercer leur intelligence, qui se trouve insuflisante quand toutes leurs facultés intellectuelles résident dans leurs jambes, et cela s’est yu quelquefois,